Le plus grand déficit français : le déficit de réalisme ?

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Le plus grand déficit français : le déficit de réalisme ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 2 septembre 2014
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La révolution numérique/internet et la globalisation planétaire sont des bouleversements, des « chocs de civilisations » qui affectent en profondeur la vie des citoyens de tous les pays. Quand les politiciens français le comprendront-ils ?

Par Jacques Legrand.

Manuel Valls (Crédits Monica Argentina, licence Creative Commons)

Voir le monde médiatique en transes parce qu’un homme ayant travaillé dans le privé devient ministre du nouveau gouvernement Valls. Voir un premier ministre socialiste dire « j’aime l’entreprise » se faire huer par les siens en dit long sur la distance séparant encore aujourd’hui la vision du microcosme politico-médiatique et les réalités de notre planète. Pourtant, au congrès de La Rochelle, Valls a lancé deux phrases fortes (pour un homme de gauche…) : « le monde a totalement changé… Il faut une politique de citoyenneté ». J’ai eu un court moment d’espoir : Valls avait compris que notre régime politique interdit à la France de s’adapter. Mais ce fut pour affirmer aussitôt : « on ne joue pas avec les institutions de la République ! » En fait il s’adressait seulement aux « frondeurs » de son parti…

La réalité : deux révolutions ont créé de nouveaux citoyens

La révolution numérique/internet et la globalisation planétaire sont des bouleversements, des « chocs de civilisations » qui affectent en profondeur la vie des citoyens de tous les pays. Ils auraient dû entraîner des modifications importantes dans le mode de gouvernance de notre pays. Il n’en a rien été ; c’est la vraie cause de l’ampleur de la crise française et de sa durée.

De tels phénomènes entraînent nécessairement des difficultés pour certains mais les atouts l’emportent largement. De toute façon, l’ensemble constitue la nouvelle réalité. Cette réalité… « augmentée », créée par le numérique et les sciences qui y sont associées, impacte peu à peu toute l’activité humaine jusqu’à provoquer l’apparition d’un « homme nouveau » comme le montre le philosophe Michel Serres en décrivant l’existence de la « petite Poucette ». Quant à la « planétisation », dénomination que je préfère pour notre petite Terre à l’arrogante « mondialisation », elle modifie en profondeur le fonctionnement de l’économie et les relations entre les pays et entre les citoyens.

Comme certains analystes l’ont bien décrit, des mouvements de cette importance sont à l’origine d’évolution de la culture individuelle et mais aussi sociétale : les systèmes politiques, les comportements des citoyens envers la politique, les profils de ceux qui entendent y jouer un rôle sont affectés. Mais en France ?

Écoutons Jean-François Kahn : « Les Français remettent en cause les élites actuelles. Ils aspirent donc à un renouvellement de ces dernières. Ça fait 40 ans, 50 ans, que l’on a les mêmes politiques, les mêmes philosophes, les mêmes journalistes. La situation est similaire dans les médias. Cela fait 30 ans que l’on entend les mêmes, Alain Minc, Bernard-Henry Lévy, etc. »

Le déni de la réalité nouvelle a plusieurs causes

déficit de réalisme Le HonzecEn tout premier lieu, le poids des idéologies gauchistes mais aussi dirigistes, avec le dédain pour le citoyen « ordinaire » (selon les élites !) : l’État doit tout faire car lui saurait mieux que le citoyen ce dont celui-ci a vraiment besoin, accepté jusqu’ici car conforme au goût français pour les systèmes plutôt que pour l’organisation spontanée. Cependant la révolution numérique fait découvrir chaque jour davantage au citoyen l’étendue de l’information à sa disposition et son aptitude à agir seul ou avec d’autres, librement choisis.

En second lieu, notre régime politique est d’un autre temps, celui de 1958. Le vice profond de la constitution de la Vème république est d’avoir donné un pouvoir démesuré à un homme, de l’avoir placé au sommet d’une organisation qui privilégie à l’excès l’impulsion du haut vers le bas, donnée par de supposées élites, celles-ci montrant pourtant des défauts souvent dénoncés. Les politiciens de droite comme de gauche ont ainsi tous les moyens de pratiquer un interventionnisme étatique et bureaucratique dans tous les domaines y compris ceux de la sphère privée, et s’arrogent le droit d’endetter les Français avec pour devise : « je dépense, donc je suis ».

La culture dirigiste française, à droite comme à gauche, débouche sur un interventionnisme public excessif avec un poids record des dépenses publiques, dont on peut dire qu’il est le meilleur critère du collectivisme, et présente une forte corrélation avec le taux de chômage.

Dép. publiques – PIB taux de chômage
France : 57% – 11%
Royaume Uni : 47% – 6,6%
USA : 38% – 6,3%
Australie : 35% – 5,8%
Suisse : 34% – 3,3%
Corée du Sud : 30% – 3,7%
(www. statistiques –mondiales.com, chiffres mars -mai 2014).

Ces dépenses publiques s’expliquent par un secteur public surdimensionné et une protection sociale trop coûteuse, clientéliste, idéologique n’atteignant même pas son but. Au lieu d’être en partie payées par leurs bénéficiaires comme il conviendrait, les charges qui en découlent sont imposées aux entreprises dont la compétitivité est ainsi amoindrie face à des concurrents aujourd’hui planétaires. Le résultat est que ces personnes aidées payent par le chômage cette pseudo-protection, les mêmes subissant de plus l’effet d’un droit du travail sans flexibilité freinant ainsi l’embauche mais auquel s’accrochent par idéologie arriérée la majorité des syndicats de salariés.

Un autre problème est de trouver aux commandes du pays principalement des personnes sans pratique entrepreneuriale marchande et de formation monocolore : on recense plus de 90% d’énarques dans les cabinets de l’exécutif !

L’arrivée au gouvernement d’Emmanuel Macron ne remet pas en cause le « SOS » lancé en juillet par Charles Gave, économiste et Président de l’Institut des Libertés, constatant un phénomène unique dans le monde développé : « Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, il n’y a pas un seul membre du gouvernement qui ait la moindre expérience du secteur privé. Tous les membres du gouvernement ont toujours été payés par nos impôts et jamais par un client. »

Soulignons aussi l’absence de vrais partenaires sociaux, de syndicats de salariés qui travailleraient avec le patronat pour améliorer le sort de tous les acteurs de l’économie. Mais non ! La France ne connait que des « adversaires sociaux », avec des syndicalistes pour la grande majorité mus encore par des idéologies communistes et trotskistes, refusant de reconnaître que « l’économie n’est pas une idéologie, c’est une réalité dans laquelle chaque société tente de tirer le meilleur de ce qu’elle produit ». (Olivier Dassault, Pt GEEA) et que la croissance et l’emploi dépendent en priorité des décisions des chefs d’entreprise.

Dans une récente interview (Les Échos, 25.8.14), Jean-Claude Trichet remarque : « En France, la culture dominante est celle des partenaires sociaux des secteurs non exportateurs, publics et privés. En Allemagne, la culture dominante est celle des secteurs exportateurs. C’est pourquoi notre pays a absolument besoin d’un mot d’ordre… d’une stratégie de « stabilité compétitive ». Les partenaires sociaux allemands, eux, poursuivent cette politique spontanément ».

Le vrai changement : aller vers la fin du citoyen de seconde zone

entreprise cadres manager CC pixabayPour le nouveau citoyen, mieux informé, sollicité en permanence sur tous les sujets, souhaitant et pouvant prendre sa part des débats y compris politiques à tout moment, la consultation électorale tous les 5 ou 6 ans est inadaptée et les rôles des politiciens professionnels légitimement remis en cause.

À l’opposé du régime français actuel où une oligarchie de fait exerce le pouvoir existent plusieurs alternatives : la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, plus de la moitié des États et grandes villes aux États-Unis ont mis en place un système fondé sur la subsidiarité où chaque niveau de gestion (commune, région…) délègue à l’échelon supérieur les seuls rôles qu’il ne peut assumer ; cette logique aboutit à délimiter le périmètre d’intervention de l’État aux missions qu’il est seul à même d’accomplir.

Notons que l’Église catholique, notamment dans les encycliques, invite à cette nécessaire subsidiarité. Celle-ci s’accommode bien du régime dit de « démocratie directe » où, si des élus continuent de voter les lois et les impôts, les citoyens en prennent leur part par le biais du référendum d’initiative populaire pratiqué au niveau local et national.

Un tel système permet à la communauté de bénéficier des idées et des initiatives du plus grand nombre de ses membres. Et pour chacun de ceux-ci c’est un mode de reconnaissance de sa dignité d’homme et de sa responsabilité de citoyen.

Pour les Français, il s’agira donc d’une sorte de révolution culturelle : le sociologue Gilbert Delagrange dans son livre Le citoyen et le système politique l’affirme : « la vérité idéologique reste aveugle à la complexité du monde et procède par déni de la réalité… L’affirmation indéfiniment répétée des mêmes dogmes relève de la croyance et non du savoir, ce qu’Alain Besançon résume magistralement : Lénine ne sait pas qu’il croit. Il croit qu’il sait ».

Chaque jour on note sur internet les débats, les forums, qui traduisent le sentiment des Français appelant à changer nos institutions. C’est probablement le sens de la démarche engagée par un entrepreneur, Denis Payre, qui a lancé en septembre 2013 le mouvement « Nous Citoyens », lequel remet en cause les politiciens professionnels qui gèrent leur carrière et chez qui l’esprit de service est secondaire ; il propose de rassembler des acteurs de la vie civile qui apportent leurs idées, leur expérience, leur capacité d’initiative. Et, en fin de compte, instituer une nouvelle forme de partage et d’exercice du pouvoir.

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  • internet tend a supprimer des milliers d emplois. Le citoyen est place devant does systemes automatises.

    JE partage l opinion de l auteur.

    Bonne journee

    • Désolée pour les erreurs de frappes. Le clavier me fait des farces.
      Je voulais dire que internet est un outil révolutionnaire qui a permis de restructurer l’administration d’entreprises publiques et privées et d’en faire du chômage.

      • Poncif de gauche complètement absurde.

        Tu constates que le verre à moitié vide sans voir qu’il est aussi à moitié plein.

        Ca relève du même genre d’idiotie qui voudrait que l’imprimerie a un bilan négatif parce que le métier de scribe-copiste a disparu sans tenir compte de l’apparition de nombreux nouveaux métiers associés à ce que l’imprimerie a permis.

        Si internet a détruit des emplois, internet en aussi créé un nombre considérable, donc de la richesse
        (cf infra * pour un exemple).

        Et c’est valable pour toutes les technologies.

        Globalement, les données en économétrie montrent que secteur par secteur ou pays par pays, parfois la technologie a un effet positif sur l’emploi parfois c’est le contraire, mais que sur l’ensemble c’est positif.

        On peut le comprendre par un raisonnement par l’absurde très simple:

        Enlève toutes les activités qui impliquent de la technologie ou de l’innovation quelle qu’elle soit, que reste-t-il comme emplois? Si tu enlèves les machines à laver, les voitures, les ordinateurs, etc., etc. que reste-t-il? Note que le bâtiment c’est aussi le résultat de découverte scientifiques en matière de matériaux, d’isolation de construction, etc; note que même le coiffeur utilise des ciseaux qui proviennent de découvertes sur les métaux et de technologie de fabrication particulières, etc. (dois-je continuer la liste ce ce qu’il faut enlever?).

        Résultat, les seuls métiers qu’il reste c’est la chasse et la cueillette de nos ancêtres préhistoriques. Et encore, à la chasse ta lance ton arc et tes flèches, c’est aussi de la technologie. Donc ça aussi on élimine.

        Maintenant essaye de donner aux milliards d’êtres humain qui travaillent comme seul métier d’aller cueillir des baies et dis-moi le résultat que tu obtiens en matière de chômage?

        Internet certes détruit certains emplois, mais il en crée d’autre et c’est probablement beaucoup plus. De dire qu’internet détruit des emplois, au sens d’un bilan négatif (création moins destruction) c’est comme de dire que l’informatique ou que l’électricité ont détruit des emplois. C’est ridicule, et surtout, ça dénote de l’ignorance.

        _____________

        * Un exemple parmi d’autres:
        http://www.google.ch/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CB8QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.lunion.presse.fr%2Ffrance-monde%2Fces-villages-chinois-ou-les-fermiers-s-offrent-des-jaguar-ia0b0n344285&ei=_9sFVJ3yEYbnOfeEgPAG&usg=AFQjCNFCl15iKEz1QBGTtEwiI7UXgIehlQ&bvm=bv.74115972,d.ZWU

      • Mais non.
        Ni internet ni aucune technique innovante n’a jamais « créé » de chômage.
        Le chômage c’est l’inadéquation entre l’offre et la demande (solvable) de travail (rémunéré). Le salaire est le prix. Comme pour tout marché, si on laisse le prix se fixer librement alors il y a des équilibres qui sont atteint assez vite. Un « chômage » résiduel existe seulement en ajustement entre équilibres successifs (il est alors faible -2 à 4%- et de courte durée). Par contre, s’il y a des rigidités au niveau de l’offre, de la demande et ou du prix (par exemple le SMIC, les 35h, le droit du travail, les impossibilités de licenciement) alors le marché ne peut plus s’équilibrer par les prix et on a des situations de pénurie (soit pénurie de travailleurs pour les entreprises… cas très rare, mais possible, soit pénurie d’emplois pour les travailleurs, nettement plus fréquent vu le clientélisme des politiciens).

        Bref, ni internet ni les lampes à gaz puis électriques n’ont jamais « créé de chômage ». (Re)lisez Bastiat (par exemple).

    • Eh bien, commence par te déconnecter du réseau.

    • Je vous invite à relire cet article, dont la lecture serait salutaire au plus grand nombre : http://bastiat.org/fr/cqovecqonvp.html#les_machines

  • Elisabeth Grangé
    2 septembre 2014 at 9 h 02 min

    Le terme « administration » n’est pas utilisé dans cet article. Je l’aurais préféré à « Etat » car c’est l’administration et ses privilèges concrets jamais questionnées ni questionnables qui fabriquent ce régime inamovible.

  • J.-F. Kahn : « …Cela fait 30 ans que l’on entend les mêmes, Alain Minc, Bernard-Henry Lévy, etc. »

    Il a oublié d’ajouter son nom à la liste…

  • « La révolution numérique/internet et la globalisation planétaire sont des bouleversements, des « chocs de civilisations » qui affectent en profondeur la vie des citoyens de tous les pays. Quand les politiciens français le comprendront-ils ? »

    En fait, la « globalisation planétaire » n’est rien par rapport à la « révolution numérique ». Le problème des politiques est de ne pas avoir compris en quoi cette révolution numérique changeait la donne : la vitesse de transmission de l’information et la masse de données disponibles fait que l’importance des interactions entre individus devient prépondérante. Le « système » ne peut plus être dirigé de haut en bas car ils ont désormais toujours un temps de retard.

    A moins d’avoir une administration automatisée, genre « nsa + big brother » ou de brûler tous les ordinateurs, un gouvernement (et encore moins un régime parlementaire) ne peut plus piloter la société. Il a toujours un temps de retard. Quel que soit l’immensité des moyens d’un état, il doit forcément arriver un point où le nombre d’échanges multiplié par le nombre d’individus le submerge.

    Les politiques constatent que la situation leur échappe mais n’ont pas encore compris pourquoi : c’est la révolution numérique qui rend le monde ultra-libéral – la globalisation seule pourrait être maîtrisée. Ils doivent accepter l’idée qu’ils ne peuvent plus tout contrôler, que leur pouvoir se réduira inexorablement, et qu’ils doivent absolument se concentrer sur l’essentiel : les fonctions régaliennes et la surveillance et la correction des possibles dérives graves d’un monde ultra-libéral qui s’est finalement imposé de lui-même.

    Quand on ne peut plus lutter contre quelque-chose, il faut chercher à l’orienter sans le bloquer, sinon les remèdes sont pires que le mal. Mais la classe des dinosaures politiques actuelle est dépassé et n’en est probablement pas capable

    • « Mais la classe des dinosaures politiques actuelle est dépassé et n’en est probablement pas capable. »

      J’ai des doutes… à mon humble avis, c’est pire que ça… c’est innommable… ils sont lucides… mais la seule chose qui leur importe c’est de garder le pouvoir et les privilèges. Pour se faire élire, ils font croire au père noël quitte à amener le pays à la ruine. C’est d’ailleurs ce qu’ils font. Et tant qu’une majorité de gens continueront à vouloir vivre aux dépens des autres, la France est condamnée.

    • Excellente remarque, et c’est ce que j’explique à mes amis de gauche (ceux qui ne sont pas trop obtus), on est dans un système socialiste (ne leur en déplaise) en ce moment et le numérique va transformer le monde en monde ultra-libéral

    • Il est ou ce monde ultra libéral dont vous parlez ?
      Je ne vois qu’un monde ou l’État fourre son nez partout , tente de formater les esprits par tous les moyens à sa disposition et ces moyens sont de plus en plus nombreux.
      Et en conclusion, vous revendiquez un pouvoir qui manipule plus intelligemment , un meilleur maitre.

      • Le monde libéral dont je parles est le monde réel. Les gouvernements sont socialistes mais gouvernent de moins en moins : leur pouvoir s’étiole car ils ne sont plus en phase avec le réel. Ils gardent de ce fait néanmoins un pouvoir de nuisance important.

        L’état peut mettre son nez partout, faire des lois, racketter les citoyens … Mais a-t’il encore réellement le pouvoir ? Non : son nez n’est plus assez grand pour Internet, les lois non applicables et qui interdisent ce qui se fait partout sont inutiles, et on ne peut pas racketter ce qu’on ne voit pas passer dans l’économie souterraine …

        Pour les « manipulations du pouvoir », c’est simple : on peut jongler avec 3, 5 ou 7 balles, mais sûrement pas avec 50 …

  • Excellent article. Une belle synthèse de la situation et de ce qu’il faudrait faire pour libérer notre pays.

  • george kaplan Thornhill
    2 septembre 2014 at 21 h 08 min

    Déficit de réalisme ? vraiment ? les chiffres, ils les ont en permanence sous le nez, à
    A tel point qu’ils doivent leur donner le tournis, des sueurs froides, des nuits blanches.. le problème est l’action. Ils savent très bien qu’il faudrait tailler dans le vif à la Thatcher. impossible de s’y résoudre, c’est tellement contraire à leur engagement que pour eux ça correspondrait à un suicide, ils sont donc totalement tétanisés. Le programme de Hollande relevait déjà du miracle. Ils voient probablement avec terreur arriver lentement mais surement la mise sous TUTELLE, alors ils tentent de gagner du temps coute que coute.

    « Encore un instant monsieur le bourreau » aurait dit la du Bary en mettant un pied sur l’échafaud.

    Bref il ne reste plus qu’une pièce à jouer : « la dissolution » comme l’a rappelé Baverez récemment dans son billet du Figaro. Perdu pour perdu, repasser le Mistigri à une droite pas davantage Thatcherienne afin qu’elle se plante… à sa place (ce qui ne manquera pas de se produire) . L’incertitude est donc plutôt de savoir qui dirigera la France lorsqu’elle sera mise sous tutelle ? je fais le pari qu’on inventera un euphémisme, ou (et) des étapes intérmédiaires à cette occasion pour ne pas trop humilier la France. et la distinguer de la Grèce.

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