Bruxelles épingle l’Allemagne pour ses excédents commerciaux !

L’Allemagne affiche une balance commerciale à faire pâlir les autres pays européens. Mais c’est pourtant elle qui est montrée du doigt par la Commission européenne.

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Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques.

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Bruxelles épingle l’Allemagne pour ses excédents commerciaux !

Publié le 6 mars 2014
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Par Nicolas Nilsen.

Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques.
Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques.

 

La Commission européenne vient d’analyser la situation économique dans l’eurozone. Sur 17 pays européens, 14 (oui quatorze) souffrent de déséquilibres graves. C’est donc un splendide succès pour cette zone euro magnifique et cette Europe florissante dont ils nous promettaient tous qu’elle allait nous assurer la croissance, le bonheur et la félicité… Mais le plus drôle est évidemment le jugement que la Commission porte sur l’Allemagne.

Pour la Commission, l’excédent c’est un « déséquilibre macroéconomique » !

L’Allemagne est une nouvelle fois épinglée pour ses excédents (sic), dont la Commission considère qu’ils constituent « des déséquilibres macroéconomiques » (re-sic). L’excédent commercial allemand traduirait « la dépendance » de Berlin envers les exportations (re-re-sic) et la faiblesse de sa demande intérieure. Et la Commission de conclure – sans rire : « l’Allemagne doit mettre en place des mesures pour stimuler sa demande intérieure et son potentiel de croissance ».

Oui, c’est vrai ça, il faut vite faire en sorte que l’Allemagne fasse les mêmes erreurs que les autres mauvais élèves de l’Europe. Sinon ce n’est pas juste ! Pensez-donc : ces abrutis d’Allemands construisent des usines, investissent dans leur industrie, fabriquent de la machine outil, vendent leurs produits dans le monde entier – et en plus ces abrutis dégagent des excédents qui rapportent de l’argent dans leurs caisses ?… Mais c’est scandaleux ! Alors que la France dilapide ses richesses, subventionne ses intermittents du spectacle et détruit consciencieusement ses entreprises en les accablant de charges ! Mais c’est totalement injuste. Heureusement qu’il y a des génies comme Olli Rehn pour mettre de l’ordre dans les affaires économiques de la zone euro. Sinon où irions-nous ?

Quand j’écoute ce genre de jugement, c’est évidemment toute la logique occidentale depuis Aristote qui vole en éclats dans ma tête : mon cerveau explose comme les marrons dans le feu en hiver : paf ! Là, vraiment, trop c’est trop.

Oui, c’est l’Allemagne qu’ils blâment !

img contrepoints128 Allemagne excédent commercialL’Allemagne affiche une balance commerciale à faire pâlir les autres pays européens, et c’est elle qu’ils montrent du doigt pour ce qu’ils ont le toupet d’appeler sa « dépendance aux exportations » ! La France croule sous les déficits extérieurs, mais c’est l’Allemagne qu’ils stigmatisent en dénonçant son « addiction » aux marchés extérieurs ! On croit rêver.

Au lieu de célébrer le succès de compétitivité de l’Allemagne et sa réussite commerciale dans une Europe littéralement dévastée par la crise, les déficits et le chômage, la Commission de Bruxelles ne trouve rien de mieux que de stigmatiser l’Allemagne et d’engager régulièrement des procédures contre elle. Aucune de ces procédures n’a heureusement encore débouché sur des sanctions mais tout de même, on hallucine.

Ces nains en échec s’en prennent à la réussite économique allemande… Ils préfèrent sans doute le « modèle français » (avec ses déficits publics, son déficit extérieur, ses défaillances d’entreprises, ses plans sociaux et son chômage de masse) mais dont on nous répète inlassablement que « le monde entier nous l’envie » ?

Ah oui, et vous savez ce que la Commission dit de la France ? Qu’elle a décidé de la placer sous « surveillance renforcée » ? Elle l’épingle pour :

  • son manque de compétitivité
  • le niveau élevé de sa dette.
  • un coût du travail trop élevé
  • une dette publique qui ne cesse d’enfler
  • un déficit commercial qui ne cesse de se creuser
  • la perte continue des parts de marché à l’exportation

Mais c’est l’Allemagne le mauvais élève ! Déjà en novembre 2013 ça les énervait :

merkel


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  • Désolé mais je suis en désaccord avec cet article.
    Que l’Allemagne ait des excédents est une bonne chose, mais 200 milliards d’excédents ne sont pas utiles.
    Le pays a clairement besoin de profiter de cela pour favoriser la consommation intérieure, en baissant les impôts par exemple, cela augmenterait les importations et favoriserait non seulement la reprise européenne mais aussi mondiale, l’Allemagne a un rôle à jouer dans l’économie mondiale.
    Passer de 200 à 100 milliards d’excédents ne ferait aucun mal à l’économie allemande, bien au contraire elle la rendrait moins dépendante des exportations et donc de la santé de ses voisins, dont la France.

    • Avec ce genre de raisonnement, on justifie n’importe quelle politique égalitaire…

      • Je suis libéral, et je vois vraiment pas le mal qu’il y aurait à baisser les impôts et stimuler la consommation afin d’être moins dépendant des fluctuations des marchés étrangers, surtout européens, tout en permettant d’aider les autres économies du monde grâce à une consommation allemande accrue, et ces économies en meilleure forme pourraient ainsi consommer plus de produits allemands. Au contraire c’est tout bénéf’ dans une économie mondialisée. L’important est que cela se fasse dans la modération afin que l’Allemagne puisse conserver un excédent et ne pas s’endetter, ce qui est largement faisable.
        Une telle Allemagne serait encore plus forte.

        • Vous êtes peut-être libéral, mais pas votre analyse économique, semble-t-il. On ne stimule pas la consommation. La consommation est la conséquence du travail, pas l’inverse. Seule la production compte. Eventuellement, un gouvernement peut, non pas stimuler la production, mais simplement cesser de la détruire avec des dogmes idéologiques périmés.

          Il n’y a que deux manière d’acquérir des richesses : les produire soi-même ou les prendre à d’autres. L’Allemagne n’a pas à aider les autres pays au prétexte qu’elle produirait plus que les autres. Les pays déficitaires n’ont pas à réclamer les richesses allemandes au prétexte qu’ils ne travaillent pas assez. Ils doivent s’aider eux-mêmes, notamment en se mettant au boulot au lieu de se complaire dans la fainéantise légalisée (35h et autres réglementations débiles, taxes, dettes, fonctionnaires, subventions sociales…), donc en renonçant au socialisme teinté de mercantilisme qui détruit inexorablement leurs économies.

          Certes, les Allemands bénéficient d’excédents qui paraissent excessifs aux pays mal gérés et aux socialistes qui grouillent au sein des bureaucraties européennes. Mais les Allemands n’en sont pas responsables.

          En vérité, l’Allemagne SUBIT ses excédents, provoqués par les pays mal gérés. Ces derniers sont les seuls responsables de leur situation déficitaire, donc de l’excédent de leur partenaire commercial. Si les autres pays étaient bien gérés, la balance commerciale allemande serait proche de l’équilibre et toutes les balances commerciales tendraient uniformément vers l’équilibre puis s’y maintiendraient, en une lente oscillation autour de zéro, les déficits d’une année étant compensés par les excédents de la suivante. Et dans le même temps, l’Allemagne vendrait beaucoup plus à ses partenaires revenus à la raison.

          Mais voilà, des pays comme la France persistent à s’autodétruire dans la social-démocratie la plus crasse qui soit, ce qui alimente sans fin les excédents allemands.

  • J’ai répondu à ce post point par point, en détail, à cette divagation logique et sémantique dans « l’Allemagne, les excédents, la monnaie »

  • eeeeeh oui, l’ Europe montre son vrai visage, celui de la politique de la demande keynesienne, vous savez, cette solution de facilite qui plait tant aux peuples et qui permet de s’ assurer les votes. Nivellement par le bas, jalousie, emploi incessant de l’ argent des autres, l’ Europe n’ est rien d’ autre que socialiste.

  • Le nivellement pas le bas ouais, c’est dommage de vouloir donner des leçons quand on ne comprend pas de quoi on parle. Je vous invite à vous documenter sur le principe économique de l’échange et pourquoi l’UE « épingle » l’Allemagne sur son excédent.

    • Qui ca, moi ? On ne sera deja pas sur la meme longueur d’ onde, si pour vous le commerce est un echange, pour moi c’ est une GUERRE ou il faut VAINCRE, et en la matiere les Allemands n’ ont aucune lecon a recevoir.

      Il n’ y a que les droles des pays latins pour avoir cru que l’ UE, c’ etait pour tous marcher main dans la main.

      Avouez que ce genre de guerre est tout de meme beaucoup plus sympa et constructif que la vraie guerre 🙂

      La suite du scenario est connue, l’ UE devra bien finir par eclater, le Nord aura beaucoup gagne, le sud beaucoup perdu.

    • Ago: « et pourquoi l’UE « épingle » l’Allemagne sur son excédent. »

      Pour être dans le peloton de tête il y a deux méthodes, se sortir les pouces OU s’entendre avec les autres médiocres pour taper sur les bon élèves et ne rien changer du tout.

  • Si la baisse de la compétitivité prix des pays à la périphérie de la zone euro n’est pas à négliger, l’analyse est ici incomplète. Je propose à l’auteur de lire ces deux liens afin qu’il alimente un peu sa pensée… Car oui, l’excédent de l’Allemagne provoque des flux de capitaux qui déséquilibrent la zone. L’impact macro d’un phénomène monétaire est négligé dans cet article.

    http://www.voxeu.org/article/causes-eurozone-external-imbalances

    http://www.voxeu.org/article/european-imbalances

    • LL: « Car oui, l’excédent de l’Allemagne provoque des flux de capitaux qui déséquilibrent la zone. »

      Les bonnes notes du premier déséquilibrent la classe composée de médiocres et la solution c’est donc qu’il travaille moins bien ? Quel sinistre blague !

      Si les médiocres assainissent leur états, cessent de vivre à crédit et d’assassiner leurs économie sous le poids de leur état, les capitaux afflueront sans problème.

      • C’est juste un problème comptable lié à la balance des paiements… et inhérent à la zone euro qui créera toujours des déséquilibre macro (regardez les balances target), que les pays soient bien gérés ou non n’est pas vraiment ici la question, malheureusement.

        • LL: « que les pays soient bien gérés ou non n’est pas vraiment ici la question, malheureusement. »

          La balance n’est qu’une conséquence, ce n’est pas le problème qui est justement la mauvaise gestion.

        • Résoudre le déséquilibre de cette façon ne résoudra pas les problèmes structurels des pays non performants.
          Pire, ils vont profiter de leur avantage comparatif artificiellement créé pour se relâcher et reporter les réformes…
          Au final, ça aboutira à la ruine de tous.

  • Au delà de l’inquiétude ressentie justement par les Libéraux, tant on sait que les Etatistes utiliseront l’argument à mauvais escient, il faut pas faire d’angélisme. La grosse industrie allemande a tout intérêt à se maintenir bien au chaud dans un Euro faible (tiré par le bas par les PIGS). C’est du pognon « for nothing ». Sans l’Euro, le DM national remonterait avec son excédent commercial. Uli Rehn ne fait donc que pointer du doigt sur la faille du système EURO… faudra lâcher de l’air quelque part ou exploser. Y a-t-il des solutions réalistes gagnantes?

  • La politique de l’Allemagne est typiquement une politique mercantiliste.

    L’Allemagne est rentré dans l’euro avec des objectifs mercantilistes.

    De fait, les allemands accumulent des liquidités et des créances en euros qui ont de moins en moins de valeur vu l’agonie économique des plus importants pays de la zone euro.

    C’est l’Etat allemand qui permet aux entreprises allemandes de continuer à accumuler des excédents en servant de caution au surendettement des économies faibles de la zone euro.

    C’est l’Etat allemand qui accepte d’avoir plus de 500 milliards de créances (sans aucun actif en couverture… des IOU, des paroles) sur l’eurosystème via target.

    Bref, c’est l’Etat Allemand qui trompe ses citoyens, les forces à avoir confiance dans une monnaie qui ne peut que s’effondrer, d’où un mal-investissement et un surinvestissement néfastes.

    Après, dans l’absolu, pour l’instant l’excédent allemand nous profite, c’est bien clair. Les problèmes viendront quand le peuple allemand en aura marre de bosser pour ne gagner que des morceaux de papier, et quand nous le regarderons tout penaud en disant « désolé, on peut pas payer ».

  •  » une Europe littéralement dévastée par la crise , le déficit , le chomage  » merci pour l’ info on connait maintenant les responsables et la géographie .
    Sur la carte du Resto 3 * Michelin ……. après les choux , les navets de Bruxelles farcis .

  • En meme temps, qu’est ce l’allemagne en a à faire de ces jugements?
    L’europe a laissé faire quand les pays ne laisseint filer les deficit et les dettes alors..

    On peut y voir un message aux ouvriers allemands du genre exigez de meilleurs salaires..mais à part ça

  • a force de la critiquer elle risque de sortir de l’euro.

  • Les commentaires sont fermés.

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