Grèves SNCF : organisations patronales & politiques s’inquiètent

Le Medef dénonce des grèves qui coûtent 30 millions € par jour tandis que le député Yannick Moreau a déposé un amendement pour supprimer les régimes spéciaux de retraite.

Par Alexis Vintray.

Passagers en gare lors d’une grève SNCF de 2013.

Alors que les grèves dans les transports en commun continuent en France pour défendre des privilèges de salariés déjà très protégés, les organisations patronales ou politiques s’expriment de façon de plus en plus vigoureuse contre des grèves coûteuses pour tous les Français.

Ainsi, le Medef Île-de-France, représentant les entreprises franciliennes, parle dans un communiqué diffusé ce vendredi d’un « bilan lourd de ces grèves », soulignant en particulier le coût très élevé pour les entreprises, allant jusqu’à 30 millions € par jour : « En raison des retards et des horaires décalés dus à l’annulation de nombreux trains, des dizaines de milliers d’heures de travail ont été perdues par les salariés y compris dans les embouteillages monstres que l’Île-de-France a connu. Le coût de ces heures perdues s’élève à 30 millions d’euros par jour pour les entreprises franciliennes. »

Et le Medef francilien d’insister sur les risques de chômage technique dans des entreprises de plus en plus nombreuses : « Certaines entreprises, faute d’avoir reçu leurs commandes, se trouvent dans l’obligation de mettre une partie de leur personnel au chômage technique dès aujourd’hui. Les trains de marchandise ont en effet connu des annulations et des retards très importants. »

Qualifiant les grèves de cheminots d’ « inutiles et infondées », le Medef Île-de-France demande leur arrêt immédiat et la mise à l’ordre du jour d’une véritable application du service minimum dans les transports collectifs.

img contrepoints416 dette sncfDans le même temps, c’est le député UMP Yannick Moreau qui a réagi en déposant divers amendements (téléchargeables ici) à la réforme ferroviaire, pour supprimer purement et simplement les régimes spéciaux de retraite et mettre en place une réforme par points, pour des raisons de justice et d’égalité : « Chaque année, les retraites de la SNCF coûtent 3 milliards 300 millions d’euros aux contribuables. La situation économique de notre pays nous impose une suppression des régimes spéciaux pour plus d’égalité et de justice. »

Ne s’arrêtant pas là, le député a également déposé plusieurs amendements à cette même réforme ferroviaire, pour obliger les syndicats à indemniser les victimes des grèves, ou les obliger à être audités chaque année par le Parlement :

« L’usager de la SNCF qui, suite à un retard ou une annulation de train directement imputable à un mouvement de grève se voit retirer son emploi, pénalisé financièrement par son employeur, ou qui est dans l’impossibilité de se rendre à un entretien d’embauche, a la possibilité de saisir le tribunal compétent pour demander aux syndicats grévistes des dommages et intérêts. »

Et :

« Un rapport annuel sur le financement des syndicats est transmis chaque année au Parlement. »

Le député a également déposé d’autres amendements pour instaurer un réel service minimum dans les transports en commun. Ces amendements n’ont malheureusement aucune chance d’aboutir avec la majorité actuelle mais rencontreront sûrement un écho favorable auprès des Français exaspérés par des grèves qui s’éternisent sans motif clair. En effet, selon une étude Harris Interactive/Le Parisien, plus de 3/4 des Français condamnent un mouvement dont ils ne sont que 34% à dire comprendre les enjeux.

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