Banques centrales : quelle logique à l’œuvre ?

Quelle est la cohérence de toutes les mesures prises par les banques centrales ?

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René Magritte, L'assassin menacé, 1927.

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Banques centrales : quelle logique à l’œuvre ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 septembre 2014
- A +

Par Vladimir Vodarevski.

René Magritte, L'assassin menacé, 1927.
René Magritte, L’assassin menacé, 1927.

 

Où va la politique monétaire ? Quelle est sa logique ? Quel est le raisonnement de ceux qui la mènent ? La question se pose, tant elle apparaît déconnectée de la réalité, et incohérente.

Déconnexion de la réalité

Ainsi, tout le monde se félicite du nouveau programme de quantitative easing, c’est-à-dire d’injection de monnaie dans l’économie, décidé dernièrement par la BCE. Ce programme de création monétaire est censé relancer l’économie européenne. Cependant, au même moment, le bilan de la même politique, menée au Japon, s’avère être un échec. Curieusement, personne ne tient compte de cet échec. Alors même que le Japon est l’exemple contemporain de multiples politiques de dépenses publiques, de déficits, et de création monétaire, qui n’ont mené à rien. Mais cela ne fait pas la une de l’actualité.

Pour justifier la politique de création monétaire, les politiques de la Fed, la banque centrale des États-Unis d’Amérique, et de la Bank of England, sont mises en avant pour expliquer la reprise économique dans ces pays. Mais on oublie que la politique de la BCE est elle aussi très accommodante. Il y a peu de différences entre la BCE et la Fed et la Bank of England. La BCE avait d’ailleurs déjà lancé un grand programme de crédit aux banques européennes, comme elle veut le refaire aujourd’hui. Par contre, les économies qui connaissent une reprise sont celles qualifiées de plus flexibles. Elles se restructurent après une crise. De plus, c’est justement ce qui manque au Japon, la fameuse troisième flèche des abenomics : des réformes structurelles. Les faits montrent donc que la politique de création monétaire ne relance pas l’économie. Mais personne n’en tire les conclusions qui s’imposent.

Incohérences

La politique monétaire fait aussi preuve d’une grande incohérence. Officiellement, il s’agit d’encourager le crédit aux entreprises. Sauf que, d’un autre côté, la réglementation monétaire fait tout pour rendre désavantageux pour les banques le crédit aux entreprises.

En effet, depuis 1988, les banques doivent se conformer aux critères de Bâle. Ces critères décrètent ce qui est risqué ou pas pour les banques. Celles-ci ne sont donc pas libres dans leur activité. Si elles mènent une activité considérée comme risquée par les critères de Bâle, elles doivent respecter plus de contraintes, elles sont désavantagées. Les critères de Bâle favorisent l’investissement et le prêt aux entités publiques, et à l’immobilier. Et défavorisent l’investissement et le crédit aux entreprises ! L’instauration de ces critères a fait chuter la part du crédit aux entreprises (voir le graphique sur Contrepoints). Et ces critères viennent d’être durcis, pénalisant d’autant plus le crédit aux entreprises. D’un côté les autorités veulent donc encourager le crédit aux entreprises, de l’autre, elles le considèrent comme trop risqué !
Il n’y a ainsi aucune logique à la politique monétaire. Elle ne tient pas compte des retours d’expérience, et elle est incohérente.


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Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • Vous manquez singulièrement d’imagination. Ou êtes incapable de prendre de la hauteur.

    Ce que font les banques centrales est parfaitement logique et cohérent.

    Vous dites « les QE ça ne marche pas, la preuve au Japon, donc pourquoi les autres banques centrales le font ? »

    Mais vous oubliez de définir « ça ne marche pas » !

    Alors qu’un collégien devrait comprendre : faire tenir un système, éviter l’implosion d’une économie… pendant 20 ans (dans le cas du Japon)… c’est bien au contraire un très grand succès !

    Voilà la grille de lecture qui vous manque cruellement.

    Depuis 2008… malgré des hauts et des bas… la BCE a également évité 3 implosions (liées) :
    -système bancaire européen
    -et donc financement des souverains (dettes)
    -et donc zone Euro (monnaie)

    Echec ? Grand succès… aux yeux de ces gens bien entendu.

    L’analyse est STRICTEMENT identique pour la FED, la BOC, la BOE etc.

  • La combinaison BCE/Bâle spécialise effectivement les banques dans les dettes publiques. Comme il s’agit des titres les plus risqués qu’on puisse loger dans le bilan d’une banque (les pays ne sont jamais en faillite : ils font volontairement défaut) et que la vocation de la BCE est la fourniture sans limite de liquidités, la fuite en avant dans l’impression frénétique de signes monétaires apparaît inéluctable, accélérant le cercle vicieux de la collectivisation des capitaux qui ruine les économies européennes, justifiant sans fin d’autres impressions monétaires, d’autres relances budgétaires désespérées, etc. Au bout du chemin, la BCE finira prêteur direct des Etats obèses dans une économie européenne dévastée. A moins que les Obèses cessent de l’être, en renonçant d’abord aux déficits et plus généralement aux politiques socio-keynésiennes, l’hyperinflation mais également l’effondrement de la zone euro sont certaines, car les pays à l’équilibre ne voudront pas éternellement payer pour les impécunieux irréformables. La lassitude palpable des Allemands vis-à-vis des récentes péroraisons d’un Valls sont un des signes très inquiétants qui sont apparus récemment. La cote d’alerte est atteinte.

    • Cher Cavaignac, j’apprécie toujours vos commentaires.
      Je voudrais témoigner du cas de mon beau-frère. Propriétaire d’une entreprise (secteur bois, coupe et traitement), il a récemment sollicité un prêt auprès des banques. Refus général, sans exception. Il a donc du vendre un terrain pour financer son fond de roulement, terrain qu’il avait heureusement gardé sous la main. Les cocos diront : encore un putain de riche patron exploiteur des pauvres travailleurs, il faut faire payer les riches ❗
      Sauf que s’il n’avait pu vendre ce terrain, faute de prêt, les banques ne voulant plus rien risquer eh bien, il aurait du licencier. Quand un patron demande un prêt à une banque, c’est souvent pour maintenir son activité mise à mal par les pots de 5L de moraline distribuées gratuitement dans tous les foyers par l’état.

      Toutes les conneries (et je pèse mes mots) faites par l’Obèse se paieront cash un jour.

  • Merci CC pour cet éclairage , bien glauque et bien dans l’esprit de la pensée unique à la sauce keynésienne , on en sort pas , mêmes recettes depuis 40 ans. Nous finirons donc noyés sous des masses de liquidités que personne ne veut, à part les États impécunieux.

    • Pardon, mais il ne s’agit pas d’idéologie.

      Juste une volonté de pouvoir combinée à l’instinct de survie, le tout « leveragé » par un cynisme absolu.

      Ce que j’essaye d’expliquer est que ces « gens » ne respectent rien, et certainement pas des règles comptables, des lois bancaires, ni le simple bon sens.

      Ces règles ne sont bonnes que pour les esclaves. Nous.

      Ce qui apparaît comme « incohérent » pour de nombreux observateurs (naifs, il n’y a pas d’autres mots), est comme je l’ai montré cohérent et parfaitement prévisible, lorsqu’on prend conscience de cette volonté de puissance.

      Pour synthétiser : pourquoi voulez que la BCE par exemple accepte un échec et mat technique, et reconnaisse que oui l’Euro est une aberration et qu’il convient d’arrêter cette expérience monétaire malheureuse ?

      Ca n’a aucun sens… pour ces gens.

      Donc ils feront tout, et leur pouvoir est très important, pour sauvegarder leur système. Quel que soit le coût (pour nous).

      Après, dans un second temps, les esprits naifs tentent de coller des étiquettes pour mieux -pensent ils dénoncer un fait. Exemple « keynésien ».

      Là encore, ça tombe à l’eau. Vous croyez que ces « gens » se préoccupent des « étiquettes » ?

      L’essence c’est l’instinct de survie. Rien de plus.

      Pour qui veut comprendre, je renvoie à décembre 2008 quand Georges Bush, qui était pris pour un crétin (à tord) avait parfaitement résumé ce qui se jouait (avec quand même une infinie ingénuité) et surtout l’ère qui s’ouvrait : une nouvelle ère faite de mensonges, de tricheries etc.

      ‘I’ve Abandoned Free Market Principles To Save The Free Market System’

      http://thinkprogress.org/politics/2008/12/16/33798/bush-free-market/

      • Je complète mon propos par une news qui tombe fort opportunément.

        http://www.zerohedge.com/news/2014-09-24/bank-japan-buys-record-amount-equities-august

        C’est officiel, la BOJ est en passe de devenir le premier détenteur d’actions.

        « Bank Of Japan Buys A Record Amount Of Equities In August »

        C’est bien la preuve qu’il y a une logique à l’oeuvre.

        Elle vous semble folle, allant contre l’arithmétique et même contre le bon sens… et pourtant elle fait parfaitement sens.

        Autre news : le patron de la BOC… va changer. Il va être remplacé par… un banquier de carrière, ce qui là annonce la suite.

        Même process à l’oeuvre lorsque à la place d’un Allemand (vrai faucon), Merckel et Sarkozy ont préféré nommer Draghi (oui, on ne le rappellera jamais assez : ils ont nommé Draghi) pour prendre la suite de Trichet à la tête de la BCE.

        Tout fait parfaitement sens.

  • Les commentaires sont fermés.

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