Pourquoi Electrabel (GDF-Suez) a perdu 1 milliard en 2013

Belgique : La politique énergétique verte rend la filière du gaz déficitaire.

Par Corentin de Salle, depuis la Belgique.

electrabel

Selon une idée bien-pensante communément répandue, si la facture d’électricité est si chère en Belgique, c’est parce qu’Electrabel « s’en met plein les poches ». D’où l’existence d’une rente nucléaire votée il y a quelques années (et dont Ecolo exigeait qu’elle soit le triple de la rente actuelle).

La réalité est tout autre : ainsi que David Clarinval et moi l’avons expliqué dans notre livre Fiasco Énergétique, l’État perçoit directement et indirectement environ 2/3 du montant de la facture et le coût de production (part d’Electrabel) a diminué.

Quoi qu’il en soit, Electrabel vient de perdre près d’un milliard € en 2013 ! Du jamais vu dans son histoire. La cause ? La politique énergétique verte de l’Olivier. En effet, en obligeant chaque année, via le mécanisme des certificats verts, les distributeurs à acheter et revendre aux consommateurs un quota d’énergie verte (la plus onéreuse qui soit) en augmentation chaque année, l’État empêche nos centrales à gaz – performantes et bien gérées – d’écouler sur le marché une bonne partie de leur production électrique. Du coup, elles tournent en dessous de leur seuil de rentabilité et Electrabel est forcé de les fermer. En clair : en subsidiant la filière verte, l’État rend la filière du gaz, en soi rentable et performante, déficitaire.

Ces centrales à gaz – dont l’une a moins de 5 ans – ferment l’une après l’autre. Le problème, c’est qu’on en a besoin quand il n’y a ni vent ni soleil. Comble de l’absurde, Wathelet vient de faire un appel d’offre pour construire… une nouvelle centrale à gaz subsidiée. Quel gaspillage insensé ! Tout cela parce qu’on refuse de remettre en cause le dogme écologiste. Combien d’années, Electrabel restera encore sur le territoire ? La fermeture des centrales nucléaires mettra 4000 personnes sur le carreau. Quand Electrabel sera parti, on devra importer l’électricité à prix cher.

La solution libérale ? Celle du bon sens : cesser de tripoter le marché.