Le meilleur du pire de la semaine sur Twitter

Les « meilleurs » posts étatistes de la semaine sur Twitter.

Par Daniel Tourre.

Philippe Torreton

Cette semaine, le Molière 2014 du ridicule a très justement été attribué à Philippe Torreton  pour sa performance exceptionnelle dans « les damnés de la subvention. » Poing levé, ni trop haut, ni trop bas,  regard déterminé,  ce jeune gavroche presbyte, tout en fureur contenue, connait la pose.

Le soutien aux syndicats des intermittents du spectacle, au-delà de l’injustice criante consistant à forcer le smicard de Gandrange à cotiser pour le festival d’Avignon, illustre bien les ravages de l’intervention de l’État.

D’abord bien sûr en méprisant souverainement la liberté individuelle. Quelques personnes, politiques ou syndicats non-représentatifs, décident à la place de millions d’autres de leur assurance-chômage, de leur solidarité et de leur culture.

France Inter Twitter

Ensuite l’arbitrage d’État entraîne la guerre civile et légale de tous contre tous. La stratégie est de se constituer en groupe de pression et d’entamer un rapport de force pour obtenir des avantages au détriment de groupes moins organisés. Sous l’effet du clientélisme, la société est fragmentée, vindicative et défiante.

Des artistes sont convaincus que leur sort dépend de l’État, ce qui en fera de bons avocats ensuite pour que l’État intervienne ailleurs.

Et en baissant artificiellement le coût d’une assurance chômage, des artistes médiocres ou des faux artistes continuent une activité pour laquelle ils ne sont pas faits et limitent les opportunités pour des artistes meilleurs de vivre de leur art.

Tout ce temps et cette énergie perdus pour tenter d’obtenir des avantages politiques ou pour ne pas subir de désavantages sont autant de temps et d’énergie perdus pour créer ou… pour apprécier les créations des autres.

Ce ne sont donc ni les vrais artistes, ni les autres salariés qui sortent gagnant de cette perte de liberté. Les seuls qui en sortent gagnants sont la poignée de décideurs politiques ou syndicaux arbitrant pour tous les autres, avec les ressources de tous les autres.

Julliard Parisot Twitter

Les syndicats d’intermittents peuvent se consoler. En matière de fascination pour l’arbitraire politique ou technocratique, ils sont en bonne compagnie : des analystes boursiers et des banquiers, suspendus aux battements de cils d’un seul homme : Mario Draghi.

Draghi Twitter

Si un Comité Central de l’acier monopolistique tentait d’influencer les prix et la production de différentes qualités d’acier, le tout à partir d’études macro-économiques, d’indicateurs agrégés approximatifs et de modèles contradictoires, tout le petit monde de la finance ricanerait devant cette résurgence grotesque de la planification soviétique.

Par contre, avec la monnaie et le crédit, personne dans la longue cohorte de commentateurs bavards et d’experts de tous poils ne conteste l’existence d’une banque centrale.

Personne ne conteste l’existence d’une institution qui se substitue à un marché libre, affaiblissant ou détruisant le mécanisme des prix sur de nombreux marchés, actions, obligations, etc.

Draghi tie twitter

On peut commenter à juste titre la couleur de la cravate de Mario Draghi, elle a sans doute plus d’influence sur la cotation de certaines entreprises que leur bilan ou la qualité de leurs produits.

Chacun avec aplomb, du haut d’une montagne d’ignorance sur tous les facteurs micro-économiques et sur les millions de transactions qui devraient influer sur le prix d’une devise, a un avis sur ce que devrait être le taux d’intérêt, le cours d’une devise ou sur le crédit.

Le Nouvel  Economiste

Comme pour les intermittents, il y a des gagnants et des perdants dans cet arbitraire technocratique. Personne ne lève le poing  dans cette lutte feutrée, mais elle n’a rien de virtuelle, tout comme est bien réel le transfert arbitraire de ressources d’un groupe de personnes à un autre.

À bord de cette nef des fous, les politiques n’ont qu’un seul regret : ne pas être directement à la barre, même s’il leur arrive d’applaudir à la décision.

Jean Quatremer Twitter

Au milieu de ce bordel monétaire ambiant, certains apprentis sorciers, comme Pierre Larrouturou, de Nouvelle Donne, grand amateur de planification monétaire, citent en contre-exemple des pays ayant assez strictement suivi ses conseils monétaires. Comprenne qui pourra.

Larrouturou Twitter

Heureusement, il n’y a pas que la monnaie dans la vie, il y a aussi les médailles, plus inoffensives.

Médaille du redressement productif

La médaille du redressement productif est plus petite que les Molières. Mais elle est donnée par Montebourg en personne. Si ça, ça ne vous donne pas envie de redresser productivement le pays…