Le harcèlement des climato-sceptiques doit cesser

climat sceptique

Que penser de l’université quand diaboliser et faire taire vos adversaires est devenu aussi acceptable ?

Par Matt Ridley.

climat sceptique

Lennart Bengtsson est à peu près aussi émérite qu’un climatologue puisse l’être. Sa décision il y a deux semaines de rejoindre le conseil consultatif académique (dont je fais aussi partie, non rémunéré) du GWPF (Fondation pour la Politique du Réchauffement Global) de Nigel Lawson a été accueillie par une colère noire chez nombre de ses collègues climatologues. Dans un mouvement digne de McCarthy – selon son analogie – et en refusant de collaborer avec lui, ils l’ont harcelé jusqu’à sa démission du GWPF.

Le GWPF vise à assurer un débat plus équilibré sur le changement climatique. Ses membres ne sont pas des « négationnistes ». Comme l’a rappelé Lord Lawson dans un récent discours : « De ma vie, aucun autre dissident, ni moi-même, n’ont jamais connu de telles hostilités personnelles, vitupérations et diffamation extrêmes pour nos vues sur le réchauffement climatique ou sur les politiques de réchauffement global. »

La démission de M. Bengtsson montre que le prétendu « consensus » sur un dangereux réchauffement climatique implique une répression de la dissidence par de l’intimidation académique. Il souligne qu’il n’y a pas de consensus sur l’intensité ni sur la progression de l’effet de serre, sans parler de ce qui pourrait être fait pour le contrer.

La preuve de cette intimidation est apparue dans le scandale du « Climategate » de 2009, où les courriels de certains scientifiques du climat ont révélé qu’ils étaient prêts à menacer et blackbouler les collègues, journalistes et éditeurs qui exprimaient des vues sceptiques. Je parle souvent à des scientifiques qui ne sont pas convaincus, loin s’en faut, que le changement climatique est le problème écologique le plus urgent du monde, mais qui n’en mettraient pas leur tête sur le billot, de peur de ce qui pourrait s’ensuivre de leur carrière.

Que se passe-t-il dans les universités quand diaboliser et faire taire vos adversaires est devenu aussi acceptable ? Et ce n’est pas seulement sur le changement climatique. Le débat entre l’inné et l’acquis est également contrôlé par des fanatiques, mais moins que dans les années 1970, quand toute mention de gènes ou d’étude du comportement ont conduit à des accusations de fascisme.

Ou bien regardons le cas d’Ayaan Hirsi Ali, une femme qui a subi des mutilations génitales, une tentative de mariage forcé, une tentative d’assassinat et un double exil pour ses opinions. L’offre d’un diplôme honorifique de l’Université Brandeis à la date anniversaire des attentats du marathon de Boston (commis par des islamistes) lui a été retirée sous la pression du Département des Études féminines de l’université.

La persécution de M. Bengtsson montre précisément pourquoi des think-tanks (groupes de réflexion) indépendants comme le GWPF sont essentiels. En vérité, le vieil adage devient de plus en plus d’actualité : Quel est le contraire de la diversité ? L’Université.


Sur le web. Article original publié dans The Times, le 16 mai 2014.
Traduction : Jean-Pierre Cousty pour Contrepoints.