Chic, un discours de politique générale de plus. Quelle chance !

Le citoyen de base n’attend plus rien des discours politiques. Il sait très bien ce qu’il faut faire et a eu sa dose de promesses.

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Chic, un discours de politique générale de plus. Quelle chance !

Publié le 8 avril 2014
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Par Nicolas Nilsen.

valls

Ceux qui me suivent connaissent l’intérêt que je porte aux « discours de politique générale » d’un nouveau Premier ministre dont c’est parait-il « l’examen de passage ». Qu’est-ce que ça me fait plaisir : j’adore le blabla, la parlotte, les allocutions, les conférences de presse, les boniments, les palabres et les laïus… alors vous imaginez combien je suis impatient d’entendre un discours de plus – et surtout « de politique générale ». En fait, quand j’y réfléchis, je déteste les trois mots : d’abord que ce soit un « discours », ensuite qu’il soit « de politique » et enfin qu’il soit « général ». J’aimerais que ce soit très exactement l’inverse : de « l’Action concrète et précise ». Donc vous voyez, je suis plutôt mal en ce moment.

Le gouvernement Manuel Valls est le trente-septième gouvernement de la Cinquième République. 37 gouvernements qui nous ont déjà tout dit et tout promis :

37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va relancer la croissance ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va enrayer le chômage ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va créer des entreprises ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va améliorer la compétitivité ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va alléger les charges ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va sauver les retraites ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va réduire les dépenses ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va faire des économies ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va renforcer la justice sociale ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va moderniser le pays ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va résorber la dette ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va améliorer le pouvoir d’achat ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va rendre l’État plus efficace ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va réduire les déficits ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va s’attaquer au mille-feuille ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va simplifier la vie des citoyens ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va aller plus vite, plus fort ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va redresser les comptes ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va sauver l’éducation ».
37 gouvernements qui ont déjà dit : « on va redonner confiance ».
37 gouvernements qui etc. etc. etc…

Un « discours » de plus, vraiment ?

Oh mais tu exagères ! Il faut bien qu’un Premier ministre annonce sa politique tout de même, c’est obligé…

Un « discours » solennel de plus – qu’il soit bien rédigé ou non, qu’il soit « réenchanteur » ou non, qu’il soit approuvé ou non – ne changera strictement rien. La preuve : c’est le 37e gouvernement qui nous fait le même discours inlassablement répété sur le thème du « combat contre le fatalisme et la résignation ; du combat pour l’avenir, l’espoir et la confiance dans notre destin »… blah, blah, blah… Un de plus vraiment ?

img contrepoints212 Valls

On a déjà identifié les problèmes, on sait très bien comment les résoudre. Mais – après les « discours » — le vrai boulot n’est jamais fait. Pourquoi ?

1 – Parce que les élus ne feront jamais les réformes difficiles. D’abord, ils ne le veulent pas (ils profitent à fond du système des prébendes). Ensuite ils ne le peuvent pas : car, s’ils s’attaquent aux « zavantages zaquis », les « professions » descendront dans la rue (genre manifs ou grèves) et bloqueront la « paix sociale » : les politiques en ont une peur panique. Donc, pour éviter tout problème, ils retirent tous leurs projets de réforme. Ça fait des décennies que c’est comme ça : blocage total.

2 – Parce que les réformes ne se feront que si c’est le peuple souverain qui les impose. Le « peuple souverain », c’est un trop gros morceau pour que quelques professionnels-de-l’agitation-avec-drapeaux-rouges descendent dans la rue pour s’opposer à une décision voulue et imposée par le peuple lui-même. Bloquer la rue contre une réforme du gouvernement, les syndicats le peuvent car ils savent que la police ne va pas tirer contre la foule ! Mais descendre dans la rue contre le peuple souverain qui – à une majorité écrasante – aurait décidé une dizaine de réformes-clés, ce serait difficile.

3 – Il faut donc recourir au référendum. Pour – comme en Suisse où le peuple est sollicité constamment lors de « votations populaires » – imposer les réformes nécessaires que les parlementaires n’oseront jamais engager. Même au lendemain d’un grand discours de politique générale. Il n’y a que si c’est le peuple souverain qui impose les réformes que ça marchera. Pas seulement parce que des parlementaires auront applaudi bruyamment (en se disant en silence : « Mieux veut approuver un discours et ne rien faire après, que dire non et se retrouver devant nos électeurs qui nous jetteront ! »

« Aux actes citoyens ! »

Le citoyen de base – le peuple souverain – n’attend plus rien des discours politiques. Il sait très bien ce qu’il faut faire et a eu sa dose de promesses. Il attend simplement qu’on lui rende le pouvoir qui lui a été confisqué par des représentants et des politiciens bavards et inefficaces. Son rôle est écrit en toutes lettres dans la Constitution. Article 2 : le principe de la République est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Et article 3 : « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »

Donc qu’ils arrêtent avec leurs « discours » en vase clos. Ils ne changeront rien et la France a perdu assez de temps. Plus de discours par pitié : des actes !


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  • Rappelons nous de cette scene de je ne sais plus le titre du film mais c etait notre Louis de Funes martelant « premierement le plein emploi deuxiemement le plein emploi troisiemement le plein emploi! »Les technocrates sont ainsi,hallucines,illumines.

    • la zizanie (1978, époque où on se lamentait du nombre de chômeurs : 1 million / 4,5% de la population active … lol)

    • Autre réalité jouée par De Funès dans « La folie des grandeurs » « Que vais-je devenir, je suis ministre, je ne sais rien faire! »

      • lol, merci de me faire commencer la journée par un bon éclat de rire. J’avais totalement oublié ce passage et pourtant c’est culte.

        si je peux vous en proposer une (très connue il est vrai) : « les cons ça ose tout c’est même à ça qu’on les reconnait »

  • « Il n’y a que si c’est le peuple souverain qui impose les réformes que ça marchera. »

    La bonne blague ! le peuple souverain va imposer les réfomes nécessaires !!!! un miracle est-il en train de se produire???? c’est marrant, parce que je vois plutôt le peuple descendre dans la rue à la moindre petite, minuscule devrais-je dire, réforme avancée par nos chers (c’est le cas de le dire) politiciens.

    • Pas si sûr.
      Si vous proposez de vraies réformes au peuple (et que vous muselez les média sur le sujet jusqu’à l’élection…) de bonnes choses « risqueraient » bien d’arriver.
      « Voulez vous le choix de votre système de retraite ? » OUI !
      « Voulez vous pouvoir choisi votre assurance santé ? » OUI !
      « Voulez vous payer moins d’impôts ? » OUI !
      « Voulez vous pouvoir travailler autant que vous le voulez, et quand vous le voulez ? » OUI !

      Après, bien sûr, d’autres choses pourraient suivre, une fois les Français un peu ré-accoutumés à la liberté, au choix et à la responsabilité…

      Mais dans l’absolu, les fonctionnaires ne devraient pas pouvoir voter ni être élus (juges et parties, toussa). Et là d’un coup tout deviendrait très facile (on peut même imaginer des « vagues » de démissions de fonctionnaires préférant le « devoir civique » au statut sur-protégé… ou pas, mais alors ils perdraient tout droit à protester !). Les discours creux et indéfiniment répétés cesseraient vite et les actes et la liberté redeviendraient les éléments politiques principaux.

      • Etant donné les années, les décennies, que les gens subissent le lavage de cerveau, permettez-moi d’en douter, or le temps manque pour que la prise conscience puisse se faire. Elle aura lieu, cela je n’en doute pas, mais ce sera quand le pays aura sombré, donc : trop tard.

        • Nadège Rivendel : « Étant donné les années, les décennies, que les gens subissent le lavage de cerveau, »

          Justement, la coupe est pleine.
          Les gens sont absolument enragés contre cette oligarchie des privilèges, si on fait des référendums ce serait la grande déconstruction, un pied libéral dans la porte constructiviste. Cumul de mandats, retraites publique/privé, syndicats, immuabilité des fonctionnaires, monopole: la majorité silencieuse en a marre et est prête à atomiser tout cela.

          A partir du moment ou le système est enrayé dans ses fondements, tout le monde se tenant par la barbichette, le chantage et le « lavage de cerveau » serait en forte réduction et puis ça n’aurait aucune importance de toute manière. Les hyènes hurlent la caravane…

          Les socialistes ne font pas moins de chantage dans les pays les plus démocratiques (ou les referendums et les initiatives populaire existent), simplement quand on introduit un « marché » législatif, c’est à dire que les gens ont le choix directement sur les lois la majorité n’accepte pas qu’une oligarchie corporatiste légifère contre elle.

          Si les pays les plus démocratique sont les plus libéraux ce n’est pas un hasard:
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie

          • Ils sont d’ailleurs terrorisé par la démocratie participative, c’est pour cela qu’ils se battront jusqu’au dernier pour ne surtout pas ouvrir le marché législatif au peuple.

            De ce coté la propagande marche pas mal. Même chez les libéraux on n’aime pas beaucoup la démocratie directe. Dommage, ce pays est foutu.

  • le peuple n’a plus confiance aux politicards ??
    alors j’aimerais comprendre pourquoi il revote toujours pour les mêmes .
    entuber par l’UMP durant la fonction de sarkozy , il en remet une couche aux municipales .
    je n’ose parler des repris de justice auquel les français ont eu la préférence pour le vote à un autre parti politique i

  • j’adore luis de funés , c’est l’unique raison que j’aime les français : ils sont tous des luis de funés .
    la folie des grandeur , merveilleux film avec le regretté yves montand .

    • Qu’est que tu attends pour te barrer ? mais avant, s’il te plaît, prends quelques cours de français et d’orthographe, on sait jamais ça peut te servir !

    • Un excellent film, très critique de la France et du fonctionnement de ses élites.
      Mes tirades préférées : « un pour tous, chacun pour soi », « mais qu’est ce que je vais devenir moi ? Je ne sais rien faire, je suis ministre », « cette année, ce sera (les impôts) le double, c’est normal, les pauvres c’est fait pour être encore plus pauvres ».
      Un film terriblement d’actualité.

  • Il manque des trucs dans cet article : yfokon, yaka

  • la zizanie (1978, époque où on se lamentait du nombre de chômeurs : 1 million / 4,5% de la population active … lol)

  • Tous fiers de nous annoncer en caracolant les 50 milliards d’économie (sur 3 ans, s’il vous plait) alors que la dette publique atteint presque les 2 000 milliards (qu »elle aura dépassés en 2017) et une bonne partie des 50 milliards économisés sur le dos de la bête, les Français, à travers la sécurité sociale (cad moins de remboursement s de frais de santé).
    Ces types sont sans scrupules et d’un cynisme hallucinant.
    Ont

    • Et oser parler de 2020, voir 2021 pour les régions, franchement d’ici là, j’espère bien que l’on sera mis sous tutelle bien avant.

      • Sous tutelle ???
        On a déjà du mal à contrôler les politiques de chez nous qu’on a pourtant sous la main, alors des technocrates anonymes, surement étrangers de surcroît ….

    • Pascale: « Ces types sont sans scrupules et d’un cynisme hallucinant. »

      Mais ils ont quand même des ambitions bien mesquines.
      Tant qu’à partir dans la science-fiction, ils pourraient être un peu plus festifs. Promettre des voitures volantes, des voyages sur la lune, des poneys gratuits.

      Il faut ré-enchanter la politique !

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