La 18ème marche Existrans pour les droits des personnes trans et intersexes

Samedi 18 octobre avait lieu la 18ème édition de la marche annuelle pour les droits des personnes trans et intersexes.

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La 18ème marche Existrans pour les droits des personnes trans et intersexes

Publié le 20 octobre 2014
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Par J. Sedra

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Ce samedi 18 octobre avait lieu la 18ème édition de la marche annuelle pour les droits des personnes trans et intersexes, à l’appel du collectif Existrans. Au départ de la place de la bataille Stalingrad à 14h le cortège d’environ 4000 personnes a progressé jusqu’à l’hôtel de ville de Paris au son des « Contre la transphobie, résistance ! » et « Trans : une loi, des droits, qui respectent nos choix ! », distribuant tracts et plaquettes des différentes associations rassemblées, avant de s’y arrêter à 17h pour « occuper l’espace public » et faire connaître l’ensemble de ses revendications.

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Juste avant d’arriver à l’Hôtel de Ville le cortège réalise un « die-in » symbolique.

 

Une moitié environ de la foule était constituée d’associations d’homosexuel(le)s (comme Act’up, SOS homophobie ou Inter-LGBT), auxquelles s’ajoutaient une délégation d’Amnesty International venue dénoncer les persécutions des personnes trans à l’étranger, un groupe du Parti de Gauche venu par « solidarité avec les minorités opprimées », et des travailleurs du sexe (le collectif s’oppose au projet de loi sur la prostitution initié par Najat Valaud-Belkacem). Les trans complétaient le reste de la troupe, une seule personne représentant officiellement et directement les personnes intersexes au nom de l’Organisation Internationale Intersexe francophone.

En chemin ce cortège quelque peu hétéroclite a croisé un groupe de manifestants portant badges du Conseil Musulman de France, se rendant à un événement de soutien au développement du Sénégal, non loin. Échanges de regards polis.

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Une loi pour combler un ‘vide juridique’ et simplifier les démarches

La situation juridique des personnes amenées à devoir modifier leur état civil pour entériner leur changement de genre, à l’heure actuelle, implique de lancer une procédure judiciaire, peu prévisible et pouvant s’éterniser pendant des années sans garantie de succès. La jurisprudence française a longtemps exclu toute possibilité de changement officiel de sexe, jusqu’à la condamnation de la France en 1992 par la Cour européenne des droits de l’homme. À partir de là, les requérants devaient justifier auprès des autorités judiciaires d’une opération chirurgicale de réassignation sexuelle, irréversible et impliquant une stérilisation par ablation génitale, jusqu’en février 2013 : la Cour de cassation admet alors qu’un changement irréversible de la seule apparence générale de la personne est suffisant. Un pas en avant pour un pas en arrière : l’arrêt s’accompagne d’une réaffirmation de l’exigence d’expertises médicales, alors même que cette exigence avait été initialement dénoncée par la Cour européenne.

Des progrès en dents de scie, bien trop lents et frustrants pour le collectif Existrans, qui conduit chaque année depuis 1996 cette marche pour réclamer un cadre légal établissant clairement les conditions de changement d’état civil, ainsi qu’une procédure administrative accessible via les services des mairies (comme cela se fait au Danemark ou en Argentine), pour ne plus avoir à saisir un juge systématiquement ni engager des milliers d’euros de frais.

Et de fait, maintenant que le service militaire obligatoire est aboli, et que n’importe quel couple, hétérosexuel ou pas, peut se marier, on peut légitimement se demander en quoi le genre d’un individu devrait garder la moindre importance pour l’État.

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Intersexe, avec un ‘i’ comme ‘invisible’

Pour les personnes intersexes, en revanche, il n’y a aucune jurisprudence sur laquelle s’appuyer. Juges, fonctionnaires de l’état civil et requérants font face à un flou total, la loi ne reconnaissant ni l’existence de sexe variable, plus ou moins « intermédiaire » ou absent, ni la possibilité d’un genre autre ou ambigu. Un manque souligné par l’évolution des autres pays de l’Union Européenne : ainsi outre-Rhin il est possible d’être reconnu à la naissance comme relevant d’un troisième genre, ni féminin ni masculin, depuis le 1er novembre 2013. Mais même cette avancée ne suffit pas à couvrir la complexité de la réalité : seule une partie de la cinquantaine (environ) de conditions d’intersexualité connues, dont beaucoup restent très sous-diagnostiquées même aujourd’hui, sont visibles à la naissance, les autres n’étant décelables qu’à la puberté ou à l’âge adulte.

Dans les cas décelés à la naissance, en dehors de rares complications mettant en péril leur santé, les nouveau-nés sont souvent opérés pour « normalisation génitale » dans un pur souci de confort social et cosmétique pour les parents (souvent très mal informés des conséquences par les médecins). Au prix, pour les victimes de telles réassignations sexuelles forcées, d’une perte de fonction sexuelle voire reproductrice, et d’effets secondaires néfastes (risques infectieux accrus, cicatrices importantes), quand ils ne se voient pas carrément assignés un genre qui ne leur correspond pas.

Pour toutes ces raisons, Existrans réclame comme l’OII l’arrêt de ces opérations de normalisation, afin de laisser les enfants se développer le plus naturellement possible et décider par eux-mêmes, une fois en âge de choisir, s’il y a lieu d’intervenir.

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Sur place, l’âge va aisément de 13 à plus de 60 ans.

 

Récupération politique et espoirs déçus

En marge de ces exigences de respect des personnes, de leur choix de carrière, de leur identité et de leur intégrité physique, le collectif Existrans est aussi évidemment porteur de sa propre forme de clientélisme politique, lobbying oblige. Par exemple on trouve dans le manifeste de l’édition 2014 des demandes de reconnaissances spécifiques aux personnes trans : un accès prioritaire à la régularisation des migrants illégaux ou à l’asile politique de réfugiés trans, ainsi qu’aux ressources médicales requises (traitement et suivi psychologique), des formations particulières à la transidentité pour les équipes d’hôpitaux publics, des prisons, des cours de justice ou de l’administration publique, ainsi que des programmes de recherche (publique) sur la santé trans relative à leurs traitements spécifiques ou aux maladies auxquelles ils sont plus exposés (SIDA, hépatites…). Un lobbying apparemment inefficace : comme on peut le lire sur le site du collectif, ces réclamations sont systématiquement ignorées par le monde politique, et cela fait au moins 18 ans que ça dure…

Sous traitement mais pas malades, uniques mais comme tout le monde

Leur positionnement politique à gauche sert principalement le PS sans jamais rien leur rapporter en échange, tandis qu’avec la démonisation du mot « genre » à travers les mouvements de ‘Manif pour tous’ ils estiment avec une belle unanimité (et certainement à raison) n’avoir rien à attendre de la droite. Transsexuels et intersexes pourraient-ils se sortir de leur rôle de clientèle captive de la gauche française en s’intéressant sincèrement au libéralisme ?

Les revendications d’ordre juridique du collectif Existrans ont beaucoup de sens et peuvent tout à fait s’accorder à un public libéral, car la recherche de l’égalité en droit, de l’auto-détermination et de l’émancipation des individus sont des thèmes qui nous rapprochent et nous concernent tous.

Reste le positionnement social des transsexuels, qui est, sans mauvais jeu de mot, un tantinet ambigu : d’un côté ils réclament une dé-pathologisation et une dé-psychiatrisation de leur condition, mais de l’autre ils réclament d’être considérés et traités spécifiquement, y compris sur le plan médical. Être assimilés à des personnes normales, mais spéciales, tout à la fois. Ne plus dépendre des médecins et des psychiatres, mais être accompagnés au mieux par les professionnels de la santé. Une confusion dont ils ont conscience, mais qui est inévitable faute de pouvoir d’un coup de baguette magique changer la réalité et réduire l’importance du genre dans les rapports humains.

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  • Imposer une stérilisation et une mutilation irréversible pour qui veut changer de sexe effectivement c’est un peu de la barbarie.

    Pourquoi indiquer le sexe sur une carte d’identité ? Une photo, un nom et un prénom ça devrait suffire. Surtout avec le développement de la biométrie.

    • Pourquoi s’appuyer sur la biométrie, technologie dont ce n’est ni le point fort ni la fonction principale ? Dans le monde de l’informatique, le système qui a fait ses preuves c’est un système de paire de certificat privé (secret) et public signé par un tiers reconnu de confiance.

      • Par ailleurs, ce qui est pertinent c’est d’identifier la personne socialement et non biologiquement. Ça n’est pas l’origine de la personne qui importe mais qui elle est quand j’interagis avec elle.

    • « IMPOSER UNE STERILISATION ET UNE MUTATION IRREVERSIBLE POUR QUI VEUT CHANGER DE SEXE EFFECTIVEMENT C’EST UN PEU UNE BARBARIE »
      Si la personne VEUT changer de sexe, il me semble que c’est un choix non ? Le fait qu’elle devienne stérile suite au changement de sexe qu’elle A SOUHAITE, je ne vois pas le problème. Relisez vous, vous vous contredisez dans la même phrase. Cela dit, être assis entre deux chaises, n’est pas chose facile et je pense que faire correspondre le corps avec l’esprit n’est pas une mauvaise chose d’un point de vue psychologique. Depuis des années les trans se sont battus pour avoir le droit de changer de sexe ; Chose qui est possible maintenant . L’étape suivante s’est d’enlever l’identité sexuelle des autres pour satisfaire une minorité qui n’a pas choisit. Mais l’identité sexuelle est primordiale dans la construction de l’individu.

  • Bonjour
    En liberalie l’état civil n’existe pas donc…

    • « En libéralie » comme vous dites on a toujours besoin de pouvoir prouver son identité. J’espère bien par contre que, pour cela, on utilisera des méthodes efficaces et pas chères comme celle évoquée juste ci-dessus, plutôt que maintenir en existence et en fonctionnement une bureaucratie dédiée inadaptée et inadaptable.

      • Bonjour Jesrad
        En libéralie, il y aurait des entreprises privées qui s’occuperaient de la validation de l’identité. 😉

        • Oui, on est bien d’accord. Je dis juste que dans le monde de l’informatique, c’est dores et déjà le cas pour certaines formes d’identité.

  • J’approuve complètement le propos de cet article et c’est justement la proposition que je porte au sein de ce collectif: remplacer l’état civil, devenu inutile et un bijou de famille un peu gênant qui matérialise l’intrusion de l’état central dans la vie privée. J’ai aussi agi auprès des militants T pour qu’ils s’opposent au mariage civil et à la réglementation de la reproduction et de la filiation par les monopolistes de la violence, autre intrusion des «pouvoirs publics» dans une affaire patrimoniale et humaine privée (sans succès, ce mouvement étant noyauté par le PS).

  • Ils demandent plus d’état. Plus de reconnaissance et donc de « protection » de ce dernier.
    Encore des esclaves dans l’âme !

    • Rhétorique fallacieuse. Moins de règles, suppression de la judiciarisation des inscriptions et modifications à l’état civil voire suppression d’icelui, plus de commissions qui décident à votre place de comment vous vous identifiez, pas de contrôle de l’État sur l’identité… donc moins d’État.

      La pensée haineuse peut tordre la rhétorique mais ne peut pas masquer son illogisme.

      Le contexte français est étatique : les solutions immédiates passent donc par l’État, détenteur monopolistique de nos identités. La finalité est quant à elle indifférente vis-à-vis de l’étatisme : il s’agit ici de préserver la vie privée de chacun et de retirer les barrages opposés par le droit (ou l’absence de droit, créatrice de vide juridique et donc d’arbitraire judiciaire) à une vie libre.

    • La juxtaposition de votre commentaire et celui de Chloé, juste au-dessus, est cocasse 🙂

      Les trans avec qui j’ai pu discuter Samedi s’accordent sur l’obsolescence de l’état civil et le rejet de l’intrusion de l’état « dans leur culotte » (que ce soit la sécurité sociale, l’inspection du travail ou l’état civil). C’est vraiment le point central de leurs revendications: avoir la possibilité de se tenir aussi loin de l’état que possible sans (trop) compromettre carrière, santé ou vie sociale.

      La dérive clientéliste est bien réelle cependant. Je pense que c’est un très mauvais calcul d’essayer de monnayer auprès des élites politiques un soutien qu’ils considèrent manifestement comme déjà acquis. Cela ne fait que renforcer la dépendance vis-à-vis de l’état et c’est presque toujours contre-productif, car l’état est déjà par nature un immense conflit d’intérêt. Par exemple, aux USA, réclamer des mesures comme la discrimination positive à l’inscription en fac pour les noirs a aggravé le racisme latent au lieu de le réduire.

  • « Et de fait, maintenant que le service militaire obligatoire est aboli, et que n’importe quel couple, hétérosexuel ou pas, peut se marier, on peut légitimement se demander en quoi le genre d’un individu devrait garder la moindre importance pour l’État. »
    Tout est dit.
    L’état n’a pas à classer les gens selon leurs sexe et/ou genre parce que l’état n’a pas à s’occuper du sexe des individus. Il n’a même plus d’excuse officielle pour le faire, alors pourquoi continuer ?

  • Supprimer le sexe de l’Etat Civil, je veux bien, mais comment ça se passe pour les passeports ? (J’ai crû comprendre qu’on en a encore besoin pour rentrer d’autres pays.)

  • Bel article sauf que
    1. On remplace transsexuel ( terme psychiatrisant) par transgenre ou trans identitaire.
    2. Non aucun paradoxe à dire stop à la pathologisation de nos parcours tout en étant suiviEs per des généralistes. Ce sont des collaborations étroites entre patientEs et médecins et non pas un échange dominant-dominéE comme avec un psy réfèrent!
    Le #transpower à Lille entretient un lien privilégié avec la Maison Dispersée de Santé. On se sert de nos réseaux trans-friendly , notamment médicaux, pour avancer ensemble et faciliter les transitions.

    • Si le rapport que vous avez avec votre psy est celui de dominant/dominé je ne saurais que trop vous recommander d’en changer !
      Sinon à partir du moment ou votre parcours implique des visites chez divers docteurs (psy/endocrinos, etc…) et la prise d’un traitement hormonal ou médicamenteux c’est que vous avez une pathologie. Il n’y a pas de honte à ça. Le seul problème étant que d’après vos dires vous n’avez pas vraiment le choix de la manière dont vous souhaitez vous « soigner ».

    • En quoi transsexuel est psychiatrisant ? Intuitivement, j’aurais plutôt pensé que c’est le terme transgenre qui l’est, tant « genre » renvoi au psychique (comment une personne se sent intuitivement) tandis que « sexuel » renvoi au physique, au corps.

      • Parce que le DSM-IV (livre qui répertorie pathologie mentale) considère que c’est un TROUBLE DE L’IDENTITÉ SEXUELLE !

        Un peu comme l’homosexualité il y a 30 ans…. depuis sortie du DSM.

        Pour faire simple. La société considère comme malade tout ceux qui sortent de la norme.

        • Cela dépend de la norme dont il s’agit. Mais on ne peut pas faire sans normes. L’anti-psychatrie a aussi ses limites.

        • Ben je ne vois pas ce qui est choquant.
          Ils souffrent psychologiquement, leur enveloppe corporelle ne correspond pas à leur psyché, ils demandent un traitement pour y remédier. Ils ont bien un trouble de l’identité sexuelle.

          Etre homosexuel en soi ne cause pas de souffrance. Ce n’est pas une maladie.
          Par contre un transsexuel a des envies de suicide ou/et de mutilation quand il se regarde dans le miroir, il ne se reconnait pas, déprime, etc… si on veut pouvoir les traiter et donc les aider, il faut bien répertorier cette affection, non ?
          Si on suit votre logique, la transsexualité n’est pas un maladie donc les transsexuels ne devraient pas être traités (psy, médocs, hormones, chirurgie… bref, tout ce qui peut les aider)

          Pour finir, « la société » n’a pas à considérer telle ou telle personne malade, ça c’est l’affaire des malades et des médecins, et ça vaut quelle que soit la maladie.
          (et ne criez pas, j’entends très bien)

          • Ah chère Augustine, ne vous énervez pas. Comme je le pense souvent, si le monde pouvait être aussi simple et limpide que le cerveau d’un libéral, tout irait mieux 🙂

          • Si l’homosexualité peut être cause de souffrances surtout quand elle n’est pas assumée. Elle n’est plus considéré comme une maladie, mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne cause pas de troubles psychologiques. Le monde est rempli de malades en tout genre. les faits d’hivers les plus sordides dans les journaux nous renvoie à la figure la folie humaine. Nous vivons dans une société malade. A commencer par nos élites qui représentent assez bien les maux psychologiques de notre société. Leur narcissisme, leur égocentrisme, leur érotomanie, leur penchant pédophile, leurs mensonges, leur sociopathie, leur schizophrénie,………etc.

            • Ce n’est pas l’homosexualité qui cause des troubles psychologiques, c’est la confrontation aux autres.
              Il y a des homos sans troubles psy et des hétéros avec… y’a pas de lien de cause à effet entre orientation sexuelle et trouble psy.

              « les faits d’hivers », ah, les faits d’hivers, ils sont souvent glaçants !

              • J’ai bien précisé « lorsqu’elle n’est pas assumée ». Et assumer une chose c’est prendre conscience que nous ne sommes différent des autres. Beaucoup d’homosexuels assument leur homosexualité malgré le regard des autres. Le « mariage pour tous » n’est pas forcément la volonté de tous les homosexuelles. Nous avons tous une façon différente de concevoir notre vie et par la même d’accepter nos choix ou ce que la nature nous a fourni. La loi ne peut pas satisfaire tous les travers que la nature. L’égalité n’existe pas, c’est une chimère. On peut aider les gens malades, les handicapés, les personnes fracassées par la vie mais pas légiférer à tour de bras parce machin n’a pas çi ou que Tartampion n’a pas ça.

                • « Que la nature nous a affublés »

                • Ce n’est pas l’homosexualité qui fait souffrir, mais la double-contrainte que l’on s’inflige autour. La meilleure façon de s’en convaincre c’est qu’on peut aisément remplacer l’homosexualité par n’importe quoi d’autre (être mauvais en maths, être noir, etc.) sans changer le contexte, et voir que ça ne fait aucune différence – ce qui démontre que c’est le contexte, et uniqument le contexte, qui génère les souffrances. Pas l’homosexualité elle-même.

            • Tess: « les faits d’hivers les plus sordides dans les journaux nous renvoie à la figure la folie humaine. Nous vivons dans une société malade. »

              Dans la distance qui vous sépare du dernier fait divers qui vous horrifie chaque jour des millions, si ce n’est des milliards de gens vivent et échangent en paix, aiment leurs enfants et font au mieux pour eux et leurs proches.

              Je pense que ce sont ceux qui disent que l’homme est fou qui ont une aliénation mentale due à la télévision et qu’ils feraient mieux d’éteindre leur télé. De toute façon, on apprend strictement rien aux « informations ». Un amas de faits sans contexte, recul, historique ni analyse ne peut que mener aux interprétations les plus erronées.

              Cette avalanche de merde que déversent les médias est un réel problème dans nos civilisations surtout que ni l’école ni bien souvent les parents n’enseignent l’esprit critique.

          • Prendre un traitement ne fait pas de quelqu’un une personne « malade ». Je prend pour exemple d’autres cas : la pilule contraceptive qui est une prise d’hormone assez proche des traitements que prennent les personnes trans. Diriez-vous que toute femme sous contraceptif est donc « malade » ? J’en doute fort.
            De la même manière qu’une femme enceinte qui subit une césarienne, une opération chirurgicale importante aussi, n’est pas non plus malade…

            Alors non je réfute cette idée que la transidentité serait une maladie. Que quelqu’un puisse nécessiter d’un traitement pour aller mieux dans sa peau ne fait pas de la transidentité une maladie. La maladie implique de « soigner », de « corriger », ici ce n’est pas de ça qu’il s’agit, il s’agit d’accompagner un changement physique pour aider quelqu’un a trouver son équilibre.

            Si on ne combat pas l’idée de la maladie psychiatrique on laisse des médecins psychiatre avoir tout pouvoir sur nos corps et décider. C’est ce qui a amené des tas et des tas des trans droit dans le mur depuis des décennies et en a tué plus d’un(e).

            Et pour information être trans n’est pas synonyme d’être suicidaire.

            • Je sais bien qu’être trans n’est pas synonyme de suicidaire, mais les statistiques montrent que le risque d’être suicidaire en étant trans est beaucoup plus élevé.

              Pour moi c’est aussi simple que :
              – la personne se sent mal (vous dites vous même « un traitement pour aller mieux dans sa peau »)
              – elle a besoin d’un traitement pour y remédier (et pas pour éviter une grossesse, ça c’est du confort, quoi qu’on en dise).
              A partir de là, ou est le mal de dire qu’elle se soigne, puisque c’est le cas ? C’est positif. Moi même je me suis soignée tout à l’heure avec un morceau de gâteau au chocolat. Je me sens mieux, je peux vous le dire ! 🙂

              Je voudrait préciser que « maladie » n’implique pas « psychiatrique » et je n’ai jamais dit que la transidentité relevait de la psychiatrie. Je n’ai pas d’opinion sur le sujet, je me pose encore plein de questions auxquelles je ne trouve pas de réponse.
              Une chose est sûre : il est hors de question qu’un médecin (psy ou autre) ait un quelconque pouvoir sur son patient et décide à sa place. C’est bien sûr une position générale qui ne s’arrête pas à la question trans. Les médecins qui forcent des traitements à base de statines sans raisons médicales en faisant peur à leurs patients pour qu’ils s’y plient, par exemple, sont légion. C’est tout aussi condamnable qu’un psy qui outrepasserait son rôle en faisant pression sur son patient.

              Je peux me tromper mais si vous refusez l’idée de maladie concernant la transidentité comme vous le dites, alors cela implique logiquement que les médicaments/molécules/hormones ne feraient rien pour les trans. Ce serait en fait un simple problème de dysphorie qui se gèrerait avec des opérations de chirurgie esthétique ? Pour choquer, je dirais : un peu comme le regretté Mickael Jackson qui s’est fait accompagner dans son changement physique pour l’aider à trouver son équilibre. Oui, ça choque mais c’est l’image que j’ai en tête, même si elle est sans doute exagérée. Du coup je me pose la question : quel est le pourcentage de transgenre dans les population n’ayant jamais vu un miroir ? J’ai conscience de choquer, encore une fois, mais en tant que scientifique dans l’âme, je ne peux m’empêcher de me poser la question.

              Je vous avoue que plus je réfléchis à la problématique moins je comprends ce besoin de changer de genre dans une société ou les rôles s’inversent si facilement, où les hommes peuvent être sage-femme et les femmes pilote de chasse. Socialement, il n’y a pas d’intérêt.
              Et pourtant je constate que les trans sont prêts à subir un lourd traitement avec les conséquences médicales que ça implique (stérilité, risque accru de cancer du sein avec les oestrogène, par ex) et des galères sans nom pour changer d’apparence et d’état-civil.
              Bref, je ne comprends pas, même si je constate que le besoin est suffisamment impérieux pour que les gens concernés bravent de grandes difficultés. Le malheur dans l’histoire, c’est que je ne suis pas la seule dans ce cas, à ne pas comprendre. On m’a déjà répondu que ça ne s’expliquait pas, que ça se vivait. C’est dommage, je trouve, de ranger chacun dans un camp sans possibilité d’échanger. Nous faisons tous partie de la même espèce dont la principale caractéristique est la curiosité. Les trans (en tout cas ceux que j’ai lu) accusent facilement les gens comme moi qui posent des questions et qui essayent d’en savoir plus de « transphobes » sans jamais leur répondre sur le fond. C’est bien dommage, car le meilleur moyen de combattre n’importe qu’elle -phobie c’est l’information.

              (Pour finir, sur une note un peu hors sujet : pour prendre la pilule il faut être un peu malade dans sa tête, effectivement, quand on voit les effets puissants et souvent indésirables des hormones sur le corps. 😉
              Concernant la césarienne, il y a aussi l’anatomie qui rentre en jeu (bassin trop étroit, par exemple), bref, la maladie n’est pas la seule justification d’une opération chirurgicale.)

  • Augustine vous me « cassez les couilles » avec votre pseudo-savoir que vous ne remettez pas en cause.
    Toujours tout analyser… Contredire… Contre-argumenter…
    Les évidences ou auto-déterminations des personnes trans’ ne s’expliquent pas. Elles se vivent.
    Flore #transpower

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