La désinformation par l’Éducation nationale

Les principes fondateurs de l’Éducation nationale ont été progressivement dévoyés, générant une multiplicité d’échecs.

Par Johan Rivalland.

Les ouvrages abondent sur le sujet depuis un certain nombre d’années. Dans le prolongement de mes deux articles sur Vladimir Volkoff, présentation de l’un des ouvrages de sa collection sur la désinformation, par Christine Champion.

Dans le cadre de la collection sur la désinformation tout juste initiée par Vladimir Volkoff, mais interrompue par sa disparition en 2005, Christine Champion s’attèle, dans le présent essai, à l’étude de l’Éducation nationale, sujet on le sait inépuisable.

Après un constat éloquent, l’auteur revient aux sources doctrinales, remontant à cette fin aux philosophes des Lumières, en particulier Jean-Jacques Rousseau, chantre d’un égalitarisme dont on a beaucoup de mal aujourd’hui encore à se départir.

Selon le célèbre philosophe, l’idéal consisterait à renoncer à l’éducation familiale afin d’éviter les préjugés et se soumettre à l’institution. Lui-même aurait, peut-on le rappeler, abandonné ses propres enfants aux « enfants trouvés ».

Or, comme le dit Christine Champion, « même si cet auteur n’est plus guère pris au sérieux par certains universitaires, il inspire encore les niveaux primaire et secondaire, ainsi que la structure même du système éducatif français ».

L’Éducation nationale, ou l’histoire d’un dévoiement progressif


Dans la première partie de l’ouvrage, c’est à un itinéraire très intéressant que nous convie l’auteur, de Ésope à Rabelais ou Montaigne, Condorcet, Voltaire et bien d’autres, s’attachant en particulier à l’étude des principes philosophiques des 19ème et 20ème siècles.

Puis, après Jules Ferry ou encore l’épisode des lois de 1905, c’est un rappel des lois du 20ème siècle (de Langevin-Wallon à François Fillon, en passant par René Haby et bien d’autres) et leurs effets qui nous est proposé.

Le décor est ainsi planté pour mieux faire comprendre au lecteur comment tant de principes ont mené au dévoiement d’une si belle institution, qui avait pourtant fait ses preuves depuis longtemps.

Les principes « égalitariste-élitistes », comme les prénomme l’auteur, sont ainsi responsables d’avoir transmis des préjugés aux familles en leur enseignant le mépris de certains métiers et « en voulant pousser tous les enfants vers les mêmes études générales ».

Les facteurs d’échec

La seconde moitié du livre établit ensuite le constat de la multiplicité des échecs, que la réforme Jospin de 1989 et le précepte de l’élève au centre du système, qui « doit être acteur de son avenir » ainsi que l’idée du professeur-médiateur, n’ont pas vraiment contribué à améliorer. Une critique forte de la massification et des méthodes d’enseignement qui lui sont sous-jacentes.

On peut toutefois à la rigueur regretter que le passage relatif à la désinformation par les manuels scolaires ne soit pas un peu plus développé, pour être plus fidèle à l’esprit volkovien, mais il me semble que cela devait être l’objet d’un autre ouvrage, si l’entreprise de Vladimir Volkoff n’avait pas été interrompue prématurément par la force des choses…

 Christine Champion, La désinformation par l’Éducation nationale, Éditions du Rocher, septembre 2005, 201 pages.

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