Gaz de schiste américain : 120 milliards de dollars dans des projets d’exportation de GNL

La production américaine de gaz naturel monte en flèche et les entreprises investissent 120 milliards de dollars dans des projets d’exportation.

Par Wendy Koch. 

 

La production américaine de gaz naturel monte en flèche, les entreprises investissent 120 milliards de dollars dans des projets d’exportation en Amérique du Nord, ce qui pourrait augmenter le prix du gaz domestique, comme l’indique une nouvelle étude.

C’est une course pour saisir une part du marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) en plein essor et qui a doublé de volume dans la dernière décennie, selon l’analyse de la semaine par Lux Research, une firme de recherche technologique basée à Boston. Malgré cette augmentation, la soif de GNL a dépassé la production, entraînant une hausse des prix et un bond de sept fois la valeur de ce commerce depuis 2002, jusqu’à 170 milliards de dollars en 2012. Aux États-Unis, seulement 31 établissements ont demandé l’approbation de l’État fédéral pour construire des installations d’exportation qui liquéfient le gaz naturel avant qu’il ne soit expédié vers l’étranger par des méthaniers. Depuis mai 2011, six d’entre eux ont reçu une approbation sous conditions. Un seul, le terminal de liquéfaction de Sabine Pass de Cheniere Energy dans la paroisse de Cameron, a reçu le feu vert pour la construction finale et doit entrer en service l’année prochaine.

L’impact potentiel pourrait être énorme. Bien que l’ensemble de ces projets ne va probablement pas se concrétiser, l’analyste de Lux, Daniel Choi, souligne que l’ensemble de la capacité installée pourrait exporter près de 30% du gaz produit aux États-Unis vers 2020. Une grande partie de ce gaz est extraite des gisements de schiste par forage horizontal et fracturation hydraulique (fracking).

« Ce qui permettrait d’éliminer les prix de gaz très bas en Amérique du Nord, aux dépens de certains utilisateurs locaux, mais serait bénéfique pour l’économie internationale globale », explique Choi, principal auteur du rapport. Il prévoit que les prix de l’essence aux États-Unis devraient augmenter, mais la hausse serait « mineure ».

Le rapport de l’US Energy Information Administration indique qu’aujourd’hui la Norvège est le troisième plus gros exportateurs de gaz naturel au monde, après la Russie et le Qatar. Il indique que la Norvège fournit 21% du gaz naturel de l’Europe, la plupart du temps par des canalisations. Le pays scandinave liquéfie seulement une petite partie qui est exportée par des méthaniers.

Le rapport Lux indique que l’Australie sera la plus grande menace pour les exportations américaines. Il dit que l’Australie a injecté 180 milliards de dollars d’investissements dans l’exportation de GNL et devrait bientôt rivaliser avec le Qatar comme le plus grand exportateur de GNL d’ici 2017. En outre, il observe que la Chine dispose d’importantes réserves de gaz de schiste, et que l’Argentine a des réserves qui sont cinq fois plus grandes.

L’étude indique que le GNL est destiné à remplacer le diesel, principalement en matière de transport, mais aussi pour la production d’électricité hors réseaux. Le GNL coûte jusqu’à 25% moins cher que le diesel dans de nombreux pays, bien qu’il y ait des frais supplémentaires pour le stockage et la distribution.


Sur le web. Traduction : Jean-Pierre Cousty pour Contrepoints.