Prix du baril : bientôt divisé par 2 ? Prudence nécessaire

La chute marquée des cours du pétrole pronostiquée par certains est loin d’être acquise.

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Puit de pétrole (Crédits : Flcelloguy, GFDL)

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Prix du baril : bientôt divisé par 2 ? Prudence nécessaire

Publié le 8 février 2014
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Par Aymeric de Villaret.

Puit de pétrole (Crédits :  Flcelloguy, GFDL)En cette période où la balance énergétique française est déficitaire, diviser par deux la facture pétrolière serait un sacré ballon d’oxygène. La prudence nous semble cependant être de mise face à une telle question posée par la montée en puissance de l’huile de schiste américaine. Si l’on veut du pétrole demain, il faut investir. Et pour investir, un certain niveau de baril est nécessaire.

La Une du Parisien du 20 janvier était quelque peu surprenante, avec un titre en première page assez provocateur : « Le pétrole bientôt à moitié prix ? « .
En cette période où la balance énergétique française est déficitaire, baisser les achats de brut (puisque nous n’en produisons quasiment pas) de moitié serait un sacré ballon d’oxygène pour l’Hexagone.
Aussi, face à cette question, il nous semble préférable de prendre un peu de recul, car si l’on vit trop d’espoir, la déception risque d’en être que plus brutale…

Les éléments avancés dans cet article pour expliquer cette chute sont bien réels :

1) Révolution de l’huile de schiste aux États Unis avec une production pour le pays qui augmente fortement, puisque celle-ci est passée, selon les chiffres de l’AIE publiés le 21 janvier, à 10,34 Mb/j en 2013 (contre 9,18 en 2012) et qu’elle devrait atteindre 11,35 Mb/j en 2014.

2) Les États-Unis, grâce à cet essor de l’huile de schiste, vont devenir le premier producteur mondial de pétrole selon les prévisions de l’AIE dès 2015.

Mais, et c’est là que nous pensons qu’il faut être prudent et reprendre ce que pensent l’Arabie Saoudite et son ministre du pétrole Ali-al-Nouaïmi, le « surplus » à craindre consécutif à la montée de la production des États-Unis risque bien d’être temporaire, car :

a) Le plafond de production de l’huile non conventionnelle (tight oil en anglais) des États-Unis sera atteint très rapidement (avant 2020).

b) À l’inverse du gaz de schiste, les États-Unis devraient demeurer importateurs de brut.

c) Le point mort de l’huile de schiste américaine dans les régions où elle se développe (Utica) est assez élevé (supérieur à 60 $), limitant d’autant la chute éventuelle des prix.

d) Les principales réserves de brut se situent dans les pays de l’OPEP et ceux-ci ont besoin d’un cours du baril supérieur à 80 $ pour équilibrer leurs budgets.

e) Les tensions géopolitiques (Iran, Irak, Égypte, Sud-Soudan, Syrie et Libye) n’ont pas disparu : les risques de perturbation de production demeurent.

f) Et pour finir, l’expérience a montré que les anticipations de croissance de production des nouvelles productions ont souvent (et même très souvent) été surestimées… i.e. Ghana, Ouganda, Irak.

Soulignons aussi que toute chute exagérée des prix (à l’image de celle de 2008-2009) entraînerait une baisse des investissements et, de facto, une remontée des prix.
Les réserves de pétrole se trouvent majoritairement dans les pays de l’OPEP, et les pays de l’OPEP doivent investir ne serait-ce que pour maintenir leurs productions…

En effet, il ne faut pas oublier que, du fait du déclin naturel des champs pétroliers, le monde se doit de trouver tous les deux ans quasiment une nouvelle Arabie Saoudite juste pour maintenir la production mondiale : l’Arabie Saoudite a produit en 2013 9,7 Mb/j de pétrole. Cela se compare avec une hausse annuelle actuelle de la production des États-Unis de 1 Mb par jour…


Article publié à l’origine sur le site lasyntheseonline.fr et reproduit ici avec l’autorisation de l’éditeur.

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  • pour le simple utilisateur ,ça ne changerai rien car il y aura toujours le racketteur pour nous ponctionner la différence
    petit rappel chaque fois que je vais a la pompe a essence ,j’ai l’impression d’aller chez le percepteur qui me prélève au trois quart du prix après ,je mets un peu d’essence

  • il faut un journaliste français en mal de notoriété pour faire la une avec un titre pareil
    si seulement c’etait vrai ou fondé que qq verités

  • Il paraît peu probable que le baril descende au dessous de 80 dollars, limite qu’avaient donné les prévisionnistes de Rabo Bank il y a quelque temps. Ce qui représente néanmoins une baisse significative par rapport à la moyenne (assez stable) de 95 que nous connaissons depuis quelque temps.
    Pour la France, l’exploitation des réserves semble-t-il importantes du Bassin Parisien pourrait grandement améliorer notre balance commerciale. Mais on sait ce qu’il en est, tant que les pastèques auront cette emprise sur les esprits… et que le code minier n’apportera pas plus d’avantages aux propriétaires des terrains.

    • « Il paraît peu probable que le baril descende au dessous de 80 dollars. » Il ne faut pas non parier sa chemise sur ce support qui est loin d’être solide.

      Si jamais la Chine et d’autres émergents montraient un ralentissement important, alors que les USA tendent vers une relative autonomie pétrolière, le baril pourrait chuter largement sous 80, en mode panique, miroir de la panique haussière de 2007-2008. Le premier objectif de baisse serait alors à 45$ le baril.

      La capacité des pays producteurs à contrer cette chute, en réduisant leur production, paraît désormais limitée, car leurs équilibres budgétaires dégradés dépendent de leur niveau de production, donc de leurs parts de marché. Ainsi, une conséquence de la baisse prolongée du prix du baril pourrait bien être la fin de l’OPEP, chaque membre de l’organisation décidant de jouer sa propre partition pour survivre. Enfin, n’oublions pas le retour des pétroles irakiens et iraniens à la faveur de la normalisation progressive des relations internationales de ces deux producteurs majeurs.

      Il y a donc quelques arguments solides en faveur d’une baisse du prix du baril à mettre dans la balance.

  • encore un bon article et bien decidemment aujourd’hui ca en fait 4 bons que je lis !…

    l’auteur oublie cependant un facteur : le pic des exportations, en effet les pays producteurs, surtout au moyen orient voient leur consommation exploser… ce qui fait d’autant moins de petrole pour nous, les non producteurs… bon allez je pars avant l’arrivée des cornucopiens qui pensent que la technologie viendra tres vite nous sauver (pic des US tout de meme avant 2020 comme rappelé dans l’article)…

      • Laurent Horvath, l’auteur du site 2000watts.org, a lancé le a lancé le premier groupe d’action CO2 de Suisse.

        Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est étrange ! C’est fou comme le RCA peut assécher les puits de pétrole.

        http://www.google.com/url?q=http://lemessager.ch/Archives/messager08/10%2520Octobre%252008/MESS%252031.10.08/ME-31-10-01.pdf&sa=U&ei=sW75UqqrGMuY1AWGm4GoBQ&ved=0CEYQFjAH&usg=AFQjCNFoWEk5rDJSMnpevRHTOjrTd9wDzw

        « Issu du domaine marketing et de la gestion, il avoue volontiers ne pas être un spécialiste de l’énergie »

        http://www.objectifeco.com/bourse/matieres-premieres/energies/lelectricite-est-bien-trop-chere.html

        « Par rapport à son utilité, l’électricité est trop bon marché!!! » (déclaration de Laurent Horvath)

        Bref un activiste écolo pur jus qui se fait passer pour un économiste.

        • eh les gars vous avez un peu trop la tete dans vos reflexes anti-ecolo primaire : connait pas le gars mais je ne pense pas que ce soit lui qui ait publie les resultats des majors petrolieres… quelle bande d’activistes ecolos ces majors petrolieres tout de meme

          • Quand il s’agit de prévisions économiques, il faut toujours se méfier de qui fait des prévisions ou donne des conseils et quels sont ses propres intérêts à prodiguer ces conseils …

            Je te rappelle que la bulle des subprime à coûté une fortune à ceux qui ont y ont cru. Probablement à toi si tu habites une ville qui s’est fait refiler des emprunts toxiques.

            • tiens encore un article d’un site de crypto communiste pasteque sur le probleme qui s’annonce pour les majors petrolieres entre investissement qui augmente beaucoup et production declinante : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0203301317934-petrole-ces-projets-geants-qui-partent-a-la-derive-649102.php

              t’inquietes je me mefie beaucoup et comme on est sur un site de crypto-liberaux, je fais attention aux raisonnements foireux ;O)

            • 1) c’est le problême des majors,
              2) c’est le problême des actionnaires mais s’ils se basent sur les articles de la rubrique « environnement » pour investir, ils seront vite clochards et n’auront plus de soucis,
              3) c’est le problême de l’état.

              Maintenant, si les états dans les vrais chiffres (pas les faux communiqués pour raisons geopolitique) trouvent un problême, ils doivent permettre, encourager, financer l’exploitation des ressources sales (sables bithumineux, gaz de schistes, nucléaire pour synthétiser les carburants, etc …). Quand on est responsable de l’alimentation de milliards d’individus et que celle-ci dépend des carburants, ainsi que la plus grande partie des transports, la fabrication des engrais et toute l’économie en général, on a intérêt à ne pas prendre des vessies pour des lanternes si on ne veut pas finir comme Louis XVI. S’il n’ont pas de pain, il n’ont qu’à manger de la brioche n’est pas un argument recevable pour les foules en colère.

            • si tu crois que Francois Hollance a les vrais chiffres de la production de Ghawar, je crois que tu te mets les doigts dans l’oeil… les seuls chiffres surs que l’on a ce sont ceux des publications des majors…

              sachant qu’en 2050 on sera 2 ou 3 milliards de plus et que le debit des ressources sales (c’est cool d’enfin dire qu’elles sont sales, mais chutt sinon Oleotax va rappliquer) n’est pas tres durable (pour les gaz de shit) et pas tres important pour les bitumineux, il faut avoir sacrement foi en la science pour esperer que l’on va s’en sortir….

              comme dit dans l’article, il faut quasiment tous les deux ans une nouvelle Arabie saoudite juste pour maintenir une production constante… mais tu seras content, je pense qu’on finira par exploiter nos gaz de schistes aussi (le pognon permet TOUT dans notre monde, on a bien impose les OGMs partout alors que 90% des gens n’en veulent aboslument pas) mais hélas je ne pense pas que ca changera la donne… va falloir envisager la décroissance (quelque part déjà commencée depuis 2007)…

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