UE : 5 années de statu quo avec Jean-Claude Juncker ?

Avec l’élection de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission Européenne, l’Union Européenne poursuit sur la voie du statu quo.

Par Philippe Robert.

Jean-Claude Juncker
Jean-Claude Juncker

Nul n’ignore plus que l’Europe, sous le double signe de l’Union européenne et de la Zone euro, file un mauvais coton quasiment à tous les niveaux d’une construction dont les strates successives, empilées au fil des traités et contre-traités, n’ont finalement servi qu’à éclipser la vision des Pères fondateurs.

Le temps est donc venu, pour l’Union européenne, de décider de son avenir dans un monde qui a nettement tendance à brûler les étapes alors que nous en sommes encore à tergiverser à propos de tout et de rien, en d’autres termes à courir après un bonheur qui, en mode collectiviste, ne cesse de se dérober.

Il est d’ailleurs fascinant de constater à quel point les plus hauts postes de l’UE sont verrouillés au profit d’une caste de hauts fonctionnaires européens qui se cooptent volontiers entre eux dès lors qu’il s’agit, pour des chevaux de retour parfaitement identifiés, de ne pas céder un iota de leurs privilèges.

Actuellement en représentation à Bruxelles, la tragi-comédie dont les acteurs veulent faire croire, à l’exception notable de la Grande-Bretagne de David Cameron, que le salut de l’UE tient tout entier dans la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission est à pleurer et sûrement pas de rire !

En effet, grâce à l’appui signalé d’Angela Merkel, le socialisant Juncker vient d’être désigné pour présider la Commission. Selon David Cameron : « C’est la mauvaise personne ». M. Juncker « a été au cœur du projet consistant à augmenter le pouvoir de Bruxelles et réduire celui des États-nations pendant toute sa vie ».

Forte de 500 millions de consommateurs, l’Europe des Vingt-Huit n’en demeure pas moins un monde inaudible dans le concert des nations dès lors que la vision erronée d’une Europe globalisée à tous égards, préconçue à l’image des États-Unis d’Amérique, demeurera l’alpha et l’oméga de la construction européenne.

La France et l’Allemagne sont à juste titre considérées comme les piliers sur lesquels s’appuie l’Europe et hors desquels cette dernière finirait par s’estomper ; aussi, à l’écoute du monde anglo-saxon, n’aurait-il pas été à l’honneur de ces deux nations de mettre fin à une chimère qui se dérobe en permanence ?

L’UE va donc en prendre pour cinq nouvelles années de statu quo, une perspective qui ne semble pas émouvoir plus que de mesure les eurocrates régnant à Bruxelles; les peuples européens vont donc devoir attendre des jours meilleurs pour être entendus à moins qu’ils ne jugent bon, exaspérés, d’imposer leurs vues.