Cette noblesse d’État qui tient les rênes du pays

tampons administration bureaucratie credits frederic bisson (licence creative commons)

La démocratie est morte, vive l’oligarchie !

Par Geneviève Frixon.

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Nous ne pouvons ignorer l’état catastrophique dans lequel se trouve notre pays avec une dette publique qui culmine à 2 023,7 milliards d’euros (95% du PIB) et un déficit public pour 2015 à 4,3% du PIB : la France continue inexorablement sa fuite en avant, faisant fi des recommandations, des propositions et du courroux de ses partenaires européens. La Commission européenne a validé le projet français de la loi de finances, à la bonne heure ! Nos « enfants gâtés de l’État » peuvent continuer à vivre tranquillement sur le dos des contribuables, coupés des réalités, tels des courtisans à la Cour de Louis XVI.

Les dernières Enquêtes du contribuable nous apprennent qu’une noblesse d’État tient les rênes du pays, mais nous nous en doutions déjà ! Bien payés, indéboulonnables et jaloux de leurs privilèges. Michel Maffesoli, l’atypique sociologue, nous parle du « jacobinisme de la haute fonction publique », la comparant également à une « tribu » qui détient le pouvoir de dire et le pouvoir de faire tout en s’isolant d’une population dont elle ne comprend plus les besoins et les attentes.

On recense en France environ 15.000 hauts fonctionnaires pour la plupart formés par l’ENA, Polytechnique ou l’école normale supérieure. Au sein de cette caste domine une aristocratie de 400 à 500 personnes que l’on trouve à l’Élysée, à Matignon, dans les grands ministères et à la tête des principales entreprises publiques.

noblesse d'Etat rené le honzecVoici quelques mois, le député socialiste Sébastien Denaja a proposé de baisser les salaires de ces grands commis de l’État pour réduire la dépense publique. Il pointait du doigt notamment le salaire de Nicolas Dufourcq, énarque et ancien inspecteur des finances, aujourd’hui directeur de la Banque Publique d’Investissement (BPI), banque créée fin 2012, visant à soutenir le financement des PME. Pour l’instant elle soutient… le plus gros salaire de la fonction publique qui s’envole à 37.500 euros bruts par mois ! Jackpot également pour Stéphane Lissner qui vient de prendre la direction de l’Opéra national de Paris et percevrait selon Médiapart 30.000 euros par mois (hors primes). Gérard Larcher ancien président du Sénat a lui aussi essayé de s’attaquer aux avantages de cette noblesse d’État, entraînant les foudres de ses pairs.

Nous sommes bien loin des promesses de Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique qui annonçait, en avril dernier, que les fonctionnaires encaissant plus de 9.940 euros bruts par mois, « manifesteraient un geste de solidarité vis-à-vis de la population » !

Source : Les enquêtes du contribuables n°7 octobre/novembre 2014


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