Le Québec, cet Eldorado pour Français

Installé pendant 3 ans au Québec, j’attends avec impatience de pouvoir y repartir pour y travailler.

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Le Québec, cet Eldorado pour Français

Publié le 8 mars 2014
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Par Alexandre C.

drapeau-quebecTrois années. C’est le temps que j’ai passé au Québec – et plus particulièrement à Montréal – avant de revenir, à la fin de l’année dernière, terminer ma thèse en France. Et quand les gens me demandent ce que je veux faire après, je leur dis, sans hésitation aucune, que je souhaite ardemment repartir là-bas pour y travailler.

À l’époque où je suis parti au cours de l’été 2010, j’avais déjà remarqué que le nombre de Français qui souhaitaient venir pour leurs études ou pour trouver un travail était déjà élevé. Mais ce n’était rien en comparaison de la situation trois années plus tard1 . Au moment de mon retour, j’avais déjà entendu que les fameux PVT – Permis de Vacances et de Travail – s’arrachaient comme des petits pains et que certains prenaient le risque de rester après l’expiration de celui-ci, devenant par conséquent des clandestins. Ces titres de séjour, d’une durée d’un an, n’offrent pas beaucoup de possibilités, mais vous permettent – assez facilement – de décrocher un job. Les emplois plus qualifiants – comme par exemple des postes d’ingénieurs chez BombardierPratt et WhitneyHydro Québec ou encore Rolls Royce2– nécessitent l’obtention du statut de résidence permanente, une procédure longue et onéreuse.

img contrepoints141 exil QuébecEt encore, certaines professions ont des difficultés à s’implanter sur le sol québécois, du fait de difficultés de reconnaissance de diplômes. Ainsi, j’ai souvenir d’avoir discuté avec un médecin qui me disait qu’il avait préféré partir pour les États-Unis, car les contraintes pour s’installer au Québec étaient trop grandes. Pour assouplir la situation, le Québec et la France ont signé des ARM – Accord de Reconnaissance Mutuelle – qui permettent sous certaines conditions d’établir des équivalences de diplômes et de prendre en compte l’expérience professionnelle déjà acquise dans le pays d’origine. Le dernier ARM en date a été signé hier par Jean-François Lisée, le ministre québécois des Relations internationales, et Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger et concerne les infirmiers ou infirmières, dont la profession sera mieux reconnue et donc mieux rémunérée3.

À cette occasion, notre ministre a déclaré que cet accord était « gagnant-gagnant« , en d’autres termes que cela faciliterait à la fois le départ des Français qui le souhaitent vers la Belle Province et la venue de Québécois vers la France. De son côté, M. Lisée s’est également réjoui de ce protocole anticipant, très justement, le départ en retraite des baby-boomers dans les années à venir.

Loin de moi l’idée de critiquer ces ententes bilatérales, qui facilitent grandement les mouvements migratoires, mais je ne peux m’empêcher de penser que ces échanges ne se feront que dans le seul sens France-Québec pour notre plus grand malheur puisque le manque de personnel médical se fait déjà sentir en France. Qui plus est, je n’ai pas vraiment l’impression que les Québécois, que je connais ou que j’ai rencontrés, aient envie de venir en France, surtout depuis qu’ils connaissent le marasme économique que nous traversons. Cela ne les enthousiasme guère. Là-bas, notre réputation nous précède : nous sommes désespérés quand eux sont optimistes et vont de l’avant4. C’est peut-être pour cela que ce bout de Canada attire tant les jeunes Français, déçus par la vie en France et rêvant de quelque chose de meilleur. L’Eldorado à sept heures d’avion de Paris.

Sur le web

Notes :

  1. Je parle ici de mon propre domaine.
  2. À Montréal, pour une population de 1.7 million d’habitants – un peu plus du double si on prend en compte la grande agglomération – le ministère des Affaires étrangères français estime qu’il y a environ 100 000 Français installés. Sur les dix dernières années, environ 30 000 sont venus s’installer au Québec, sans compter les étudiants ou les PVTistes qui sont là pour des durées limitées.
  3. Information relayée par Le Nouvel Observateur et disponible à ce lien.
  4. Même si la région a aussi ses problèmes.
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  • Pas étonnant que les professionnels Français veuillent quitter la France pour le Québec !
    En France, les glissements de tâches sont monnaie-courante sans aucune reconnaissance et surtout « sans filet ». Nos diplômes sont mis en jeu tout le temps et l’intérêt que l’on doit porter au patient n’est rien en comparaison du temps que nous avons le droit de lui consacrer ainsi que l’ensemble des coûts toujours plus réduits que cela engendre !!!
    Le système Français est très largement en retard en comparaison de celui de nos cousins outre-Atlantique. La place du patient au centre du parcours de soin est très largement valorisé depuis quelques decennies au Québec alors qu’en France nous en sommes encore aux réflexions de type « comment faire avec les contraintes budgétaire », »on manque de personnel »… Et par dessus tout on essaie par tous les moyens de contourner l’inévitable lorsque l’ARS stipule une ligne de conduite, on imagine que c’est soumis à appréciation personnelle… Bref, c’est une lutte sans fin et très honnêtement, le Québec semble pouvoir répondre au mieux à nos attentes, nous professionnels de santé qui avons choisis ce métier pour être au plus près du patient dans sa prise en charge !
    Si la France ne souhaite pas se démunir de ses IDE, Infirmiers, Préparateurs en Pharmacie (…) il va falloir faire en sorte que les contraintes budgétaires ne freinent en rien l’élan de solidarité et d’entre-aide qui au commencement nous animaient et qu’enfin on valorise les compétences aquises car nous sommes tous des acteurs compétants d’une prise en charge médicale optimale!
    Mais le chemin va être très long… Et bien certainement que 7 heures d’avion semblent être LA réponse!!! ^^

  • Je reste dubitatif. Je consulte régulièrement un blog libéral quebeccois: antagoniste, et ce que je lis donne vraiment l’impression que le quebec est une sorte de clone de la france, peut être un peu moins corrompu.

    • La France et le Québec partagent une langue et une culture commune, les politiciens ont probablement des oeuvres et façon de pensée communes.
      Cependant l’avantage du Québec est surtout de faire partie du Canada et donc d’avoir moins d’impôts, moins de régulations..Cela l’empêche de devenir une mini-France. Mais la volonté de se fermer aux influences extérieures et du reste du Canada est dangereux, car le Québec est peut-être plus dynamique que la France mais d’un point de vue dynamique et démographique il est surpassé par le reste du Canada, Canada anglophone.

      De plus le fait de ne pratiquement plus accepter que des immigrés francophones récemment risque de le désavantager encore plus vu qu’elle se coupe des immigrés qualifiés et talentueux d’Asie qui eux sont anglophones et favoriseront donc le Canada anglophone, au détriment de Montréal.

    • J’ai fini par cesser de lire ce blogue unidimensionnel et finalement profondément méprisant pour presque tout ce que fait le Québec. On peut certes critiquer le «modèle québécois» dans son aspect social-démocrate (euphémisme pour socialiste), mais ce blogue «libertarien» (appréciez les guillemets), qui a un diagramme pour tout expliquer, et pour qui le nationalisme québécois mènerait forcément à une sorte de fascisme qui ne dit pas son nom (mais pas le nationalisme «canadian», qui lui est bon et multiculturel voyez-vous), a fini par m’exaspérer et me braquer à tout jamais. Je leur ai écrit ma façon de penser et je les ai laissé entre eux à leur triste sort. Les blogues du Journal de Montréal, ceux de Matthieu Bock-Côté (le meilleur), de Joseph Facal, de Daniel Girard, de Loïc Tassé et d’autres (du moins ce sont ceux que je lis régulièrement) sont beaucoup plus représentatifs (tout en étant critiques) de la société québécoise.

      • Matthieu Bock-Côté: Sociologue de formation, nationaliste franco-québécois, collectiviste opposé à l’individu et au libéralisme, conservateur traditionnaliste, partisan du Parti Québécois (social-démocrate / socialiste, parti indépendantiste, nationalisme franco-québécois). Souvent sujet de dérision car ayant un vocabulaire et un français soutenu, mais souvent de pauvres arguments.

        Joseph Facal: Ex-politicien et ministre du Parti Québécois, signataire du manifeste des Lucides (manifeste pour un Québec qui veut éviter de « frapper le mur » et pour un Québec plus productif pour maintenir les rôles actuels de l’État-providence dans la province, manifeste qui s’opposait à celui des Solidaires), nationaliste franco-québécois, indépendantiste.

    • Antagoniste idéalise parfois un peu la situation Française. Pour vivre au Québec depuis plusieurs années, je vous assure que la situiation est meilleure, en particulier dans le monde du travail. Ma qualité de vie est suppérieure à ce qu’elle était en France, où la situation s’est de plus fortement dégradé depuis

      Par contre, la tentation étatiste, égalistariste, nombrilliste, socialiste, indépendantiste et l’attirance pour le déficit et la dette sont est bien présents. Je commence à penser que c’est enraciné dans la culture francophone et dans notre langue: les francophones Belges sont plus socialistes et plsu au chômage que ;es Wallons par exemple.

      Conclusion: si vous voulez échapper définitivement au soclialisme de droite ou de gauche, il vaut mieux aller au Canada anglophone ou aux États-Unis.

  • Mon dernier fils habite maintenant depuis 9 ans à Tokyo et il a mis tout son talent d’informaticien dans une entreprise locale. Il était arrivé au Japon avec un PVT qu’il a mis à profit pour trouver un travail, parcours classique. Il a enfin obtenu son visa de résident il y a moins d’une année et le fait d’avoir épousé une Japonaise et fondé une famille n’a en rien accéléré la procédure d’obtention de ce sésame qui lui permet par exemple maintenant d’acheter une maison. Il parle japonais, s’est parfaitement intégré à la culture de son nouveau pays et pour rien au monde il reviendra vivre en France. La barrière de la langue n’existe pas au Québec mais la procédure d’intégration y est tout aussi longue qu’au Japon.

  • À SweepingWave

    Celle-là c’est la meilleure… «l’avantage du Québec est surtout de faire partie du Canada et donc d’avoir moins d’impôts, moins de régulations». Ah bon! DOUBLE impôts, DOUBLE régulations, et j’arrête ici la liste, serait un «avantage»? Et où allez-vous chercher cette «la volonté de se fermer aux influences extérieures et du reste du Canada» s’il-vous-plaît? Où la voyez-vous cette volonté? Toujours la même antienne sur la prétendue «fermeture du Québec». Zzzzzzzzz…

    • A Polémos.
      C’est juste la réalité, y a même pas à en débattre.

      • Alors, si «y a même pas à en débattre», je vais retourner me coucher. Zzzzzzzzz… Et puis d’ailleurs, pourquoi m’avez-vous réveillé avec un argument?

    • Il y a une culture du respect des individus légèrement plus grande au Canada anglais et les anglais en général sont plus pragmatique. Ça déteint positivement sur le Québec.
      Malheureusement ça va dans l’autre sens aussi. Le Québec est le royaume des low information voter aux élections fédérale, le château fort du socialisme, c’est là que les politiciens les plus populistes se trouvent (suffit de voir la vague orange).
      L’autre bonne chose c’est qu’il est possible de partir facilement dans une autre province en cas de pépin.

      Sinon je me souviens avoir lu il y a des années que 80% des français repartais en France après 5 ans, j’espères que vous aurez une meilleure expérience.

  • Point de vue d’un Québécois, qui a vécu en France, et qui vous lit occasionnellement:
    Oui, le Québec ressemble politiquement, étatiquement et fiscalement à une petite France.

    Les leaders nationalistes franco-québécois suivèrent et suivent toujours ce qui se fait en France.

    Rappelons-nous que, depuis au moins la décennie 1960, ce que les historiens nationalistes appelèrent la « Révolution tranquille » au Québec – période qui succède, selon eux, à la « Grande noirceur »: capitaliste, communautariste, libérale et fervente -, c’était une affirmation du Québec dans le Canada en créant ou accroissant des ministères et des organismes publics en les calquant sur ceux de la France.

    Fiscalement, les Québécois savent qu’ils sont parmi les plus lourdement taxés des états et provinces d’Amérique du nord. Les dirigeants sont aussi des productifs en législations visant à interdire ou restreindre des activités économiques, ou à exiger des permis de pratique de toute sorte pour des activités commerciales parfois banales.

    Mais la plupart de mes concitoyens ne font pas directement le lien entre un État toujours plus lourd, plus présent et plus gourmand en taxes, impôts et tarifs, et une économie qui peine à croître (comme en France) et qui affiche des taux de chômage élevés (7,5 à 8,5% dans les dernières années) – taux de chômage enviable pour bien des États européens mais qui est dans le peloton de queue pour l’Amérique du nord.

    Si la propagande officielle rappelle occasionnellement aux bons citoyens qu’ils vivent dans l’un des modèles socioéconomiques les plus enviés sur la planète (certains, les moins informés, y croient durs comme fer… tout comme il y a des Nord-Coréens qui croient la même chose chez eux…). Pourtant, il n’est pas rare d’entendre que des personnes sont admises dans les hôpitaux et y passent 16, 17, 18 heures sans consulter un médecin. Il n’est pas rare d’entendre que des écoles publiques ont besoin de réparations urgentes, mais que les commissions scolaires (organismes régionaux qui les régissent) n’ont pas de fonds pour cela pendant l’année en cours.

    Pour les ententes entre la France et le Québec, j’y vois là aussi une meilleure façon d’intégrer professionnellement des nouveaux arrivants qui diplômèrent en France. Il est certain qu’il s’agit d’une façon pour la province d’obtenir davantage de professionnels étrangers formés. La dernière entente qui entra en vigueur, ç’en est une pour les physiothérapeutes et techniciens en réadaptation physique (= masseur-kinésithérapeute en France).

    L’entente pour les infirmiers existe depuis plusieurs années. Selon ce que j’en sais, la seule différence, ce serait que les infirmiers diplômés avant 2012, alors que la formation ne permettait pas d’obtenir le grade de licence en France et qu’elle était professionnellement de niveau III, seront maintenant considérés comme des bacheliers (diplômés d’une formation universitaire) et non comme des techniciens (diplômés d’une formation collégiale technique). C’est donc un gain salarial et de nouvelles possibilités professionnelles qui s’ouvrent aux diplômés français en soins infirmiers d’avant 2012.

  • Point de vue d’un français à Montréal : tout ce qui brille – vu de France- n’est pas or -vu de près- …
    La situation économique du Québec n’est pas bonne et se dégrade ; en particulier, Montréal est durement touchée. ( l’immense majorité des immigrés s’y installe ; peu de trentenaires parisiens rêvent de s’installer au Saguenay… ). On parle d’un chômage de 12-13% pour les immigrés (source Mairie de Montréal), issus pourtant d’une sélection où le niveau de formation est pris en compte. Il est extrêmement difficile de s’intégrer dans le monde du travail, surtout passé la trentaine, et les immigrés, français compris, sont les premiers visés quand arrivent les mises à pieds…
    Je ne dis pas qu’on ne trouve pas de success-story (eg, le jeux video ; la restauration… ), je dis simplement que le terme El Dorado est complètement à côté de la plaque….

    • Les professions sont cartelisés, les différents ordres font tout pour mettre des bâtons dans les roues des immigrants.
      Même un médecin ou un ingénieur de la France peut difficilement viser autre chose que chauffeur de taxi. Les immigrants ne restent pas au Québec.

    • L’industrie du jeu vidéo vit et croît grâce à des subventions de l’État et à des crédits d’impôt que la plupart des entreprises des autres secteurs n’ont pas.

  • Il y a beaucoup d’infirmières québécoises en Suisse, autant à cause de l’ambiance que des salaires. Il est normal de voir le Québec – enfin, Montréal – en rose quand on y est étudiant mais la suite est un peu plus raide. Toute expérience est bonne à prendre mais voire un eldorado dans cette province et sa population est une illusion d’optique. Les québécois sont aux antipodes des stratégies migratoires de leurs élus et partagent une conception de l’amitié très différente de celle qui nous réunit. Cela convient à certains mais pas à tous. Beaucoup de français ne font que passer et découvrent que le Canada reste un territoire à dompter ou chaque place se gagne en plusieurs générations.

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