Prix Nobel de la Paix : le combat de Malala pour l’enseignement libre

malala prix nobel credits United nations (licence creative commons)

Pourquoi les médias cachent-ils le fait que Malala Yousafzai est en faveur du libre choix en matière d’instruction ?

Pourquoi les médias cachent-ils le fait que Malala Yousafzai est en faveur du libre choix en matière d’instruction, comme tant de personnes dans les pays en développement ?

Par Alex Korbel.

malala prix nobel credits United nations (licence creative commons)

Souvenez-vous.

Elle fut victime d’une tentative d’assassinat parce qu’elle militait pour le droit des filles à l’éducation. Elle reçut une balle tirée à bout portant dans la tête alors qu’elle s’installait dans un bus avec ses amies pour rentrer de l’école. Cette Pakistanaise du nom de Malala Yousafzai est devenue, à 15 ans, une icône. En 2008, les Talibans ont incendié plus de 150 écoles dans sa région de la vallée de Swat, et interdit en 2009, par décret religieux, aux jeunes filles d’aller à l’école.

Elle est désormais la plus jeune personne à avoir remporté le prix Nobel de la paix, après avoir obtenu de nombreux prix, dont le Prix Sakharov, récompensant sa campagne pour « le droit à l’éducation ». Mais un élément essentiel de son combat est systématiquement omis lorsque sa vie et sa mission sont décrites par les relais d’opinion. On n’en voit aucune trace dans Le Monde, Le Figaro, Libération, Le SoirWikipedia en français ou en anglais.

Pire, son message est souvent récupéré par des intérêts organisés, et en premier lieu, les corporations d’enseignants d’État. Ainsi, le lobby international des enseignants d’État met en scène le combat de Malala en en faisant un outil de leur campagne pour une « éducation publique de qualité », c’est-à-dire une instruction organisée… par l’État, bien entendu.

Mais Malala et sa famille ne se sont jamais fait les avocats de l’instruction d’État. Bien au contraire, dans son autobiographie, Malala pourfend l’instruction publique, lieu de « l’apprentissage par cœur », où « les élèves ne contestent pas les enseignants », où ceux-ci s’absentent et sont violents envers les élèves.

Le (vrai) combat de Malala

Alors, quel est le combat de Malala ? L’enseignement libre et privé. L’école qu’elle fréquentait lorsqu’elle a été abattue par les Talibans était en fait une école privée à bas prix créée par son père. En exil, l’école qu’elle fréquente actuellement à Birmingham est aussi une école privée (Edgbaston, un lycée pour jeunes filles).

Son père, Ziauddin Yousafzai, est un entrepreneur de l’éducation. Impossible de le savoir si vous ne lisez que la presse grand public, qui ne parle de lui que rarement et en ne soulignant que le fait qu’il a été nommé conseiller spécial de l’ONU pour l’éducation. C’est en 1994 qu’il crée une école privée à Mingora, y investissant toutes ses économies (1 500 euros environ). En 1997, les frais de scolarité de cette école privée étaient d’environ 1,50 euros par mois, rendant l’établissement accessible aux familles les plus pauvres.

Il est rapidement devenu vice-président de l’Association des écoles privées de Swat et a résisté aux représentants du gouvernement qui lui demandaient des pots de vin. Comme on le lit dans le livre de sa fille, il a encouragé les autres propriétaires d’écoles à lutter contre cette corruption : « Gérer une école n’est pas un crime. Pourquoi devriez-vous payer des pots de vin ? Vous ne dirigez pas une maison close, vous éduquez des enfants. » Bientôt président de l’association, celle-ci a rapidement comptée 400 propriétaires d’écoles.

Malgré l’oppression des Talibans et des autorités pakistanaises, des milliers de Pakistanais se battent pour faire fonctionner des écoles privées abordables dans cette région éloignée du monde parce que les familles pauvres ne veulent précisément pas de la médiocrité et des abus des écoles publiques locales. Ce qui se passe dans la vallée de Swat d’où est originaire Malala se passe partout dans le monde en développement, en Inde, en Afrique, même en Chine. Pour découvrir ces écoles privées que choisissent les plus pauvres des plus pauvres, je vous invite à lire The Beautiful Tree, de James Tooley, ainsi que les deux articles de ce même auteur publiés par Contrepoints (ici et ici).

Tout le monde a le droit de choisir l’école où ses enfants seront instruits. Vous avez ce droit.


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