Loi Taubira de contrainte pénarde

Loi Taubira (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Le regard de René Le Honzec.

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Mme Taubira est une idéologue, qui poursuit méthodiquement la destruction de la Justice française « bourgeoise » pour lui substituer une justice taubirienne, amalgame de gauchisme-trotskysme, de rapports de psychanalyse de bazar, de revanche d’esclavage atlantique fantasmé et d’analyses post-soixante-huitardes de lutte des classes. La gauche française est pleine de nostalgiques du grand soir et en est toujours aux pauvres victimes de la Société et de leurs enfance et des méchants bourgeois qui les persécutent.

Plus prosaïquement, Taubira veut vraiment vider les prisons, même si le faire remarquer fait devenir Valls tout rouge à l’Assemblée (je ne suis pas sûr qu’il ne pète pas une durite lors d’une de ces crises d’autorité qui se multiplient) ; en arrivant elle a aussitôt supprimé la construction de 24000  places de prisons nouvelles prévue par l’UMP (je ne dis pas qu’ils les auraient réellement construites….!). Il est inutile de discuter du bien-fondé de cette proposition de loi (Hollande va encore botter en touche) qui n’est qu’un délire politique.

Taubira a 20 ans et plus de retard sur les expériences anglo-saxonnes : la Grande-Bretagne possède 98000 places ; les États-Unis ont systématiquement poursuivi et acculé le Crime avec le principe « tolérance zéro ». New-York ne se souvient pas avoir connu un taux si bas de délinquance. En France, Bauer a dénoncé en commission l’inadaptation de la Police à ses tâches supposées : les viols, crimes et délits sont commis en majorité la nuit, quand les forces de l’ordre sont majoritairement au lit. Les répartitions territoriales sont à revoir : il faut que l’Ordre soit présent quand le Désordre se pointe, partout et à toute heure. Kauffer a très bien décrit les phénomènes et les évolutions du crime organisé de Paris à Pékin, où il est sollicité. Il y a en moyenne 5% de délinquants multirécidivistes dangereux, utilisateurs d’armes. Ce sont ceux-là que l’on doit enfermer- et garder sous clés ?

Les États-Unis ont essayé les premiers dans les années soixante et soixante les idées et méthodes de Taubira ; ils sont revenus dès les années 80 à la sanction de façon très pragmatique, « Tolérance zéro », devant l’échec du « Cool ! » Il est vrai qu’ils ont la première population carcérale, et aussi qu’ils ont une certaine sécurité. Entre les sanglots zolaïens et taubiriens « délinquants victimes de la société », je choisis les sanglots des victimes des délinquants.