Gaz de schiste : le Royaume-Uni encourage la fracturation hydraulique

Le Royaume-Uni cherche à stimuler la fracturation hydraulique avec de nouvelles règles d’accès aux sols.

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Gaz de schiste : le Royaume-Uni encourage la fracturation hydraulique

Publié le 27 mai 2014
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Le gouvernement britannique a proposé de nouvelles règles concernant les droits d’accès au sol dans le but d’accélérer l’introduction de la fracturation hydraulique. Il propose que les compagnies en quête de gaz et pétrole de schiste aient un accès au sol en dessous de 300 mètres de la surface. Il suggère également que les entreprises paient 24 600 € par puits à ceux qui vivent au-dessus.

La proposition vient d’un nouveau rapport publié par le British Geological Survey (BGS) qui estime que les roches de schiste dans le sud de l’Angleterre contiennent 4,4 milliards de barils de pétrole. Le BGS estime qu’il y a entre 2,2 milliards et 8,6 milliards de barils de pétrole de schiste dans le bassin de Weald – qui couvre des domaines tels que le Sussex, l’Hampshire, le Surrey et le Kent – mais affirme qu’il n’y a « aucune ressource importante en gaz ».

Ces chiffres représentent la quantité totale de pétrole dans les roches, dont une partie seulement peut être récupérée. « On ne sait pas quel est le pourcentage de pétrole présent dans le schiste qui pourrait être commercialement extrait » a déclaré l’enquête.

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« Des opportunités »

En annonçant les propositions du gouvernement, le ministre de l’Énergie Michael Fallon a déclaré : « la Grande-Bretagne a besoin de plus d’énergie interne ».

Le développement du schiste créera des emplois et des opportunités commerciales.

Nous sommes impatients de voir l’exploration du schiste et de la géothermie aller de l’avant, tout en protégeant les résidents par la mise en place d’une réglementation solide.

Ces propositions permettront le développement du schiste et de la géothermie tout en offrant une approche équitable pour les communautés, en échange de l’accès souterrain à des profondeurs si grandes qu’il n’y aura pas d’impact négatif pour les propriétaires.

Les nouvelles propositions ne touchent pas au système existant pour obtenir des droits d’accès à la propriété en surface. Le gouvernement a également proposé un nouveau système informatif pour que les collectivités locales soient bien au courant de toute évolution du schiste dans leur région. Un paiement supplémentaire de 24 600 € au-dessus des 123 000 € par site déjà annoncés est spécialement prévu pour ceux qui vivent au-dessus des tuyauteries horizontales sous terre. Les Sociétés d’exploration des schistes se sont déjà engagées à donner 1% du chiffre d’affaires de tous les puits productifs aux communautés locales.

Mais le gouvernement n’est pas allé assez loin dans ses propositions visant à compenser les résidents locaux, selon Sir Merrick Cockell, président de l’Association des collectivités locales. « Compte tenu des allégements fiscaux importants proposés pour faire avancer le développement du gaz de schiste et les rendements probables, les paiements aux communautés devraient être plus conformes à ceux du reste du monde et être fixés entre 5% et 10% du chiffre d’affaires » dit-il.

Fracturation

John Moylan de la BBC dit que les estimations du rapport pourraient avoir des implications sur la sécurité énergétique à long terme de la Grande-Bretagne et être le démarrage de la fracturation pétrolière dans la région. Mais il a aussi déclaré que le rapport suggère que les roches de schiste peuvent contenir moins de pétrole que des formations similaires aux États-Unis, où la fracturation s’est avérée être un énorme succès dans la récupération pétrolière, en particulier pour le gaz. La fracturation pourrait aussi être plus difficile.

Le Prof. Robert Gatliff de la BGS a dit dans une conférence d’informations que la région sud-est de l’Angleterre, le Weald, pourrait s’avérer un « enjeu difficile» pour l’industrie de la fracturation hydraulique. Andrew Aplin, professeur spécialiste du pétrole non conventionnel à l’Université de Durham, a également soulevé des questions sur la quantité de pétrole pouvant être extraite : « Étant donné que ni la roche ni le pétrole sont de qualité optimale dans le Weald, nous pourrions estimer que 1% de la ressource pétrolière du Weald pourrait être recouvrable. Ceci équivaudrait à 0,05 milliards de barils, ce qui est de la consommation de près de deux mois du Royaume-Uni. » À titre de comparaison, 45 milliards de barils de pétrole équivalent ont été extraits de la mer du Nord au cours des 40 dernières années. L’année dernière, une étude BGS du nord de l’Angleterre a suggéré qu’il pourrait y avoir jusqu’à 1300 milliards de pieds-cubes de gaz dans les roches de schiste.

La technique de fracturation qui consiste à injecter à haute pression de l’eau, du sable et des produits chimiques dans la roche, a suscité des manifestations d’écologistes. Certains gouvernements ont interdit cette technique. Les critiques soutiennent que la fracturation hydraulique contamine les réserves d’eau et peut provoquer des tremblements de terre. Il y a eu de vives protestations anti-fracking à Balcombe, West Sussex, contre des essais de forage. Cependant, un rapport du gouvernement britannique publié en juin 2012 a conclu que la fracturation était sûre avec un suivi adéquat.

Politiquement sensible

Le Premier ministre David Cameron a insisté en disant que la fracturation sera « bonne pour notre pays » et a accusé certains de l’opposition d’un « manque de compréhension » de cette technologie.

Andrew Austin, le directeur général de l’entreprise d’énergie onshore IGAS, a dit savoir depuis longtemps que le Sud de l’Angleterre avait des vastes ressources. Il a déclaré à la BBC : « Nous savions qu’il y a un grand potentiel pour des explorations de pétrole et de gaz à travers le pays, mais particulièrement en pétrole dans le Bassin de Weald. Il y a eu une longue histoire d’exploration du pétrole et du gaz dans ce secteur. Notre société produit du pétrole et du gaz sur près de 20 sites à travers la région. À ce jour près de 40 millions de barils ont été récupérés à partir de ce domaine. »

Aux États-Unis, la fracturation pour le pétrole et le gaz a créé un boom de l’énergie qui conduit à penser que le pays pourrait dépasser l’Arabie saoudite en tant que plus grand producteur au monde d’ici 2020, ou même avant. Le résultat est que les prix du gaz aux États-Unis ont fortement chuté, et que d’autres pays espèrent maintenant que le pétrole et le gaz de schiste pourraient également conduire chez eux, à une baisse des prix l’énergie.

Source : BBC.

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  • Et si au lieu de plus de réglementations, on utiliser juste le droit de propriété et le contrat libre entre propriétaires et compagnies de gaz?

    • Très bonne idée pour un monde de bisounours !

      • Il est vrai que les hommes politique sont bien plus informés et compétent pour connaitre la valeur des ressources énergétiques que les industriels et les consommateurs. Pour vous il ne s’agit pas de Bisounours mais de Superman. Si vous croyez encore au Père Noël, à votre âge … ou aux politiciens dotés de super pouvoirs et en plus compétents ce qui est sensiblement identique.

      • Bonjour citoyen
        Quelques arguments seront le bienvenue. 🙂

  • Qui saît réellement si cette technologie utilisée par mon voisin ne provoquera pas des dommages à long terme sur ma propriété privée et impossible à rembourser par les assurances? Et ne me dites pas que la technologie est appuyée par des études et blabla… À la rigueur… il n’existe même pas de preuve scientifique que les preuves scientifiques existent.

    S’il est immoral de limiter la liberté des uns tant qu’ils n’agressent pas les autres, alors quels risques peut-on laisser les uns libres de prendre sur le dos des autres? Pourrait-on empêcher le voisin de tenir une activité commerciale qui à priori n’agresse personne, mais qui impose un risque imprédictible aux autres? Pourrait-on empêcher le voisin de louer sa cave pour y stocker une quentité suffisamment grande de dynamite qui puisse pulvériser le paté de maison?

    • @RL
      Ne soyez pas ridicule, une interdiction ne se justifie que s’il y a « un risque-raisonnable » et non s’il y a « un risque », que si le risque est tellement grand que les inconvénients l’emportent sur les avantages…

      S’il suffisait d’interdire dès qu’il y a un risque, on interdirait tout (aux voitures de rouler, au voisin d’allumer sa cheminée ou sa gazinière, aux compagnies aériennes de faire voler les avions, aux pharmacies de vendre des médicaments…). C’est le degré zéro du raisonnement !

      « Pas de preuve scientifique » dites-vous ? Alors, les centaines de milliers de puits de fracturation hydrauliques forés depuis 10 ans sans que les antis puissent trouver un SEUL cas de contamination, c’est quoi, une invention martienne ?
      Et vous, avez-vous des preuves qu’il n’y a pas de preuve ?

      • Vous pourriez visiter des milliers de mines d’amiante en 10 ans et ne rien comprendre du risque que vous courez. Je parle d’effets à long terme.

        Les risques immobiliers et routiers sont couverts par les assurances normales. Le marché s’est développé sur l’expérience. Il n’y a pas d’assurance géologique à ma connaissance!

  • Il me semble que les anglais ont fait leur comptes et simplement choisit leur camp : celui du réalisme économique.

    Peut-être ont-il (ou pas) traité le problème écologique à la légère, mais ils font simplement preuve de pragmatisme.

    En France, on refuse simplement de faire ses comptes, ou plutot on produit des comptes trafiqués. Le dernier en date est de monter en épingle une augmentation de coût de 0.01 centimes du kWh pour la sécurisation du parc nucléaire imposée par les écolos, alors que l’on déploit des éoliennes offshore avec des coûts de production 3 fois plus élevés que le nucléaire, et qui nécessitent des centrales d’appoint au gaz pour être utilisable. Ce même gaz que l’on ne veut pas exploiter …

    Peut-être faut-il payer des calculettes à nos politiciens ?

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