Obésité : Homme et femme, inégaux face au surpoids

Selon une étude, les hommes sont beaucoup plus sensibles aux effets délétères d’une nourriture riche en graisses.

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Obésité Fiscalité nutritionnelle CC Flickr Clapagaré

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Obésité : Homme et femme, inégaux face au surpoids

Publié le 23 octobre 2014
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Par Jacques Henry

Obésité Fiscalité nutritionnelle CC Flickr  Clapagaré

Bien que l’obésité affecte aussi bien les hommes que les femmes parmi les quelques deux milliards de personnes en surpoids, dont un demi-milliard d’obèses pathologiques sur la planète (alors que deux autres milliards de personnes ne mangent pas à leur faim tous les jours), on s’est rendu compte que les femmes obèses ou en surpoids supportaient mieux leur embonpoint que les hommes en termes d’effets secondaires comme la résistance à l’insuline (diabète de type 2) ou les maladies cardiovasculaires. Cette différence qui va à l’encontre de la théorie du genre s’estompe après la ménopause, ouf ! La théorie du genre est respectée in extremis : les femmes ménopausées sont tout aussi sensibles que les hommes aux effets dévastateurs du surpoids sur la santé.

Cette observation a conduit un groupe de biologistes du Cedar-Sinai Institute de Los Angeles à se pencher sur les possibles causes de cette différence entre hommes et femmes en utilisant des souris. Les médecins déconseillent fortement aux hommes en surpoids souffrant de diabète et présentant des risques au niveau cardiovasculaire d’abuser de plats trop riches en sucres et en graisses alors qu’ils considèrent que les femmes également en surpoids peuvent s’offrir de temps en temps un hamburger bien dégoulinant de gras, bien salé et humecté de sirop de maïs. Énoncé autrement, il y a là une évidente discrimination entre hommes et femmes en termes de conseils nutritionnels. Or comme cette violation évidente de la théorie du genre disparaît lorsque la femme est ménopausée, il y avait une direction de recherche toute trouvée : la modification du statut hormonal chez la femme au cours de la ménopause.

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Durant cette période, les ovaires s’endorment progressivement car ils ne sont plus stimulés par l’hypophyse, et non seulement il n’y a plus d’ovulation, mais également la synthèse ovarienne d’estradiol chute progressivement pour atteindre un niveau basal correspondant à la faible production de cette hormone par les vaisseaux sanguins et quelques autres organes, dont en particulier les tissus adipeux atteignant finalement la production d’estradiol de l’homme, pardon, du mâle. Mais tout se passe initialement dans le cerveau, en particulier au niveau de l’hypothalamus. Or on sait que la composition en acides gras du cerveau diffère légèrement entre hommes et femmes ; disons désormais entre mâles et femelles puisque les travaux relatés ici ont été réalisés avec des souris.

Si on manipule génétiquement un mâle (de souris) pour qu’il atteigne une composition en acides gras cérébraux identique à celle de la femelle, quand on le gave d’aliments riches en graisses, il ne présente plus les symptômes secondaires caractéristiques de l’obésité comme un diabète de type 2 ou des troubles cardiovasculaires alors qu’il devient tout aussi obèse. Cette différence en acides gras, en particulier en acide palmitique, favorise l’apparition de phénomènes inflammatoires qui vont perturber l’expression des récepteurs de l’estradiol dans le sens d’une diminution entrainant une propagation de l’inflammation non seulement à l’hypothalamus mais aussi à plusieurs régions du cerveau et également dans le tissu adipeux. Les mâles sont, en raison de cette composition en acides gras de leur cerveau, beaucoup plus sensibles aux effets délétères d’une nourriture riche en graisses. L’estradiol est connu pour ses propriétés anti-inflammatoires et sa relative protection aux problèmes cardiovasculaires, la relation était donc assez bien établie entre cet estradiol et une certaine protection dont bénéficient les femelles grâce aux doses massives de cette hormone d’origine ovarienne.

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Pour mieux comprendre le rôle de l’estradiol dans cette histoire, il faut préciser que le récepteur de l’hormone (ER-alpha) commande une multitude de facteurs d’activation (PGC1-alpha) de transcription et au final l’amplification, si on peut dire les choses ainsi, d’une série de voies métaboliques. Il semble donc que l’estradiol protège la femelle des effets secondaires de l’obésité et du surpoids induits par une nourriture trop riche en graisses (HFD, high fat diet) en diminuant la propriété inflammatoire de l’acide palmitique au niveau de l’hypothalamus. Enfin, à la vue de ces résultats disponibles en ligne, il n’y a aussi qu’un petit pas à franchir pour déclarer que l’acide palmitique est nocif pour l’organisme ; et accuser l’huile de palme de méfaits sur la santé serait un peu un raccourci car on trouve aussi le même acide gras dans le beurre, le fromage et le lait. Il est vrai que l’huile de palme contient 44% d’acide palmitique mais ce billet n’avait pas pour objectif d’alimenter la controverse sur l’huile de palme…

Source : Eugenia Morselli & al., « Hypothalamic PGC-1α Protects Against High-Fat Diet Exposure by Regulating ERα », Cell Reports.


Sur le web.

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  • Pour info la thèorie du genre concerne l’étude des différences non biologiques entre femmes et hommes. Non-sens total que de sous-entendre que la thèorie du genre est sauvée du fait que les femmes une fois ménopausées sont tout aussi sensibles que les hommes aux effets du surpoids.

    • Le surnaturel n’existe pas. L’esprit en tant qu’entité détachée du corps n’est qu’une illusion ou au mieux une abstraction faillible.

    • « Pour info la thèorie du genre concerne l’étude des différences non biologiques entre femmes et hommes. »

      Vous voulez dire au niveau de la chimie inorganique? Les traces de métaux présents dans le corps, des trucs comme ça?

    • Pour info, la theorie du genre est aussi rationelle et etayee scientifiquement que les regimes amaigrissant prescrivant la consommation en quantite de cassoulet toulousain.

      Non sens que de prendre au premier degre l’ironie de l’article.

  • « accuser l’huile de palme de méfaits sur la santé serait un peu un raccourci car on trouve aussi le même acide gras dans le beurre, le fromage et le lait »

    … et dans la graisse que l’organisme humain synthétise spontanément et en quantité à partir de glucose et fructose. Ahem.

  • L »épidémie d’obésité n’est pas due qu’aux graisses, mais surtout aux cochonneries chimiques et perturbateurs endocriniens de la malbouffe ( additifs, conservateurs, pesticides, OGM, édulcorants, arômes, trop de sel, etc.. ) dans toute la nourriture industrielle vendue partout, très étudiée pour nous rendre drogués à cette malbouffe criminelle.
    Ces cochonneries féminisent nos foetus et enfants mâles, même avant de naitre, pour les rendre malades des décennies plus tard et même sur 3 générations !!
    Les femmes sont un peu moins perturbées.
    Mangez naturel, en faisant votre cuisine vous même, avec le moins possible de ces cochonneries et vous et vos enfants ne seront pas obèses !!
    Ne mangez jamais des produits avec édulcorants croyant maigrir sans sucre, car ils font grossir en mangeant moins scientifiquement prouvé,
    Les édulcorants, à la place du sucre font grossir bien plus vite que le sucre ordinaire, comme récemment prouvé sur les humains et les souris, dans la revue Nature du 9 octobre 2014 pages 176 et 181 !! Car vicieusement les bactéries des intestins changent et utilisent mieux les aliments ce qui fait grossir en mangeant moins !!

    L’épigénitique montre que ce que les grands parents ont mangé influe fortement sur l’obésité et la santé des petits enfants.
    Source et historique résumé : un empoisonnement universel Fabrice Nicolino ed. LLL

    • L’obésité croît depuis l’introduction des aliments raffinés industriellement il y a plus d’un siècle. Pesticides et conservateurs sont trop récents pour l’expliquer, même ‘il est apparent qu’ils ont aggravé les choses.

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