Le coût de la Sécurité Sociale est-il incompressible ?

Le pouvoir ne parvient pas à maitriser le déficit de la sécu. La politique de Mme Touraine est-elle un fiasco ?

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Le coût de la Sécurité Sociale est-il incompressible ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 juin 2014
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Par Thibault Doidy de Kerguelen

MEDECIN.2colquadriLe quotidien La Tribune titrait hier matin :  « Le déficit de la sécurité sociale diminuera moins que prévu en 2014″. Quel joli titre, n’est-ce pas, tout empreint de cette novlangue que continuent d’utiliser nos élites politiques et journalistiques sans se rendre compte qu’elle les coupe chaque jour un petit peu plus du monde réel et des citoyens. En français, langue encore officielle de notre beau pays, « le déficit diminuera moins que prévu » veut dire « le coût de la sécurité sociale augmentera encore cette année ».

Mesures après mesures, le déficit augmente

Ainsi, malgré l’augmentation constante des cotisations qui met en péril notre économie et génère des millions de chômeurs, malgré l’augmentation, tant des taux que des périmètres d’application des CSG et CRDS, malgré la diminution des prestations prises en charge, malgré l’obligation des génériques, malgré l’obligation du « parcours de soins », malgré le flicage des professionnels de santé, malgré les « plans d’économies » dans les hôpitaux, malgré les circulaires interdisant la prise en charge de certaines pathologies au-delà de 80 ans, malgré la mise à disposition à des cheiks arabes d’étages entiers d’hôpitaux publics, malgré la mise à l’index des opticiens, malgré les atteintes à la libre entreprise commises à l’encontre des complémentaires, le déficit de la sécurité sociale continue de s’accroître.

Il faut la vérité des comptes

Quand donc l’État, conformément à ses annonces « d’open-data », nous présentera-t-il des comptes détaillés du coût de la santé en France ? J’aimerais savoir, par exemple, quelles sommes sont prélevées sur les cotisations pour le fonctionnement de l’URSSAF. J’aimerais savoir, par exemple, combien coûte le fonctionnement administratif de la sécurité sociale, ventilé entre « gestion des prestations » et « autres activités ». J’aimerais savoir combien coûte la « gestion paritaire » de la sécurité sociale. J’aimerais savoir combien coûtent les campagnes de communication de la sécurité sociale. J’aimerais savoir combien ont coûté les remboursements de prestations stricto sensu.

Toutes ces informations, sur les dix dernières années, par exemple, permettraient de faire le ratio prestations/coût et de voir l’évolution de ces différents postes. Dès lors, apparaîtrait le plus naturellement du monde sur quels postes il y a lieu de travailler pour réduire le déficit de la sécurité sociale. Les dernières évaluations (en décortiquant les budgets et en faisant des croisements d’informations) m’avaient amené à estimer que les prestations et leur gestion directe représentaient moins de la moitié du coût global de fonctionnement.

Recentrer la sécu sur son rôle premier

La sécu a pour objet de mutualiser le risque santé de chaque citoyen français sur l’ensemble de la population afin de garantir un accès généralisé aux soins.

Dès lors, son rôle n’est pas de fliquer les professionnels de santé et de s’immiscer dans leur activité. Combien coûte la gestion des professionnels de santé ? Combien coûtent leur surveillance, les contrôles, les interdictions, les réglementations ? Est-ce du ressort de la sécu de donner des subventions aux professionnels de santé pour qu’ils s’installent à tel ou tel endroit ? Cette politique totalitaire n’a pour l’instant comme effet visible que la baisse de la qualité des soins (nombre de MG ne prescrivent plus un certain nombre d’examens de peur d’être pénalisés ou de devoir perdre du temps à répondre à une enquête de fonctionnaire parce que la proportion de ce type d’examen dépasse dans son cabinet la moyenne nationale… Nombre de professionnels de santé refusent des patients âgés parce que la sécu leur impose des quotas au-delà desquels ils doivent rendre des comptes pour justifier du dépassement de ce quota – et le découragement des jeunes médecins français (9% des diplômés choisissent maintenant le médecine libérale) entraîne une pénurie que la sécu tente de contrer par l’importation massive de médecins étrangers, plus dociles aux contraintes administratives, mais dont la maîtrise, souvent approximative, du français est souvent source d’incompréhensions.

Le rôle de la sécu est-il de mener des campagnes d’information ? Il y a confusion des genres. Nous avons en France pléthore d’institutions de santé qui, pour beaucoup, émargent déjà au budget de la sécu, et qui n’ont aucune efficacité réelle. On pourrait, pour un certain nombre d’entre elles imaginer aisément de les supprimer et pour d’autres leur confier la communication, soit sous la responsabilité du ministère, soit sous la responsabilité des régions. De plus, il apparaît que les campagnes de communication menées par les associations et fondations sont plus efficaces que les campagnes menées par la sécu. Les instances sus évoquées ne devraient-elles pas avoir un rôle de coordination de ces actions, déchargeant ainsi la sécu du coût des campagnes ?

Quelle est l’efficacité réelle de la « gestion paritaire » ? À part permettre à un certain nombre de syndicalistes (tant patronaux que salariés) de pantoufler en touchant de confortables indemnités et avantages de toutes sortes, donc de générer des coûts à tous les échelons (local, départemental, régional et national), cette organisation, qui partait à l’origine d’un bon sentiment mais que les organisations ont complètement pervertie, ne sert rigoureusement à rien.

De telles mesures auraient pour effet de « dégraisser le mammouth » sécurité sociale. Donc d’en diminuer le coût de fonctionnement, donc d’en diminuer le déficit et cela sans toucher aux prestations.

Réévaluer la pertinence de certaines prestations

Après, seulement après, un certain nombre de prestations seraient à réévaluer. En voici quelques exemples (ce n’est pas exhaustif et ces exemples n’ont pour but que d’illustrer le raisonnement qui doit prévaloir à la réévaluation des prestations). Est-il du rôle de l’État français de prendre en charge le coût de la santé de tous les étrangers se présentant sur le territoire, même en situation irrégulière ? Est-il du rôle de l’État de prendre en charge le coût de 220.000 avortements par an alors que cet acte n’est pas du domaine de la santé et résulte d’un choix personnel (exactement comme actuellement la sécu ne prend pas en charge la chirurgie esthétique, sauf dans des cas qui relèvent justement de la santé) ?

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de refus de soins, mais de dire que des domaines aujourd’hui pris en charge par la solidarité nationale ne relèvent pas de cette solidarité nationale. Dès lors, leur coût doit être pris en charge par d’autres instances. Assurances privées pour ceux qui peuvent en souscrire ou associations pour ceux qui sont contraints à faire appel à la charité. L’État, d’autant plus lorsqu’il est contraint de réduire son coût de fonctionnement, n’a pas vocation à gérer la charité.

La faillite du pouvoir politique

Dans ce domaine comme dans tous ceux qu’il touche, le pouvoir politique, en particulier socialiste car c’est lui qui tient aujourd’hui la quasi totalité des instances de décision de l’État, est en complète faillite car il refuse de revenir aux fondamentaux de la démocratie. Retraites : faillite. Logement : faillite. Éducation Nationale : faillite. Économie : faillite. Santé : faillite. Dans tous ces domaines, l’État croit résoudre les problèmes par encore plus de réglementations, encore plus de fonctionnaires, encore plus de restriction de libertés. Il croit pouvoir soigner le mal par le mal, malheureusement il n’y va pas à dose homéopathique.


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  • Tellement vrai mais tellement peu évoqué dans les médias traditionnels et subventionnés !

  • « sur quels postes il y a lieu de travailler pour réduire le déficit » : vaine demande car la SS est un des vecteurs de la collectivisation du pays. A ce titre, elle est intouchable.

    D’ailleurs, les nouvelles justifications de la collectivisation ne manquent pas dans l’imagination fertile des socialistes : transition énergétique, dépendance, inégalités… Tant qu’ils n’auront pas collectivisé au moins les 3/4 de l’économie, ils ne cesseront ni les déficits ni la hausse des dépenses.

  • La réforme Chirac/Raffarin de la Sécurité Sociale, a été un énorme fiasco.

    Lancée en 2004, elle devait permettre un retour à l’équilibre de la Sécurité Sociale fin 2007.

    Résultat : Le déficit de la Sécurité sociale a atteint 9,5 milliards d’euros en 2007 après 8,7 milliards en 2006.

  • LIbéral de Gauche (un drôle d’animal peu commun qui a pour principal prédateur… le socialiste de Gauche) je suis ravi de lire un article sur la Sécu qui n’appelle pas à sa suppression pur et simple mais à sa refonte en un système de santé publique viable et efficace.

    Je pense sincèrement que l’Etat assure aussi sa mission en protégeant le droit à la santé (ainsi qu’à l’éducation). Mais son action ne doit pas entraver l’initiative privé (on lira dans la presse de gauche, « le Marché »). Bien au contraire, les actions de l’Etat en matière de politique de Santé devrait encourager la responsabilisation des citoyens ainsi que respecter leurs choix en ce qui concerne leurs dépenses de santé.

    Malheureusement, nous sommes loin du compte…

    La « Sécu » est devenue une institution de l’idéologie socialiste en France. Ses défenseurs zélés ne défendent plus l’accès généralisé à des soins élémentaires mais une sorte d’émanation de l’égalitarisme en France. Ils se félicitent que riches et pauvres aient à se soigner dans les mêmes hôpitaux, ainsi les riches se font soigner comme des pauvres. Mieux encore, certains voudraient qu’ils payent plus et aient accès à moins.
    Ils dénoncent « une santé à deux vitesses ». Mais qu’importe pour moi, qu’il y ait deux, trois… vitesses. Ce qui m’importe, c’est que la « première », la publique, marche convenablement.

    Votre conclusion est éclairée. Il en est de la Santé comme il en est des Retraites, de l’Education, du Logement, de l’Economie (le Travail comme l’Entreprise). Ils n’agissent quasiment jamais DANS L’INTERET PUBLIC, cad de tout le peuple, sans exclusion ni discrimination.

    Il ne nous faut pas seulement réformer la Santé mais bien toute la Ve République !

    • Personnellement, je suis effectivement pour la suppression de la sécu, mais si les questions posées dans cet excellent article trouvaient une réponse, ce serait un énorme pas en avant. Une privatisation totale et le recours à la charité publique seraient le meilleur choix au niveau qualité et progrès technologique, bien entendu, mais la médiocrité bien gérée serait un indéniable progrès par rapport à ce que nous avons maintenant.

    • Le « droit à la santé » protégé par l’Etat, c’est l’aide à l’assurance santé financée par un impôt plafonné à 1% du PIB, soit 21 milliards actuellement.

  • est ce le rôle de l’état de prendre en charge la circonsision ? prestation remboursé à 100% , mis en place sous l’ère sarkozy.

  • Coucou les libéraux couilles molles,

    La sécu vous la voulez ? Vous ne remettez pas en cause son monopole ?
    Eh bah, chacun sa merde ! On vous la laisse !

    La team liberté de l’assurance vous fait des gros bisous et vous regarde vous faire spoiler votre salaire super brut !

    Kiss kiss

  • Déremboursement des avortements? Le déremboursement de cette prestation outre le retour à des pratiques dramatiques aurait des conséquences bien plus couteuses qu’on ne l’imagine qu’on pense simplement au coût de la prise en charge par l’Etat des enfants abandonnés et des soins d’urgence supportés pas la SS pour les suites d’avortement clandestin. C’est d’abord la politique familiale qui doit être ré envisagée.

  • Cet article oublie le principal. L’Assurance Maladie donne des carnets de chèque en blanc et sans provision bien sur aux médecins qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Dans leur pratique quotidienne ils ne cessent de recourir aux examens ou aux spécialistes ou à l’hospitalisation par manque cruel de connaissance ou de compétences. S’en suit souvent des cascades de coût entrainant des déficits.
    Que font les médecins Secu ? Sortent-ils de leurs bureaux ? Contrôlent-ils les abus des hospitaliers?

    • Ouais, c’est pas la sécu qu’il faut éliminer mais les médecins !
      Ils sont mauvais, incompétents, vénaux et sont bien entendu responsables du déficit de la sécu.
      Je me demande même si leur activité malsaine n’est pas aussi responsable de l’ensemble du déficit public !

  • les kinés et la sécu : le toubib vous prescrit 10 séances de kiné , on vous en facture 11 sur le papier ; pour quoi , ai je demandé à qui de droit ? parce que la 1er séance , que vous ne faites pas , est compté comme pour un bilan de ce que l’on va vous faire faire ; donc on vous compte 11 séances que la sécu et les mutuelles doivent rembourser…..et je ne parle pas de l’ame ( aide médicale aux étrangers ) qui a énormément augmenté en 2013 ;

  • Pourquoi pas initier de l’open-data je suis d’accord sur le principe. Mais réussir à glisser dans les actes à ne pas rembourser l’IVG c’est balaise.
    Parce que les IVG c’est forcément un acte de confort ?
    Tu as une leucémie tu es enceinte, tu fais quoi ? Tu as un cancer, il faut une radio ou une chimio et vlan tu tombes enceinte tu fais quoi ? Tu es violée et pas de chance … « A bah ma bonne dame avortez mais c’est pour votre pomme ». Au mieux : réseau black pour IVG (moins cher que l’hôpital public) ou situation à l’irlandaise ? Faut vraiment être un mec borné pour émettre l’hypothèse, non ?
    On va prendre ta posture : commences par ne pas rembourser (voire prendre en charge) : les fumeurs, les accros à l’alcool, les poudreurs de nez, les tox en tout genre (anti-dépresseurs tout ça), bah oui ces faiblesses là pourquoi seraient-elle prise en charges ET remboursées?. Les français camés aux médocs et autres substance : cela va vite alléger le budget du remboursement de soins. qu’ils se débrouillent avec leur mutuelle, ou pas.

    • @la passante, Vous pointez l’objet du débat…

      le principe de la sécu depuis la guerre, c’est chacun recoit les soins dont il a besoin ( bien sur défini par la technocratie) et chacun cotise selon ses moyens (enfin ceux qui ont la chance d’avoir un emploi)

      une logique comptable, appliquée dans une structure étatisée , conduira inévitablement à des mesures coercitives envers certains comportement ( de nouveau définis par la technocratie)

      La catho voudront rembourser l’ostie car bonne pour la guerison de l’ame et dérembourser les soins pour les malades du sida ( peché) les IVG , la péridurale ( tu enfanteras dans la douleur ma fille) etc….
      les gauchos donneront le meme médicament à tous le monde, par soucis d’égalitarisme… sans se soucier du cout… et encore moins de l’efficacité.
      etc…
      Une caricature ? cela viendra…

      Face à cela, il reste la responsabilisation des individus…

      C’est assez puant… car la vie est injuste… mais sur une base d’une assurance santé de base, couvrant les risques accidents, le prix de l’assurance pourrait varié suivant les choix individuels de vie….
      c’est carrement puant d’ailleurs…
      mais c’est aussi responsabilisant.

  • Compresser les dépenses de la SECU, c’est trés simple.
    Il suffit d’imputer les deficite sur le patrimoine de ceux qui la dirigent, de la CGT au MEDEF, et les solutions seront trés vite trouvées…

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