Le niveau de dépenses publiques change la nature du régime politique

Si 100% de la dépense est une dépense publique, nous sommes dans un régime collectiviste : l’économique transforme le politique. Qu’en est-il du cas français ?

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Dépenses publiques multipliées par 7 (Crédits : Sylvain Jutteau, tous droits réservés)

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Le niveau de dépenses publiques change la nature du régime politique

Publié le 6 juin 2014
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Par Sylvain Jutteau

La Cour des Comptes vient de rendre son rapport pour l’exécution du Budget de l’État 2013. La Cour des Comptes a une mission constitutionnelle d’assistance au Parlement et au Gouvernement (article 58 de la loi organique relative aux lois de finances –LOLF). Il ressort de ce rapport que la dépense de l’État en 2013 est de 455 milliards d’€. Cette dépense s’inscrit dans un total des dépenses publiques 2013 de 1208 milliards d’€ :

 (Crédits : Sylvain Jutteau, tous droits réservés)

Quel est le contexte économique de ces dépenses ? L’indicateur majeur de l’économie d’un pays, toujours contesté mais jamais remplacé, est le PIB. Le PIB est la production de valeur. Les dépenses pour consommer cette production de valeur prennent deux formes :

  1. Soit les dépenses sont immédiates,
  2. Soit les dépenses sont différées et stockées sous forme de capital ou de marchandises.

Le PIB est donc aussi le total des dépenses immédiates et différées, 2113 milliards d’€ pour l’année 2013. Dans ces dépenses, la part des dépenses publiques est 1208 milliards d’€ :

Dépenses publiques-privées 2013 (Crédits : Sylvain Jutteau, tous droits réservés)

Sous cet angle de vue, nous constatons que nous sommes dans une économie mixte à dominante collectiviste, amplifiée par l’emprise des 11.000 lois, 130.000 décrets, et du nombre incalculable de réglementations complémentaires. Au plan historique, comment en est-on arrivé là ?

La société féodale

En droit féodal, le roi pouvait engager des dépenses publiques pour trois cas limitatifs :

  • payer une rançon,
  • financer une guerre,
  • financer un mariage.

Ces dépenses étaient ponctuelles. Le roi devait financer sa propre administration avec ses ressources personnelles. Le roi ne pouvait lever l’impôt qu’après convocation des états généraux. C’était le fonctionnement d’une société traditionnelle, où les solidarités familiales, amicales, professionnelles, structuraient la société. L’idée d’« État » était inconnue. Il y avait un « pays ». L’organisation est alors dominée par une mise en commun volontaire au sein de réseaux de solidarité. Une « maison de retraite », par exemple, y était inconcevable. La charité est une vertu fondatrice de la société traditionnelle, et non un élan occasionnel du cœur.

Première rupture historique au XIVe siècle

Au XIVe siècle, les malheurs s’abattent sur la France. L’organisation traditionnelle est renversée. C’est l’époque de la peste noire et de l’Inquisition par voie de contrainte physique. Le temps sont marqués par la confusion de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel. Les Templiers sont brûlés, les juifs sont expulsés, la guerre de Cent Ans est déclarée. Dans ce contexte sombre et pour financer les guerres, Charles V crée l’impôt permanent, avec la gabelle et le fouage. L’obligation de convoquer les états généraux pour lever l’impôt est abolie le 2 novembre 1439 par Charles VII de France.

Deuxième rupture historique en 1789

La version dégradée de la monarchie née au XIVe siècle est de plus en plus détestée. À l’occasion d’une réunion des États Généraux pour prélever à nouveau des impôts, Paris se soulève en 1789. Et le roi est décapité le 21 janvier 1793. Cette deuxième rupture historique est aussi en lien étroit avec la guerre et la dépense publique induite. C’est la naissance de la République.

Troisième rupture historique lors de la Deuxième Guerre Mondiale

L’idéologie collectiviste émerge, et mène le Front Populaire au pouvoir en 1936. Les événements se précipitent avec la seconde Guerre mondiale. L’assemblée du Front Populaire donne les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, qui poursuit une politique collectiviste et vante la force de l’« État Français ». La Guerre stoppée en France se poursuit ailleurs dans des massacres de masse. Une troisième fois, la guerre marque une rupture historique. Dans l’opposition au régime de Vichy, le Conseil National de la Résistance pose des principes, qui sont aussi collectivistes et édictés sous l’influence des communistes présents dans ce Conseil. Le Front Populaire, Vichy, et De Gaulle ont un point d’accord : le collectivisme. À guerre de masse, organisation de masse.

Après la deuxième guerre mondiale, le mouvement lancé est irrésistible. Le Général de Gaulle donne des ministères aux communistes. À titre d’anecdote, les dépenses publiques sont multipliées par 78 en valeur non corrigée de l’inflation entre 1959 et 2013. Dans cette période, les dépenses sont multipliées par sept en déduisant l’inflation. Voici l’évolution des dépenses publiques en milliards d’€ 2013 :

Dépenses publiques multipliées par 7

Cette transformation économique est aussi une transformation de la société. Le prélèvement obligatoire et la répartition forcée l’emportent sur la charité. La contrainte normative imposée verticalement l’emporte sur le contrat qui est le lien horizontal entre individus.

La société du collectivisme est une société fragmentée et solipsiste : chacun est de plus en plus isolé face à des « personnes publiques » omnipotentes. Les phénomènes de la télévision et de l’internet accentuent encore cette fragmentation : on peut être à plusieurs dans un même lieu sans communiquer entre individus.

* * *

La rupture du XIVe siècle, le renversement sanglant de 1789, et les massacres de masse des années 1930-40, mènent par étapes de la société collective traditionnelle à la société collectiviste moderne. La répartition forcée est une manifestation de l’avidité des masses. Et l’avidité des masses fait écho à l’avidité des dirigeants politiques et économiques.

La baisse des dépenses publiques, tant de fois évoquée mais jamais réalisée, serait le corollaire du rétablissement d’une société traditionnelle structurée par la charité. En effet, la charité est se dessaisir au profit de l’autre. À l’inverse, le collectivisme est mû par l’envie de dessaisir celui qui a plus que soi. Le rétablissement d’un niveau de dépenses publiques à hauteur de 10% du PIB, comme avant la première Guerre Mondiale, implique le rétablissement d’une société vertueuse. C’est possible. Cela a existé. Cultivons l’espérance que nous verrons à nouveau ce temps.

Je laisse la conclusion à Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le Monde ».

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  • Louis XVI a été décapité par la Convention Nationale le 21 janvier 1793, et pas 1791, bon Dieu ><

    Et notons tout de même que la République n'a même pas duré 10 ans à proprement parler, rapidement supplantée par le Consulat, l'Empire puis la monarchie restaurée.

    • Honte sur moi concernant la date de décapitation de Louis XVI. Bien sûr, c’est 1793. Merci pour la rectification. Pourtant, j’avais été à la messe commémorative du bicentenaire dans la chapelle expiatoire… Un moment fabuleux !…

      Concernant la République et sa durée, mon raccourci est volontaire, car les changements de régime se sont succédé au plan constitutionnel, l’idée directrice étant d’affirmer l’inflexion historique à partir de 1789.

      Merci pour votre vigilance, qui montre le niveau du lectorat de Contrepoints.

      • Et, par ailleurs, je suis navré pour la rudesse apparente de mon commentaire, il ne comprend aucune attaque envers vous ! De plus, le billet est bon, et je vous remercie pour vos contributions sur Contrepoints !

        Bonne continuation 🙂

        • @ Serpico

          Ce qui est juste est loin d’être rude, et je vois que vous ne vous départissez pas de la courtoisie.

          Du fond du coeur, merci pour vos encouragements.

  • Allez y franchement, évitez le conditionnel comme ici :  » le collectivisme est mû par l’envie de dessaisir celui qui a plus que soi ». Le collectivisme c’est le dessaisissement de la richesse, toujours de façon arbitraire et par la contrainte.

    • @ Salamanque

      Oui, il aurait été plus complet d’écrire « L’instauration du collectivisme est mûe par l’envie de dessaisir celui qui a plus que soi ».

      Le raccourci est volontaire pour fluidifier le texte.

      Vous aurez, en tout état de cause, compris le sens.

      Cordialement.

      • Bjr Sylvain Juteau.
        Je me suis autorisé, comme aurait dit Michel Colucci, un coup de stabylo à un endroit de votre texte que je partage en tous points, vous êtes tenu par la rédaction et le sens de la retenue, j’ai personnellement autant de retenue que d’illusions en notre système, c’est dire…
        Le meilleur à vous dans vos entreprises.

  • 57% de la richesse est publique, donc provient de prélèvements obligatoires. Chaque Français paye 57%. Mais c’est une moyenne. A l’évidence certains payent moins (exonérations…). Donc certains payent plus. Les petits artisans et commerçants sont plutôt à 66%, mais ça peut déraper très vite à 75% voire plus en cas de dysfonctionnement des administrations. On en vient à des cas dramatiques où on dépasse les 100% et où l’administration force à vendre ses biens pour payer les impôts et cotisations. Je suis dans ce cas.

    • Très juste !
      On marche sur la tête.
      Il ne reste plus qu’à se la creuser pour aller entreprendre ailleurs !
      Je vous garanti que je m’y colle … pas simple avec femme (qui travaille) et enfants.

      Bon courage

  • Clair, étayé, convainquant.

    Contrepoints tient sa promesse : le nivellement par le haut.

    Merci.

  • Mon dieu, il y a même ma citation préférée de Gandhi ne conclusion ! Merci, M. Jutteau, votre article frôle la perfection.

  • Et je rajoute que la dépense publique ne vaut pas la dépense privée en terme de valeur, vu l’incapacité de l’administration de distinguer la dépense utile du gaspillage à cause de l’absence du calcul économique. Celle-ci est décidée politiquement et non économiquement et actuellement, ne fait que suivre la doctrine qui veut que ce qui fait fonctionner l’économie, c’est que l’argent tourne, chose qui arrange les politiciens, convaincus qu’ils gaspillent pour le bien de la nation.
    En plus, l’argent des dépenses publiques n’est pas un chiffre d’affaire – ce dernier étant déterminé par la qualité d’un service en contrepartie d’une rémunération, de la capacité à satisfaire un marché -, mais un butin fiscal à répartir… Comme si un voleur pouvait avoir la même conception de la valeur de l’argent qu’un honnête homme…

    • Tout à fait ! Les collectivistes confondent les charges (l’Etat obèse est une charge) avec la création de valeur. Comme vous le dites fort justement, cela dénote une mentalité de truands incapables de comprendre le malheur qu’ils répandent dans la population.

    • Si la société était figé, la production, la population et les besoins constants, alors le fait de faire tourner l’argent serait peut-être suffisant pour faire tourner l’économie. le keynésianisme ou la plannification économique auraient peut-être une chance de fonctionner.

      Mais rien n’est figé. La population augmente, la productivité augmente. La croissance est un phénomène naturelle induit par l’augmentation de la population et de la productivité. Cela implique une adaptation constante de l’économie pour augmenter la consommation (en qualité ou en quantité), faute de quoi on laisse forcément sur le carreau une partie croissante de la population devenue redondante (les anglicistes comprendront).

      Si la croissance est bloquée et le chomage augmente, c’est que quelque chose empêche l’économie de s’adapter : le « besoin » de l’humanité n’a pas de limite et peut absorber l’offre sans problème. Ce n’est pas injecter de l’argent dans un système grippé qui peut résoudre le problème. C’est comme verser plus d’eau dans un évier bouché. Il faut analyser les causes du blocage. Comment a-t’on bloqué le système par des utopies anti-croissance, anti-enrichissement, anti-commerce, anti-travail, anti-restructuration ? L’immobilisme n’est pas une option car on ne peut bloquer l’augmentation de population et de productivité. C’est la que se trouve l’erreur.

  • Soyons réaliste, c’est foutu. Le mouvement est général, ce qui traduit le fait qu’il est lié à des causes techniques, et qu’il faudrait une révolution technique improbable qui renverse la tendance millénaire vers plus centralisation et de verticalité. Alors que tout ce qu’on voit de nouveau renforce la dépendance, la verticalité…

    Ce qui ne veut pas dire que la lutte est inutile, simplement qu’elle est perdue d’avance.

    • @ « P »

      Compte tenu de votre remarque, je prends l’initiative de vous proposer une lecture, dense et édifiante :

      « La crise du monde moderne » René Guénon.

      Bien à vous.

  • Article splendide. J’ai une petite histoire modeste, mais vraie, en illustration. Il y a pas mal d’annees, alors que nous demenagions, mon grand-pere trouva cache dans un coin du grenier un petit carnet que mon arriere-grand-pere avait tenu en cachette, sans jamais en parler a personne. Sur ce petit carnet il inscrivait les sommes qu’il pretait sans interets a des gens qui voulaient fonder un petit commerce ou s’installer comme artisan. La seule raison pour laquelle nous pumes comprendre le fin mot de l’histoire c’est que mon grand-pere se rememora, au deces de son pere, que le menuisier du village, qui etait un de ses amis, avait refuse que mon grand-pere lui payat le cout du cercueil, en remerciement d’un pret qui lui fut accorde. Le prenom de ce gentil menuisier figurait sur la liste.

    Mon arriere grand-pere faisait le bien sans rien dire a personne. Aujourd’hui des armees d’hypocrites font l’inverse et se gargarisent de leur bonte.

    Les hyenes et les chacals…

    • @ phil

      Vous écrivez « article splendide ».

      Je vous réponds : votre histoire est splendide.

      Je vous envoie mes bonnes pensées.

      • Merci, M. Jutteau.

      • Mon arriere-grand-pere pretait a ses amis, ou les enfants de ses amis. Le parti socialiste, chaque fois qu’il est au pouvoir, se fabrique une clientele a grand coup de subventions. Les syndicats, et leur capacite de nuisance, sont la comme les gardiens de la revolution permanente.

        Pendant longtemps j’ai pense que la courbe etait irreversible. Je n’en suis plus si sur. Peut-etre faut-il seulement que nous soyons patients. Il nous faut attendre que la source se tarisse. La source qui les fait fonctionner. Argent et clientele aquise. Je ne suis pas certain que cela ait deja commence mais de plus en plus de gens se rendent bien compte que le systeme est en faillite. Ou au moins sous perfusion. Les jeunes, comme toujours, seront le catalyste de ce changement s’il y en a un. Certains, beaucoup, deja, depuis une bonne decennie, partent a l’etranger. Mais ce n’est peut-etre pas la l’element le plus parlant. Il serait interessant d’etudier l’evolution statistique du nombres de jeunes issus du 3eme et 4eme cycle qui declarent souhaiter une carriere dans le secteur publique, a traduire par : « le secteur public va se casser la gueule donc j’ai tout interet a penser faire autre chose ». J’ignore totalement si le parametre est disponible mais il se pourrait qu’il y ait la quelque chose d’utile…

    • Bien sûr, c’est tellement évident. C’est l’illustration que je préfère : imaginez que vous êtes malade, et que vous n’avez pas d’argent pour vous soigner. Vous avez deux choix, et uniquement deux : solliciter la bonté de votre voisin (la solution libérale), ou lui mettre un pistolet sur la tempe (la solution socialiste).
      Le socialisme et la bienveillance sont mutuellement exclusifs.

  • Il est trop tard pour que la France soit à la fois libérale et prospère.

    Libérale :
    – tout dans l’attitude des politiques UMPS indique qu’une sorte de seuil de moralié a été franchi depuis une dizaine d’année. ils se comportent comme la nomenklatura de l’URSS car ils ont conscience que le bipartisme et le clientélisme entretiendront leur situation tant que le pays n’est pas en banqueroute. ils ont également conscience que le discours de la réforme est nuisible à la réélection, les électeurs veulent que LES AUTRES soient réformés, mais surtout pas eux.

    – la majorité de la population (la totalité?) veut que le « système social » perdure, quand bien même il est condamné. le mécanisme mental est simple : individuellement, on peut convaincre les individus que le système n’est que du rêve acheté à crédit, mais dans l’urne, l’individu se dit que « les autres » s’en foutent et voteront pour pérenniser leur situation personnelle, donc dans l’urne il choisit le vote de sécurité : UMPS.

    – les médias, la télévision, les associations… tous les relais idéologique sont tenus d’une main de fer par le collectivisme économique, la détestation de l’homme blanc (oppresseur, raciste, misogyne), et la haine de la liberté (d’opinion, de contrat, de la fiscalité)

    – on encourage les immigrés/minorités à haïr le « Français » (c’est à dire le blanc avec un nom français), la France n’est, de fait, plus considérée comme un pays avec une histoire mais un territoire économique livré à l’immaturité des nouveaux arrivants qui veulent se servir abondamment par « revanche » sur le français, et des vieux collectivismes (fonction public, entreprises publiques, profiteurs des aides sociales…), le tout sur le dos des classes moyennes a qui on vole et l’argent et le cadre de vie.

    Prospère :
    – le collectivisme a détruit les industries françaises. nous avons tout perdu.
    – contrairement à 1945, nous n’avons plus une « avance » sur l’asie et l’afrique. les politiques font perdurer le rêve grace à la richesse et la légitimité historique de la France accumulée par le passé
    – endettés jusqu’au cou pour financer les délires collectivistes de nos dirigeants, le jour de la banqueroute approche et va dévaster la France dans des proportions encore plus importantes que la récession des années 30, car il n’y aura aucun espoir de « reprise ».
    – la délinquance augmente chaque jour du fait des populations qu’il est interdit d’incriminer mais dont tout le monde peut constater l’inutilité

    Au final, les libéraux-libertaires et collectivistes qui nous gouvernent depuis les années 70 auront réussi certes a détruire cette France conservatrice et catholique qu’ils détestaient tant, mais cette destruction qui ne devait être que culturelle devient économique, morale, et politique.

    Ce pays est foutu, pour paraphraser quelqu’un.

    • J’ai rarement lu un commentaire reprenant avec autant de justesse une grande partie de mes propres pensées…

      J’en aurai ajouté d’autres, mais je me contenterai de vous dire merci !

    • Mince, on a des « libéraux-libertaires » qui nous gouvernent depuis les années 70 ? Il doivent être bien cachés, alors, et avoir les mains liées…

    • @ Libéralol

      Je crois que vos constats sont justes. Tous.

      Ensuite, face à une situation, l’attitude mentale est un choix.

      Si votre attitude mentale vous conduit à vous tourner vers l’ombre, vous voyez la part d’ombre, et vous faites des constats en effet justes mais partiels.

      Si votre attitude mentale vous conduit vers la part de lumière, vous vous mettez vous-même dans un processus d’action constructive.

      Puis-je avoir l’audace de vous inviter à lire la dernière phrase du texte ?

      Je vous transmets une graine d’espérance, et rêve que vous la laissiez pousser dans votre cœur.

  • Bonjour a tous.
    La qualite de l’article et de ses commentaires sont exemplaires. Je me permettrai juste quelques commentaires, en esperant qu’ils puissent faire rebondir la discussion. La guerre de 39-45 n’a pas juste intronise les communistes en France, elle a aussi donne les clefs de l’economie mondial aux USA. Cela a abouti en 1974 a la disparition de l’or dans le commerce mondial. C’etait le dernier garde-fou des economies inflationnistes. L’inflation est un outil bien plus pervers que l’impot car elle ne dit pas ce qu’elle fait. Depuis lors la destruction de valeur et la redistribution par inflation est probablement la plus importante de tous les temps. Nous sommes dans le stade terminal de cette extortion de masse. Le probleme est que lorsque le dollar et l’euro s’effondreront, et que les emeutes et les destructions de magasins apparaitront, de nouveau les citoyens se tourneront vers le gouvernement, premier instigateur du chaos. Ma seconde remarque concerne la presentation macroeconomique de la depense publique, qui masque la realite de la redistribution. Il y a des beneficiaires nets et des contributeurs nets d’impots. Des parasites et des corps sains. Cette discussion n’est jamais menee dans les debats publiques du fait des objectifs electoraux. Plus important que la disparition de la solidarite, le collectivisme et le parasitisme ont detruit le lien social. La france, l’identite nationale, sont des constructions fictives, des outils de propagande. Le francais n’etait pas la langue de vos arriere-grand parents. Il faut abandonner cette chimere d’un destin commun. La guerre et la peur ont toujours ete le ciment de la nation. Face a l’ennemi et au peril mortel, tout le monde derriere le chef. Il n’y a pas d’issue pour la France car c’est un concept vicie. Il n’y aura pas de reforme avant le chaos. La seule voie de sortie pratique et juste c’est la secession. Elle seule permettra la reformation de communautes spontanees sur la base d’affinites electives et d’eviter le naufrage collectif. La seule bataille politique valide aujourd’hui est une bataille juridique visant au droit de se separer. L’expatriation peut etre une etape intermediaire. Sans corps sain, les parasites ne survivent pas.

  • Je ne comprends pas vraiment le système féodal.
    Pas d’état ? Le Roi n’était pas à la tête d’un état ?
    Les seigneurs n’était pas une forme d’état dans le pays ?

    • L’emploi du mot « Etat » est récent à l’échelle de l’Histoire. Ce mot est forgé sous son acception française par l’angevin Jean Bodin, au XVI° siècle. Son ouvrage majeur sur ce sujet, « Les six livres de la République », date de 1576 (le mot « République » est une référence à la République au sens de Platon, et non au sens contemporain).

      D’ailleurs, le mot Etat ne prend sa place officiel qu’à la fin du XVII° sièle dans la langue française, en entrant dans le premier dictionnaire de l’Académie Française en 1696.

      Quand au système féodal, le Roi était à la tête d’une administration composée de quelques conseillers, et s’adressait à des personnes privées, dans les cas où il y avait des impôts (les fermiers généraux). Et lorsqu’une guerre éclatait, il devait trouver l’appui des seigneurs, et recruter provisoirement des mercenaires. Ce qui reste comme image du système féodal ce sont les horreurs du XIV° siècle et la monarchie héréditaire, et non la culture des vertus de la chevalerie et la monarchie élective (les rois capétiens étaient élus, et ne se contentaient par de « naître »).

      Imaginez un village où le maire est élu par tous les habitants et a fonction de rendre la justice en cas de litige, et de rassembler les forces en cas d’attaque. Point de grosse armée permanente, et point d’administration fiscale et d’impôt permanent. Le principal défaut est alors un système de voirie et réseaux divers très médiocre. Les éléments difficiles à vendre, comme l’usage d’une rue, risquent de passer à la trappe.

      En France, ce sujet de la voirie et des réseaux divers a été résolu par exemple au XIX° siècle concernant les chemins de fer par des concessions publiques à des sociétés privées, système maintenu jusqu’à 1937. Vous savez, cette époque où les trains arrivaient à l’heure…

      Enfin, l’Etat recouvre deux notions, déjà présentes d’ailleurs en 1696 dans le dictionnaire de l’Académie Francaise :

      – l’ensemble des pouvoirs publics de niveau national.
      – l’entité administrative qualifiable de « personne publique »

      C’est cette deuxième notion qui est contemporaine. On peut dire en effet que la première notion recouvre une réalité existant même avant l’invasion romaine.

      Cordialement.

  • Voici la source des données pour la série longue des dépenses publiques :

    http://www.insee.fr/fr/themes/comptes-nationaux/tableau.asp?sous_theme=3.2&xml=t_3201

    Pour retenir le crière d’une évolution par habitant, il faut minorer d’un facteur de 1,5 car la population a augmenté de 50%.

    Sur la période, les dépenses publiques par habitant ont évolué de (7X100) / 1,5 = 467.

    Les dépenses publiques ont progressé de 467% par habitant en € constants pendant la V° République, de 1958 à ce jour.

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