Vers la liberté, 1/5 : « L’intermédiation du pouvoir »

Le pouvoir repose historiquement sur des intermédiaires de plus en plus nombreux.

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Vers la liberté, 1/5 : « L’intermédiation du pouvoir »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 7 juin 2014
- A +

L’évolution des sociétés humaines revêt de multiples facettes. On peut s’intéresser, par exemple, à l’invention des libertés, et se demander si les libertés ont été d’abord confisquées avant d’être reconquises. Se demander, donc, si le pouvoir a un jour été inventé, ou s’il n’est que le reliquat d’une hiérarchie grégaire.

Car l’opposé de la liberté, c’est le pouvoir. Le pouvoir désigne l’appropriation des droits d’un individu par autrui ; le pouvoir que détient un individu sur un autre est l’ensemble des actions de cet autre que l’individu peut lui refuser d’entreprendre ou sur lesquelles il peut imposer des conditions.

On peut logiquement étudier l’histoire de la liberté en négatif, en s’intéressant à l’histoire du pouvoir. On remarquera alors que le pouvoir fait intervenir de plus en plus d’intermédiaires pour rendre la servitude plus volontaire en apparence.

Les esclaves d’Égypte et d’ailleurs étaient dirigés à la contrainte du fouet. L’usage direct de la force physique est contraignant, car il requiert des ressources importantes et ne peut avoir d’efficacité que pour les travaux physiques, peu rentables. Un percepteur passait régulièrement, ou irrégulièrement 1 accompagné de soldats pour collecter l’impôt.

Aujourd’hui, on envoie bien gentiment une déclaration d’impôts à l’État pour qu’il exige de nous la somme appropriée, notre juste contribution à l’effort national du moment. Personne ne nous presse à coups de fouet pour aller au travail et apporter ainsi une contribution plus importante à l’État.

Mais en cas d’écart, la police veille. Sur votre sécurité certes, mais aussi sur votre obéissance. On peut ne pas payer l’impôt ; on ne sera ni battu ni tué sur place, et à moins de faire soi-même usage de la violence, les huissiers se contenteront de se saisir des biens. Grand prince, l’État laisse une table, une chaise, une lampe et un couchage aux mauvais payeurs.

L’intermédiaire policier est efficace, car il assure également la sécurité. Le policier n’est pas en soi un ennemi à la solde du prince, il est un serviteur de l’État ; ce ne sont pas les élus dont on réprouve le comportement ou les décisions que l’on trouve en face de soi lors de manifestations. Le policier n’y est d’ailleurs souvent pour rien.

Mais un État se contentant de faire appliquer ses décisions par le bon vouloir des citoyens et la police quand le citoyen traîne la patte serait assez peu différent des pharaons d’Égypte. Les États modernes ont donc besoin de faire changer les comportements par la norme.

La suite samedi prochain.

  1. L’incertitude fiscale était, hier comme aujourd’hui, une conséquence directe de l’appétit des princes. L’accroissement de la fréquence de collecte n’existe plus, mais l’accroissement des assiettes et des taux demeure.
Voir les commentaires (16)

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Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • Début de démonstration convainquant … Dommage que l’article soit scindé hâte de lire la suite

  • Ou de se saisir d une saisie sur votre salaire( amende non payee de ma part) il y a environ 15a de cela j en ai fais la douloureuse experience!
    Serait il possible de saisie directement sur votre compte bancaire..j ai des craintes la.

  • « Car l’opposé de la liberté, c’est le pouvoir. »

    Tout à fait et c’est là que réside la force du libéralisme et en même temps son talon d’Achille. Convaincre toute une société, tout un pays, que la solution passe par un minimum d’Etat est le défi lancé par le libéralisme, une gageure, car qui veut relever le défi à part les libéraux ? néanmoins, ce serait regrettable que de baisser les bras, s’avouer vaincu. Il faut continuer chacun à sa manière et à son niveau, en espérant qu’un jour nous soyons assez nombreux pour constituer un parti libéral qui se fasse entendre et comprendre.

  • Cher Baptiste,

    Vous plaidez pour la Liberté, j’en cherche une autre que vous mais je crois qu’on peut se rejoindre…

    Sauf que je n’y crois plus… Je pourrais vous citer Paul Eluard et son ôde à la Liberté – un comble, un coco stalinien !!! – mais pour ce qui est de ce pays c’est plié… Amenez votre code du travail, je vous ramènerai un code civil et un code pénal… D’autres pourront se joindre à nous avec d’autres matraques à moustiques – urbanisme, agricole, pêche, chasse… J’oubliais les livres religieux de toutes sortes…

    La Liberté ? Une bonne excuse à la république pour contrer les royalistes, pas plus…

    En littéral, le néant abscons…

    Amicalement

    • « Sauf que je n’y crois plus… »

      On peut comprendre… c’est juste dommage… si tous ceux (connus et inconnus, morts ou vivants) qui ont passé (ou passent) leur vie à essayer de faire comprendre le bien-fondé de la liberté avaient démissionné découragés, nous serions probablement dans un obscurantisme forcené et le communisme aurait envahi la terre entière…

      « mais pour ce qui est de ce pays c’est plié… » c’est probable, mais le pays ne disparaîtra pas pour autant… cela dit, je doute que vous ayez baissé les bras, sinon que feriez-vous là…

      • Chère Nadège,

        Vous avez raison…

        Mais vous retrouver devant un procureur qui vous balance que vous risquez 10 ans de taule et des millions d’amende pour usage de stup, alors que je n’étais ni sous drogue ni un dealer, juste en route pour chez moi avec de quoi rouler quelques spliffs, je me rends compte de l’emprise sur notre vie privée qu’a l’état, même quand ce sont des Thatcher et Reagan pour qui j’ai beaucoup de sympathie mais qui sont TRES limités dans l’accès à la Liberté…

        Or la Liberté pour moi c’est l’Alpha et l’Oméga, la lutte finale, l’objectif ultime… « Le rebelle » de King Vidor un de mes amours, encore plus que les « sept samourais » ou autres…

        Baptiste je lis tout depuis ce magnifique article sur son grand-père, moi aussi je viens d’une vieille famille paysanne, et en le lisant j’avais l’impression de voir mon passé défiler… Je l’aimais bien avant Baptiste, depuis il est devenu quelqu’un pour qui je me battrais physiquement sans hésiter…

        Le lire c’est un des rares plaisirs de ma vie…

        Amicalement Nadège

        • « Or la Liberté pour moi c’est l’Alpha et l’Oméga, la lutte finale, l’objectif ultime… »

          « Je l’aimais bien avant Baptiste, depuis il est devenu quelqu’un pour qui je me battrais physiquement sans hésiter… »

          Vous confirmez mon impression : vous n’avez pas baissé les bras… dégoûté (avec raison) ça oui…

  • T’as utilisé 2 fois le mot : je pense que l’opposé de la liberté , c’est plutôt la sécurité que le pouvoir : le pouvoir amenant aussi des responsabilités et autres obligations.
    Un peu à l’image du conte enfantin « La chèvre de Monsieur Seguin » qui fait le choix d’une liberté dangereuse plutôt que d’être enfermée , soumise et de vivre en sécurité.

    PS (rien à voir) : plutôt étrange que je n’ai pas vu le moindre article sur la BNP , je l’ai raté ?

  • Cher Baptiste, vous postulez que : « l’opposé de la liberté, c’est le pouvoir» et vous auriez dû écrire : « l’opposé de la liberté c’est le pouvoir sans contrepartie ». Tout individu (citoyen) peut librement consentir de donner son temps, son argent, sa force, son bien, et parfois sa vie ; à la condition que son engagement lui garantisse (ou à ses proches) un bienfait à la hauteur de son action. Cette réciprocité est un contrat qui ne peut être honoré qu’à la condition expresse que la délégation de pouvoir puisse être retirée si les objectifs définis ne sont pas atteints. Autrement dit, lorsque l’on possède individuellement un contre-pouvoir la liberté n’est pas menacée. Le pouvoir peut s’exercer s’il est l’instrument de la liberté et non l’inverse.

  • Il n’y avait pas à proprement parler d’esclave en Egypte jusqu’à la conquête par les grecs, et les ouvriers qui ont construit les pyramides n’étaient pas mené au fouet.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Servitude_dans_l'%C3%89gypte_antique

  • « l’opposé de la liberté, c’est le pouvoir »
    J’aime beaucoup votre analyse. Elle est typique de la philosophie libérale.
    Mais j’aime encore plus les analyses d’Aristote et St Thomas d’Aquin.

  • Les rythmes des prélèvements aussi augmentent avec la multiplication des prélèvements à la source. Ce sera bientôt le tour de l’ensemble de l’IR (il y a déjà des prélèvements forfaitaires à la source).

  • Les commentaires sont fermés.

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