Le capitalisme libéral, pour sortir le monde de la pauvreté

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Les données et statistiques elles-mêmes mettent en évidence le rôle du capitalisme libéral comme mécanisme efficace de réduction de la pauvreté dans le monde.  

Par  D.W. MacKenzie(*), depuis les États-Unis.
Un article d’Imani Ghana.

img contrepoints422 capitalismeCertains membres du clergé catholique ont, une fois encore, dénoncé les partisans du capitalisme libéral. Le Cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga dit que l’économie de marché libre est une « nouvelle idole » qui crée les inégalités et défavorise les pauvres. « Cette économie est nuisible », poursuit-il. Ce dernier est soutenu par le Pape François dans ses dernières déclarations ; il continue d’affirmer que puisque le pape lui-même « a passé la grande partie de sa vie en Argentine, » il « a une bonne notion de la vie des pauvres. »

Je ne crois pas que le pape François a déjà  vu des pauvres de ses propres yeux. Cependant, notre jugement des véritables causes de la pauvreté requiert des données sur les conditions économiques et les connaissances théoriques des systèmes économiques. Qu’est-ce que l’analyse rationnelle des faits nous apprend à propos de la pauvreté mondiale ?

Sans conteste, l’extrême pauvreté a disparu dans les pays les plus industrialisés ces dernières années. Des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et le Japon se sont industrialisés grâce aux conditions que présentent les économies de libre-échange. Même les démocraties dites sociales, à l’instar de la Suède et de l’Allemagne, se sont développées dans des modalités de libre-échange, et n’ont plus tard adopté des programmes extensifs de réglementation de l’État qu’après avoir atteint des niveaux élevés de développement économique et d’industrialisation. Les données de la Banque mondiale montrent qu’il existe de l’inégalité. Mais cette inégalité, c’est entre les pays de libre marché et les pays socialistes et du capitalisme de connivence (crony capitalism en Anglais).

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L’idée que le laissez-faire domestique entraîne  la pauvreté n’est pas fondée. Il est bien connu historiquement que l’Inde, la Chine et le Kenya n’ont jamais pratiqué le capitalisme, ce système y ayant été négligé pour très longtemps. Depuis que la Chine et l’Inde se sont mises sur la voie du capitalisme, elles ont pu avancer plus rapidement dans la lutte contre la pauvreté. Bien que la Chine et l’Inde aient adopté une forme de capitalisme de connivence réglementé, ce système est, par défaut, meilleur que leurs anciens systèmes socialistes.

On pourrait dire que le capitalisme mondial permet à une poignée d’individus dans certains pays d’exploiter les masses des autres nations. Les marxistes ont tenté de faire une généralité de ce cas depuis Lénine. Lénine a révisé Marx parce que, même à son époque, il était devenu évident que la prédiction de Marx sur l’exploitation de la classe ouvrière par les capitalistes a été réfutée par l’évidence. Nous savons maintenant que la tentative de Lénine de blâmer la pauvreté sur les marchés mondiaux est erronée. Comme évoqué précédemment, les conditions économiques de la Chine et de l’Inde se sont améliorées après la commutation du socialisme au capitalisme de connivence. De ce fait, la Chine et l’Inde ont également élargi les échanges dans les marchés mondiaux.

Il y a eu des améliorations significatives des conditions de vie à travers le monde au cours des trente dernières années. Les plus grandes améliorations dans les pays les plus pauvres ont eu lieu au cours de la vague de mondialisation il y a vingt ans, après la chute de l’URSS. L’effondrement de l’Union soviétique a ouvert la porte à la mondialisation sans précédent de l’industrie. Qu’est-ce que les données réelles nous disent de la pauvreté au cours de cette période ? Le PIB par habitant a augmenté de façon spectaculaire :

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Il y a trente ans, la moitié (50 pour cent) des personnes dans les pays les plus pauvres du monde vivaient dans l’extrême pauvreté. En 2012, cette proportion est passée à 21 pour cent. Le développement des marchés mondiaux a considérablement réduit la pauvreté dans le monde. C’est un fait très important. Le passage de la tranche inférieure de revenu  (classe pauvre) global, au revenu moyen (classe moyenne) et au revenu élevé (classe aisée) indique évidemment qu’il y a une amélioration. Ainsi, l’espérance de vie augmente-t-elle pour passer à  la quarantaine, puis de cinquante ou soixante ans, respectivement. Le Cardinal Maradiaga se trompe : l’économie du laissez-faire n’est pas nuisible ; elle a prolongé la vie des personnes les plus pauvres dans le monde. C’est évident.

Un examen superficiel du monde d’aujourd’hui révèle que la pauvreté existe, et que cette pauvreté a des conséquences réelles sur le niveau et l’espérance de vie, et pourtant il existe les marchés mondiaux et le capitalisme dans la plupart du monde. Toutefois, une analyse plus sérieuse montre que le capitalisme a vraiment diminué la gravité de la pauvreté au fil du temps, son principal problème dans la plupart des pays étant qu’il souffre d’un excès de régulation et de connivence gouvernementales. Le Pape François et le cardinal Maradiaga ont de bonnes intentions, mais leurs convictions anticapitalistes ne sont pas fondées. Leur campagne contre le capitalisme global met en danger les populations les plus pauvres du monde.

(*) D.W. MacKenzie est analyste-associé sur IMANI-Francophone et professeur assistant au collège Carroll à Helena, Montana, aux États-Unis.