Total, le tiers-monde et les impôts : halte aux mensonges et à l’hypocrisie !

Depuis le décès de Christophe de Margerie, les anti-capitalistes se déchaînent. À tort : Total est loin d’être la machine à cash décrite dans les médias français.

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Total, le tiers-monde et les impôts : halte aux mensonges et à l’hypocrisie !

Publié le 23 octobre 2014
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Par Kevan Saab.

Depuis l’annonce du décès brutal de Christophe de Margerie, PDG de Total, une certaine frange de la classe politique française se fait un plaisir de se féliciter de la mort d’un homme. On pense notamment aux commentaires de Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti Socialiste, ou encore au soutien indéfectible de Mélenchon envers son ex-camarade du PS.

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Pour des individus qui clament haut et fort vouloir placer « l’humain d’abord », ce genre de propos indécents vient une fois de plus montrer à tous à quel point l’humanisme est une notion à géométrie variable à gauche, surtout quand il s’agit d’un dirigeant d’entreprise ou d’un quelconque individu ayant eu le malheur de réussir matériellement dans sa vie.

Bien-sûr, cette haine envers la personne de Christophe de Margerie, est à lier aux croisades incessantes d’à peu près toute la classe politique, écologistes et extrême-gauche en tête, contre la compagnie Total. Évidemment, un géant comme Total, impliqué à travers le monde dans des opérations complexes, chiffrées en milliards de dollars et situées bien souvent dans des pays où la collusion est de mise, a eu son lot de scandales durant ses 90 années d’existence. Cependant, à défaut de polémiquer sur les affaires où Total fait office de coupable pratique (ex : naufrage de l’Erika) ou encore d’excuser les abus caractérisés, il est important de mettre un terme une bonne fois pour toutes aux accusations mensongères perpétuellement lancées contre Total au sujet de son partage des richesses avec les pays dans lesquels la compagnie opère et surtout au sujet des impôts payés par le groupe, en particulier en France.

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Tentons de mieux comprendre la comptabilité du groupe. Tout d’abord, avec un bénéfice net global de 10,74 Md€, à rapporter à un chiffre d’affaires de 189,5 Md€, Total est loin d’être la machine à cash décrite dans les médias français. En fait, en matière de profitabilité, Total n’empoche au final que 5,7 centimes sur chaque euro de vente, une bien maigre marge, et ce même comparé à certains de ses pairs, pour un groupe qu’on présente à tort et à travers comme le fer de lance de la cupidité corporative. Bref, Total n’est pas assis sur une mine d’or, et qui plus est, la situation du groupe est très disparate en fonction des régions dans lequel il opère.

Ainsi, en France, où se trouvent la plupart des activités déficitaires de la compagnie, comme le raffinage et la distribution, Total réalise non pas un bénéfice, mais bel et bien une perte sèche (eh oui, contrairement aux idées reçues, les stations essence ne sont pas les vaches à lait souvent décrites). La compagnie ferme même certaines de ses installations de raffinage comme à Dunkerque. En toute logique, la compagnie ne paye pas l’impôt sur les sociétés en France vu que ses opérations françaises sont déficitaires.

Au contraire, là où Total extrait des hydrocarbures, le groupe fait des profits. Ainsi, Total paye près de 14 Md€ annuels d’impôts ailleurs dans le monde, et ce principalement dans des pays en voie de développement. On notera que ces 14 milliards représentent un taux d’imposition sur les résultats de près de 56% d’après feu Christophe de Margerie, soit une ponction bien plus importante que l’impôt français sur les sociétés. Voilà qui devrait faire voler en éclat le mythe des majors pétrolières exploitant les ressources des pays pauvres sans payer un centime d’impôt dans les pays concernés, quand plus de la moitié des profits s’en vont dans la caisse des pays hôtes.

Bien sûr, Total ayant son siège social en France, beaucoup de politiciens français voudraient voir la compagnie y rapatrier tous ses profits pour y payer l’impôt. Seulement voilà, on ne peut pas interdire aux groupes étrangers opérant en France de faire ce genre de manœuvre en criant à l’évasion fiscale pour ensuite vouloir que nos champions fassent la même chose quand c’est à notre avantage. Plus hypocrite encore : ceux qui se chagrinent de voir que Total n’a aucune opération hautement profitable sur le territoire français et qui en parallèle s’opposent à toute exploitation des immenses réserves de gaz de schiste suspectées dans le sous-sol français. Pour faire simple, d’un côté, ces gens veulent les retombées fiscales des activités profitables de Total, c’est-à-dire principalement l’extraction d’hydrocarbures, de l’autre, ils n’en veulent pas sur le territoire français, et cerise sur le gâteau, ils voudraient que Total partage ses recettes avec le fisc quand le groupe s’en va à l’étranger mettre son expertise à l’œuvre (comme en Grande-Bretagne où le groupe se lance actuellement dans l’exploration de gaz de schiste). Bref, une fois encore en France, on veut le beurre et l’argent du beurre, et qui plus est, le sourire de la crémière.

Pourtant, Total est loin d’être un profiteur du système. De fait, malgré les pertes en France, le groupe a tout de même payé en 2013 près de 1 670 M€ à l’État (1,1 milliard de cotisations sociales, 410 millions en impôts divers hors IS c’est-à-dire, contribution économique territoriale, impôts locaux, C3S, etc. et enfin 160 millions de taxe sur les dividendes distribués). Avec un tiers de ses effectifs en France, soit 33 199 salariés, cette somme représente 50 300 € versés à l’État par salarié en France. Devant de tels chiffres, comment peut-on donc sérieusement penser que Total serait subventionné de quelque sorte par l’État ? Combien de compagnies donnent du travail à plus de 33 000 collaborateurs et versent plus de 50 000 € à l’État par collaborateur en France ? La réponse tient probablement sur les doigts de la main.

Que les hypocrites qui se prétendent les défenseurs de tous les damnés de la Terre et souhaitent pourtant voir Total rapatrier tous ses profits mondiaux en France aillent expliquer aux gouvernements des pays possédant les ressources et à leurs populations sous quel prétexte l’État français aurait le droit de s’accaparer leurs revenus pétroliers.

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  • Enfin, je suis gré de l’existence de tel article, j’ai pu en apprendre un peu plus sur Total.

    Néanmoins, verser 55k€ par employé à L’État ça veut peut être dire que Total n’est pas subventionné mais ça ne veut pas dire que Total ne joue pas au corporatisme. Mais ça c’est assez classique, considérant la géopolitique autour du marché de l’énergie.

  • Ouf, enfin un bon article sur le Groupe TOTAL. C’est extrêmement rare. J’avais jeté un oeil sur le forum des lecteurs de Libération (oui, je sais, je plonge dans la fange ce faisant) : énormément de messages de lecteurs étaient consternants de bêtise et de bassesse. Des lecteurs avaient beau répéter, dans plus de dix messages, que TOTAL payait plus de 50 % d’impôt, rien n’y faisait, ce fait était mis en doute comme étant mensonger, les comptes publiés par TOTAL n’étant pas crédibles, etc. Les lecteurs de Contrepoints (sauf évidemment quelques uns) étant d’une autre qualité que ceux de Libération, j’espère que cet article-ci donnera lieu à réflexions et des commentaires plus intelligents.

  • N’étant pas connaisseur du système et n’ayant entendu que les oui-dire de la médisance, je suis heureux de relire cette mise au point. Christophe de Margerie est mort, un pilote (originaire de Cabourg) et deux autres personnels navigants aussi. Il faut être un monstre ou se réjouir de la disparition accidentelle de cette personne, qui créait de la richesse, donc des revenus pour ses employés. Même à gauche, cette réalité leur échappe. C’est vrai qu’à la gauche et à l’extrême gauche, l’on préfère depuis toujours les pauvres. C’est une populasse plus manipulable, plus influençable.

    • Super article, par contre ce n’est pas uniquement Christophe de Margerie qui créait de la richesse mais l’ensemble des salariés du groupe (managment compris). Le savoir faire d’une société est avant tout le savoir faire de ses salariés.

      • Le savoir faire d’une société est avant tout le savoir faire de ses salariés.

        Surtout des expats, car en France, c’était le déficit, et cela l’est encore maintenant.

    • Ben l’extrême gauche, comme tout bon capitaliste défend bec et ongle son marché… se sont de plus des capitaliste de connivence, il n’y a qu’à voir la réaction des copains quand un nouvelle entrant (le FN) sur le marché du « pauvre ouvrier exploité qui veut faire les poches de voisin » tente une nouvelle offre pour leur piquer leur clientèle…. ;o)

  • Filoche, Mélenchon, Hamon…même combat : gérer un état totalitaire.

  • Merci de cette remise ne perspective !
    Pas un mot par contre sur le crédit d’impôt important que Total va toucher

    • Si j’en crois les nouvelles glanées sur internet, ce crédit d’impôt pour CICE et CIR est de 80 millions pour trois ans. Soit moins de 30 millions par an. Mais si l’on veut bien rapporter ce montant – qui n’est pas négligeable en soi, évidemment – à la masse salariale de TOTAL en France ou aux sommes dépensées pour la recherche faite en France, ou encore au chiffre d’affaire effectué en France, je ne crois pas que ce soit mirobolant pour le groupe TOTAL malgré tout. Il me semble que c’est plutôt un sujet monté en épingle à nouveau. Mais je puis me tromper.

  • Filoche inspecteur du travail!!! Mort de rire. Filoche est à l’entreprise, ce qu’est Kim Jong-un à la démocratie.

  • Bon article, merci de l’explication pour les impôts, car, actionnaire de Total, j’avais lu ce chiffre de 56% alors que, dans le même temps, partout, j’entends dire que Total ne paie pas d’impôts…

    …Ajoutons aux impôts payés par Total: Ceux payé par ses actionnaires sur les dividendes qu’ils reçoivent CSG+CRDS+barème de l’impôt sur le revenu. Pour les actionnaire à l’étranger une taxation à la source existe: entre 30 et 75%. Là encore, il s’agit de recette pour l’Etat.

    A noté que le rendement (le dividende de Total) bien réel, n’est pas non plus extra-ordinaire … Pas ceux d’une « cash machine » en tout cas.

    On le sait peu mais Total est également le N°2 mondial du solaire. Avec une solution (Sunpower) très performante et rentable sans subvention.

  • Si je comprends bien les profits faits en Irak au Venezuela au Gabon au Kazakhstan et autres devraient être taxés en France. mais dans ce cas ce serait voler les citoyens de ces Etats !!

  • Un grand avantage d’internet est que ca permet de decouvrir les immenses qualites humaines de membres des instances dirigeantes du parti socialiste, et en plus grace a leur propres efforts.
    Bravo et merci, M. Filoche.

  • La déshumanisation de Margerie par Filoche et Mélenchon renvoie à leur idéologie perverse, très bien décrite sur ce site même, dans un très bon article de Damien Thellier sur Mises
    ( cfr : http://www.contrepoints.org/2014/04/16/163029-les-origines-intellectuelles-de-lantisemitisme-selon-ludwig-von-mises-le-polylogisme)
    Nous tenons ici une excellent exemple pratique de polylogisme !

  • Merci pour cet article que l’on trouvera dans nul autre média de grande diffusion.

  • Il ne faut pas se tromper, le masque tombe ce coup-ci. La haine, l’envie, la jalousie et si il en avait le pouvoir la déportation et la mort pourceux qui ne pensent pas comme cette ordure !

    C’est une guerre pour lui ! Il faut être vigilant et fort sinon…

  • Les cotisations sociales n’appartiennent pas à l’entreprise, ce ne sont pas des taxes, c’est du salaire dont cette partie est directement prise pour financer l’organisme de securite sociale monopolistique contrairement a un suisse qui toucherait ce superbrut pour cotiser où il veut. Proposer de les baisser revient à proposer de baisser les salaires, même si dans notre système le salarie n’a pas le choix de cotiser aux organismes sociaux qu’il veut.

  • et qui plus est, le sourire de la crémière.

    Et plus même … 🙁

    Certains n’ont plus le sens de la mesure. Le problème, c’est qu’ils sont assez nombreux.

  • Je trouve étrange ce panégyrique de la totalité (hum) de la classe politique, de la Droite jusqu’à la Gauche, pour un patron. Lorsque un patron est loué et décoré comme un héro par l’État, je me méfie. Capitalisme de connivence…

  • je n’ai jamais bien compris que les actionnaires acceptent que Total ne quitte pas la France où il perd de l’argent depuis longtemps déjà et surtout avec la mauvaise image en plus .

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