Le monde enchanté de l’économie étatique

Que se passerait-il si on donnait des objectifs politiques à une entreprise ? Elle déclinerait sûrement. Et si cette entreprise était l’État ?

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Le monde enchanté de l’économie étatique

Publié le 16 septembre 2014
- A +

Par Vincent Bénard.

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Si l’État décidait qu’une très grosse entreprise, par exemple Total, ou Sanofi, était « stratégique » au point de devoir être absolument renflouée en cas de déficit, à condition de devoir remplir quelques « objectifs politiques », par exemple de nature sociale, que se passerait-il ?

Il est probable que cette entreprise, que nous appellerons « la firme », verrait le niveau de sa gestion baisser, au point que le déficit devienne « la nouvelle norme » de gestion en son sein. Au lieu d’étudier soigneusement tous ses projets de développement, la firme s’engagerait dans des investissements dont la finalité serait de plaire aux politiques, tout en profitant de ses « obligations de service public » pour quémander toujours plus d’avantages : monopoles, capacité de fixer ses prix arbitrairement par décret, etc.

Le coût global de cette inefficacité serait répercuté sur toutes les entreprises gérées sainement et leurs salariés, populations dont les impôts présents ou la dette (c’est-à-dire un impôt futur) augmenteraient.

Le bilan de « la firme » s’écroulerait, et, quelques années plus tard, ses fonds propres deviendraient négatifs. Mais, soutenue par l’État, la firme ne déposerait pas le bilan et continuerait sa gestion chaotique. La destruction de valeur ainsi opérée serait financée par le reste de l’économie.
Payer les incompétents pour de mauvais projets avec l’argent des plus efficaces aurait des effets macro-économiques détestables : les meilleurs, au lieu de rémunérer la prise de risque de leurs actionnaires, ou le mérite de leurs salariés, devraient rémunérer la médiocrité générée par « la firme ».

Et au lieu de bénéficier de plus de produits et services créés par les « bons », nous devrions supporter le coût non optimisé des services produits par les mauvais. Évidemment, la motivation des meilleurs à créer de la richesse s’écroulerait, et la richesse irait se créer progressivement ailleurs.

Eh bien, « la firme » existe. Ce n’est pas Total, ce n’est pas Sanofi, ni aucune autre grande entreprise privée. C’est l’État.

Comptablement, l’État est une entreprise comme une autre, avec un chiffre d’affaires un peu particulier, « l’impôt », relevant d’un « pricing power » bien plus important que la normale. Souvent quasi monopolistique, producteur de services (police, éducation, etc.) de qualité généralement mal perçue, l’État est en déficit chaque année depuis 40 ans, et son actif est égal à la moitié de son passif-dette, soit des fonds propres négatifs supérieurs à 900 Mds€, plus importants que la somme des fonds propres – positifs, eux – des entreprises du Cac40. Bref, l’État, c’est « la firme », qui aurait grossi au point de représenter à peu près 57% de notre économie, à force de pouvoir financer sa médiocrité sur le dos des autres.

Pourtant, si à peu près tous les économistes, même de gauche, pensent que gérer de cette façon « la firme » privée, celle décrite en début de billet, serait économiquement désastreux, ils sont bizarrement nombreux à croire que si « la firme » devient « l’État », les déficits, le monopole, le pricing power infini, la prime à l’incompétence et la destruction globale de valeur, peuvent avoir un effet positif. Selon ces charmants diplômés de l’université publique, une gestion privée cataclysmique acquiert une aura et une énergie positive en devenant publique.

Le keynésianisme, et toutes ses variantes interventionnistes, c’est cela : une pensée magique, totalement déconnectée de tout fondement rationnel, qui attribue des pouvoirs surnaturels à l’État.

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  • Pour justifier toujours plus d’étatisme, on nous ressort en ce moment la thèse farfelue de la « stagnation séculaire », en France comme aux USA, thèse qui prétend que la croissance ne reviendra plus, qu’elle est derrière nous et qu’il est urgent de « changer de modèle ». Elle avait déjà de nombreux adeptes au XIXe siècle, puis dans les année 1930, puis les années 1970…

    Ben voyons !

    Les honnêtes citoyens correctement éduqués se souviennent que c’est justement l’obsession étatiste fatale qui interdit la croissance, que la croissance potentielle n’a évidemment pas de limite et qu’elle n’attend plus que l’expulsion manu militari de l’Obèse et de ses affidés hors du pays pour se manifester à nouveau.

    A ce sujet, relisons ce que disait l’indispensable Friedman il y a 50 ans déjà :

    « On avança alors la théorie de la « stagnation séculaire », qui était censée justifier l’importance et la permanence des dépenses gouvernementales. L’économie, disait-on, est arrivée à maturité; on a largement exploité les occasions d’investir, si bien qu’il est peu probable que de nouvelles occasions se présentent qui soient dignes d’attention; pourtant, les particuliers sont encore désireux d’épargner. Il est donc essentiel que l’État fasse des dépenses et endosse un déficit perpétuel (…) Une telle façon de voir a été discréditée par l’analyse théorique; elle l’a été plus encore par les faits, en particulier par l’apparition de types entièrement nouveaux d’investissements dont les partisans de la « stagnation séculaire» n’avaient même pas rêvé. »

  • Bonjour,

    Sans être un défenseur d’une économie étatique, il convient de corriger certaines de vos approximations. D’abord dire que l’Etat représente 57% de notre économie ne veut pas dire grand chose. Que voulez-vous dire ? Que les dépenses de l’Etat représentent 57% du PIB ? C’est faux, ce sont les dépenses publiques, les dépenses de l’Etat représentent aux alentours de 22-23% du PIB (en-dessous de la médiane et de la moyenne des pays européens auxquels j’ai ajouté USA, Japon, Canada, Corée du Sud). Que 57% du PIB est produit par l’Etat ou les administrations publiques ? Faux là encore étant donné que dans les dépenses publiques, il y a un grand nombre de transferts monétaires (allocations par exemple) qui bien entendu ne participent pas au PIB. Pour info, en France, les administrations publiques produisent environ 16% du PIB au-dessus de la moyenne européenne aux alentours de 13%. Ensuite, vous dites que les actifs de l’Etat (je traduis par administrations publiques) sont inférieurs à son passif. Or là encore il semble que c’est faux, selon l’INSEE le solde actif-passif est positif aux alentours de 670 milliards.

    Regardons maintenant d’où provient la dette de l’Etat (qui représente 80% de la dette publique). Une rapide analyse avec les données eurostat montre que depuis 30 ans, les dépenses de l’Etat sont globalement restées stables (elles ont même légèrement diminué en tendance notamment entre le milieu des années 90 et 2007), donc difficile d’expliquer la dette par les dépenses. Regardons donc les recettes. Là, on s’aperçoit qu’il y a une véritable baisse des recettes de l’Etat. Cela montrerait donc que la dette proviendrait plutôt d’une baisse des recettes que d’une hausse des dépenses de l’Etat.

    Enfin, il y a une différence fondamentale entre « la firme » et l’Etat moderne. Dans le cas de la firme, ce qui choque c’est qu’elle joue sur les deux tableaux, elle est au service d’intérêts purement privés et sans contrôle démocratique tout en bénéficiant d’argent public (ce qui d’ailleurs est le cas de nombreuses entreprises bien réelles….) Ce qui n’est pas le cas dans le cas de l’Etat moderne (c’est bien entendu imparfait) disons plutôt dans l’idéal-type de l’Etat moderne. C’est d’ailleurs une des raisons qui pourraient expliquer le laisser aller des travailleurs de cette firme (qui n’ont aucun compte à rendre et ne travaillent que pour eux) qu’on ne retrouve pas chez les fonctionnaires qui eux ont des comptes à rendre et travaillent pour ce qu’on appelle communément « l’intérêt général » notion qui mérite bien entendu d’être éclaircie. Vous semblez croire qu’il suffit de privatiser pour rendre efficace, mais il suffit d’ouvrir les yeux sur le monde réel pour s’apercevoir que ce n’est pas aussi simple et que l’assertion : privé plus efficace que public est fausse (ce qui ne veut pas dire que public plus efficace que privé est vraie).

    • aux yeux d’un libéral, dépense publique = dépense de l’état, ce qui dynamite votre argumentaire. Que l’état paye des aides sociales ou des subventions aux artistes ou des salaires aux fonctionnaires, c’est pareil…

      La seule dépense qui doive être légitimement faite par l’état, c’est les frais de fonctionnement de la justice, police et armée. Le total des dépenses de ces différents corps détermine les impôts à lever pour les couvrir.

      • Non votre égalité « dépense publique=dépense de l’Etat » n’a rien à voir avec être libéral ou non, c’est simplement faire preuve de rigueur intellectuelle, ce dont devrait faire preuve un véritable libéral. Par contre pour un libertarien, c’est-à-dire un idéologue qui peut difficilement faire preuve de rigueur intellectuelle, c’est la même chose. Mais autant le gauchiste de base n’est pas véritablement capable d’expliquer ce qu’il entend par « marché » (mis à part que c’est mal), autant le libertarien de base n’est pas plus capable d’expliquer ce qu’il entend par « Etat » (mis à part que c’est mal).

        Pourriez-vous nous expliquer en quoi les seules dépenses légitimes de l’Etat sont la justice, la police et l’armée ? Après tout on peut aussi confier cela à des entreprises privées soumises à concurrence ! C’est là qu’on voit que le libertarien ne défend pas la liberté mais l’ordre établi !

    • Dans un pays bien organisé, la distinction état- collectivité locales -agences publiques à un sens : au sens de la sphère publique ce sont des entités indépendantes qui ont une vie propre, un budget propre, des règlements autonomes, et qu’on peut distinguer. Quand une ville fait faillite au USA c’est une vraie faillite, l’État ne garantie pas la dette, ne se met pas à gérer à la place du défaillant, et si il intervient, c’est à titre tout à fait secondaire. En France, quand une commune fait faillite, l’Etat paye à sa place et le préfet prends les commandes (je veux dire: directement ; d’habitude il a les commande mais indirectement, via un catalogue infini d’obligations )
      Pas en France : tous les circuits financiers passe par l’Etat, même ceux de la « ferme générale » (l’URSSSAF) ; c’est l’Etat qui décide de tout, que ça soit local (rythme scolaire dans les écoles communales ) ou social (exemple hier: le premier ministre décide d’octroyer 40 € aux retraités … privés) ; etc.
      Il n’y a qu’un Etat et son poids économique est bien de 57 % du PIB.

      On peut discuter de la valorisation du patrimoine public per se, mais une chose est sûr : il est par définition grevé de servitudes correspondant aux obligations de services au public. servitudes qui sont une charge que l’INSEE ne prend absolument pas en compte dans son calcul de valeur patrimoniale, ce qui est une lourde faute comptable. En somme, l’État est dans la situation d’un propriétaire d’un logement qui serait loué gratuitement à perpétuité : même si ce logement valait sur le papier 100 000 €, le propriétaire ne dispose pas plus de cette somme qu’il ne dispose de son bien, et la meilleur estimation pour son bien dans un compte de patrimoine c’est … zéro. Certainement pas 670 milliards (chiffre de wikipedia datant de 2006 ? ) .
      Noter que ce chiffre reste intéressant quand on regarde sa composition et sa variation.
      http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=16&sous_theme=5.4.2
      http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2010/donnees/xls/t_8204.xls
      En gros, en face de notre monstrueux stock de dettes et d’engagement non financés (dette implicite), on a 900 milliards de routes (dont la valeur est régulièrement revu à la hausse. Pourquoi ? parce que. parce que na. Parce que plus on dépense plus ça vaut, au yeux de l’INSEE : quoi de plus absurde comme méthode de calcul ?) et 800 « d’actifs non financiers non produits » (la nature, quoi ; mines et gisement divers) dont la valeur varie au petit bonheur. Et c’est tout.

      votre paragraphe sur la baisse des recettes + dépenses stable est juste hallucinant. d’où sortez vous ces calembredaines, que même à Bercy ils n’ont jamais osé ?

      • Dans n’importe quel pays, tout passe par l’Etat puisque c’est l’Etat qui fait la loi ! Votre argumentaire alambiqué ne tient donc pas tellement.

        En somme vous nous expliquez que l’Etat n’est pas une entreprise comme une autre puisque son patrimoine il peut difficilement le vendre du fait de certaines obligations ? Mais parfait, encore un argument qui montre que l’auteur de l’article fait fausse route via sa comparaison et que donc l’Etat n’est pas une entreprise comme une autre et donc ne peut se gérer comme une entreprise comme une autre. Merci, un argument en plus !

        Ah, la bonne vieille dette implicite, terminologie ridicule sur le plan économique mais utile sur le plan idéologique. Une dette existe à partir du moment où un emprunt a été effectué auprès d’un créancier, aussi faire entrer dans ce que vous nommez dette implicite les dépenses des retraites futures (par exemple) pose problème, mais si on le fait c’est alors plutôt de dette fictive(fictive car elle correspond à ce que la France devrait emprunter si elle devait faire face, hic et nunc , à ces dépenses futures) qu’il conviendrait de parler que de dette implicite. Il n’existe qu’une seule dette, celle-ci étant finalement la dette officielle c’est-à-dire les engagements réels de la France envers ses créanciers au moment où on parle. Cela ne signifie pas que les études prospectives sont dénuées d’intérêt, au contraire elles sont essentielles pour mener une politique efficace notamment parce que les créanciers en ont connaissance ou en font également pour évaluer la solvabilité du pays emprunteur. Mais employons les termes qu’il convient au risque de raconter n’importe quoi.

        Concernant dépenses/recette de l’Etat, allez sur eurostat.

        • « Dans n’importe quel pays, tout passe par l’Etat puisque c’est l’Etat qui fait la loi ! Votre argumentaire alambiqué ne tient donc pas tellement.  »
          Mais non, il n’y a qu’en France que tout passe par l’Etat. C’est faux dans le monde anglo-saxon (common law), en Allemagne (autonomie des partenaires sociaux, des länders), dans le monde musulman (coutume, charia), en Espagne, Suisse, Belgique, etc.

          « En somme vous nous expliquez que l’Etat n’est pas une entreprise comme une autre puisque son patrimoine il peut difficilement le vendre du fait de certaines obligations ?  »
          Mais non. Ce que je dis est vrai pour tout le monde, entreprise, particulier. Cela se voit par exemple dans les prix de vente minoré des biens immobilier occupé par un locataire.

          « Mais employons les termes qu’il convient au risque de raconter n’importe quoi.  »
          Effectivement. Et donc évitez le mot « fictif » pour parler des obligations très réelles qui ont été contractées à l’égard des retraités. La dette implicite (expression classique qui n’est ridicule que pour un idéologue) ou « hors bilan  » est tout sauf fictive. C’est même la source exclusive de quelques gros scandales de faillite frauduleuse (comme Enron) : si c’était fictif, ça ne poserait pas ce genre de problème ! Je trouve par ailleurs curieux que vous placiez les engagement pris à l’égard d’un financier à un niveau plus sérieux et « réel » qu’un engagement de même nature à l’égard d’un retraité … Est-ce à dire que vous ne reconnaissez aucune valeur aux petits papiers des caisses de retraites, indiquant aux retraités ce qu’elle vont leur verser ? Moi je veux bien, et je suis assez d’avis que ces papiers relèvent de l’escroquerie justement parce que les dites caisses n’ont pas les fonds correspondant à ces promesses … mais j’ai peur que cette interprétation soit marginale (pour le moment du moins)… m’enfin si c’est la vôtre, je crois que nos problème sont résolus : puisqu’on ne doit rien, il suffit de ne plus payer, et c’est marre. On aura même de gros bénéfices 🙂

          Eurostat c’est vaste. Soyez plus précis. Cela dit, pour autant que je me souviennent, en 1990 on était en dessous de 3% de déficit, et en dessous de 45% du PIB de dépenses publique, la CRDS n’existait pas, ni la CSPE, la CSG était un enfançon, etc. Alors je crois que vous allez avoir du mal à trouver des données eurostat faisant apparaitre des baisse de recettes de l’Etat depuis cette époque … mais j’admire le gars qui se lance un défi : montrez nous.

          • France : autonomie budgétaire des collectivités locales (avec transferts de l’Etat central comme dans tous les Etat même fédéraux). Mais la question n’est même pas là. Dans tous les pays donc vous parlez, c’est l’Etat qui fixe la loi et qui délègue certaines compétences. Comme je le redis, tout passe par l’Etat puisque celui-ci fait la loi qui encadre la loi des entités inférieures administrativement.

            Le prix de vente d’un bien immobilier ne diminue pas nécessairement du fait qu’il est loué, au contraire ! Un locataire qui paie son loyer régulièrement, qui ne pose pas de problème est au contraire un argument positif pour vendre voire même pour augmenter le prix de vente ! Mais je pensais plutôt à ce que vous écriviez sur les routes.

            Pourquoi parle-t-on de « hors bilan », parce que justement cela ne rentre pas dans le bilan, parce que ce n’est pas une dette réelle mais une dette fictive. Pourquoi fictive ? Je l’ai expliqué. Parce qu’elle serait une dette si jamais, il fallait le rembourser hic et nunc. C’est encore compréhensible lorsqu’il s’agit de garanties financières, puisqu’après tout, l’entité à laquelle on a confié sa garantie peut faire faillite à tout moment, ce l’est beaucoup moins lorsqu’on comptabilise les traitements futurs des fonctionnaires, leur retraite, les retraite des futurs retraités, etc. A ce compte là on peut aller ad infinitum. Mais ce qui est certain c’est que cela n’a rien à voir avec une garantie financière puisqu’il n’y a pas de risque à ce que les agents prennent leur retraite du jour au lendemain….
            Concernant Enron, là encore il faut éviter de tout mélanger, dans le cas d’Enron on parle de dissimulation, dans le cas de l’Etat la dette fictive est parfaitement connue via la cour des comptes notamment.
            Eurostat : http://appsso.eurostat.ec.europa.eu/nui/show.do?dataset=gov_a_main&lang=fr
            Allez dans time pour aller jusqu’en 1978 (dernière année disponible). Et ensuite télécharger les données dans excel pour faire une régression linéaire pour dépenses et recettes. Si ma mémoire est bonne : dépense, le coefficient directeur est très proche de 0 avec un r² faible mais pour les recettes, le coeff. directeur est bien négatif avec un r² aux alentours de 80%.

            • « Dans tous les pays donc vous parlez, c’est l’Etat qui fixe la loi et qui délègue certaines compétences. Comme je le redis, tout passe par l’Etat puisque celui-ci fait la loi qui encadre la loi des entités inférieures administrativement.  »
              Encore une fois, NON. C’est tout simplement faux. Renseignez vous.

              Et renseignez vous aussi sur l’immobilier. Les cas où un bien loué gagne de la valeur par rapport au même vide, c’est comme les poissons volant : si ça existe, ce n’est pas la loi du genre. Et de toute façon c’était juste un exemple pour illustrer le point important : public ou privé, les servitudes baissent le prix d’un bien, il n’y a aucune spécificité de l’état de ce point vue, mais ce point n’est (hélas) pas pris en compte dans l’évaluation du patrimoine public par l’INSEE. Une fois pris en compte le fait que les routes (par exemple) sont grevées d’une lourde servitude (servir gratuitement de route !), leur valeur devient nettement moins impressionnante, comme une maison louée à perpétuité pour un loyer nul … Vous vous bercez donc d’illusion si vous croyez que le secteur public à un actif positif.

              Bref : le hors bilan n’a rien de fictif, et les pensions dues au titre des services déjà effectués sont une réalité. L’échéance de la dette, le fait que ce n’est que dans 10 ou 30 ans qu’on commencera à la payer, n’a aucun impact sur sa réalité : on peut d’ores et déjà raisonnablement l’évaluer et la provisionner. Non seulement on peut, mais on DOIT le faire, et l’inscrire au bilan. C’est la loi, une loi qui s’applique à l’Etat autant qu’au secteur privé. Ne pas l’avoir fait est déjà une dissimulation exactement comme celle d’ENRON ; l’évaluation par la cour des comptes est un premier pas utile, mais pas suffisant. La preuve plus haut : vous continuez à vouloir traiter ça par dessus la jambe, comme une fausse dette sans importance, un problème qu’on pourra traiter plus tard, dans 20 ans…

              Je vais regardé votre lien, mais le résultat est couru d’avance.

              • Dans un Etat fédéral (USA) par exemple, c’est la constitution américaine qui encadre le fédéralisme : constitution modifiable par le parlement américain. Je ne peux que vous retourner votre conseil.

                Je me base sur des faits, si vous voulez évaluer autrement le patrimoine public, n’hésitez pas à nous proposer votre méthodologie, faite de mieux, je me base sur l’approximation de l’INSEE, même si e trouve assez difficile d’évaluer la valeur financière d’une route pour les raisons déjà invoquées. Concernant les biens immobiliers, tout dépend de l’usage que veut faire l’acheteur : s’il veut le louer, le fait d’avoir déjà un locataire qui paie son loyer régulièrement et ne pose pas de problème pourra même faire augmenter le prix puisque cela réduire les coûts pour le nouveau propriétaire pour trouver un locataire. Si c’est pour y habiter, le prix peut en effet diminuer du fait des démarches administratives qu’il devra accomplir pour stopper la location, mais le rapport entre le coût et le prix de départ étant si faible que cela ne diminuera pas énormément le prix de vente voire même pas du tout. Par contre, vendre un bien immobilier quand on a un locataire qui ne paie pas son loyer et qui pose des problèmes, en effet cela fera baisser le prix de vente.

                Je répète encore une fois que le hors bilan est une dette fictive puisqu’il n’y a eu aucun emprunt d’effectuer auprès d’un créancier. C’est juste une réalité économique toute simple qui tient à la définition d’une dette. Ceci dit, comme je l’ai déjà dit, comparer une garantie financière accordée à un organisme à des pensions qu’on versera dans 20 ans est très douteux intellectuellement. Tout simplement parce que la garantie implique un risque permanent de devoir lTout simplement parce que la garantie implique un risque permanent de devoir l’utiliser (l’organisme peut faire faillite à tout moment) alors que les pensions à verser dans 20 ans précisément ne seront à verser que dans 20 ans et jamais avant. Quant à parler de dissimulation c’est hilarant étant donné que cette dette fictive de l’Etat est parfaitement calculable (ce que font certains et même la cour des comptes), tout simplement parce que les données sont publiques (INSEE, eurostat, sites .gouv, etc). Rien à voir avec le scandale d’Enron.

                Vous avez regardé administrations publiques au lieu de regarder administration centrale (ce qu’on appelle communément l’Etat). 80% de la dette provient de l’Etat. Or si vous regardez, les dépenses restent globalement stables (avec certains pics) quand les recettes diminuent. C’est de cela que je parle.

            • votre lien est très clair : les recettes du secteur public ont augmenté massivement : de 47 à 52% du PIB, à multiplier par la hausse du PIB.
              Parallèlement, la hausse de dépenses est effectivement encore plus forte (de 47 à 57% du PIB, à multiplier aussi par la croissance depuis 1990), ce qui n ‘est qu’une autre façon de dire que … le déficit a explosé depuis 1990. on savait, merci.
              Dire que c’est à cause d’un manque de recette que la hausse des dépense est plus forte que celle des recette, c’est juste une autre façon d’exprimer que le déficit est forcément du à un manque de recette, ou, plus crument, de proclamer « yakafokon augmenter les impôts, hépiyorapu de déficit » . Merci, on essaye depuis 2009 (ça ne date pas de Hollande), je crois que le résultat se passe de commentaire : ça marche pas.

          • France : autonomie budgétaire des collectivités locales (avec transferts de l’Etat central comme dans tous les Etat même fédéraux). Mais la question n’est même pas là. Dans tous les pays donc vous parlez, c’est l’Etat qui fixe la loi et qui délègue certaines compétences. Comme je le redis, tout passe par l’Etat puisque celui-ci fait la loi qui encadre la loi des entités inférieures administrativement.

            Le prix de vente d’un bien immobilier ne diminue pas nécessairement du fait qu’il est loué, au contraire ! Un locataire qui paie son loyer régulièrement, qui ne pose pas de problème est au contraire un argument positif pour vendre voire même pour augmenter le prix de vente ! Mais je pensais plutôt à ce que vous écriviez sur les routes.

            Pourquoi parle-t-on de « hors bilan », parce que justement cela ne rentre pas dans le bilan, parce que ce n’est pas une dette réelle mais une dette fictive. Pourquoi fictive ? Je l’ai expliqué. Parce qu’elle serait une dette si jamais, il fallait le rembourser hic et nunc. C’est encore compréhensible lorsqu’il s’agit de garanties financières, puisqu’après tout, l’entité à laquelle on a confié sa garantie peut faire faillite à tout moment, ce l’est beaucoup moins lorsqu’on comptabilise les traitements futurs des fonctionnaires, leur retraite, les retraite des futurs retraités, etc. A ce compte là on peut aller ad infinitum. Mais ce qui est certain c’est que cela n’a rien à voir avec une garantie financière puisqu’il n’y a pas de risque à ce que les agents prennent leur retraite du jour au lendemain….
            Concernant Enron, là encore il faut éviter de tout mélanger, dans le cas d’Enron on parle de dissimulation, dans le cas de l’Etat la dette fictive est parfaitement connue via la cour des comptes notamment.
            Eurostat / statistiques/ secteur des administrations publiques/ base de données/ statistiques annuelles des finances publiques/ principaux agrégats…
            Allez dans time pour aller jusqu’en 1978 (dernière année disponible). Et ensuite télécharger les données dans excel pour faire une régression linéaire pour dépenses et recettes. Si ma mémoire est bonne : dépense, le coefficient directeur est très proche de 0 avec un r² faible mais pour les recettes, le coeff. directeur est bien négatif avec un r² aux alentours de 80%.

  • La vraie question est : comment convaincre les français que l’État est trop présent dans leur vie? Ils en redemandent!

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