France : extension du domaine du paupérisme

sdf (credits nycandre (licence creative commons)

Conformément à l’idéologie de certains, les Français seront bientôt solidaires dans la pauvreté…

Par Thibaut Doidy de Kerguelen.

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Je le disais il y a quelques jours : « Le problème, c’est qu’on n’a jamais vu qu’on redressait un pays en paupérisant les masses. C’est au cri de « Enrichissez-vous ! » que notre pays s’est lancé, en retard mais avec succès, dans la révolution industrielle ! »

D’année en année de moins en moins pour vivre

Le baromètre Sofinscope vient de sortir son étude pour 2014. Il manquerait 578 euros en moyenne chaque mois aux Français pour « vivre correctement ». C’est 38 euros de plus qu’en 2013. Les chômeurs, les ouvriers et les personnes disposant de revenus inférieurs à 1.000 euros par mois sont logiquement ceux qui citent les sommes manquantes les plus élevées.

La première cause citée par les Français est le revenu : « 34% des répondants estiment que la stagnation des salaires, voire leur baisse, est un facteur de poids dans la dégradation de leur situation financière, un indice en hausse de 6 points par rapport à 2013 ». C’est intéressant, car si le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi joue effectivement les rémunérations à la baisse (dans le secteur privé, bien sûr), si les carrières en pointillés (dans le secteur privé, bien sûr…) provoquent une chute du revenu moyen, la baisse de ce dernier n’est pas globalement importante (environ 1%). Même s’il faut tempérer ce chiffre qui englobe l’ensemble de l’emploi en France, y compris la fonction publique (dont les revenus augmentent et ne baissent pas) qui représente à elle seule 26% des travailleurs, il est important de constater que la baisse du niveau de vie, essentiellement consécutive de la pression fiscale est attribuée aux revenus par les Français.

Les sondés ont été interrogés sur les évolutions constatées au cours des deux dernières années sur leurs différents postes de dépenses. Comme en 2013, environ un tiers des Français interrogés confient sortir moins régulièrement et réduire leurs dépenses d’habillement. L’an passé, 23% affirmaient rogner ou sacrifier le budget vacances. Ils sont 26% en 2014.

Avant les augmentations du mois prochain, c’est déjà l’énergie…

Si certains sont tentés de penser qu’une baisse des dépenses pourrait être synonyme d’une volonté de mettre de l’argent de côté, le résultat de ce sondage offre une vision plus morose de la situation budgétaire des Français puisque 12% seulement des sondés affirment épargner plus qu’auparavant, une proportion en baisse de 2 points par rapport à 2013.

Au niveau de la répartition du budget des ménages, le montant alloué à l’épargne continue de diminuer pour 62% des Français selon ce baromètre. Signe que les économies ne sont plus une priorité, les sondés étaient déjà 63% dans ce cas en 2012 et 2013, 58% en 2011. En revanche, 64% d’entre eux affirment que les frais liés à l’énergie augmentent. Il s’agit ainsi du poste de dépenses qui semble avoir le plus gonflé en 2014.


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