De fortes volontés d’indépendance en Europe

Nous assistons aujourd’hui à la crise des États-nations dans nos démocraties dites libérales.

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De fortes volontés d’indépendance en Europe

Publié le 28 mars 2014
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Un spectre hante encore l’Europe mais il ne s’agit plus du communisme qui, il y a un siècle et demi, nous venait de Marx et Engels. Il s’agit du spectre de l’indépendance, directement issu de la crise de l’État-nation.

Par Carlo Lottieri, depuis l’Italie.

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Il n’est guère surprenant que la Ligue du Nord ait rassemblé des signatures pour demander que les Vénitiens puissent s’exprimer sur l’hypothèse d’une Vénétie indépendante. Au-delà du caractère électoral de la chose, et du fait que la Ligue s’occupe bien davantage de l’immigration et de l’Euro que des thèmes indépendantistes, il n’en demeure pas moins que la « question vénitienne » existe dorénavant, étant donné qu’a été déposé au Conseil régional un projet de référendum pour l’indépendance (avec comme premier signataire Stefano Valdegamberi, élu UDC) et qu’il existe un véritable bouillonnement pour réclamer « le droit de vote » sur cette question.

Au-delà du résultat dans ce dossier précis, une chose est claire : de différents points de vue, 2014 s’annonce comme une année de remise en question de la pérennité des États du Vieux continent, dans lesquels la présence de mouvements politiques indépendantistes sérieux est en train de produire des résultats significatifs. Les institutions qui caractérisent l’Europe sont issues d’une époque et d’une culture depuis longtemps révolues. Personne n’est plus en mesure de tirer grand-chose d’intéressant des écrits de Giuseppe Mazzini et l’existence d’une nation qui transcende chacun de nous, comme si elle était « objectivement reconnaissable », est une idée de moins en moins défendable. Les mythes du XIXe siècle ont fait leur temps, d’autant que les États sont confrontés à de graves difficultés financières. La délégitimation de la rhétorique nationaliste coïncide donc avec la crise des budgets publics.

Ajoutons qu’il s’agit désormais d’un processus établi : si l’on considère les 49 États qui composent aujourd’hui l’Europe, 27 ont été constitués au 20e siècle, et presque à chaque fois en faisant suite à un processus de séparation progressive. En 1901, ni la Finlande, ni l’Irlande, ni la Norvège ni même la Croatie, la Slovaquie ou l’Estonie n’existaient. La naissance de réalités institutionnelles de taille réduite est désormais la norme, et pas uniquement en Europe, notamment parce que les entités institutionnelles minuscules sont en général mieux administrées et la qualité de vie y est meilleure.

Si la seconde moitié du XXe siècle a vu la désintégration des institutions socialistes de l’URSS et de la Yougoslavie, nous assistons aujourd’hui à la crise des États-nations dans nos démocraties dites libérales, qui ne peuvent plus nier aussi facilement aux populations qui les composent le droit de vote et la possibilité de s’exprimer sur des sujets comme leur drapeau ou n’importe quoi d’autre.

Les forces centrifuges se retrouvent un peu partout. En Bavière, il existe un véritable ferment indépendantiste, distinct tant de la CSU que de la CDU de Mme Merkel. Ce même désir d’indépendance et de gouvernement autonome se retrouve dans certaines régions françaises comme la Corse, la Savoie ou la Bretagne mais aussi de nombreuses régions italiennes.

Les dernières élections en Sardaigne, par exemple, ont vu une progression significative des mouvements indépendantistes, que le système électoral n’a pas pu totalement occulter. Des forces authentiquement indépendantistes sont encore plus visibles dans le Tyrol du Sud, à Trieste ou d’autres régions italiennes, y compris du sud. Comme on l’a dit, la Vénétie est un creuset mais le mouvement commence à se déplacer, même en Lombardie, région la plus pénalisée au monde par les mécanismes de péréquation puisque, si l’on considère une famille de quatre personnes travaillant dans la région, elle doit payer 20.000 euros par an pour le simple fait de faire partie de l’Italie. C’est le coût de l’unité et de plus en plus de citoyens lombards s’en rendent compte.

En Europe actuellement, trois régions sont particulièrement tendues de ce point de vue et 2014 pourrait constituer une année charnière. Il s’agit de la Flandre, de l’Écosse et de la Catalogne, chacune dans une situation de transition politique cruciale. Les trois dates à retenir sont le 25 mai en ce qui concerne la Flandre, le 18 septembre pour l’Écosse et le 9 novembre pour finir sur la Catalogne.

En Flandre : des élections pour dire au-revoir

En Belgique, la date clef est de nature traditionnelle, ce qui explique qu’une partie de l’Europe n’ait pas conscience de ce qui agite actuellement la petite monarchie du centre du continent. En effet, il ne s’agit pas d’un référendum mais simplement du renouvellement classique des organes représentatifs, comme cela se fait partout, et qui coïncidera avec les élections européennes. Ce jour-là, les Belges devront en effet non seulement élire les députés européens mais aussi renouveler tous les organes de leur système fédéral complexe (et assez baroque).

Les sondages prédisent un succès retentissant du principal parti séparatiste flamand, la NVA (Nouvelle alliance flamande) dont le projet vise en fait la dissolution de l’unité belge. Dans les dernières années, ce parti a connu une progression électorale étonnante, qui, par la conquête de la ville d’Anvers, est en passe de devenir la première formation politique du pays. En lieu et place de la configuration actuelle, on aurait une confédération très légère composée de la Flandre et de la Wallonie, première étape avant la dissolution de la Belgique dans le cadre institutionnel européen.

La situation est assez claire. D’une certaine manière, nous sommes déjà engagés, et même si nous ne savons pas combien de temps prendra le processus, nous en connaissons déjà la fin. Traditionnellement dominée par la partie francophone, la Belgique se caractérise aujourd’hui par une très forte majorité flamande et, de surcroît, un déséquilibre économique qui voit les néerlandophones fortement désavantagés par rapport aux francophones au sein du système de redistribution. Il n’est donc guère surprenant que la communauté flamande supporte de plus en plus mal que la communauté wallonne reçoive continuellement plus qu’elle ne contribue.

L’indépendance flamande est débattue depuis longtemps mais les formations qui avaient mélangé cet enjeu à d’autres aspects plus populistes (notamment sur le thème de la lutte contre l’immigration) n’ont jamais réussi à atteindre un véritable consensus, lequel a été atteint par le mouvement flamand plus modéré, la NVA, de centre-droit, avec des résultats électoraux de plus en plus significatifs.

Après des décennies d’un système politique double (avec un parti socialiste wallon et un flamand, un parti libéral wallon et flamand, et ainsi de suite), la Belgique va devoir composer avec un parti majoritaire bien décidé à quitter le royaume. Il est impossible que cela n’entraîne pas de conséquences.

En Écosse : des indépendantistes de gauche

Le cas écossais est assez différent, étant donné que dans le cadre britannique, l’Écosse est une petite réalité, tant sur le plan de la population que de celui du poids économique, par rapport à l’Angleterre. En outre, l’acteur principal du processus indépendantiste est, dans ce cas, non pas une formation de centre-droit mais de centre-gauche. Le Parti national écossais (Scottish National party) d’Alex Salmond, demande l’indépendance mais aussi largement l’application des thèses économiques du parti travailliste.

rlh - independanceUne chose reste cependant extraordinaire dans le cas écossais. Quel que soit le résultat, nous allons assister le 18 septembre à Glasgow et à Edinbourg, à un traitement pacifique par les urnes car la population est appelée à décider quant au fait de demeurer au sein du Royaume-Uni ou de constituer une Écosse indépendante. De la même manière que les Québécois ont été appelés par deux fois à se prononcer sur cette question, on voit bien ici la tradition anglo-saxonne de respect des libertés, qui a conduit Londres à signer un accord avec le gouvernement écossais afin de s’assurer que la question séparatiste soit réglée le plus simplement du monde, c’est-à-dire par le vote des citoyens.

Le résultat n’est toutefois pas évident. Sur le plan économique, alors que dans le cas de la Belgique, il ne fait aucun doute que l’unité pénalise les Flamands, les choses sont différentes pour l’Écosse. En faisant abstraction de la guerre des chiffres et malgré l’existence de pétrole extrait au large des côtes écossaises, il est raisonnable de penser que cette région, la plus pauvre du Royaume-Uni, est aussi celle qui a le plus bénéficié de la redistribution. Ce n’est toutefois pas une bonne raison pour ne pas profiter des bénéfices d’un gouvernement autonome et de la concurrence institutionnelle : l’Écosse pourrait ainsi se donner des règles (notamment fiscales, sur le modèle de l’Irlande), qui lui permettrait un grand développement, ainsi que la protection de son identité historique et culturelle.

En Catalogne : le tournant

Le cas le plus intéressant et crucial, à bien des égards, est le cas catalan. L’Espagne constitue un modèle historique de l’État-nation. La revendication catalane combine des enjeux économiques et culturels et doit composer avec le nationalisme de Madrid.

Si l’indépendantisme flamand est plutôt de droite et l’indépendantisme écossais plutôt de gauche, à Barcelone, cette revendication épouse l’intégralité du spectre politique. La formation peut-être la plus déterminée est l’Esquerra Republicana de Catalunya, à gauche, mais la position la plus centrale est celle de Convergencia i Unió du Artur Mas, de centre-droit, traditionnellement pour l’autonomie et désormais décidée à faire de la Catalogne un État indépendant au sein de l’Europe.

Le problème est qu’entre Madrid et Barcelone, on assiste à un véritable bras de fer. Alors que David Cameron et Alex Salmond n’ont eu aucune difficulté à signer un accord qui fixe une date et le contenu du référendum, il n’existe rien de comparable en Espagne entre Mas et Mariano Rajoy, premier ministre espagnol. En effet, l’enjeu n’est pas simplement catalan mais concerne l’unité espagnole dans son ensemble. Si les Catalans s’en vont, ils seront immédiatement suivis par les Basques et il existe encore d’autres forces centrifuges au sein du pays. De fait, l’Espagne deviendrait un État-nation en crise complète. Cette situation porte la possibilité d’une remise en question bien plus large au sein de l’Europe, en commençant par l’Italie.

La détermination catalane est admirable. Le parlement catalan, le Generalitat, a fixé unilatéralement au 9 novembre la date du referendum qui posera deux questions. La première a trait au maintien de la Catalogne dans le giron espagnol dans les conditions actuelles ou la proclamation de la Catalogne comme État indépendant. En cas de victoire de cette dernière option, la seconde question posée par le référendum est celle du maintien de l’État Catalan dans une Espagne redéfinie sur le modèle fédéral, à la manière de ce que demandent les Flamands, comme on l’a vu, ou de l’indépendance pleine et entière. Les sondages semblent plutôt prédire une victoire sur les deux tableaux avec à la clef, la séparation de Barcelone et Madrid. Or depuis Madrid, on fait tout pour empêcher les Catalans de voter.

Le choix de la date est intéressant. Mas a décidé de positionner le vote après celui de l’Écosse dont l’issue est incertaine mais aussi, et surtout, après la Diada du 11 septembre, grande fête populaire qui, en 2012 et 2013, avait réuni plus d’un million de personnes dans les rues, et qui célèbrera, en outre, le troisième centenaire de l’invasion espagnole et de la perte de l’autonomie catalane. De surcroît, la date du 9 novembre porte une signification particulière puisqu’il représente aussi l’anniversaire des 25 ans de la chute du mur de Berlin. On y voit donc la volonté d’inscrire ce référendum dans le cadre plus général et historique de la libération des communautés politiques de l’oppression des États-nations du XIXe siècle et de leurs dégénérescences autoritaires du XXe siècle.

L’Union européenne et le statuquo

Dans ce scénario général, les institutions européennes jouent un rôle important. D’une manière générale, les mouvements d’indépendance sont encouragés par l’Union européenne (et c’est compréhensible) qui estime, de manière très pragmatique, que ce sont des processus de séparation qui peuvent sembler moins traumatisants et dont il convient de ne pas empêcher l’évolution. Ces derniers jours, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a toutefois fait valoir que dans le cas où l’Écosse deviendrait indépendante, il n’est pas envisageable que son rattachement à l’Union européenne soit automatique. Elle devra en formuler la demande et suivre le processus usuel.

Pourquoi cette attitude ? C’est très simple. La désintégration des États-nations prend la direction exactement opposée à la construction européenne, d’autant que la configuration actuelle est celle d’États enclins à se soutenir mutuellement. Le processus remettant en question les États du XIXe siècle, s’il devait avoir lieu, dissoudrait les acteurs qui ont donné naissance à l’Union européenne. Les technocrates européens craignent plus que tout que le pouvoir se délocalise et que les villes et régions entrent en concurrence. Leur rêve est celui d’un continent uni et placé sous un pouvoir technocratique. Ils feront donc tout leur possible pour barrer la route aux Flamands, aux Écossais et aux Catalans, mais aussi à tous les autres qui seraient tentés de suivre leur chemin. C’est pourquoi aujourd’hui, la bataille pour la liberté se tient au sein des processus de déconstruction des États-nations comme en Flandre, en Écosse ou en Catalogne. Les gouvernements locaux de régions comme la Vénétie ou la Lombardie (lourdement pénalisées par les mécanismes de péréquation mis en œuvre par les gouvernements centraux) devraient agir en conséquence. Il n’y a pas de temps à perdre.


Sur le web. Traduit depuis l’italien par Victoria Melville pour Contrepoints.

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  • Votre diagnostic est parfait :
    -à un excès (la mondialisation, le mélangisme à outrance, la dissolution des nations dans des ensembles pervers comme l’UE) répond un autre excès : le morcellement.

    C’est un mouvement de balancier.

    -le processus est rehaussé par deux facteurs : l’état, dépensier, est devenu l’ennemi. Il faut donc le casser. Et il n’y a plus de sentiment d’appartenance à un groupe en raison de l’hystérie mélangiste des bruxellois européeiste depuis 40 ans.

    A force de vouloir casser l’idée de « nation », de communauté homogène (culturellement, historiquement, religieusement, ethniquement) eh bien il ne faut pas s’étonner de voir émerger ces volontés de se retrouver « entre soi ».

    En revanche, et contrairement à ce que vous pensez, ce processus est très sain.

    Il y’ a eu trop d’excès en 40 ans de fanatisme bruxellois fédéraliste. Le corps social génère donc ses propres anticorps. Il faut en finir avec cette contamination des esprits.

    Donc vive les petits états, aux moyens modestes (pour rassurer les libéraux que nous sommes) et homogènes.

    Vive ces états régions libres et indépendants !

    A bas la dictature européeiste bruxelloise !

  • étant donné que les séparatistes sont en grande majorité des néo nazis, royalistes, marxistes, identitaires, alter mondialiste, fasciste de gauche comme de droite, j’ai un doute incroyable dans la capacité de ces futurs états à avoir une existence économique politique et sociale stable.

    cela se traduira nécessairement par des spread de taux dégueulasse et l’incapacité pour ces états de s’endetter. et comme ils veulent tous abandonner la monnaie de leur pays, ils ne pourront que dévaluer, et se retrouver aussi pauvre que les vénézuéliens.

    Bien sur tout cela est sans compter les déficit courant des comptes publiques régionaux, des retraites à payer, des dettes à faire rouler, etc.

    si une bande de joyeux drill un peu benêt veulent m’offrir des vacances à -90% par rapport à mes euros, je saute à pieds joint ! qu’ils se barrent, qu’ils se battent entre eux.

    tous ceux qui ont la naïveté de croire que ces état seront plus libéraux que ne l’est leur nation actuelle se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’anus.

    très très bon article, cela étant dit. merci

  • L’article « oublie » une des composantes majeure des forces centrifuges en action dans l’UE. C’est l’Europe dont le pouvoir et les compétences ont été transférées des Etats Nations vers l’UE. Vidés de leurs puissances et donc de leur réalité les Etats nations faisaient ciment, désormais plus rien ne s’oppose aux forces d’éclatement qui ont toujours été présentes. Ajouter une UE dont le leitmotiv est la promotion de « l’Europe des Régions » synonyme d’affaiblissement des Etats centraux.

  • totalement à coté de la plaque:

    l’auteur nous dit que l’état nation est en crise, alors que c’est l’état providence qui est en crise . la plupart des régions qui réclament leur indépendance le font car elle en ont mare de payer pour les fainéant qui sont à l’autre bout du pays.
    le régionalisme est une marque de décadence et de régressionnisme d’une société déboussolé par la fin du système européen, des idéologues cherchent à faire revenir leurs  » concitoyen  » vers un age d’or revé, ou tout le monde allaient à l’église en parlant son patois régional. ce n’est pas l’avenir de l’europe, mais son tombeau…

    • Qu’est-ce que vous en savez ?
      L’État nation est une invention récente datant de la révolution industrielle. Pourquoi ce serait l’horizon indépassable pour l’éternité ?
      Pourquoi le régionalisme serait une décadence ?

      • quand on part d’un point A pour aller à un point B, pour ensuite revenir au point A, on peut appeler ça un retour en arrière, ou aussi une décadence…

        les chinois aussi au 19ième siècle voulaient retourner en arrière, on voit ce qu’il en ait advenu : 1 siècle de misère et de perte de temps. je doute fort qu’ à l’heure actuelle, ils souhaitent revenir au moyen-age…

        vous souhaitez que les états nations se scindent en plusieurs entités régionales ? et comment allez vous arreter le partage ? si la bretagne se scinde à nouveau en plusieurs entités concurentes parce que les villes de brest ou de vannes ne s’entendent pas et désirent retrouver leur indépendances ? j’imagine à peine le merdier, il faudra réssusciter Du guesclin …

        à l’heure actuelle, la crimé vient de signer son adhésion à la nation russe, et dans le mème temps, les européens veulent en revenir à leur région ! et pourquoi ? parce qu’ils ne veulent pas donner leur sous à leurs voisins: jalousie et mesquinerie ! il y a 100 ans bientot, c’est leur sang que vos ancétres se préparaient à donner à leur pays: c’est bien ce que je dit, DECADENCE !

    • l’auteur nous dit que l’état nation est en crise, alors que c’est l’état providence qui est en crise .

      Ne serait pas le fait que l’état providence soit en crise d’obésité dictatoriale qui induit ces crises dans les états nation ❓
      La réponse de Barroso est-elle la meilleure pour l’Europe ❓

      Pour le reste, il est clair que ce sera l’occasion d’aller faire du tourisme à bon prix …

  • « La désintégration des États-nations prend la direction exactement opposée à la construction européenne ». Elle me parait complémentaire. Les métropoles-régions n’ont plus besoin de cet échelon politique inutile que l’Etat puisque l’Europe est là qui prend sa place.

    Vivement un grand championnat de football européen qui remplace la bâtarde Ligue des champions, comme un symbole fort et « tangible » de cette nouvelle réalité. Lorsque la Catalogne (Barcelona) sera séparée de la Castille, il sera vite temps d’y penser !

  • Je pense aussi à la possible émergence des cités-états comme Singapour…Et d’autres qui trouveraient avantage à cette organisation étatique comme par exemple Marseille…

  • Marrant, sans être politicologue mais un citoyen très au fait des agissements (insensés) au sein de l’U.E., j’avais observé dès les années ’90s ce double mouvement paradoxal. Soit :
    – un « effet centrifuge (par Traités & directives) ET – un « effet centripète inverse ». Pourquoi ?

    1) le besoin identitaire des citoyens d’Etats-Nations, que les organes de l’U.E. tendent à nier, tandis que ces mêmes politico-bureaucrates l’admettent forcément p.ex. en ce qui concerne les … immigrés.
    Ah , une forme de discrimination ? Ben oui, suivez les agissements des autres organes : ceux du Conseil de l’Europe à Strasbourg et leurs diktats dits « droits fondamentaux » ! Projetez-en les conséquences !
    2) Analysez la multitude d’aspirations et revendications contradictoires au sein du Comité des Régions de cette même U.E. (sans compter avec le Comité économique & social …)
    3) De façon plus globale, voyez ce qui se passe depuis la chute du Mur de Berlin : un Monde multi-polaire s’est affirmé en lieu et place d’une bipolarisation URSS – Occident antérieure. Acteurs multiples & globalisation. Dans le même temps, au lieu de se réformer en profondeur afin d’actualiser ses structures et processus juridiques et opérationnels, l’U.E. s’est lancée tête baissée et aveuglément dans un élargissement sans bornes culturelles ! Dogmes imbéciles plutôt que du pragmatisme !
    4) Les Etats membres se rendent compte de l’inefficacité des institutions « supra » : ONU, U.E., ALENA, MERCOSUR, etc. D’où une tendance à vouloir reprendre poliment ses billes = subsidiarité à l’oeuvre !
    5) Les mêmes sont confrontés à une crise sans pareille, là où l’U.E. confirme son incapacité à régler les questions socio-économiques fondamentales pour 500.000.000 de gens : accroître leur bien-être, plutôt que de jouer la tâche d’huille sur un océan étal ! Dans tout ceci, l’option purement politicienne de lancer l’euro a rigidifier le fonctionnement externe, sans résoudre foncièrement les problèmes économiques parmi la disparité des structures d’Etats hétérogènes… L’U.E et sa « solidarité » (sic) mène paradoxalement à un nivellement par le bas ! Ce faisant elle exacerbe les tensions entre citoyens. La corruption des pouvoirs publics y a pris (discrètement) une ampleur sans pareil. Mais, motus !!!
    6) Ceci à cause de ses orientations dogmatiques, essentiellement d’inspiration SOCIALISTE ( tant par les mouvements des composantes PSE que les ailes gauches du PPE, sans omettre les EELV ou gauches radicales qui constituent des pis aller )…
    7) Enfin, face à la monté de la CHine et autres émergents, plus les clans islamiques mondiaux, l’U.E. paraît comme un nain décisionnel en dépit de la masse des 500.000.000 que nous sommes !
    Donc oui, l’U.E. est bel et bien devenue un gigantesque usine à gaz. Elle doit éclater et ? renaître autrement ?

    • Quelques précisions tout de même:

      1) L’UE n’a aucun pouvoir en matière d’immigration mis à part l’égalité de traitement entre les citoyens des pays membres et l’espace Schengen. Sur ces points ça me semble plutôt être une avancée pour le libéralisme : si votre diplôme est valide dans votre pays pourquoi ne le serait-il pas dans un autre? Surtout que ça ne met pas en danger la politique migratoire, car en effet vous pouvez aller dans n’importe quel état membre, mais pour bénéficier des politiques sociales de cet état il faut travailler (et pour travailler vous devez parler la langue, je parle par expérience 🙂 )
      Ensuite les décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne sont pas ‘binding’, libre aux états de les suivre ou pas (d’ailleurs certains ne s’en privent pas). D’autre part j’ai plutôt l’impression que le bilan est plutôt positif mais après je ne connais pas toutes les décisions de cette cour.

      3) Vous ne pouvez pas considérer l’UE sans considérer les Etats membres, même si l’UE a vu ses compétences s’accroître, elle n’en reste pas moins soumise aux désirata de ses membres. C’est d’ailleurs pour ça que la Turquie ne fait pas encore (et ne fera jamais) partie de l’UE. Concernant les Etats membres quels sont ceux qui culturellement ne sont pas compatible avec les autres?

      4) Vous ne pouvez pas mettre toutes ces institutions sur le même plan, elles n’ont pas les mêmes compétences, ni les mêmes structures: quand l’ALENA est purement économique, l’UE a une très large composante politique…

      5) Tout à fait d’accord (depuis peu) sur l’euro: c’est super pratique, mais d’un point de vue économique c’est une abération. Par contre pourriez-vous développer le nivellement par le bas?

      Sinon pour revenir au coeur du sujet, je ne suis pas sûr que le morcellement des Etats nations soit forcément un bien. Rien ne dit que les nouvelles entités soient mieux gérées que ceux-ci, sans parler des problèmes que soulève un trop grand morcellement. Ceci dit, si les gens veulent leur indépendance, il serait débile de leur refuser quand d’un autre côté on vante les mérites de la démocratie occidentale et qu’on fustige les Etats un peu dur avec leurs régions séparatistes.

      Pour rebondir sur le propos de The Wolff, il serait intéressant de voir les similitudes entre le referendum écossais et le referendum sur la sortie de l’UE (qui me semblent liés)…

  • Je pense que tout cela n’est du qu’à la situation économique. Les choses ne vont pas, et dans ces cas là on se dit toujours que c’est de la faute des autres, et donc, la solution, c’est de se débarrasser d’eux. C’est la même chose avec l’immigration, la France en va pas bien, c’est à cause des sans papiers qui volent le pain du français valeureux, expulsons les.

    De fait, fonder sur des principes délétères, ces indépendantismes sont ridicules.

    Et je suis d’origine catalane…

    • Votre rhétorique sur l’immigration est complètement obsolète, elle sens les années 80.

      Entre 1970 et 2013, la population en age de travailler est passée de 22 à 30.5 millions (+27%). L’emploi salarié lui a augmenté de 21,5 à 26,3 (+22,3%).

      Malgré ces statistiques confirmée chaque année par l’Insee (l’offre de travail évolue moins vite que la demande), l’oligarchie a décidé pour des raisons autre qu’économiques qu’il fallait tant d’immigration, alors qu’il en fallait moins, et certainement pas une immigration démographique (rapprochement familial) mais purement économique (compétences).

      Les faits sont têtus…

      • Mais quel rapport? Vous répondez totalement à coté, et votre phrase sur les années 80 n’a aucun sens. J’ai 24 ans. Faites votre calcul.

        D’autre part, étant moins même à moitié catalan, de par ma mère, je sais très bien ce qui se passe en Catalogne depuis quelques temps. Ma famille est là bas. Et oui cette nouvelle poussée d’indépendantisme est largement basée sur la pensée que, si ça ne va pas, c’est à cause des autres, de ces sales espagnols qui nous empêchent d’avancer, et qu’il faut donc se débarrasser d’eux, car sans eux, tout ira mieux. Dans tout ça, nulle remise en question de ses propres défaillances, l’autres est responsable d’absolument tout. C’est le même problème qu’avec l’immigration, quand on accuse les immigrés de tous les maux pour échapper à nos propres responsabilités. En Vénétie, même problème. Puisque ça ne va pas, on se sépare des autres, parce que le problème ne peut pas venir de l’intérieur.

        A noter quand même que pour la Catalogne, il y a quand même aussi une part de responsabilité de l’état espagnol, qui s’est souvent défoulé en lui infligeant des brimades, notamment financières, ridicules et excessives, sans parler des vexations politiques et médiatiques diverses et variées. Je suis moitié catalan, mais aussi moitié andalou, et l’Andalousie s’est trouvée largement financée par la Catalogne, multipliant les gestions désastreuses, mais sans se soucier de qui paye, puisque c’était les catalans.
        Il faut aussi noter que le problème est double en Espagne, puisque si les catalans considèrent que c’est de la faute de l’Espagne, les espagnols considèrent aussi que les catalans et les basques sont également responsables de bien des maux en estimant qu’ils ne crachent pas assez au bassinet.

        Bref, l’Espagne est dans une problème bien épineux, puisqu’il s’agit d’un dialogue de sourds entre gens qui estiment que la remise en cause est exclusivement destinée aux autres.

        Quant à moi je trouve ces histoires d’indépendantisme ridicule. je ne suis pas moitié catalan, moitié espagnol. Je crois que vous avez mal compris mon propos sur les immigrés, en le prenant au premier degré sans saisir l’ironie.

  • Le problème de l’occident, c’est qu’on fait croire aux citoyens qu’ils sont libres dans un système démocratique, alors qu’ils sont esclaves d’un système collectiviste

    Malheureusement la majorité des citoyens, si il se disent que quelque chose ne tourne pas rond, n’ont pas les clés pour comprendre que le collectivisme et le mondialisme sont les deux mamelles des maux qui les accables.

    Ils blâment les dirigeants, et rarement le système, parce qu’il est suffisamment élaboré pour leur faire croire qu’ils en sont les maitres (ie toute la rhétorique sur le droit de vote, et la « démocratie en danger »).

  • Depuis des siècles, on a assisté à une aspiration volontaire ou forcée des « nations régionales » par un état central, d’abord confédéral, puis évoluant au fil des ans vers un état fédéral et fortement centralisé. C’est d’ailleurs ce chemin que prônent aujourd’hui certains pro-européens, l’Europe étant destinée, selon eux, à devenir un nouvel état « super fédéral ». Pourquoi ne pas militer au contraire pour un retour au système des « nations régionales » associées librement dans des confédérations de leur choix ayant pour seule compétence déléguée à l’état confédéral le règlement des questions supra nationales. Tout en sachant qu’aucun état ne peut être complètement autonome, ne serait-ce qu’en matière de défense ou de commerce, il faut quand même constater que les ressortissant de la Confédération helvétique ne se plaignent pas trop de leur système.

  • La logique veut, que les peuples essayent d’être reconnus pour ce qu’ils sont. Les peuples les plus chanceux qui bénéficient déjà _ Ecosse, Bavière ect_ d’une certaine reconnaissance et donc, d’une certaine autonomie, ne voient plus d’intérêt de rester sous la tutelle de leur « mère patrie plus ou moins fédérale » mais par soucis de rationalité tendent à devenir directement des états européen fédéré à Bruxelle. C’est logique et plutôt sain.

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Par Marc Deffrennes et Samuele Furfari[1. Hauts fonctionnaires retraités de la Commission européenne (Direction générale de l’énergie) Ingénieurs, Responsables respectivement de weCARE et de la SEII].

Une politique énergétique équilibrée doit reposer sur trois piliers :

La sécurité de l’approvisionnement. Une saine économie. La protection de l’environnement.

 

Cet équilibre est au cœur des actions de weCARE et la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels, à savoir : promouvoir un mix énergétique fiable, abor... Poursuivre la lecture

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