Le Fonds monétaire africain et son ambition exagérée

Fin juin ont été adoptés les statuts du Fonds monétaire africain. Un pas de géant vers l’autonomie financière de l’Afrique ?

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Monnaies africaines (Crédits : Martijn Barendse, licence Creative Commons)

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Le Fonds monétaire africain et son ambition exagérée

Publié le 15 juillet 2014
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Par Chofor Che, depuis le Cameroun.
Un article de Libre Afrique.

Monnaies africaines (Crédits : Martijn Barendse, licence Creative Commons)Lors du récent 23ème sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernements de l’Union Africaine (UA) à Malabo, en Guinée équatoriale, terminé le 28 juin denier, étaient présents le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, le Premier ministre de l’Espagne, Mariano Rajoy et le vice-président de Cuba, Salvador Valdes Mesa.

Le thème officiel de ce sommet était « L’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique », mais selon Alfredo Tjiurimo Hengari, chercheur principal à l’Institut sud-africain des affaires internationales, dans un éditorial daté du 26 juin 2014, peu sinon aucune des décisions lors du sommet ont porté sur l’agriculture ou la nourriture. Il a ajouté que c’est la preuve que les thèmes du sommet sont purement symboliques et ne sont guère suivis d’intenses discussions autour du sujet qui compte. Malgré cela, certaines sources affirment que le 23ème sommet est historique parce que, à la fin des délibérations, bien que beaucoup de décisions ne concernaient pas l’agriculture et l’alimentation, un pas de géant a été accompli vers l’autonomie financière de l’Afrique comme continent avec l’adoption du protocole fondateur et les statuts du Fonds monétaire africain (FMA).

Fondé en 2009, le FMA a pour but de contribuer à la stabilité économique et à la gestion de la crise financière en Afrique, en donnant la priorité aux développements macroéconomique et des entreprises, ainsi qu’en favorisant les échanges entre les États d’Afrique. Il est prévu de créer un marché commun entre les États africains en 2017. Ayant son siège basé à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, cette institution est censée forger une monnaie unique africaine dans le but de favoriser l’intégration économique régionale rapide qui, pour l’instant, reste un dilemme particulier avec les nombreuses monnaies en circulation sur le continent. Certains analystes affirment même que la multitude des monnaies sur le continent a nettement affaibli les échanges entre les États africains.

La mise en place du Protocole portant création et les statuts du FMA à Malabo, le vendredi 28 juin 2014, ne signifie en aucun cas que le continent africain va soudainement devenir financièrement indépendant. Les quinze États africains doivent ratifier les statuts de l’institution pour que celle-ci devienne opérationnelle. Un organigramme de l’institution doit être mis en place avant le recrutement du personnel, y compris d’un directeur général.

C’est en effet un programme ambitieux pour les chefs d’État qui ont décidé de mettre la charrue avant les bœufs. Beaucoup de pays africains sont encore en proie à des obstacles financiers précaires tels que les impôts lourds, les obstacles au commerce et la corruption. En plus de ces obstacles, la République centrafricaine reste embourbée dans un conflit armé et sanglant, le Nigeria reste torturé par les activités de Boko Haram et le Kenya est toujours à la recherche de solutions au dilemme Al Shabab.

En plus des différents obstacles rencontrés par les différents États sur le continent, l’Afrique n’est pas encore une force qui compte dans le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Hengari dans son éditorial soutient que, à la lumière d’une réunion qui a eu lieu en mai 2014, l’agenda de la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies pour l’UA reste bloqué en raison des propositions rigides issues du Consensus d’Ezulwini. Hengari fait valoir en outre qu’en ce qui concerne le cadre institutionnel actuel, l’UA reste centrée sur l’État, alors que l’UA accepte les communautés économiques régionales en tant que blocs de construction essentiels à l’intégration régionale.

Il est grand temps pour les États de résoudre leurs problèmes domestiques comme les obstacles au commerce, la lourdeur de la fiscalité et la corruption. Les États africains doivent ouvrir leurs frontières pour le commerce et ne pas les fermer sous prétexte de lutte contre l’immigration illégale tout comme ça a été le cas entre la Guinée équatoriale, le Cameroun et le Gabon.

Il est pertinent pour les chefs d’État de tenter de résoudre les conflits en cours sur le continent, y compris les attaques de terroristes de groupes comme Boko Haram et Al Shabab. Il est important pour l’UA d’engager également les chefs de communautés et les fonctionnaires dans le cadre de travail de la commission et de l’assemblée, en particulier dans la résolution des conflits et l’intégration régionale.

Considérant ces suggestions pertinentes pour l’UA, si elles ne sont pas prises au sérieux alors le rêve du FMA peut être une autre perte de temps et d’argent, notamment des impôts des contribuables de l’Afrique.


Article initialement publié par African Liberty – Traduction réalisée par Libre Afrique.

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  • UN FONDS MONETAIRE AFRICAIN: ROUTE DE PROSPERITE:

    Les pays africains sortent d’une coupe du monde,où aucun d’entre eux n’a particulièrement brillé
    au Brésil. Mon pays,le Cameroun, a fait piètre figure. Pour un pays qui dominait l’Argentine pays champion du monde en 1990 , alors même que Buenos Aires est encore finaliste de ce mondial
    2014, on ne peut pas du tout du tout dire que la « stabilité » dont on nous parle tout le temps a eu,
    de 1990 à 2014, les résultats ne serait-ce que sur le plan foot-ball seulement, comparables à ceux
    de l’Argentine: le système exécutif change pourtant au moins quatre fois en 24 ans au Brésil !
    Nous pensions ramener la Coupe du Monde » de foot-ball, mais ce sont nos continentaux qui ont
    toujours admiré les Camerounais dont la classe politique n’est pas du tout à l’image du Came-
    rounais souvent extrêmement compétent et fier, à opportunément agir …. Comment ? Ils viennent
    chez nous installer le siège d’un genre d’organisme international dont beaucoup de Nègres, y com-
    pris ceux de la classe dirigeante ou même nos militaires hauts gradés, n’en savent rien : oui : le
    Fonds Monétaire Africain. Au Cameroun beaucoup n’ont aucune idée de ce qui nous arrive.
    A ce Juillet 2014, partir d’une décision irréversible qu’un Fonds Monétaire Africain s’installera à
    Yaoundé au Cameroun, est offrir au Cameroun quelque chose d’au moins 100 fois plus prestigieuse
    qu’une « Coupe du Monde ». Je me demande d’ailleurs ce qui décide les pairs africains d’aller installer
    un organisme comme celui-ci au Cameroun. La preuve,l’Egypte ne voyait pas du tout comment un
    prestigieux organisme comme celui-ci irait dans les « sous zones où les dirigeants au sommet ne
    savent même pas ce qu’ils produisent et vendent annuellement ». Même le Maroc ne voulait pas d’un
    FMA à Yaoundé, ni d’ailleurs même l’Algérie, voire la Tunisie !!! C’est normal. Ces pays-ci savent que
    des organismes prestigieux comme ceux-ci ne s’installent pas sur les « marchés captifs » . Avec re-
    cul d’ailleurs si parallèlement une Banque Centrale Africaine n’allait pas s’installer à Abuja, même
    le Nigéria n’aurait jamais cautionné la perspective qui installe un FMA au Cameroun. Jamais !
    Le Cameroun devait donc fêter . Mais savez-vous pourquoi personne ne se manifeste ? Parce
    que même nos dirigeants ne connaissent pas du tout la valeur de ce que les pairs leur livrent,
    et sans doute à conte-courant de » leur volonté . « Il n’y a pas pire à délivrer que les esclaves eux-
    mêmes », comme dirait quelqu’un. Car en fait, l’avènement d’un FMA destabilisera forcément le Ca-
    meroun. Prenons un simple petit exemple: les comptes d’opération au trésor français ne continueront
    pas à vivre séquestrés ici, avec le lancement d’une Banque Centrale à Abuja qui voudra forcément,
    nous disons bien forcément, ré-orienter la zone de pondération. Croyez-vous qu’avec la ré-orienta-
    tion comme celle-ci, les hommes d’affaires de « MEDEF/AFRIQUE » (Cameroun) qui entrent tous dans
    présidences comme dans un WC exiger qu’on leur attribue ceci ou ce marché public-là, réaliseront
    encore le pillage et le gangstérisme qu’ils réalisent ici depuis des lustres ? Quand les comptes
    d’opération passent du trésor français à la BAC à Abuja:l’outsider pervers ne pourra donc pas,com
    me c’est le cas depuis,savoir mieux que le propriétaire lui-même,la valeur des encaisses: comment
    le pervers exigera-t-il que Les Nègres achètent ceci ou cela, afin qu’ils leur donnent ainsi l’occasion
    d’aller directement se servir en toute discrétion sur les comptes, et créer ex-nihilo par le simple jeu
    de chiffres et d’écritures, les systèmes d’endettements dont l’effet est de raffermir la situation de
    captivité des prisonniers ? Que devrait être un FMA, ou une BAC à ce jour 2014 ? Les enjeux sont
    colossaux !!! Naturellement quand les pervers ne tiennent et rançonnent plus les prisonniers:savez-
    vous ce qui se passe ? Ils livrent ces bougres à la vindicte populaire !

  • Nous sommes à un tournant de l’histoire c’est un tsunami qui est en train de ce produit nos enfants vivront dans une Afrique indépendante. nous n’y sommes pas encore la route est longue et la tâche ardue mais ni la corruption ni les guerres… n’arrêteront la dynamique.

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Jean-Marc Daniel libéralisme
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Écouter ou lire Jean-Marc Daniel est toujours un plaisir.

Sur un ton constamment paisible et empreint de clarté, non dénué de petites touches d’humour et de bonne humeur, il parvient à nous captiver et à nous expliquer avec un grand sens de la pédagogie de nombreux mécanismes et faits d’actualité touchant à l’économie.

Que l’on soit d’accord ou non avec lui, on l’écoute, on apprend, il suscite le respect de ses interlocuteurs, ce qui permet la tenue de débats de qualité.

 

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