Ce terrible aveu d’impuissance des hommes politiques

Manuel Valls en juin 2014 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Manuel Valls sacrifie à une tradition que les politiciens dépassés par les événements s’empressent toujours de ressortir du placard pour gagner du temps.

Par Philippe Robert.

Manuel Valls en juin 2014  (Crédits Philippe Grangeaud Parti Socialiste, licence Creative Commons)Dans un précédent article publié le 4 août dernier par le site d’informations en ligne Contrepoints sous le titre : « Hommes d’État : le Crépuscule des dieux », j’avais mis spécialement l’accent sur l’antienne que nous servent à l’envi nos politiques aux abois : « Il faut dire la vérité aux Français » !

Le 15 août 2014, sur la base d’aviation navale d’Hyère-le-Palyvestre, Manuel Valls sacrifie sans coup férir à la tradition la plus mensongère que des politiciens complètement dépassés par les événements s’empressent toujours, pour gagner du temps, de ressortir du placard dans le fol espoir d’être crus :

« Moi, je veux dire la vérité aux Français. Il ne s’agit pas de leur cacher cette vérité : il y a aujourd’hui une croissance beaucoup trop faible en Europe. Et pour cela il faut des initiatives, des réformes bien sûr, nécessaires pour notre pays, mais aussi des initiatives en faveur de l’investissement au niveau européen. Nous aurons l’occasion d’en reparler. »

Ce n’est pas que je soupçonne le Premier ministre de la France d’être particulièrement menteur, ce qu’à Dieu ne plaise, mais cette façon d’enfoncer des portes ouvertes à grands coups de déclarations martiales dénote une terrible impuissance à concevoir et à mettre en place des solutions viables.

Le Président Hollande et son Premier ministre se sont donc concertés, en cette fête mariale de l’Assomption, pour tenter de trouver une porte de sortie honorable à une situation évoluant désormais à grands pas vers un blocage institutionnel. Au mont Faron « Moi, président de la République » a déclaré : « La France, cinquième puissance économique du monde (…) entend, par les réformes qu’elle engage, rester à ce niveau » ; puis, espérant faire illusion dans un monde barbare : « La France est une nation qui compte dans le monde, sur la scène internationale, une nation qui prend ses responsabilités pour assurer la sécurité de l’Europe mais aussi la sécurité dans le monde. »

Mais je ne suis pas sûr que nous puissions demeurer longtemps encore la cinquième puissance économique du monde dès lors que l’exécutif bicéphale, se payant de mots à jets continus, continuera à croire et faire accroire que des réformes structurelles sont engagées depuis 2012. C’est faux, archifaux !

« (…) l’État n’est pas le vaillant adversaire de « la crise ». Car la crise, c’est lui : les labyrinthes règlementaires qu’il a créés, l’impôt qui vient remplir le tonneau des Danaïdes de la dette, les écuries d’Augias des partis politiques, l’hydre de l’administration aux têtes qui repoussent sans cesse. Devant l’ampleur de la tâche, il nous faudra un Hercule. »Gaspard Koenig (créateur en 2013 du think tank libéral GénérationLibre)1

De commémoration en commémoration, la France prise en otage par l’idéologie sous le masque d’un socialisme à visage humain est littéralement en train de se décomposer sous nos yeux. Toutefois, parvenant au grand âge, je ne saurais non plus me résoudre à désespérer du peuple français auquel j’appartiens de plein droit.

  1. Dans le magazine Le Point en date du 15 août 2014.
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