Les entreprises contribuent-elles au bien commun ?

Une compagnie aérienne ne donne pas à la société parce qu’elle construit un orphelinat mais parce qu’elle permet à des gens de se déplacer.

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Les entreprises contribuent-elles au bien commun ?

Publié le 17 mai 2014
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Par Michel Kelly-Gagnon.

Un article de l’Institut Economique de Montréal.

entrepriseMon ami Maxime Bernier, actuellement ministre d’État à la Petite Entreprise et au Tourisme, a récemment livré une allocution fort intéressante lors d’un déjeuner d’affaires dans la région d’Ottawa. Dans ce discours, il en a profité pour remettre en cause une phrase-cliché que l’on entend souvent, soit que les gens d’affaires doivent « redonner à la communauté ».

En fait, dit-il, cette phrase émane d’une incompréhension du rôle de l’entrepreneur et de l’entreprise dans l’économie.

En effet, elle implique que l’entrepreneur a « pris » quelque chose à la société, lorsqu’il a développé ses affaires, et qu’il devrait donc la lui remettre, ou au moins en partie, pour montrer sa gratitude. C’est pourtant l’inverse qui est vrai : les entrepreneurs à succès le sont devenus parce qu’ils ont créé quelque chose qui a de la valeur aux yeux des consommateurs. Les entrepreneurs n’ont donc pas à se sentir mal, ou redevables plus qu’il ne le faut, envers la société.

L’idée ici n’est pas d’affirmer que les entrepreneurs ne devraient pas donner leur temps ou leur argent de façon philanthropique à leur communauté — ils le font d’ailleurs déjà. Mais il est carrément faux de dire que, puisque le privé cherche avant tout à faire du profit, son intérêt risque d’aller à l’encontre des intérêts collectifs. Si une entreprise en concurrence veut faire un profit, elle n’a pas le choix d’offrir aux consommateurs (à la société) des biens et services qu’ils désirent, et ce à un prix jugé acceptable. Sinon, elle ne vendra rien et fera faillite, au profit de ses concurrents. Même s’il est motivé par le profit, un entrepreneur doit donc par définition « servir » la communauté pour survivre.

C’est d’ailleurs la société qui devrait remercier les entrepreneurs pour ce qu’ils font, dit Maxime Bernier. Surtout quand on tient compte des risques que ces gens prennent, des nombreuses heures de travail que ce travail exige, et souvent, de l’hostilité à laquelle ils doivent faire face de la part de politiciens démagogues et de journalistes qui manquent parfois de culture économique. Sans compter la paperasse et le casse-tête bureaucratique que lui impose souvent l’État.

Au final, une compagnie de transport aérien, par exemple, ne donne pas à la société parce qu’elle construit un orphelinat dans un pays pauvre, mais parce qu’elle permet à des gens de se déplacer et de vivre des expériences humaines de qualité.

(*)Michel Kelly-Gagnon est président et directeur général de l’Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

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  • Je partage le point de vue qui exonère les entreprises de tout « du » vis à vis de la société.

    Et ce ne sont pas les situations de monopole, les nombreuses niches sociales et fiscales ou encore les subventions et protectionnismes en tout genre dont elles profitent qui changent la donne. Elles prennent ce qu’on leur donne.

    PS: je me fâche souvent avec mes collègues salaries comme moi, en attente de reconnaissance… Il y a le salaire pour cela.

  • « Le monde des industries manufacturières qu’elles soient industrielles ou agri-agroalimentaires est parfaitement ignoré par le politicien lambda qui ose parler de mains dans le cambouis en ignorant « superbement » la bouse de vache, infatué qu’il est dans son discours grandiloquent de baveux professionnel » … de qui s’agit-il ? (plus particulièrement)
    nb en revanche il sait qu’il ne faut pas se frotter au monde de la banque et de la finance au risque d’y perdre ce qu’il ne veux pas savoir

  • Les commentaires sont fermés.

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