Électricité nucléaire : la zen énergie

À l’instar du Dalaï-Lama qui soutient le nucléaire au Japon, poursuivons notre zénification comportementale et déprogrammons nos réflexes conditionnés par la doxa des petits gestes pour la planète.

Par Thierry Levent.

dalaï-lama

བསྟན་འཛིན་རྒྱ་མཚོ་ : oui je sais, ce nom ne vous dit rien. Il s’agit de Tenzin Gyatso, autrement dit le 14e Dalaï-Lama. Faisant preuve de compassion, habituelle chez ce guide spirituel, et d’une clairvoyance à saluer, il nous confirme que le nucléaire civil est incontournable pour fournir de l’électricité bon marché aux pays émergents !

Qui d’entre-nous n’a pas éprouvé dans le tréfonds de son être, un peu de honte à penser que cette filière était finalement une chance malgré l’index agité rageusement sous votre nez par un humaniste Greenpeacien ou un membre du réseau Sortir du nucléaire (association libre et indépendante comme chacun sait). Remercions donc le Dalaï-lama pour ce moment de détente.

Ça gaz-houille!

Tenzin Gyatso remet donc les pendules à l’heure. Vous me direz que sa remarque ne vaut que pour les pays émergents. Sauf que certains pays développés après quelques soucis sismiques et maritimes, commencent à trouver que l’addition des énergies fossiles et la production gaguesque des énergies dites renouvelables, les précipitent tout droit dans le mur de la réalité.

Après le gel du nucléaire au Japon, la part des énergies fossiles dans la production d’électricité est passée de 62% à plus de 90%. Ne parlons même pas de l’explosion des émissions de CO2.

L’éternel modèle allemand, mine de rien, part en vrille avec ses pales hors de prix. Il faut dire que l’Energie Wende impacte sérieusement la compétitivité outre-Rhin et que la situation ne semble pas aussi mirobolante dans d’autres domaines1.

Chez nous

Le port des lunettes vertes demeure pour le moment obligatoire. Chaque semaine où presque apporte son lot d’informations-évaluations-chiffrages-contributions confirmant le délire dans lequel nous mène une poignée d’autistes verts très légèrement dogmatiques et fâchés avec les chiffres. La fumeuse transition énergétique hexagonale est un objectif quasi-sacré à atteindre quelque en soit le prix. Le dernier rapport en date n’arrange pas nos bidons de citoyens pressurés par un tsunami de taxes et impôts plus ou moins habilement déguisés enrobés d’un joli discours sirupeux : « c’est pour sauver la planète, consommons solidaire… etc. » La Commission de Régulation de l’Énergie utilise quelques euphémismes pour nous faire comprendre que les promoteurs éoliens en particulier s’en mettent plein les poches grâce à la jolie taxe CSPE dissimulée dans notre facture d’électricité, bien entendu abondée par votre argent. Tarif garanti d’achat de l’électricité éolienne dite verte obligatoire (trois fois le tarif) oblige. Remercions Voynet, partie pantoufler depuis à l’IGAS, d’être à l’origine de cette arnaque en tant que ministre de l’écologie de l’époque.

Toujours grâce à EELV, tout est fait pour saborder méticuleusement cette filière d’excellence française, qui commence à perdre des parts de marché conséquentes face aux prochains ténors du nucléaire civil : la Chine et la Russie. Rien n’est perdu mais ça commence à chauffer. Pour les écolos, il s’agit de faire un copier-coller de ce qui à fonctionné avec les OGM. Résultat : fuite de la filière des biotechnologies, des cerveaux qui vont avec et bien entendu des parts de marché. En attendant, contrairement à ce qui nous est seriné sur tous les tons, le nucléaire civil à encore de très beaux jours devant lui au niveau mondial, mais peut-être sans la France.

Le formatage des esprits est toujours d’actualité. Les méchants du nucléaire et les gentils producteurs d’EnR qui bien entendu ont banni les mots « lobbying » et « profits exagérés » de leur vocabulaire.

Poursuivons notre zénification comportementale et déprogrammons nos réflexes conditionnés depuis trop longtemps par la doxa des petits gestes pour la planète : je roule sale, je discrédite le bio, j’adopte l’huile de palme, je me gave de fraises en janvier et remplis la piscine en pleine canicule. Pour accéder à cet état de décompléxitude avancée, il est urgent de lire l’ouvrage d’Olivier Griette (49 jours pour devenir un vrai militant anti-écolo, Éditions Xenja, 2013).

Au travail et bon courage.

  1. Bruno Odent. Modèle allemand, une imposture. Éditions le Temps des Cerises, 2014.