Bruxelles épingle l’Allemagne pour ses excédents commerciaux !

Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques.

L’Allemagne affiche une balance commerciale à faire pâlir les autres pays européens. Mais c’est pourtant elle qui est montrée du doigt par la Commission européenne.

Par Nicolas Nilsen.

Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques.
Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques.

 

La Commission européenne vient d’analyser la situation économique dans l’eurozone. Sur 17 pays européens, 14 (oui quatorze) souffrent de déséquilibres graves. C’est donc un splendide succès pour cette zone euro magnifique et cette Europe florissante dont ils nous promettaient tous qu’elle allait nous assurer la croissance, le bonheur et la félicité… Mais le plus drôle est évidemment le jugement que la Commission porte sur l’Allemagne.

Pour la Commission, l’excédent c’est un « déséquilibre macroéconomique » !

L’Allemagne est une nouvelle fois épinglée pour ses excédents (sic), dont la Commission considère qu’ils constituent « des déséquilibres macroéconomiques » (re-sic). L’excédent commercial allemand traduirait « la dépendance » de Berlin envers les exportations (re-re-sic) et la faiblesse de sa demande intérieure. Et la Commission de conclure – sans rire : « l’Allemagne doit mettre en place des mesures pour stimuler sa demande intérieure et son potentiel de croissance ».

Oui, c’est vrai ça, il faut vite faire en sorte que l’Allemagne fasse les mêmes erreurs que les autres mauvais élèves de l’Europe. Sinon ce n’est pas juste ! Pensez-donc : ces abrutis d’Allemands construisent des usines, investissent dans leur industrie, fabriquent de la machine outil, vendent leurs produits dans le monde entier – et en plus ces abrutis dégagent des excédents qui rapportent de l’argent dans leurs caisses ?… Mais c’est scandaleux ! Alors que la France dilapide ses richesses, subventionne ses intermittents du spectacle et détruit consciencieusement ses entreprises en les accablant de charges ! Mais c’est totalement injuste. Heureusement qu’il y a des génies comme Olli Rehn pour mettre de l’ordre dans les affaires économiques de la zone euro. Sinon où irions-nous ?

Quand j’écoute ce genre de jugement, c’est évidemment toute la logique occidentale depuis Aristote qui vole en éclats dans ma tête : mon cerveau explose comme les marrons dans le feu en hiver : paf ! Là, vraiment, trop c’est trop.

Oui, c’est l’Allemagne qu’ils blâment !

img contrepoints128 Allemagne excédent commercialL’Allemagne affiche une balance commerciale à faire pâlir les autres pays européens, et c’est elle qu’ils montrent du doigt pour ce qu’ils ont le toupet d’appeler sa « dépendance aux exportations » ! La France croule sous les déficits extérieurs, mais c’est l’Allemagne qu’ils stigmatisent en dénonçant son « addiction » aux marchés extérieurs ! On croit rêver.

Au lieu de célébrer le succès de compétitivité de l’Allemagne et sa réussite commerciale dans une Europe littéralement dévastée par la crise, les déficits et le chômage, la Commission de Bruxelles ne trouve rien de mieux que de stigmatiser l’Allemagne et d’engager régulièrement des procédures contre elle. Aucune de ces procédures n’a heureusement encore débouché sur des sanctions mais tout de même, on hallucine.

Ces nains en échec s’en prennent à la réussite économique allemande… Ils préfèrent sans doute le « modèle français » (avec ses déficits publics, son déficit extérieur, ses défaillances d’entreprises, ses plans sociaux et son chômage de masse) mais dont on nous répète inlassablement que « le monde entier nous l’envie » ?

Ah oui, et vous savez ce que la Commission dit de la France ? Qu’elle a décidé de la placer sous « surveillance renforcée » ? Elle l’épingle pour :

  • son manque de compétitivité
  • le niveau élevé de sa dette.
  • un coût du travail trop élevé
  • une dette publique qui ne cesse d’enfler
  • un déficit commercial qui ne cesse de se creuser
  • la perte continue des parts de marché à l’exportation

Mais c’est l’Allemagne le mauvais élève ! Déjà en novembre 2013 ça les énervait :

merkel


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