La désinformation par l’Éducation nationale

Les principes fondateurs de l’Éducation nationale ont été progressivement dévoyés, générant une multiplicité d’échecs.

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La désinformation par l’Éducation nationale

Publié le 23 mars 2014
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Par Johan Rivalland.

Les ouvrages abondent sur le sujet depuis un certain nombre d’années. Dans le prolongement de mes deux articles sur Vladimir Volkoff, présentation de l’un des ouvrages de sa collection sur la désinformation, par Christine Champion.

Dans le cadre de la collection sur la désinformation tout juste initiée par Vladimir Volkoff, mais interrompue par sa disparition en 2005, Christine Champion s’attèle, dans le présent essai, à l’étude de l’Éducation nationale, sujet on le sait inépuisable.

Après un constat éloquent, l’auteur revient aux sources doctrinales, remontant à cette fin aux philosophes des Lumières, en particulier Jean-Jacques Rousseau, chantre d’un égalitarisme dont on a beaucoup de mal aujourd’hui encore à se départir.

Selon le célèbre philosophe, l’idéal consisterait à renoncer à l’éducation familiale afin d’éviter les préjugés et se soumettre à l’institution. Lui-même aurait, peut-on le rappeler, abandonné ses propres enfants aux « enfants trouvés ».

Or, comme le dit Christine Champion, « même si cet auteur n’est plus guère pris au sérieux par certains universitaires, il inspire encore les niveaux primaire et secondaire, ainsi que la structure même du système éducatif français ».

L’Éducation nationale, ou l’histoire d’un dévoiement progressif

Dans la première partie de l’ouvrage, c’est à un itinéraire très intéressant que nous convie l’auteur, de Ésope à Rabelais ou Montaigne, Condorcet, Voltaire et bien d’autres, s’attachant en particulier à l’étude des principes philosophiques des 19ème et 20ème siècles.

Puis, après Jules Ferry ou encore l’épisode des lois de 1905, c’est un rappel des lois du 20ème siècle (de Langevin-Wallon à François Fillon, en passant par René Haby et bien d’autres) et leurs effets qui nous est proposé.

Le décor est ainsi planté pour mieux faire comprendre au lecteur comment tant de principes ont mené au dévoiement d’une si belle institution, qui avait pourtant fait ses preuves depuis longtemps.

Les principes « égalitariste-élitistes », comme les prénomme l’auteur, sont ainsi responsables d’avoir transmis des préjugés aux familles en leur enseignant le mépris de certains métiers et « en voulant pousser tous les enfants vers les mêmes études générales ».

Les facteurs d’échec

La seconde moitié du livre établit ensuite le constat de la multiplicité des échecs, que la réforme Jospin de 1989 et le précepte de l’élève au centre du système, qui « doit être acteur de son avenir » ainsi que l’idée du professeur-médiateur, n’ont pas vraiment contribué à améliorer. Une critique forte de la massification et des méthodes d’enseignement qui lui sont sous-jacentes.

On peut toutefois à la rigueur regretter que le passage relatif à la désinformation par les manuels scolaires ne soit pas un peu plus développé, pour être plus fidèle à l’esprit volkovien, mais il me semble que cela devait être l’objet d’un autre ouvrage, si l’entreprise de Vladimir Volkoff n’avait pas été interrompue prématurément par la force des choses…

 Christine Champion, La désinformation par l’Éducation nationale, Éditions du Rocher, septembre 2005, 201 pages.

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  • « l’idéal consisterait à renoncer à l’éducation familiale afin d’éviter les préjugés et se soumettre à l’institution »

    Et voilà la cause fondamentale de l’échec : croire que rassembler certains d’entre eux dans une institution unique va, comme par miracle, dépouiller ceux qui enseignent de leurs préjugés. Alors qu’au contraire, l’existence d’un monopole de l’instruction en fait automatiquement le point focal de tous les conflits d’intérêts (dont peu sont à l’avantage des enfants eux-mêmes)…

  • « Je ne crois pas à l »éducation. Ton seul modèle doit être toi-même, ce modèle fut-il effrayant » (Einstein, peut-être bien).
    L’éducation, c’est une affaire Privée.
    S’il en faut, disons pour quantifier : à peine un peu, que cette éducation ne soit surtout pas « Nationale », c. à d. fonctionnarisée et politiquement orientée.

  • Concernant l’orientation politique des manuels scolaires, je ne pense pas que ce soit le point le plus inquiétant. De nombreux professeurs n’utilisent les manuels que pour les exercices et pour avoir des documents de référence. Cela ramène donc le problème à la neutralité du corps professoral.

    • Tout à fait d’accord sur les manuels.

      ‘Cela ramène donc le problème à la neutralité du corps professoral.’

      Ou à sa non-neutralité !

      Ce qui serait inquiétant, c’est le dogmatisme de l’institution et que l’éducation Nationale soit en mesure de transmettre une pensée unique. En revanche je trouve salutaire qu’un élève soit confronté successivement à des opinions orientées contradictoires de ses enseignants. Cela doit l’amener à réfléchir.

      J’ai eu pour ma part de ces professeurs dont les convictions politiques étaient bien connues des élèves avant même le début des cours. Savoir évaluer les sources d’information est aussi ou plus important que de disposer de l’information.

      On pourrait militer pour une parité de la pensée politique des enseignants, mais est-ce vraiment utile : il faut surtout prévenir les jeunes que l’enseignement est toujours orienté, qu’il doivent apprendre à penser par eux mêmes et à réfléchir à postériori sur la qualité de l’enseignement qu’on leur à transmis. De toute façon, l’inefficience de l’éducation Nationale pousse de plus en plus de jeunes vers l’enseignement privé (souvent catholique) où l’orientation est opposée

  • Le problème n’est pas de dépasser le carcan familiale, mais de développer une véritable autonomie et un sens des responsabilités. Hors l’éducation en France ne va pas dans ce sens: derrière les discours pompeux, c’est juste du bourrage de crane écolo-bobo : bio à la cantine, les OGM c’est mal, il ne faut pas manger de viande, les patrons sont vilains, ne prend pas de risque l’état s’occupe de tout.

    • Oui et puis il faut bien avouer que le fait supposer que l’Etat doit prendre en main l’éducation, c’est déjà admettre que la famille est incapable de le faire. La nature même de l’EN contient ses préjugés vis à vis des individus. C’est grave de tolérer ça. C’est encore plus grave de voir à quel point c’est plébiscité en France.

  • « comment tant de principes ont mené au dévoiement d’une si belle institution, qui avait pourtant fait ses preuves depuis longtemps. »

    Je ne crois pas que l’institution a été dévoyée.
    Cette pureté initiale était la continuation de l’enseignement tel qu’il était conçu AVANT l’école publique.
    Et le dévoiement continu depuis l’instauration de l’école publique EST le propre de l’école publique.

    Plus exactement, c’est le propre d’un système bureaucratique, centralisé et égalitariste.

  • Il aurait fallu remonter à Platon Madame Champion. C’est une évidence mais…. sans éducation (ou enseignement si on veut) nationale, générale, citoyenne (on l’appelle comme on veut) pas de démocratie et même pas de république. Après il y a bcq à dire sur le contenu et la méthode mais ce n’est visiblement pas le sujet…

    Une perle :

    « Les principes « égalitariste-élitistes », comme les prénomme l’auteur, sont ainsi responsables d’avoir transmis des préjugés aux familles en leur enseignant le mépris de certains métiers et « en voulant pousser tous les enfants vers les mêmes études générales » ».

    Ce sont les préjugés qui poussent les familles vers le général et pas le fait que leurs enfants vivront bien mieux s’ils réussissent dans le général bien évidement … J’ai rarement vu une inversion cause-conséquence aussi grossière et justifiée par le préjugé… en voilà un beau préjugé.

    Bref je n’ai pas lu ce livre mais comme j’ai assez de perles en ce moment, je m’en dispenserai….

  • L’éducation nationale continue de vivre sur des bases sectaires marxisantes totalement périmées
    Ils ne sont même pas conscients de leur ringardise!!!!!

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