Le ressentiment, religion française ?

jalousie

La France gagnerait à passer du culte de l’envie et du ressentiment à celui du succès.

Par Philippe Robert.

jalousieIl se passe des choses terribles en France dont les Français ne semblent pas encore mesurer l’extrême nocivité pour l’avenir de notre cher et vieux pays. En effet, l’imposture morale et politique qui n’a cessé de croître et embellir en France depuis la Libération produit aujourd’hui, en une sorte d’apothéose, ses fruits les plus empoisonnés.

Faisant référence à l’ouvrage (non traduit en français) de Robert Sheaffer intitulé  « Resentment vs Achievment » (le ressentiment contre la réussite) paru en 1988, Guy Millière écrit (texte intégral ici) : « le livre explique en détail que deux valeurs essentielles structurent les civilisations et sont en lutte constante l’une avec l’autre ».

Or, cette affection morbide du ressentiment plutôt que de la réussite dont souffre aujourd’hui atrocement la France contemporaine « existe partout sur terre, dans toutes les sociétés, mais, si elle vient à prédominer dans une société donnée, ce qui en résulte est la destruction, la violence, la disparition de la liberté, quelquefois la guerre ».

Le 1er mai 2014, jour chômé de la Fête du Travail, les Français d’ailleurs plus clairsemés qu’en d’autres circonstances défilent sous des bannières aux couleurs de la lutte des classes rappelant, dans un pays rongé par le ressentiment, la profondeur quelque peu irrationnelle d’un sentiment d’injustice largement motivé par l’envie.

La rue et les plateaux de télévision ne sont donc plus qu’une seule et unique caisse de résonance de toutes les misères sociales, réelles ou supposées, dont font bruyamment état les Français trop souvent victimes consentantes de la tragique imposture morale et politique qui les a précipités en masse sur la route de la servitude.

Guy Millière : « L’extrême-gauche fait partie intégrante de la menace, mais l’extrême-droite en fait, elle aussi, partie, tout comme une part importante des mouvements socialistes (y compris ceux qui se réclament de la social-démocratie) et, cela doit être dit, des fragments des partis européens de centre droit ne sont pas indemnes. Ce qui signifie que le ressentiment est très disséminé et pourrait, s’il n’est pas combattu, conduire l’Europe à sa perte ».

Ainsi Marine Le Pen, surfant sur un score du FN annoncé d’enfer aux élections européennes du 25 mai prochain, tombe le masque en pourfendant avec une rare violence et une démagogie décuplée l’Union européenne, selon elle source privilégiée de tous nos maux, mais hors de laquelle la France, sans doute, n’aurait pas survécu à la crise.

L’offensive insensée d’une Marine Le Pen qui, sous des airs de vierge effarouchée criant au viol (simulé) de la France comme s’il s’agissait du sien propre, reprend les thématiques portées par les Mélenchon, Besancenot et autres prosélytes enragés d’une politique démissionnaire nous condamnerait alors à devoir abandonner tout espoir de salut.

Mais face au ressentiment se dresse l’Achievment, l’amour de la réussite, une valeur nous dit Guy Millière qui « se situe à l’opposé. Elle conduit à discerner que, si d’autres ont obtenu, par leur travail et leur créativité, ce qu’on n’a pas, cela signifie qu’en travaillant et en créant, on pourra y arriver aussi. Elle conduit aussi à tenter de déchiffrer les relations de cause à effet qui permettent la création de richesse. Elle conduit enfin à choisir la production et à combattre la prédation sous toutes ses formes ». À bon entendeur…

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