Le principe de « non-contradiction », c’est quelque chose !

Sur le petit nuage rose de son idéologie, François Hollande est fâché avec le principe de non-contradiction.

Par Nicolas Nilsen.

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Tout le monde comprend aisément ce qu’est le principe de non-contradiction qui veut qu’on ne puisse pas affirmer une chose et son contraire, ou dire – simultanément – qu’une chose est vraie et fausse . Et pourtant un politicien de gauche y arrive sans difficulté : la contradiction le rend bien sûr un peu perplexe parce qu’il sent tout de même qu’il y a un petit hic, mais, en gros, ça ne le trouble pas vraiment. Alors qu’on lui a confié le soin de gérer la France, François Hollande peut ainsi sans le moindre problème nier la notion même de relation de cause à effet et, à la fois, dire une chose et son contraire !

  • Il peut s’affirmer socialiste et en même temps se dire « social-démocrate » ;
  • Il peut dire qu’il a « entendu les Français » et en même temps assurer qu’il faut « garder le cap » en allant seulement « plus vite, plus fort, plus loin » (alors que c’est évidemment le cap qu’il faut changer !) ;
  • Il peut dire qu’il va changer de Premier ministre et en même temps ne pas voir que c’est sa propre politique à lui qui a été rejetée lors du dernier scrutin ;
  • Il peut dire qu’il a compris le discrédit porté à la classe politique et en même temps continuer à nommer des « politiques » au Gouvernement ;
  • Il peut dire qu’il veut des voitures électriques (contre la pollution) et en même temps arrêter le nucléaire (comme si les voitures électriques allaient marcher à l’éolienne ou à la géothermie) ;
  • Il peut dire qu’il va réduire la dette et en même temps augmenter les dépenses publiques (pour promouvoir plus de justice sociale bien sûr) ;
  • Il peut promettre une « pause fiscale » et en même temps augmenter les taxes ;
  • Il peut dire qu’il veut que davantage de propriétaires louent des logements et en même temps les en dissuader avec la loi Duflot ;
  • Il peut dire qu’il veut favoriser l’esprit d’entreprise et en même temps taxer les « riches » à 75% ;
  • Il peut dire qu’il veut attirer les entreprises étrangères et en même temps leur mettre dans les pattes le dogmatisme suranné d’un Montebourg menaçant ;
  • Il peut dire qu’il veut « reconquérir l’économie réelle » et et en même temps la sanctionner avec son absurde « loi Florange » condamnée d’ailleurs par le Conseil Constitutionnel ;
  • Il peut dire qu’il veut encourager les entreprises et en même temps les matraquer avec des taxes et des prélèvements ;
  • Il peut dire qu’il veut faire confiance aux patrons et en même temps exiger des « contreparties » qui les bloquent ;
  • Il peut dire qu’il va faire 50 milliards d’économies et en même temps ne pas diminuer le périmètre de l’État ;
  • Il peut dire qu’il va diminuer les gaspillages et en même temps ne pas appliquer les recommandations de la Cour des Comptes qui en fait précisément la liste ;
  • Il peut dire qu’il va augmenter la TVA et en même temps que ça n’aura aucune conséquence sur les prix ou le pouvoir d’achat ;
  • Il peut dire que Léonarda devait partir et en même temps qu’elle pouvait revenir ;
  • Il peut dire qu’il veut que la France soit attractive pour les investisseurs étrangers et en même temps accroître l’instabilité fiscale, législative et réglementaire qui les dissuade et les fait fuir ;
  • Il peut dire qu’il faut réduire la dette et en même temps qu’il faut que l’État dépense plus et intervienne encore davantage pour relancer la croissance ;
  • Il peut annoncer des « chocs de simplification » et en même temps empiler et accumuler tous les jours de nouvelles lois qui superposent de nouvelles couches de complexité ;
  • Il peut dire qu’il va réduire le « mille feuille » de l’État et en même temps ne pas supprimer un seul échelon administratif ;
  • Il peut dire qu’il est avec Valérie Trierweiler et en même temps être avec Julie Gayet ;
  • Il peut dire qu’il est pour le mariage pour tous et en même temps ne pas se marier ;
  • Etc., etc.

Le principe de non-contradiction n’est à l’évidence pas son truc. Il ne sait même pas ce que c’est. Et le pire est que ceux qui pensent comme lui sont majoritaires dans les ministères et au plus haut niveau de l’État.

Sur le petit nuage rose de leur idéologie, ils sont au-dessus de ces contingences logiques : ils nient tout simplement l’évidence. Ils nient la réalité dans laquelle vous et moi vivons !


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