Des révisions du prix du baril… une fois qu’il a baissé

Baril pétrole rené le honzec

Faut-il apporter de l’importance à ces révisions ? N’est-ce pas plutôt la reconnaissance par les marchés que l’Arabie Saoudite est prête à tout faire pour maintenir ses parts de marchés ?

Que n’a-t-on pas parlé de la forte révision à la baisse des prévisions sur les cours du brut de Goldman Sachs lundi 27 octobre… suivie mardi 28 par la deuxième révision par Barclays en moins d’un mois… Faut-il apporter de l’importance à ces révisions ? N’est-ce pas plutôt la reconnaissance par les marchés que l’Arabie Saoudite est prête à tout faire pour maintenir ses parts de marchés ?

Par Aymeric de Villaret.

arabie saoudite credits tribes of the world (licence creative commons)

C’est vrai que le fait que Goldman Sachs, connu pour son caractère plutôt « bullish », devienne plus réservé interpelle. Personne, non seulement Goldman Sachs, mais aussi les consultants et même le gouvernement américain n’avaient anticipé une telle chute des cours du baril depuis juin.
Et la révision de Goldman Sachs lundi 27 n’est intervenue qu’après celles de nombreux analystes ou consultants. Barclays d’ailleurs dès le mardi 28 les a revus – plus un ajustement – pour la deuxième fois en un mois ! Comme nous le voyons, dans le tableau ci-après du Wall Street Journal, les différentes banques coupent pour les prochains trimestres leurs prévisions, prenant acte de la chute :

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Et ce tableau publié en début de semaine ne tient pas compte de la seconde révision de mardi 28 de Barclays…

Barclays – 9 octobre puis de nouveau le 28 octobre – moins 14 $ sur 2015

Le 28 octobre, après avoir baissé le 9 ses prévisions de 107 $ à 96$ pour le Brent en 2015, Barclays les a réduites à 93$ ; soit une baisse sur l’année de 14$, mais un cours supérieur au cours actuel (87$). Prenant acte de la baisse récente, la banque croit à un fort rebond du baril au second semestre 2015… au-dessus des 100$ du fait des conséquences que poseraient aux investissements coûteux le maintien d’un baril aux niveaux actuels.

Goldman Sachs – 27 octobre – moins 15 $ sur 2015

Pour Goldman les cours du WTI devraient pour 2015 être en moyenne à 73,75$/b. Après un T2 2015 encore plus faible que le T1, le pétrole rebondirait au second semestre. Par rapport à ses estimations antérieures, les révisions sont (pour le WTI comme pour le Brent) en recul de 15$.

Société Générale – 15 octobre – moins 12$ sur 2015

De la même manière la Société Générale avait le 15 octobre coupé ses prévisions 2015 de 12$/b à respectivement 91$ pour le Brent et 83 $ pour le WTI.

Du timing des révisions des cours du pétrole par les analystes…

Octobre 2014 – suite à la baisse depuis juin 2014

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Les graphes ci-dessus montrent bien comment les révisions de ce mois d’octobre dont les journaux se sont fait échos sont plus le constat d’une situation qu’une prévision. Les différents analystes « constatant » la baisse récente du baril, ses causes, le « fait » que l’Arabie Saoudite semble laisser s’installer une guerre des prix… « ajustent » leurs prévisions.

Conclusion

Baril pétrole rené le honzecMaintenant la question qui se pose à la lumière de ce que vient de faire Barclays mardi 28 octobre est : va-t-on assister à d’autres ajustements au sujet des estimations sur les cours du brut, fin novembre – début décembre, après la réunion de l’OPEP du 27 novembre ? Fonction des décisions ou des non-décisions prises par l’Arabie Saoudite ?

Poser la question est déjà un élément de la réponse car il est bien difficile de savoir ce qui va se passer, la réponse étant éminemment politique. 2005 et le rappel du passé jusqu’au pic de 2008 – où à l’inverse les analystes ne cessaient de revoir à la hausse les prévisions. En mai 2008, alors que le brut a dépassé les 100$, Arjun N.Murti de Goldman Sachs n’hésite pas à prédire 200$ – prêche pour la modestie des prévisions.

Comme le disait en plaisantant la semaine dernière, Adam Sieminski, administrateur de l’EIA (Energy Information Administration) américaine et ancien analyste reconnu de la Deutsche Bank, ses prévisions de prix étaient correctes seulement 60% du temps. Les marchés, en l’état actuel des choses, s’attendent à un maintien des quotas de productions lors de la réunion du 27 novembre. Les commentaires le 29 octobre du secrétaire général de l’OPEP Abdalla Salem el-Badri estimant que l’OPEP devrait maintenir ses quotas sont un élément de plus allant dans cette direction.

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