Stratégies libérales : galet poli, pierre qui roule ou caillou pointu ?

Les stratégies libérales du galet, de la pierre et du caillou ne sont pas incompatibles ; c’est en construisant ensemble que les esprits libres érigeront la liberté.

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Stratégies libérales : galet poli, pierre qui roule ou caillou pointu ?

Publié le 29 mars 2014
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La simplicité du libéralisme rend surprenante la caricature permanente qui en est faite. Son principe fondateur, la non-agression, permet à chacun de vivre sans interférence d’autrui. Sa personne, son intégrité et sa propriété, et le respect de celles d’autrui, sont ses seuls droits et son seul devoir ; le reste dépend de son action et de celles des autres.

Si le libéralisme vise à une société harmonieuse mais n’impose aucune action, il formule toutefois des idées pour une vie heureuse. Les libéraux sont par nature attachés à leur autonomie ; ils aiment apprendre, réfléchir, penser par eux-mêmes, remettre en question les dogmes établis. On retrouve de tout temps les libres-penseurs et esprits libres parmi les contestataires, les opposants, et dans les combats les plus nobles comme l’abolition de l’esclavage et la résistance à l’oppression sous toutes ses formes.

Ils privilégient le long terme, aussi bien dans la gestion de leurs finances qu’au travers d’un mode de vie équilibré. Pour eux-mêmes avec une activité physique régulière et leurs proches auxquels ils consacrent du temps, ils s’assurent de mettre leurs actes en accord avec leur pensée.

Et, en quête de vérité, ils privilégient la raison. Ils cherchent à comprendre le monde qui les entoure, à décrypter la nature humaine et à appréhender correctement leurs émotions. Ils sont attachés à des principes simples mais omniprésents qui leur dictent une conduite intègre.

Pourtant, les libéraux s’opposent régulièrement ; dans des désaccords théoriques d’abord. Un État minimal ou son absence sont la meilleure façon de garantir les droits individuels. La monnaie doit être créée librement, adossée à l’étalon-or ou injectée dans l’économie avec discernement.

Les applications pratiques du libéralisme sont également sujettes à débat. Tous les moyens sont bons pour renouer avec la liberté, ou non. La légitimité de toute propriété est l’instant zéro de la société libérale, qui pourrait aussi être conquise par compromis avec la société d’aujourd’hui.

Mais au-delà de leurs débats sur les caractéristiques d’une société libre et la stratégie à adopter pour la faire advenir, les libéraux divergent sur l’attitude à adopter dans une société qui bafoue leurs principes. Comme tout animal, l’être humain peut adopter trois stratégies en cas d’agression : s’immobiliser, fuir ou se battre1.

S’immobiliser permet d’éviter d’être détecté par un prédateur, dont la vision est généralement plus sensible au mouvement. La désobéissance civile, de Henry David Thoreau puis Gandhi et Martin Luther King, correspond à cette attitude : ne pas offrir le moindre angle d’attaque, tout en refusant d’obéir à l’agresseur quel que soit le niveau de coercition qu’il déploie. C’est, en quelque sorte, la posture du galet poli. Le camouflage relève de la même stratégie.

La fuite est la deuxième réponse, chronologiquement : tout animal privilégie le moindre effort et le moindre risque pour sa survie. Ici, il s’agit de tenter d’échapper à son poursuivant. Forts de leurs convictions et dans l’impossibilité de vivre selon leurs principes là où ils sont, nombreux sont les hommes qui ont tout laissé derrière eux pour chercher (et parfois trouver) une vie meilleure, des Huguenots aux Juifs, des boat people aux colons américains. Nombreux sont aussi les libéraux en exil aujourd’hui, Français partis en Océanie ou en Amérique du Nord, parfois plus près en Suisse ou en Angleterre ; ils sont les pierres qui roulent.

Gadsden flagLa dernière option est la plus risquée du règne animal : le combat. Tenter d’affronter son adversaire est dangereux, surtout lorsqu’il est un prédateur armé par l’évolution de son espèce. Certains animaux ont développé des moyens de défense efficaces, à l’instar de l’emblème de la lutte pour l’indépendance américaine, le serpent à sonnette du Gadsden Flag. Inoffensif si on le laisse tranquille, il signale sa présence pour conseiller à l’agresseur de s’éloigner et se défend au besoin par une morsure précise et un venin puissant. Les libéraux qui adoptent cette stratégie sont les cailloux pointus, œuvrant activement à la chute des États liberticides, les empêchant de piétiner plus les libertés individuelles en se logeant au besoin dans leur chaussure.

Ces stratégies sont choisies selon les inclinaisons naturelles et l’espoir de succès que placent leurs adeptes en elles, avec pour objectif de se protéger et vivre selon leurs principes. Elles sont loin d’être incompatibles ; l’un des auteurs libéraux les plus influents en France depuis des années est h16, dont les textes acerbes font hurler (parfois de rire) les Français et grincer les dents de leurs élus et dont le pseudonyme protège l’identité. Certains protègent leur patrimoine sous des formes et dans des lieux inaccessibles à l’État tout en continuant de vivre en France, parfois libéraux dans le secret d’un forum ou de leur bibliothèque, parfois engagés et visibles. Certains votent, d’autres s’abstiennent et enjoignent les autres d’en faire autant.

L’une des figures les plus influentes du libéralisme contemporain, Ayn Rand, a présenté sa stratégie dans le livre qui en porte le nom, La Grève avant de décrire ce mode d’action comme l’ultime recours à la coercition collectiviste.

Fuir dans un pays plus libre tant que c’est possible, comme elle l’a fait en quittant l’U.R.S.S. pour les États-Unis. Diffuser ses idées, comme elle l’a fait au travers d’une œuvre de fiction et non-fiction et d’une implication sans répit dans la vie intellectuelle de son époque. Et si ni l’un ni l’autre ne sont possibles, alors le seul moyen de vivre sa vie pour soi est de ne pas la vivre.

Les héros de son roman renoncent à toute création et abandonnent leurs entreprises pour ne pas œuvrer malgré eux au succès de ceux qui se voudraient leurs maîtres. Ils ne veulent travailler pour nul autre qu’eux-mêmes et comprennent que le seul moyen de précipiter la chute est de lâcher le monde qu’ils portent sur leurs épaules.

À chacun donc de choisir l’attitude qui lui semble la plus appropriée. Les libéraux refusent d’être enchaînés à quiconque pour mieux tisser leurs propres liens avec ceux qui le souhaitent également ; la force de leur action sera grandie des liens qu’ils sauront tisser entre eux. L’union des individus fera leur force.

Briser les chaînes d’autrui le libère, mais ne lui apprend pas à se libérer ; difficile d’envisager vivre libres en France si les Français acceptent la coercition et se satisfont d’être esclaves. Il ne suffit pas de pousser le rocher collectiviste pour faire avancer la liberté ; il faut faire de chacun la brique d’un édifice plus beau.

  1. Les « 3F » : freeze, flight or fight.
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  • Le gadsen flag ! Qu’il est laid je préfère le porc épique mais bon c’est sans intérêt… Mais quand même…

    L’union fait la force ! c’est le weekend mais quand même aussi…. Terrain glissant …. D’un point de vue de la pensée libérale. Je suis pas certaine que Ayn rand suggère une union ! mais plutôt que tout ceux qui crées et produisent adoptes un même comportement de retrait sans forcément s’unir.

    La gréve Randienne l’aspect génial c’est que c’est tout à la fois un combat, une fuite et un immobilisme (arrêt de la création)

  • Magnifique article !!!! merci à vous et à h16, ainsi qu’à d’autres pour leurs articles pertinents.

  • Très beau texte qui résume bien les attitudes divergentes de mon entourage qui épouse pourtant les mêmes idées et surtout les mêmes espérances pour la France.

    Un point seulement qui fera débat parce que le dénouement/début de crise que nous connaissons se noue sur cette question monétaire en dehors de toute considérations évidentes sur l’excessive politique sociale ruineuse qui met la croissance en berne, accroît le chômage et amplifie les inégalités : Je cite

    « La monnaie doit être créée librement, adossée à l’étalon-or ou injectée dans l’économie avec discernement. »

    Vaste débat. Au fond ceux qui pensent qu’adosser la monnaie à un métal précieux n’a pas plus de sens que de laisser son cours fluctuer sans référence matérielle n’ont pas tort. Plus je lis et plus je suis dubitatif sur la pensée monétariste. Je pense que le problème vient surtout de l’intervention étatique qui par définition ne peut pas être toujours faite avec « discernement ». Raison pour laquelle je me range derrière ceux qui pensent qu’après la crise que nous connaissons, c’est l’idée même d’une banque centrale qui doit être abolie.

  • Peut on vraiment se battre pour la France? Est t’il réellement encore temps?
    Si changement il y a, nous serons mort avant d’en profiter…

    • et alors ! je poursuis votre raisonnement : à quoi bon vivre puisqu’on va mourir… si les hommes des cavernes l’avaient suivi, nous y serions encore… eux n’ont pas pensé qu’ils ne « profiteraient » pas des progrès obtenus tout au long de l’histoire de l’humanité et dont « vous profitez » aujourd’hui (et on accuse les libéraux d’être égocentriques : le monde à l’envers !)

      • Les libéraux sont égocentriques ? ou plus honnêtes que les autres pour le reconnaître, ou plus réalistes pour comprendre que l’individualisme/l’altruisme est en chacun de nous, qu’il fait partie de notre nature mais qu’en cas de stress c’est toujours l’individualisme qui prend le dessus. Le soi-disant altruisme des donneurs de leçons résiste rarement à une analyse de leurs motivations proffondes.

        De même, on recherche les progrés pour sa progéniture car on se projette en eux et que l’on veut qu’ils proffitent d’une vie meilleure. Je suis moins certain que cela s’applique à la France en dehors des intérêts immédiats. Je ne vois même pas pourquoi je privilérierais la France au reste du monde quand je pense que l’avenir de mes enfants est plus dans le monde que dans la France.

        Mais les donneurs de leçons ne se soucient guère non plus de l’intérêt de leurs enfants quand ils ferment les yeux sur le chomage du à la non-compétitivité, l’endettement à long terme et l’avenir douteux des retraites dans ce contexte.

        • « Je suis moins certain que cela s’applique à la France en dehors des intérêts immédiats. Je ne vois même pas pourquoi je privilérierais la France au reste du monde quand je pense que l’avenir de mes enfants est plus dans le monde que dans la France. »

          Tout à fait d’accord ! je m’exprimais en « egocentrique » ne pouvant quitter la France pour le moment.

    • Comme Nadège, allez plus loin, si nous n’en profiterons pas, nous pourrons le transmettre à la génération suivante, pour qu’un jour nos descendants vivent dans un monde apaisé et harmonieux, c’est cela le long terme!

  • Un libéral est me semble-t’il par nature ou par conviction individualiste (contrairement à un socialiste). Sa volonté de s’associer sera de nature réfléchie et pragmatique. J’entends pas la que la société est un moyen de se protéger et de multiplier la productivité et non un but en elle même pour rendre l’homme meilleur. Ce faisant, le libéral entend se conformer à la véritable nature humaine : d’abord individualiste mais communautaire par nécessité pour assurer sa survie.

    Etant minoritaire dans la société (en France ?), les libéraux doivent plus rechercher des niches de liberté (dans lesquelles ils peuvent éventuellement s’associer) qu’espérer une transformation rapide de la pensée collective. Son refus des règles, des contraintes et de l’impot se doit également d’être pragmatique et non viscéral : il le fait pour lui-même avant tout, le monde n’est pas sous sa responsabilité et il n’est pas responsable de l’aveuglement ou la bêtise des autres.

    Cela n’empêche pas de débattre des idées et d’espérer une évolution de la pensée collective à long terme, mais le « combat » me parrait un bien grand mot, même si j’aime bien le côté « poil à gratter » des articles.

  • Très bel article, merci!

  • La stratégie des libéraux ? : faire alliance avec ce que la France compte de plus rétrograde et liberticide du moment que celà profite à leurs intérêts financiers.

    • encore un qui nous apporte « ses lumières » : TOUT est de la faute des ultra-néo-hyper-méga-giga- terra-libéral canal historique ! MDR ! mais dites-moi qui est aux commandes ?

      • C’est malheureusement un état de fait .La dérive libérale s’accorde « avec ce que la France compte de plus rétrograde et liberticide » : par exemple sur des trucs religieux moyenâgeux comme la charité …

        Certes de ce côté , on préfère entendre des beaux discours sur les libertés , les méchants « états liberticides » mais l’illusion ne prend plus …
        La population réclame un état fort qui les protège des « ultra-néo-hyper-méga-giga- terra-libéral » qu’elle entrevoit à juste titre pire que lui : n’ayant pour seul moteur que de faire du profit , c’est logique .

        Le problème libéral est que la cupidité , la valeur économique , a pris le pas sur toutes les autres valeurs.

        • « … mais l’illusion ne prend plus La population réclame un état fort qui les protège des « ultra-néo-hyper-méga-giga- terra-libéral » qu’elle entrevoit à juste titre pire que lui : n’ayant pour seul moteur que de faire du profit , c’est logique. »

          Etant donné que l’état actuel est socialiste, je doute fort qu’il apprécie que vous le traitiez ultra-néo-hyper-méga-giga- terra-libéral. Au fait, « pire que lui » c’est qui « lui » ?

          Cela dit, excellente idée : « un état fort », donc plus d’état, de contraintes, de taxes, de lois, d’impôts (il faut bien payer grassement tout ce joli monde). Soyez rassuré, c’est ce qu’ils (les socialistes and cie) font.

          • (« Lui » c’était « l’Etat »)

            Tous les anciens partis socialistes d’Europe de l’Ouest sont aujourd’hui sociaux-libéraux.

          • Je suppose que son champion de la lutte contre les méchants libéraux s’appelle Marine Lepen.

            On a beau être gouvernés par des socialistes depuis 50 ans (qui se font appeler droite ou gauche), certains arrivent à rejeter l’échec sur un pseudo-ultralibéralisme qui n’existe même pas aux US.

            Pour le moment, le libéralisme des liberttariens n’est qu’une idée, une hypothèse sur la société idéale. Et avant tout une voie à suivre pour aller vers l’efficacité en se détachant d’un étatisme et un collectivisme qui ne mène nulle-part sauf au mur.

            • Pour avoir un « champion » , attendre un « sauveur » il faut être de droite je suppose : « Merci Niiiicolas » , « Mariiine » … affligeant …

              Quand à ton socialisme qui nationalise pas : c’est plutôt un socialisme curieux…en France il s’est arrêté en 1983.

            • Droite / Gauche ne signifie pas grand chose : il s’agit surtout de 2 systèmes clientélistes différents. Les penseurs libertariens placent leurs idées sur un autre axe pour s’en distinguer : celui de la liberté par rapport à la régulation.

              Les libertariens considèrent les politiciens (actuels) comme des menteurs, des opportunistes et des proffiteurs. Y compris les Madelins ou autres qui peuvent se revendiquer libéraux.

              Les socialistes n’a pas besoin de nationnaliser pour faire du socialisme et enfoncer l’économie. Il suffit de produire des fonctionnaires inutiles et redondents de règlementer dans tous les sens et d’augmenter les taxes. Quand le coût du travail et la difficulté d’entreprendre atteignent des sommets, il n’y a plus de productivité, l’économie parallèle se développe, l’impot ne rentre plus et le système s’écroule.

            • Ben si le socialisme correspond à la nationalisation alors que le social-libéralisme tente d’adapter les citoyens au libéralisme tout en luttant contre la pauvreté : donc taxes, éducation nationale , sécu , ect… contrairement au monde merveilleux du « tout payant » de la volonté libérale rigoureuse .

            • J’ai longtemps défendu l’éducation Nationale (car je croyais à sa mission de former des esprits ouverts et de futurs travailleurs compétents quelles que soient leurs origines) et toléré les taxes et la sécu (car je crois qu’une redistribution est indispensable pour assurer l’intégration de tous).

              Ce n’est plus le cas : l’éducation Nationale se transforme en usine de bourrage de crânes et atteint des sommets d’inefficacité. La redistribution est clientéliste et également inefficace car elle favorise la mentalité d’assisté.

              Le tout-payant n’a pas pour but d’engendrer des proffits mais de responsabiliser les gens en les incitant à ne consommant que ce dont ils ont besoin : exemple simple pour la sécu dont le principe encourage les consultations inutiles et l’abus de médicaments.

              D’une façon générale, l’important est la liberté de chacun et la limitation ou plus exactement le bornage de la dépense publique. L’impot doit être le plus simple possible, figé et limité à un niveau concurrenciel par rapport aux autres pays et compatible avec son efficacité (trop d’impot tue l’impot). L’impot doit servir à assurer la sécurité des citoyens : cette définition peut à mon avis être très large et inclure beaucoup de choses comme la santé et l’éducation. Mais l’arbitrage des dépenses doit se faire sur une enveloppe fixe et sur le principe de la sécurité et nom du partage, de l’égalitarisme ou de l’intervention dans l’économie qui n’ont pas de sens. N’oubliez pas qu’on ne sort pas les gens de la pauvreté en leur donnant des poissons mais en leur apprenant à pêcher (ou en leur prétant de quoi acheter un filet).

        • C’est pourtant bien ce que la société de consommation propose – la première valeur , l’argent , pour accéder aux autres valeurs – et croire qu’il en sera toujours ainsi me semble un brin fataliste.
          Et pour ceux qui n’en ont pas (ou très peu) , il reste quoi ? : le nationalisme ? L’intégrisme ? Qui passent leur temps à dénoncer notre monde décadent ou beucoup sont capables de réciter leur programme télé sans avoir lu un livre depuis une bonne dizaine d’année ?

          C’est entre autres parce le père de famille « préfèrera passer du temps avec ceux qu’il aime » que l’idéal libéral basé sur une logique de profit immédiat et non les sentiments qu’il ne peut pas fonctionner correctement.
          C’est un peu comme le socialisme que tu dénonces en fait : faire passer l’être humain pour ce qu’il n’est pas , ni un être communautaire parfait ni un être parfaitement logique sans sentiment.

          Merci d’avoir répondu.

          • Baptiste Creteur
            29 mars 2014 at 19 h 49 min

            Le libéralisme est, comme je le mentionne en introduction à mon article, souvent caricaturé. Les libéraux ne pensent pas que l’individu est parfaitement rationnel ; voir, à ce sujet, Mises une fois de plus.
            L’action humaine répond à quelques principes mais chaque individu agit en fonction de ses préférences – si tant est qu’on le laisse choisir.

            Comme indiqué dans l’article, les libéraux adoptent une vision de long terme, tout l’inverse du profit immédiat. Justement, les sentiments ont un rôle prépondérant ; ils font partie des « préférences » propres à chacun et qui motivent son action. Le libéralisme, c’est simplement laisser les gens choisir et agir comme bon leur semble tant qu’ils respectent autrui.
            Si le père de famille veut passer du temps avec sa famille, la liberté le lui permet. Elle lui permet aussi de travailler plus. Ses choix lui appartiennent, leurs conséquences aussi.

            On peut déplorer la préférence pour la télévision plutôt que la lecture, l’ignorance commune et la crédulité. Mais il ne faut pas oublier que la culture et l’éducation sont prises en charge par l’État, et que les médias sont massivement subventionnés.

            La société de consommation n’est pas, comme on le pense souvent, le rêve mouillé des libéraux ; ils se concentrent plutôt sur la production, à l’inverse des keynésiens. Le corporatisme et le capitalisme de copinage d’aujourd’hui sont bien loin d’un quelconque idéal libéral…

          • @navyh

            « C’est pourtant bien ce que la société de consommation propose – la première valeur , l’argent , pour accéder aux autres valeurs […] que l’idéal libéral basé sur une logique de profit immédiat »

            Encore ces poncifs ridicules que ne cessent de rabâcher les collectivistes pour discréditer les libéraux. Quand dans le débat on fait dire à ses détracteurs autre chose que ce qu’ils disent, on a perdu le débat avant même de le commencer.

            Aucun libéral ne dit que l’argent est la valeur fondamentale et donc le profit le but à atteindre. Ce que les libéraux disent c’est que chacun doit pouvoir décider de quelle sont ses valeurs et donc ses buts librement.

            Pour certain bouddhistes, le but est de vivre en ascète et en paix avec les autres. Grand bien leur en face. Pour d’autre c’est la vie familiale. Tant mieux pour eux. Etc. Aucun libéral ne contestera que la coopération, le don, la solidarité, ou que sais-je encore, puissent être des valeurs. Nombre même diront que ces valeurs sont très bonnes. Ce que les libéraux contestent c’est au prétexte que vous avez des valeurs et des objectifs qui en découlent, quels qu’ils soient, vous puissiez contraindre les autres à les suivre alors que ce n’est pas les leurs.

            Vous ne valorisez pas l’argent et le profit n’est pas votre objectif? Très bien, personne ne veux vous forcer à vivre selon ces valeurs. Personne ne vous oblige à aller travailler pour recherche le revenu le plus élevé possible, ni à aller consommer dans les magasins que vous exécrez. Pourquoi diable voulez-vous interdire à d’autre d’avoir cette valeur et cet objectif et/ou les forcer d’en suivre d’autres qui seraient les vôtres? Seriez-vous d’accord que je vous force à suivre mes valeurs et que je vous contraigne à user de votre corps, de votre effort et de vos ressources qui en découlent, bref de votre temps de vie, dans ce sens? Non? Alors cessez de prétendre à vouloir imposer aux autres vos valeurs. Si une personne prétend vivre selon ses propres valeurs, elle doit alors concéder aux autres la même chose. Si vous considérez que vous êtes votre propre fin avec vos propres objectifs, vous devez concéder que les autres sont également leur propre fin, et ne pouvez les utiliser comme des moyens pour atteindre ces fins, même si votre fin est une fin morale à laquelle vous voudriez que les autres satisfassent par leur comportement. La première leçon du libéralisme c’est la réciprocité Kantienne.

          • Quelle brouette de clichés. Tout y est. Les profits immédiats, la consommation, l’argent, etc.
            La caricature même des slogans anti libéraux, chargés de faire peur dans les chaumieres.
            Si vous alliez voir, par vous même, en homme libre et responsable, ce qu »est réellement la philosophie du libéralisme en lisant vous même des ouvrages écrits par les grands penseurs libéraux, au lieu de nous ressortir des expressions toutes faites qui ne reflètent, ni de près ni de loin, le libéralisme ?

        • La charité, l’empathie, ce ne sont que des qualités liées à la présence de neurones-miroirs, je sais c’est pointu mais évidemment quand on ne fonctionne qu’avec des idées moyen-âgeuses.

        • « des trucs religieux moyenâgeux comme la charité »

          1) je ne vois pas ce que la charité a de liberticide ou de rétrograde. C’est la charité qui pousse les catholiques (et pas qu’eux) à s’occuper, soutenir ceux dont personne ne se préoccupe.

          2) le moyen-âge (qui a duré mille ans) est loin d’être rétrograde sur bien des points par rapport à notre époque contemporaine.

          Bref, cela vaut le coup d’aller au delà des clichés, mais cela demande un effort…

  • Un magnifique article, M. Créteur. Merci !

  • Stratégies libérales : galet poli, pierre qui roule ou caillou pointu ?
    Sans oublier la roche tarpéienne pour y balancer les socialauds.

  • A lire citoyen, on s’imagine aisément son fantasme : les libéraux sont incapables d’éprouver la moindre empathie ou la moindre compassion pour les autres. Ils voient les libéraux, non pas comme des Hommes qui respectent fondamentalement la nature humaine, celle qui nous distingue de la nature animale, c’est à dire la faculté de choisir consciemment entre plusieurs options, mais comme des Hommes égoïstes.
    Il ne se rend pas compte, dans ses délires collectivistes que seuls les libéraux sont les véritables humanistes, laissant chaque être humain au centre de son propre univers qu » il crée en permanence grâce à la liberté.
    Les collectiviste s a la sauce «citoyen» nient l’Homme et son humanité, ce sont les plus anti humanistes car ils refusent à chaque être humain d’être le centre de son propre univers et ils nous voient comme des fourmis dans une fourmilière.

    Les libéraux ne sont pas égocentres, ils sont individualistes.

  • Pour reprendre une citation prise sur une des affiches du Collectif Antigone, « La plus petite minorité dans une société c’est l’individu».
    Comment respecter la societe si on ne respecte pas avant toute chose l’individu ?

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