Croissance nulle : et si la solution venait des marchés financiers ?

Bourse (Crédits jam_90s, licence Creative Commons)

Les entreprises trouvent dans les marchés financiers une alternative crédible aux crédits bancaires.

Alors que tous les organismes économiques s’accordent sur l’absence alarmante de croissance en France, les entreprises trouvent dans les marchés financiers une alternative crédible aux crédits bancaires.

Par Marjorie Legrain

Bourse marchés financiers actions (Crédits jam_90s, licence Creative Commons)La croissance économique française revue à la baisse

C’est confirmé, France et croissance ne riment plus, mais alors plus du tout. Après avoir progressé de 0,2% au dernier trimestre 2013, la croissance du pays est restée nulle durant les trois premiers mois de cette année. Ceci d’après les dernières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Enfonçant un peu plus le couteau dans la plaie, le Fonds monétaire international (FMI) vient de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour la France. D’une progression de 1% du PIB prévue pour cette année, nous sommes désormais passés à 0,7%, et ce, seulement si la conjoncture nous est favorable. Autant dire que même ce faible pourcentage peut paraître bien ambitieux.

Commerce extérieur en berne, consommation des ménages atone, investissements absents… Les entreprises du pays, dont le développement économique est un vecteur de croissance important pour l’hexagone, sont les premières touchées par le ralentissement de l’activité économique française. Les derniers chiffres sur la démographie des entreprises dans l’Union européenne d’Eurostat le prouvent. En 2011, le nombre d’emplois créés par la France est quasi-nul par rapport à ses voisins européens. En cause : le peu de créations d’entreprises dans le pays, trois fois moins qu’en Grande-Bretagne, qui tire le chômage vers le haut.

Rien d’étonnant à ce que peu d’entreprises se créent quand on voit les nouvelles règles prudentielles des banques lorsqu’il s’agit de prêter des fonds. Avec la contraction des volumes, ces dernières préfèrent désormais placer leur argent en sécurité. Obtenir un crédit bancaire est devenu la croix et la bannière pour les entreprises, qui doivent trouver d’autres moyens de se financer.

Se financer sur les marchés, une bonne idée ?

Depuis plusieurs mois, on observe une forte hausse des introductions en bourse. Sur le premier semestre de cette année, 6,5 milliards d’euros ont été levés sur les marchés financiers. Un montant impressionnant quand on considère les 3,1 milliards d’euros « seulement » que les introductions en bourse de l’année 2013 ont mobilisés. « L’environnement de marché a continué de s’améliorer grâce à la reprise initiée à la fin de 2013. En outre, nous avons bénéficié de conditions économiques qui se sont améliorées. Enfin, la croissance des IPO a été boostée par la création il y a un an du marché EnterNext, qui a permis de positionner la bourse comme une source de financement pour les PME », a expliqué Dominique Cerruti, le directeur général d’Euronext qui a enregistré sa plus forte activité de cotation et de négociation durant ces 6 mois.

La progression des cotations sur les marchés financiers s’explique principalement par le retour des grandes capitalisations certes, mais aussi par l’ouverture des marchés aux PME-ETI, soutenue par EnterNext qui a apporté une pierre à l’édifice, et pas des moindres. Durant les six premiers mois de l’année 2014, 23 PME et ETI sont entrées sur les marchés financiers, contre seulement 10 au premier semestre 2013.

Euronext se repositionne petit à petit comme un acteur important du financement de l’économie réelle européenne, notamment grâce à son introduction en bourse et à sa prise d’indépendance. L’idée reçue, réminiscence de la crise des subprimes, selon laquelle un marché financier est opaque et risqué s’efface peu à peu de la conscience collective, laissant sa place à des marchés réglementés, dont la transparence est garantie par des autorités comme l’AMF. Première étape vers un véritable projet politico-industriel en zone euro ? Pour une fois, les chiffres nous permettent d’être optimistes.