L’État atteint de subventionnite aiguë

L’État verse des dizaines de millions d’euros à des partis dans lesquels les électeurs ne se reconnaissent pas.

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Caricature subventions publiques (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

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L’État atteint de subventionnite aiguë

Publié le 2 juillet 2014
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Par Geneviève Frixon, de l’Association des contribuables de l’Intercommunalité d’Aubagne

img contrepoints440 subventions publiques

Les Enquêtes du contribuable ont encore frappé ! Après les subventions de 272,8 millions d’euros à la presse, le chèque de 4 milliards aux syndicats, l’argent des partis politiques se retrouve sous le microscope sans complaisance de Contribuables Associés !

Le montant de l’aide publique aux partis politiques s’élève au total à 63 millions d’euros pour 2014. Sans surprise le PS majoritaire au parlement bénéficie de la plus grosse subvention avec une enveloppe de plus de 25 millions d’euros. Juste derrière, l’UMP suit avec 18 millions et le FN s’affiche avec 5 millions d’euros. Le tableau ci-après vous communique la dotation de l’État aux 10 partis les plus subventionnés.

10-partis-les-plus-subventionnes

Du financement des partis au remboursement des campagnes électorales, l’État verse donc des dizaines de millions d’euros à des partis dans lesquels les électeurs ne se reconnaissent pas. D’après le sondage exclusif réalisé par l’IFOP, plus de 8 personnes sur 10 rejettent ce système de financement mis en place en 1988 par Jacques Chirac après une série de scandales politico-financiers.

Soucieuse d’encadrer « le monde politique et l’argent », la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Finances Publiques (CNCCFP) a vu le jour en 1990 afin de contrôler et vérifier que les partis respectent bien leurs obligations comptables. Soit dit en passant, ce énième « machin administratif » coûtant 5 millions d’euros par an n’a pas empêché les scandales liés au financement de la vie politique de fleurir de ci de là mais a permis aux bureaucrates de prospérer.

En écrivant ces lignes, il nous revient en mémoire le rapport 2010 des députés Vanneste (UMP) et Dosière (PS) préconisant le regroupement de la CNCCFP avec la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale relative à l’élection du Président de la République, la commission des sondages, et la Haute Autorité pour la transparence de la vie politique. Malheureusement ce rapport est visiblement resté lettre morte.

Les partis politiques vivent au-dessus de nos moyens et roulent carrosse ! L’argent coule à flots et rien n’est laissé au hasard pour s’accaparer cette manne publique. En 2013 la CNCCFP indiquait que le nombre des formations politiques est passé de 28 en 1990 à 318 en 2012 pour culminer à 402 en juin 2013 ! Par quel prodige ! C’est le miracle de la multiplication des micro-partis !

Juridiquement ces 350 micro-partis sont assimilés à des associations politiques et doivent respecter certains critères, dont celui de la transparence financière. Ces « think tanks » permettent entre autre de contourner la limitation à 7 500 € de dons (exonérés à 66%) que les personnes physiques peuvent verser aux formations. Pour en citer quelques-uns : « le nouveau parti anticapitaliste révolutionnaire » financé par la Ligue Communiste, « le Chêne » de Michèle Alliot-Marie pour l’UMP, « Jeanne » pour le FN.

L’État est passé maitre dans l’art de transformer les scandales en commissions Théodule véritables fabriques de ronds-de-cuir. Quant au contribuable, celui-ci se voit contraint par le biais de ses impôts de financer tous les partis y compris celui que sa morale réprouve !

Sources : les enquêtes du contribuable « L’argent des partis politiques » actuellement en kiosque. Le numéro peut également être commandé en ligne : http://www.lesenquetesducontribuable.fr/


Sur le web.

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  • Que mes impôts puissent financer le FDG, voilà qui me dégoûte.

  • Moi personnellement, j’aimerais vraiment une refonte du financement des partis.
    J’aimerais qu’il ne se fasse plus par l’Etat et par une ponction sur mon revenu ou mes dépenses en faveur de partis que jamais je n’aurais soutenu. Mais au regard du comportement des politiques qui se sont adaptés à cette forme de financement en créant de multiple micro partis, il n’y a pas que le financement à refondre : tous les politiques sont à refondre, dans de l’acide si possible afin de faire table rase.

  • Bonjour, merci d’avoir publié cet article. Pour commander facilement les numéros des Enquêtes du contribuable, rendez-vous sur le site dédié : http://www.lesenquetesducontribuable.fr/

  • c’est peut etre pour cela qu’ils sont tous aussi socialistes…..ils veulent continuer à vivre avec l’argent des autres.

  • Vivement que le tirage au sort des parlementaire soit la règle.
    On sera moins dérangé avec ces histoires de partis…

  • Bonjour, juste pour signaler que le Front de Gauche n’est PAS un parti, mais rassemble plusieurs partis : le PCF, le Parti de Gauche, la Gauche Alternative, la Fédération por une Alternative Sociale et Ecologique, la Gauche Unitaire…
    Le PCF étant décompté à part, merci d’indiquer précisément quel(s) parti(s) du FdG sint concernés par la totalité du montant indiqué, & en quelles proportions.

  • Et les partis et les associations sous perfusion(s).

  • Le rejet des partis politiques est massif et leur financement public n’est pas nécessaire. Il serait parfaitement possible de le supprimer totalement en maintenant un seul organisme de contrôle doté de capacités d’audit financier très larges, légalement définies. Les partis pourraient alors se financer librement par les cotisations de leurs adhérents et les dons, comme cela existait par le passé, mais dans un cadre légal mieux précisé.
    Le contrôle financier, si on lui donne les moyens de fonctionner, est très efficace. Toutes les prestations peuvent être évaluées et contrôlées avec précision (meetings, sites internet, campagnes d’affiches, conseils, sondages, etc). Il suffit pour cela d’auditeurs financiers compétents (experts-comptables, commissaires aux comptes) et dotés de pouvoirs très importants d’investigation (accès à tous les documents, y compris ceux des prestataires, des bénéficiaires, des banques). Il n’est pas possible de prétendre dépenser 10 quand on dépense 30. Tout cela est parfaitement contrôlable, à condition de le faire en permanence, à tout moment, sans avis préalable. Un tel système serait incomparablement moins coûteux pour les finances publiques que le système actuel.
    Le contrôle du financement public en France est une vaste supercherie car la commission des comptes de campagne, par exemple, n’a aucun moyen sérieux d’auditer en profondeur les opérations contrôlées. Quand on songe que le Conseil constitutionnel a, probablement (les juges le diront…), manqué l’essentiel dans le financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy, on ne peut que soupçonner une volonté politique de tous les partis bénéficiant du financement public d’empêcher les contrôles efficaces en s’abstenant de mettre en place une réelle puissance d’audit financier.
    Il faut ajouter que le système de financement public est anti-démocratique puisqu’il procure un avantage considérable aux structures dominantes bien implantées électoralement. L’innovation et le renouvellement sont ainsi défavorisés au profit des rentes de situation.

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