Un Suisse dit Non au FN

Caricature Yannick Noah (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

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L’ineffable vedette Franco-camerouno-américano-suisse Noah, enfant chéri de la France boboïsée s’est déclaré insulté par la victoire du Front National. Tout le monde se souviendra du patriotisme fiscal du millionnaire du tennis et du show-bizz qui avait cru bon s’exiler en Suisse pour y ouvrir des comptes à la Cahuzac de 1988 à 1993, qui lui ont valu un redressement fiscal de 1 million d’euros (uniquement pour 93, pour cause de prescription…) ramené à 580.000, mais confirmé par la cour à cet honnête citoyen qui conteste depuis 15 ans, et n’a toujours pas payé, à ma connaissance.

Pour ceux qui essayent désespérément d’expliquer le raz-de-marée des européennes, on a là un parfait exemple de ces foutages de gueules qui ont tant exaspéré les électeurs depuis des décennies d’avanies arrogantes, de méprisantes considérations sur le racisme des prolétaires par les bobos des villes qui détiennent les médias subventionnés, du politiquement correct asséné par les téléfilms de commande et de complaisance. Non, bien évidemment, le FN n’est pas un parti fasciste, ni de près, ni de loin : son programme économique idiot mais qui a le mérite de la cohérence est proche de celui d’un Mélenchon. Oui, le FN a toujours fait recette en dénonçant un problème d’immigration qui embarrasse ces mêmes élites, succès confirmé ce dimanche par le vote majoritaire chez les 18-34 ans, les ouvriers, les employés, les pauvres. Comme le résumait Zemmour : « Même programme que Mélanchon, l’immigration en plus : cherchez la différence ». Non, le FN n’est pas fasciste : il n’a jamais remis en cause la République ni la Démocratie (à la différence d’organisations d’extrême-gauche) ; il n’a pas de milices, de bandes armées. Il ne présente aucun danger, d’autant qu’il ne possède pas d’élus, pas de bases locales comme celles que détiennent les autres partis bien installés (PC, PS, UMP, UDI), machines à fric et à influence.

Enfin, le problème du FN, si problème il y a, ne vient pas de lui, mais des incompétences des partis institutionnels, qui ont installé des décennies d’erreurs politiques, économiques et sociétales. Et avec les pantalonnades de l’UMP qui nourrissent le « tous pourris » et les invraisemblances socialistes, le FN a de beaux jours devant lui. Et aucun espoir pour les présidentielles, avec la même configuration prévisible qu’en 2002.