Le chômage en France va-t-il enfin baisser en 2014 ?

Chômage (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

La France compte aujourd’hui 3,3 millions de chômeurs. Peut-on enfin espérer une inversion de courbe en 2014 ? La réponse sur un plan économique est simple : non. Malheureusement.

Par Jean-Luc Ginder.

imgscan contrepoints 2013-2423 Chômage

Du point de vue de la théorie économique, la période dite de contraction que nous vivons et vivrons pleinement en 2014 est connue, et son déroulement est prévisible. En effet, depuis plusieurs années la France est sortie de sa phase d’expansion et se trouve, après une période de renversement de tendance, en phase de contraction. Cela relève du simple principe économique qui indique qu’une fois la tendance inversée, la phase de contraction se développe selon un processus cumulatif, par les mêmes causes que celles qui soutiennent l’essor, mais qui jouent cette fois en sens inverse.

La diminution des dépenses d’investissement provoque une baisse de la dépense globale qui entraîne une réduction de l’emploi et des revenus. Le multiplicateur d’investissement opère maintenant à rebours incitant à réduire le capital. La production courante décline sous le double effet de la baisse des commandes aux entreprises et de la baisse des ventes courantes. La diminution des profits, puis leur disparition, se manifestent à la suite de la baisse des prix qui est plus rapide que celle des coûts de production. La charge des coûts fixes s’accroît au fur et à mesure que la production diminue, tandis que les salaires demeurent rigides. L’estimation de l’efficacité marginale du capital s’en trouve affectée et l’incitation à investir se trouve donc encore réduite par cette voie. La diminution de la production, la baisse des prix, l’accroissement du chômage suscitent des anticipations pessimistes qui renforcent la contraction de l’activité économique.

Du point de vue de l’analyse économique, il est à constater que la France est dans une difficulté extrême. Le pays est tenu de faire deux choses en même temps : réduire sa dépense publique de 50 milliards d’Euros en 3 ans et faire un énorme effort de rattrapage au niveau de la perte de compétitivité. La conjonction de ces deux contraintes en un contexte économique français plus que morose va impacter négativement toute possibilité de reprise de la croissance en 2014. L’investissement et le chômage seront impactés avec la même force destructrice. À titre personnel, je reste très sceptique car les prévisions pour 2014 de la croissance française se positionnent entre 0,5% et 1% pour les plus optimistes. Elles ne sont d’ailleurs pas plus élevées dans le reste de l’Europe, l’Allemagne n’ayant fait que 0,4% l’année dernière, confirmant que nous ne serons pas en 2014 dans un environnement très optimiste.

En conclusion, les chiffres nous parlent brutalement : plus de 6% de croissance du chômage en France en 2013 (3,3 millions de chômeurs, plus de 100.000 emplois détruits), la croissance à 0% sur un an et un déficit à plus de 4%.

Le marché du travail en France en 2014 va donc continuer à se dégrader, le chômage pouvant atteindre selon les dernières projections bien plus que 11% voire 12% de la population active.

Pas de miracle à court terme.