Le patronat, une divinité incontournable ?

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Le patronat, une divinité incontournable ?

Publié le 2 septembre 2014
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Par Christopher Mariën.

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Les gouvernements se forment, se reforment ou se restructurent, mais leur priorité reste la même : l’emploi ! Il faut relancer l’activité, il faut recréer de la compétitivité, il faut relancer l’emploi ; et qui d’autre que la sainte divinité patronale peut accomplir un tel exploit ? En effet, nos politiques, de gauche comme de droite, ne cessent de nous tresser les louanges du saint patronat sur la création d’emploi, mais qu’en est-il réellement ?

Malgré  l’incontestable évidence que sans patron, il n’y a pas d’entreprise et donc pas de salariés, les cadeaux fiscaux, comme nos chers camarades de gauche aiment les appeler, permettent-ils véritablement la création d’emplois ?

Quel but pousse le patron à investir de l’argent dans son entreprise ? La création d’emplois ? La diminution du chômage qui coûte tant à l’État ? C’est ce que semblent penser de nombreux politiques, trop naïfs. Et pourtant la raison est tout autre, c’est évidemment le profit. Aucune méprise dans ces paroles, tout le monde cherche le profit, c’est le moteur de nos actions. Lorsqu’un employé fait grève pour plus de pouvoir d’achat, il cherche davantage de profit lui aussi.

En considérant le but premier du patron comme étant l’augmentation de ses gains, nous pouvons être en mesure d’analyser en détail les actions de notre cher entrepreneur. Lorsqu’il souhaitera développer son activité, ce que souhaitent nos politiques, il sera face à deux grandes options : la création d’emploi et le développement des outils de production.

patron droit divin Le HonzecPour développer ce point, prenons un cas concret. Le futur gouvernement fédéral belge souhaite diminuer la taxation sur les entreprises de 33% à 25%, ce qui, soyons honnête est un plus pour le développement de ladite entreprise. Avec ces 8% de capital non taxé, le patron peut, s’il en ressent le besoin, développer davantage son activité. La première piste serait d’augmenter  la masse salariale, créant par là même, une nette diminution du chômage et donc moins de dépenses publiques et davantage de revenus taxés, option qui satisferait l’État évidemment. La deuxième piste est d’investir dans de nouveaux outils de production, plus performants et plus adaptés à la demande du marché. L’entrepreneur est face à un dilemme, comment choisir ? Tout simplement en calculant le meilleur qualité/prix, le rendement que chacun apporte. Et c’est à ce niveau que le bât blesse, car quelles seraient les raisons pour un patron d’engager du personnel quand le remplacement d’une machine ou d’un logiciel apporterait plus de rendement et moins d’investissement que l’engagement de nouveaux salariés ?

De nombreux politiques, essentiellement de droite ou de centre-droit, sont à l’écoute du saint patronat et de ses difficultés, mais souvenons-nous d’une chose : lorsqu’ils s’adressent à nos politiques, le patron et l’employé recherchent la même chose, l’augmentation de leurs gains. Et pourtant, l’entrepreneur est régulièrement vu comme le moteur de l’emploi, alors qu’il n’est que le moteur de profit, de son profit. Patrons et employés sont parfois sur la même longueur d’onde et comme le dit un célèbre écrivain « Le prolétaire est un bourgeois qui n’a pas réussi. Rien de plus, rien de moins.» (Louis Ferdinand Céline).

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  • C’est bien pour cela qu’une politique pro-emploi ne peut être que l’augmentation de l’attractivité de l’emploi, par la réduction non seulement de son coût, mais aussi de son risque, avec par exemple:

    – la suppression des charges pesant inutilement sur le travail (transport, médecine du travail et autres, voire même la formation tant celle-ci est un pot pourri actuellement, de toute façon les employeurs sauront mieux comment utiliser leur argent pour leurs employés)

    – l’abrogation du code du travail, remplacement par un nouveau code inspiré par exemple du modèle Suisse ou du Singapourien, quitte à le faire évoluer un poil ensuite. Un code flexible rendant le licenciement pratiquement aussi facile que l’embauche, supprimant la réticence de l’employeur à l’embauche, augmentant d’autant les chances des candidats de pouvoir décrocher un job, quand bien même ils ne seraient pas le mouton à 7 pattes sur-diplômé (sans pour autant être compétent) pour le poste en question…

    – le libre choix de protection sociale (santé, retraite, prévoyance, chômage), avec une véritable concurrence entre les acteurs, et la responsabilité laissée aux employés d’être assurés, avec à la clef:
    => une réduction mécanique des coûts une augmentation des prestations
    => la fin du calvaire administratif et financier de l’employeur pour le social, en particulier avec le recouvrement des cotisations sociales, la simplification au maximum de la feuille de paye… (instauration du salaire complet)
    => La résolution des problématiques liées aux activités multiples, puisqu’il appartient à chacun de s’assurer..

    Ajoutons:
    – la suppression de l’ISF, l’abandon du délire légisaltif sur les plus values de parts de sociétés, la suppression de l’imposition des revenus du capital, etmême une suppression des droits de succession… Ce faisant la France deviendra un aspirateur à capitaux.
    – l’abandon pur et simple de la progressivité de l’impôt sur le revenu, pour le remplacer par un taux unique de moins de 10% (rapportant déjà à ce niveau plus que l’IRPP), couplé à l’abrogation de l’intégralité des niches fiscales de l’ancien impôt sur le revenu, afin de mettre sur un pied d’égalité le coût des augmentations quel que soit le salaire, et libérer l’envie de gagner plus.

    Si la France faisait cela, m’est avis que l’attrait de l’expatriation serait largement amoindri…

    • J’ajouterai la liberté totale de créer son entreprise, pour peu que cela ne nuise pas à la santé des clients,employés et riverains.

      et comme nous n’abandonnerons pas facilement le communisme…

      je propose la liberté totale de fixer la durée, l’organisation et la rémunération ( tjrs dans le respect de la santé et de la sécurité du salarié) , en échange d’un revenu universel versé à tous de la naissance à la mort

      • « en échange »
        Si c’est une bonne mesure, pourquoi faudrait-il offrir quelque chose en échange. Quant au revenu universel, c’est un défi à l’arithmétique : avec 40% d’actifs chaque actif doit travailler pour deux fois et demie la valeur du revenu universel avant de commencer à toucher plus qu’un inactif.

  • Bâtir un projet, s’entourer de compétences et développer sont le moteur de l’entrepreneur,
    sans talents pour l’accompagner, sans résultats, le moteur s’étouffe.
    Cela demande beaucoup de pugnacité, de goût du challenge pour démarrer et survivre.
    Après de nombreux emplois sauvegardés ou créés, je ne me souviens pas m’être levé
    une fois le matin pour créer des emplois. c’est une conséquence de la réussite !…
    La majorité des petits patrons sont des autodidactes passionnés, qui peuvent payer
    très cher le prix de leur témérité, mais certainement pas celui de la liberté.
    Allez donc faire comprendre cela à des idéologues, je vous souhaite bien du plaisir !

    • c’est bien pour toutes ces raisons que en bon socialiste ,je cherche toujours la planque ,et j’attends que ça tombe tout cru , je vais surtout pas créer une entreprise moi même . pas fou .

  •  » tout le monde cherche le profit, c’est le moteur de nos actions.  »

    C’est UN DES moteurs de CERTAINES actions.

    Ce postulat que nous sommes tous de froids homo economicus me semble idiot.

    • Il n’est pas interdit d’âtre un peu naïf sur les bords ❗ :mrgreen:

    • Un profit stricto sensu n’est pas uniquement économique.

      • On peut tout interpréter en terme de « profit » (genre ‘je donne à la ligue contre le cancer, mais en fait c’est du profit, parce que je me sens bien après’).

        On peut aussi raper une carotte, en faire une boule, la peindre en blanc et en vert et l’appeler un choux, et en déduire que tout choux est une carotte qui s’ignore.

        • « Profit » n’est peut-être pas le bon mot. « Utilité » est souvent utilisé. Encore que. Et puis « profit » c’est l’excédent entre ce qu’on obtient et ce qu’il en coute. Si je suis heureux en donnant à X et que le déplaisir que je ressent à ne plus avoir cette somme est inférieure à ce bonheur, alors je fait un profit. En français, en tout cas.

          Cela dit, en moyenne, le profit monétaire est une juste mesure de ce que chacun recherche. Sachant que l’argent n’est qu’un moyen de transfert de l’utilité/du travail. Supposons que j’aime d’amour tendre les ouvriers exploités. Si je cherche le profit monétaire maximum, je pourrais mieux les aider qu’en glandouillant au fond d’un amphi de socio. Mon amour des ouvriers se transforme en recherche du profit monétaire. Idem si j’aime la planète et que je veux la défendre. Faire du profit, monétaire, me permet d’acheter des forêts pour les préserver, des machines pour nettoyer les océans des détritus, etc.

          C’est assez ridicule penser qu’on ne vise pas le profit.

  • « Avec ces 8% de capital non taxé, le patron peut, s’il en ressent le besoin, développer davantage son activité. La première piste serait d’augmenter la masse salariale »

    ET non !
    Le scripteur ne semble pas connaître les cycles.
    Un bénéfice est le résultat de l’activité d’un cycle (une année en général).
    Un salaire est dû sur plusieurs cycles (la durée du contrat, soit illimité pour un CDI).
    Quid si l’année n+1 il n’y a plus de bénéfice. Il restera toujours la salaire à payer, sauf à licencier.

    Un entrepreneur n’embauchera que s’il s’attend à la répétition du bénéfice, donc à une certaine stabilité des choses.

  • .

    L’un des problèmes que se traîne la France, c’est celui de la prépondérance quasi divine de la grande entreprise.

    En France, je n’ai jamais entendu parler d’une seule PME faire directement des affaires avec le gouvernement français. Au Canada, c’est très courant, par exemple. Mais on n’y parle pas de cette plaie intellectuelle qu’on nomme « intérêt général ».

    Et les sous-traitants des grandes entreprises n’y sont pas traités comme des chiens, contrairement à ceux de Renault et Airbus.

    Voir en Allemagne le respect porté par VolksWagen ou Siemens à l’endroit de leurs sous-traitants, avec qui ils n’ont pas la trouille de partager leurs secrets de fabrication, par exemple.

    Quant au respect des contribuables français, je crois qu’il faudra chercher longtemps pour voir le percepteur envoyer un trop perçu aux citoyens, en l’accompagnant de l’intérêt légal en cas de retard de remboursement.

    Et que penser du Président de la République française qui demande à celui des États-Unis d’intervenir auprès de la Justice américaine pour éviter l’amende de plusieurs milliards de dollars qui pend au nez de BNP-Paribas, et qui se fait répondre par ce président que le pouvoir exécutif est séparé du pouvoir de la Justice, dans son pays ?

    Et quand donc la France va procéder à l’annulation de la nationalité française pour tout citoyen français domicilié en Suisse ou en Belgique, comme ça se prépare aujourd’hui avec les Américains domiciliés aux Bermudes ou aux Bahamas ?

    .

    Le jacobinisme français, c’est la mort de l’économie française.

    Un si beau pays, pourtant.

    Quel gâchis ! …

    .

    • Et quand donc la France va procéder à l’annulation de la nationalité française pour tout citoyen français domicilié en Suisse ou en Belgique, comme ça se prépare aujourd’hui avec les Américains domiciliés aux Bermudes ou aux Bahamas ?

      Digne d’un pays totalitaire. 🙁
      Dégraissez plutôt l’état dinosaure ! :mrgreen:

      • .

        @ MichelC :

        En effet, c’est digne d’un pays totalitaire, de l’avis même des vedettes de la chanson, des joueurs de tennis et des vendeurs de parfum …

        .

        • Quant à dégraisser l’État dinosaure, oui, ça serait une bonne chose, surtout si pour y parvenir on « infligeait » à tous le « choc de simplicité » promis et bien vite oublié, par exemple …

        • Le pire, c’est que l’on entend cela chez TOUS les socialistes ❗

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