Le Premier ministre polonais plaide pour une Union énergétique

Donald Tusk (Crédits Πρωθυπουργός της Ελλάδας, licence creative Commons)

Selon Donald Tusk, la dépendance excessive envers l’énergie russe affaiblit l’Europe.

Le Premier ministre Donald Tusk a déclaré dans un article publié par le Financial Times que « l’Union européenne devrait créer une Union énergétique dans le but de sécuriser l’approvisionnement en gaz car la dépendance actuelle envers les matières premières énergétiques russes affaiblit l’Europe ».

Donald Tusk
Donald Tusk

 

Dans l’article intitulé « Une Europe unie peut mettre fin à l’étranglement énergétique par la Russie », Donald Tusk souligne que l’UE achète actuellement en commun de l’uranium pour les centrales nucléaires de ses membres. Selon Tusk, il faut pratiquer de la même manière avec le gaz russe : « Je propose ainsi une Union énergétique. Cela signifierait le retour de la Communauté européenne à ses origines ».

Tusk constate que l’UE appelle déjà à la mise en place d’une union bancaire avec une instance de surveillance équipée d’un mécanisme unique de résolution des situations de crise et d’un fonds permettant de secourir les institutions financières en péril.

Le Premier ministre polonais précise qu’ « indépendamment de l’évolution de la situation en Ukraine, une leçon doit être retenue : la dépendance excessive envers l’énergie russe affaiblit l’Europe ».

Selon Donald Tusk, l’Union énergétique envisagée devrait être basée sur quelques hypothèses dont, en premier plan, la création d’une agence européenne unique qui achèterait le gaz pour les 28 membres de l’Union européenne.

Une autre hypothèse serait le principe d’un « mécanisme de solidarité » dans l’éventualité où un ou plusieurs pays membre seraient confrontés à une rupture d’approvisionnement en gaz. L’UE devrait également prévoir le financement, jusqu’à 75% dans certains cas, des investissements nécessaires (stockage, conduite) dans les pays qui sont actuellement le plus dépendant du gaz russe, fourni par Gazprom.

« Aujourd’hui, dix pays de l’UE au moins sont dépendants d’un seul fournisseur – Gazprom – qui couvre plus de la moitié de leur consommation. Certains sont totalement dépendants du géant du gaz russe, qui est contrôlé par l’État. »

Le quatrième élément consiste en une mise en valeur totale des ressources en combustibles fossiles de l’UE, dont le charbon et le gaz de schiste.

Tusk remarque que dans les pays situés à l’est de l’UE, dont la Pologne, le charbon est synonyme de sécurité énergétique. « Aucun pays ne devrait être forcé à l’extraction des minéraux mais aucun ne doit être empêché de le faire – tant que cela se passe dans le cadre d’un développement durable » a-t-il précisé.

Un autre élément de l’Union énergétique serait, selon Tusk, la signature d’un accord prévoyant l’achat de gaz chez un fournisseur extra-européen comme les États-Unis ou l’Australie. Le carburant serait transporté en Europe sous forme liquéfiée. Enfin, l’UE devrait consolider le traité de la Communauté de l’énergie, signé en 2005 à Athènes, avec les voisins de l’est pour élargir le marché du gaz dans cette direction.

Le Premier ministre reconnait que tout cela nécessite une prise de position unique de la part des gouvernements de l’Union mais, comme il le rappelle, « ce genre de coordinations ont déjà été prises par le passé ».

L’indicateur de dépendance énergétique d’Eurostat montre que les importations de l’UE sont passées de 63,4% en 2009 à 65,8% en 2012. La part russe dans les importations de gaz et de pétrole s’élève respectivement en 2012 à 30% et 35%.

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Traduit du polonais. Source : PAP