Gaz de schiste : l’UE passe outre l’alarmisme des Verts

Puits de gaz de schiste (Crédits : Beyond Coal and Gas, licence Créative Commons)

À Bruxelles, le lobby vert n’a pas encore remporté la partie concernant la question de l’exploitation du gaz de schiste.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

Puits de gaz de schiste (Crédits : Beyond Coal and Gas, licence Créative Commons)Nous avions eu vent des événements en août concernant les ONG vertes qui s’impliquaient avec détermination par le biais de Genève et Bruxelles pour obtenir l’interdiction dans l’UE de la fracturation hydraulique. Les choses devenaient sérieuses à partir d’octobre, avec des propositions enflammées pour introduire de nouvelles lois qui s’avéraient définitives en fin de mois.

Néanmoins, les interventions avisées d’Owen Paterson et par la suite de David Cameron lui-même, ont semblé porter leurs fruits. En décembre, il y avait des signes montrant que le monstre législatif perdait sa fougue.

Les rumeurs sont un élément à considérer malgré tout, et nous savions que les Verts fomentaient une action discrète. Ils s’étaient investis dans le jeu politique pour soutenir ce bannissement et n’allaient pas abandonner si facilement la partie.

Les nouvelles sont arrivés quelques jours après dans un article de Bloomberg. La Commission a décidé de se retenir de créer davantage de lois et a annoncé qu’elle préférait plutôt produire des lignes directrices non contraignantes, dont la publication était annoncée pour hier.

Même à ce moment, il y avait encore possibilité d’un changement de dernière minute, mais il n’est pas survenu. Il y a peu, nous pouvions entendre les cris de protestation des Verts, clamant que ces nouveaux plans « démontraient sans aucun doute que les citoyens européens ne pouvaient escompter aucune aide ou protection contre les dangers de la fracturation venant de Bruxelles ». « L’intérêt des industriels polluants », entendions-nous, « passe de nouveau devant celui des citoyens. »

Ces critiques provenaient notamment d’Antoine Simon, spécialiste de la question du gaz de schiste au Friends of the Earth Europe, et Geert de Cock, responsable politique auprès de la Food&Water Europe. Les institutions européennes, et spécialement Jose Manuel Barroso, disaient-ils, ont failli dans la défense des intérêts des citoyens européens au cœur du processus décisionnel.

Et de la bouche même des Verts, nous apprenions que « la fracturation pourra s’implanter sans règlementation et les communautés locales, les circonscriptions devront vivre avec ses désastreuses conséquences : la contamination des eaux, la pollution de l’air et l’industrialisation de leurs régions. »

Enfin, nous étions prévenus : il fallait s’attendre « à une montée des résistances locales à travers l’Europe, comme celles intervenues au R.-U., en Roumanie et en Pologne, ainsi qu’un approfondissement du fossé séparant les intérêts des citoyens et celui de politiciens dont la fonction est de les protéger.»

Toutefois, la sévérité du ton employé nous laisse penser qu’une grande victoire vient d’être gagnée. Il y a seulement quelques mois, les Verts étaient tellement certains de leur succès qu’ils chantaient littéralement leur prise de pouvoir. Mieux valait ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Ceci n’est toutefois pas la fin du combat mais, pour le moment, la fracturation leur a échappé des mains.


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