La corneille Kitty est plus intelligente qu’un enfant de 5 ans !

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La corneille Kitty est plus intelligente qu’un enfant de 5 ans !

Publié le 12 août 2014
- A +

Par Jacques Henry.

corneille credits ivan (licence creative commons)

 

Quand un enfant arrive à raisonner de manière abstraite et établir une relation de cause à effet on a coutume de dire qu’il fait preuve d’intelligence. C’est du moins ce que l’on pense dans les chaumières. Il ne faut pas confondre l’apprentissage et la faculté spontanée de raisonner dans l’abstrait. Comme je ne suis pas du tout un spécialiste des sciences cognitives, je m’abstiendrai donc d’émettre le moindre jugement. Je me contenterai de décrire le comportement d’une corneille de Nouvelle-Calédonie capable dès l’âge de six mois, c’est-à-dire encore jeune, de se comporter comme un enfant de plus de 5 ans en réussissant à résoudre un puzzle compliqué même pour un enfant.

Nous avons tendance à considérer que l’établissement clair d’une relation de cause à effet est l’apanage de l’espèce humaine. Pas du tout ! Ésope, le grand fabuliste dont s’est inspiré La Fontaine, a écrit une fable sur la corneille et le pichet. Assoiffée, la corneille ne peut pas atteindre l’eau du pichet pour s’abreuver. Elle collecte des cailloux qu’elle jette dans le pichet jusqu’à ce que le niveau d’eau devienne accessible et ainsi elle peut étancher sa soif. Dans cette fable, la corneille a parfaitement établi une relation de cause à effet.

La corneille Kitty s’est trouvée face à un dilemme du même genre qui avait été arrangé par l’expérimentateur. Il s’agissait de deux tubes de verre à moitié remplis d’eau et dans l’un des tubes, de petit diamètre, se trouvait un morceau de liège flottant et sur lequel se trouvait un morceau de viande appétissante. La corneille a probablement réfléchi pour imaginer un stratagème lui permettant d’atteindre le morceau de viande et elle s’est mise à collecter des petits cailloux qu’elle a jeté soigneusement dans le tube ne contenant pas le morceau de viande. Pour que le lecteur comprenne la signification du test, les deux tubes étaient reliés par un tube invisible pour la corneille afin de constituer un ensemble de vases communicants.

Jeter des cailloux dans l’un des tubes a fait monter le niveau d’eau, ce que la corneille a tout de suite compris, et à la fin de son exercice elle a pu s’emparer du morceau de viande. Il s’agissait dans ce test d’une sophistication d’une observation déjà réalisée sur le terrain avec d’autres corneilles de Nouvelle-Calédonie capables d’effectuer le même type d’opération avec un vase à moitié rempli d’eau sur la surface de laquelle flottait un morceau de nourriture.

La corneille a donc établi une relation de cause à effet : jeter des graviers dans l’un des tubes devrait faire monter le niveau d’eau mais plus encore, son raisonnement était abstrait puisqu’elle a jeté les graviers non pas dans le tube contenant le morceau de viande mais dans l’autre tube. Pour réaliser ce test, un enfant doit atteindre au moins l’âge de cinq ans avec encore de nombreux échecs et de multiples tentatives et tâtonnements. À sept ans, tous les enfants réussissent le test. La corneille de Nouvelle-Calédonie (Corvus moneduloides) apprend très rapidement à réussir le test. De plus si on  laisse à sa disposition des cailloux ou des morceaux de bois, elle choisit de préférence les cailloux. Si les deux tubes communicants ne sont pas de même diamètre, la corneille choisit de jeter les cailloux dans le tube de plus grand diamètre en particulier quand la récompense se trouve flottant dans le tube de petit diamètre. Aussi incroyable que ce comportement puisse paraître la corneille « fait preuve d’intelligence ».

Des zoologistes de l’Université de Californie à Santa Barbara ont compliqué le test comme on peut le voir dans la vidéo suivante :

 

Ce petit film incroyable peut laisser croire qu’il y a eu mise en scène préparée, mais il n’en est rien. De toute évidence, la corneille a réfléchi. Elle a du effectuer trois opérations successives, faisant appel à un raisonnement abstrait impliquant dans chaque cas une relation de cause à effet pour faire basculer la boite contenant la grande tige de bois et la saisir afin d’atteindre le morceau de viande ! Une partie de ces travaux a été publiée dans le journal PlosOne mais toutes les corneilles ne présentent pas les mêmes « facultés intellectuelles » si on peut énoncer les choses ainsi.

Sur huit corneilles étudiées, deux adultes et six jeunes, seulement trois étaient capables de comprendre la signification du test des tubes remplis en partie d’eau dès la première observation. De plus, elles choisissaient d’emblée les cailloux plutôt que les objets en bois. Dans le test des deux tubes communicants et de diamètres différents, seule Kitty a déterminé après deux essais que le gros tube de gauche était connecté au petit tube de droite dans l’expérience. Ceci après avoir observé l’effet du jet d’un premier caillou dans l’un des gros tubes sur la variation de niveau du tube de petit diamètre contenant la nourriture convoitée.

Dans ce test, aucun enfant de 5 ans n’a pu réussir à comprendre la supercherie et il faut qu’un enfant atteigne au moins l’âge de huit ans pour comprendre ce qui se passe réellement car la configuration du test est contre-intuitive.

Est-ce dire que les corneilles de Nouvelle-Calédonie sont plus intelligentes que des enfants de 5 ans ? Je laisse le soin aux spécialistes d’apporter une réponse qui dans l’article cité n’est pas explicite. La corneille et d’autres corvidés sont considérés comme les « Einstein » des oiseaux par les zoologistes et comme plus « intelligents » que la plupart des primates, y compris les grands singes.

Après tout peut-être que nous n’avons pas le privilège de l’intelligence, toutes proportions gardées…

Source : National Geographic et Plos One 

Sur le web 

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  • Oui, mais Kitty ne saurait pas aller demander à l’assistante sociale de sortir le bonbon du tube à sa place.

  • Mathilde de St Amour
    12 août 2014 at 9 h 20 min

    Et bien c’est surprenant comme étude, et les enfants ils venaient d’où?
    Moi j’élève des poissons, mais ils persistent à venir me manger dans la main 😉

  • Vincent Andrès
    12 août 2014 at 9 h 32 min

    Tiens, à propos d’oiseaux, une mignonne chtite histoire :

    ‘L’excellent Jacques-Marie Rougé, Tourangeau de bonne souche et nourri
    de sève drue, m’a raconté d’un corbeau apprivoisé par un médecin du cru.
    Il assistait aux consultations, écoutait les geignements habituels:
    ‘J’suis malade! J’suis si malade!’
    Tant et tant qu’il finit par le dire, mieux que tous,
    d’une voix de sépulcre.
    Il s’échappa un jour d’hiver, s’égara dans la neige d’un guéret et
    reçut, d’assez loin le coup de fusil d’un manant.
    L’homme courut pour le ramasser, se baissa…
    ‘J’suis si malade!’ dit le corbeau.

    L’homme se signa, et court encore’.

    ( http://uplib.fr/wiki/Tendre_bestiaire_(Le_Ménate) )

  • -« Je me contenterai de décrire le comportement d’une corneille de Nouvelle-Calédonie capable dès l’âge de six mois,  »
    La corneille est adulte au moins depuis cinq mois.
    -« Pour réaliser ce test, un enfant doit atteindre au moins l’âge de cinq ans avec encore de nombreux échecs et de multiples tentatives et tâtonnements »
    -« À sept ans, tous les enfants réussissent le test. »
    L’enfant de cinq ans, après vingt secondes d’explication a compris.
    « Aussi incroyable que ce comportement puisse paraître la corneille « fait preuve d’intelligence ». »
    Incroyable? non.
    Il ne leur manque que la parole pour évoluer plus vite.
    Observez les animaux et vous serez surpris.

    • @lachevechette : +1 , tout à fait d accord avec vous , ceux d entre nous qui connaissent bien les animaux savent bien qu ils ne manquent ni d intelligence , ni de malice . Sans oublier la palette d émotions allant de la jalousie , la tristesse , ou la joie , voire même l amitié .

      • @pale rider
        J’ai eu la chance d’être discrètement sous un arbre ou se trouvaient deux pies près de leurs nid.
        J’ai entendu des sons totalement inhabituels; Des sons très doux comme venant de la gorge.
        Je suppose qu’il s’agissait soit des préliminaires amoureux ou des sons destinés aux petits, mais cela n’avait rien à voir avec les jacassements habituels ou les cris d’alarme quant elles attaquent un oiseau de proie pour rallier les pies du voisinage. Leur langage est plus évolué qu’il n’y parait.

        Pour moi, ce sont les sajous bruns qui sont très proches de l’homme et qui méritent le plus d’attention. Leur évolution semble figée et je pense qu’il s’agit d’un défaut de communication.
        Voir une superbe émission sur les singes Sajous bruns et dauphins
        http://www.programme.tv/c4622365-life-l-aventure-de-la-vie/strategies-de-survie-18189816/
        « LA SURVIE »— Réalisé par : Martha Holmes.
        Espérons que ce programme repassera.
        amicalement.

  • bonjour , mon pseudo « couare  » ,se dit de corbeau . Une corneille c »est un peu différent ; plus petit que le corbeau ,vivant /nichant dans le clochers , mais aussi beaucoup plus subtil et malicieux que le corbeau .
    Je dois ici avouer un méfait , étant gamin j’en dénichais , les gardaient en quelques sorte en liberté car une fois élevés en captivité je les relâchaient et généralement elles restaient dans les environs ,prenaient leur pitance avec les poules ,passaient en rase-motte au dessus des promeneurs le long du canal , produisaient un concert strident perchées sur le toit du lavoir , même les chats faisaient les frais de leurs cris et couchaient les oreilles ….

  • Mouais. C’est connu depuis longtemps tout ça. Incroyable que ça puisse encore surprendre.

  • Hypocryte Polisson
    12 août 2014 at 13 h 27 min

    .

    Et ça c’est pour la Corneille ! qui met une pierre dans l’eau. Ploufff..

    Le Corneille, (Pierre, aussi) lui, il a écrit des pièces

  • Les corneilles, pies et autres corbeaux sont des oiseaux … dont le voisinage n’est jamais une sinécure !

    Pour votre réflexion, je vous conseillerais d’attaquer le problème de l’intelligence par l’inverse : Plutôt que de chercher les racines de l’intelligence humaine par ses caractéristiques de logique, d’abstraction, … ne faudrait -il pas simplement chercher l’avance humaine par un meilleur soutien physiologique à ses capacités cognitives ?

    En gros, la position du cerveau, le pouce, la voix ou l’estomac expliquent mécaniquement les progrès humains. La « planète des singes » est une impossibilité évolutionniste !

  • C’est intéressant et amusant, mais la présentation de l’article est exagérée au regard de l’expérience.

    Si je veux montrer que la corneille est au moins aussi intelligente qu’un enfant de 5 ans, l’évaluation la plus scientifique de l’hypothèse consiste à prendre une épreuve cognitive dans laquelle les enfants excellent, et non une tâche dans laquelle les corneilles excellent. Si je renverse la charge de la preuve, combien d’épreuves puis-je imaginer où un enfant de trois ans humilie une corneille ?

    Par ailleurs une tâche unique rend l’expérience extrêmement douteuse. Elle ne permet absolument pas d’exclure l’hypothèse que la corneille réalise un raisonnement stupide qui par chance aboutit à un bon résultat.

    Bon je prends peut-être l’article trop au sérieux…

    • Non, cet oiseau est doué. D’ailleurs, je me souviens de plusieurs expériences déjà rapportées sur Contrepoints…

      Si vous admettez que l’oiseau a une intelligence véritable plutôt qu’être un automate aux réactions façonnées par la pratique et des circonstances répétées… Alors on peut admettre que l’intelligence est au contraire commune aux animaux. Mais que l’Homme dispose de qualités physiques particulières pour la développer et l’exploiter !

      • Oui ils ont des capacités on peut appeler une forme d’ intelligence qui nous échappe voici un exemple simple : ils se reconnaissent entre eux alors que pour nous ils sont d’ APPARENCE semblable j’ insiste sur apparence parce que par ex pour les merles on peut les reconnaitre à leur chants ou leurs  » phrase  » puisqu’ ils peuvent » parler  » au moins aussi bien qu’ un perroquet /

    • Entièrement d’accord avec Acrithène.

      Encore un article qui se proclame scientifique, mais qui n’est rien d’autre que du scientisme, c’est-à-dire où l’on tire une vérité à partir d’une seule expérience. Rien à voir avec une démarche scientifique rigoureuse.

      En réalité, même un nouveau-né fait déjà des choses qu’une corneille ne peut pas faire.

      • Doucement garçon, c’est un article qui relate une expérience scientifique, certes, mais qui n’a pas de prétention à être scientifique.

        A un moment il faut arrêter de raconter n’importe quoi.

        Pour vous dire, je connais moi une chose que la corneille fait vachement mieux que le gamin de 5 ans, et même qu’un adulte: voler sans sans aide prothétique.

        • @ moi

          Ce sont les sous-entendus et les conclusions de l’article qui sont tendancieux et virent vers le n’importe quoi.

          Cet article est placé dans la rubrique « science et technologie » avec un auteur qui est un scientifique, autrement dit, tout ce qu’il faut pour que l’on croit que cela est scientifique…

          Si l’homme n’avait pas son intelligence, il serait la créature la plus vulnérable de ce monde.

          • Contrepoint à déjà relatés un livre décrivant d’autres expériences démontrant les capacités du volatile.

            Quant à votre conclusion, elle est contestée par des analyses comparatives qui montre l’extreme capacité d’adaptation de l’etre humain à tout environnent physique. L’intelligence n’aurait pu se développer que dans la physiologie humaine. Ou plutôt évoluer de concert, intellect et physique se complétant : Ex: un cerveau demande beaucoup d’energie…

            • @ amike

              Un être humain ne sait pas voler, ne sait pas nager sans apprendre, n’a pas de griffes ou de crocs pour se défendre, ne résiste pas au froid sans vêtement, ne court pas très vite, etc… etc… Un être humain a besoin de son intelligence pour s’équiper et apprendre à survivre, sans quoi il ne fait pas long feu.

              Un animal au contraire naît déjà quasiment tout équipé et met très peu de temps pour apprendre les comportements qui lui permettront de survivre. Sur ces deux aspects, il est supérieur à l’être humain. Ce qui n’empêche pas l’être humain de dominer de très loin tous les animaux.

              • Vous ne restez pas dans les limites du comparable. L’Homme effectivement n’est pas pourvu de toutes les possibilités du règne animal, mais Si vous examinez une espèce individuellement, vous constatez une spécialisation de l’animal à son milieu, avec la règle commune suivante: plus il est capable (grande griffe, grandes ailes, fourrure…) moins il est généraliste !
                Là où vous voyez la seule prédominance de l’intelligence, je vois une évolution physiologique de tous les organes vers la très grande adaptabilité humaine à tous les milieux. Ce corps qui vous semble faible est au contraire flexible et même indispensable à notre cerveau. Et il est forcément antérieur au développement de notre intelligence.

                • @ amike

                  Il n’y a pas de limites au comparable. On peut tout comparer, mais la question est de savoir en quoi cela est pertinent. Typiquement, se limiter aux expériences de l’article pour comparer l’intelligence d’un enfant et d’une corneille n’est pas pertinent.

                  Ensuite, je ne vois pas en quoi un berger allemand qui a une griffe plus grande qu’une souris serait moins « généraliste » qu’elle, là aussi, ce n’est pas pertinent.

                  Par contre, même un enfant de 5 ans peut observer que le corps de l’être humain est moins adapté à l’environnement naturel que le corps d’un animal.
                  De plus, tant cet enfant que moi-même vous rejoindrons pleinement sur le fait que sans corps, le cerveau ne peut pas faire grand chose… 

  • Stéphane Montabert
    13 août 2014 at 10 h 30 min

    L’intelligence est simplement le domaine où l’espèce humaine excelle, mais ce n’est pas son apanage exclusif.

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