Terrorisme : Ne les laissons pas gagner leur guerre

François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)

L’empressement avec lequel le président François Hollande s’est engagé dans la guerre contre le terrorisme jure un peu avec ses positions en tant que candidat.

Par Le parisien libéral.
François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)Un des phénomènes les plus surprenants du quinquennat de François Hollande (socialiste) résidera quand même dans la promptitude avec laquelle le locataire de l’Élysée aura repris le flambeau de la guerre perpétuelle contre le terrorisme, avec son corollaire de lutte contre nos libertés.

Non pas que la menace terroriste, dans l’absolu, n’existe pas. Il apparaît au contraire évident que les pays occidentaux, mais pas uniquement, peuvent être la cible de tueurs fous ciblant des gens au hasard. Simplement, on se souvient du fait que l’actuel Président de la République :

Doit-on considérer, sur ce point comme sur d’autres, que seuls des objectifs de posture politique, et non pas des idées de fond, ont motivé les propos de François Hollande pendant des années ?
La gauche, dans son ensemble, refusait, entre 2002 et 2012 de se laisser entraîner dans ce qu’elle appelle une guerre de civilisation (même si elle a entraîné la France en Afghanistan…). Mais aujourd’hui, elle vote les lois liberticides de Hollande, Valls et Cazeneuve, et appelle à frapper militairement l’Irak (enfin, quand Hollande ne confond pas Iran et Irak…)

Aujourd’hui, on nous parle d' »union nationale », un « réflexe républicain ». C’est vrai que sur le plan de l’émotion, chaque Français est touché par la mort d’Hervé Gourdel en Algérie. Mais jusqu’où doit aller cette union nationale ? Jusqu’à l’acceptation de guerres menées sur le modèle de celle du Mali, dont Hollande nous disait qu’elle servait à lutter contre le terrorisme ?

La classe politique s’engage à « ne pas polémiquer » sur le rôle de la France dans la mort de l’otage français en Algérie mais les terroristes disent qu’Hervé Gourdel a été assassiné parce que la France participe à la guerre en Irak. Autrement dit, la même classe politique qui sous-entendait, il y a 10 ans, que les États-Unis étaient responsables de ce qui leur arrivaient, refuse aujourd’hui d’être cohérente.

L’unité nationale, ça pourrait être le fait que nos responsables politiques refusent de s’engager dans l’escalade sécuritaire dans laquelle les terroristes veulent nous entraîner. Où en est l’abolition de Vigipirate ? De l’extension du domaine d’application du secret défense ? Où sont les pressions de la France et de l’UE sur notre partenaire américain pour que ceux-ci abolissent le Patriot Act et ferment Guantanamo ? Et, chez nous, où est le vrai débat sur l’engagement de la France au Proche-Orient ?

À chaque fois que nous dégradons les libertés civiles ici ou que nous sommes incohérents à l’extérieur, les terroristes gagnent une bataille. Ne les laissons pas gagner la guerre.


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