Le mirage social-libéral

François Hollande (Crédits : Donkeyhotey, licence creative commons)

L’urgence demande d’en finir avec l’état de défiance généralisé qui empêche la France de se redresser.

L’urgence demande d’en finir avec l’état de défiance généralisé qui empêche la France de se redresser.

Par Philippe S. Robert.

Hollande credits Donkeyhotey (licence creative commons)

Je suis toujours peiné de voir et d’entendre des chefs d’entreprise passer, du jour au lendemain, de l’espoir le plus fou à la déception la plus totale dès lors que le soi-disant pouvoir social-libéral, agissant dans le plus grand désordre idéologique, se paie de mots sans volonté affichée d’honorer d’hypothétiques promesses.

D’ailleurs, le seul fait de dénommer social-libéralisme une politique qui n’est qu’un leurre destiné à séduire les gogos, une population malheureusement fort nombreuse en France par pure déraison d’État, ne peut qu’inciter à la plus grande prudence les Français les plus lucides en matière de débordements démagogiques !

Cette posture est d’autant plus dommageable pour notre pays en perte de vitesse qu’elle contribue grandement à aggraver un état généralisé de défiance qui ne cesse, contre tout sens commun, de repousser dans des proportions considérables l’urgent rétablissement d’une confiance indispensable au redressement de la France.

Ainsi, le simple fait que le travail gouvernemental soit si souvent remis en cause, à l’instar de la loi ALUR et d’un certain nombre d’autres textes législatifs votés manifestement sans réelle connaissance préalable, n’est pas fait, loin de là, pour introduire dans la vie de la nation une confiance qui, aujourd’hui, manque cruellement !

Yogu : « Les dirigeants politiques doivent comprendre le rôle qu’ils peuvent jouer encore, le rôle qu’ils « doivent » jouer. Ils doivent comprendre que ce rôle est de rendre leur pays attractif pour les détenteurs des capitaux d’aujourd’hui et de demain. Ils doivent comprendre que ce rôle est de maintenir, de renforcer la liberté de créer, d’oser, d’entreprendre, d’investir, et ce plus encore quand, passagèrement, la situation semble se faire difficile. »

Mirage social lib

Reconnaissons que nous sommes actuellement en France dans la situation exactement opposée à celle que prône Yogu, le précieux ami américain d’origine sri-lankaise de Guy Millière1, dont le parcours personnel est en lui-même un remarquable exemple de réussite intervenue dans un climat durable de confiance généralisée :

Yogu sait de quoi il parle. Il est arrivé en Californie, sans un sou. Il faisait la plonge dans des restaurants, et dormait dans un sac de couchage sous les eucalyptus du Golden Gate Park. Il venait du Sri-Lanka pour réaliser son rêve américain. Et il y est parvenu, au-delà de ses espérances. Avec le peu d’argent qu’il avait gagné, il a ouvert un compte en banque, passé un concours d’entrée à l’université de Berkeley, obtenu un prêt pour financer ses études, trouvé un emploi dans une petite entreprise d’informatique dès sa seconde année. Il a intégré un peu plus tard une « start up » qu’il a contribué à créer. Il est devenu riche. Il aurait pu arrêter de travailler, mais il a continué. Par passion.

Les hommes et les femmes de l’État qui, depuis quarante ans, prétendent nous gouverner en faisant appel à des concepts depuis longtemps mis au rebut dans le monde entier, ou presque, devraient comprendre que s’ils sont toujours là ils le doivent au seul esprit démocratique qui habite encore les Français.


Sur le web

  1. Les citations sont extraites de Guy Millière, La Septième Dimension – Le nouveau visage du monde – après la crise, L’à part de l’esprit, 2009.