Socialiste ou libéral, il faut choisir M. Hollande !

Socialisme libéralisme (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

François Hollande et le PS resteront entre deux chaises aussi longtemps qu’ils n’auront pas accompli, à l’instar du SPD, leur propre Bad Godesberg.

Par Philippe Robert.

imgscan  contrepoints 2014592 socialisme libéralismeLes bonnes intentions affichées dans le « pacte de responsabilité » élaboré en désespoir de cause par François Hollande, le 14 janvier dernier, pourraient (peut-être) permettre de penser que le chef de l’État, par la grâce d’une soudaine et tardive lucidité, se serait peu ou prou rallié aux arguments de l’économie libérale.

« Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c’est tout le contraire » (ouf !), s’est-il alors empressé de déclarer pour convaincre la galerie de la pérennité de sa foi dans le socialisme à forte connotation communiste dont le gouvernement actuel, conçu de bric et de broc, fait un usage aussi démentiel qu’infécond !

Mais alors, que faut-il penser d’un autre angle d’attaque, des plus révolutionnaires dans la bouche d’un idéologue aussi chevronné que Hollande, consistant à désespérer Billancourt en déclarant sans ciller : « Il nous faut produire plus, produire mieux, il faut agir sur l’offre (…) l’offre crée même la demande ». Dont acte.

Une telle volte-face peut laisser pantois dès lors que nul n’ignore combien le PS au pouvoir se trouve, en permanence, menacé de l’intérieur comme de l’extérieur par des ennemis potentiels dont les oreilles, habituées à entendre un tout autre discours, ont dû tintinnabuler à toute volée en faisant un mal de chien…

Social-démocrate, social-libéral ou je ne sais quoi encore, il faut choisir; un exercice que le Président a en sainte horreur et qu’il a été incapable de mener à bien toute sa vie politique durant. Le PS restera donc le c..l entre deux chaises aussi longtemps qu’il n’aura pas accompli, à l’instar du SPD, son propre Bad Godesberg.

C’est grave docteur ? Oui, c’est grave parce qu’il ne nous est plus possible, dans les conditions actuelles, de placer notre confiance entre les mains de gens jouant en permanence au jeu de colin-maillard ou du chat-perché alors que la France, qui n’en peut mais, prend ainsi le risque inconsidéré de connaître l’opprobre.

« Il est de la responsabilité de nos gouvernants, à qui la Constitution a donné un pouvoir considérable et qui contrôlent 57% du PIB, d’instaurer, par une juste vision, des paroles claires  et des actes cohérents. Cette ambiance qui, à certaines époques, a fait faire aux Français des choses extraordinaires, ambiance qu’on appelle aussi confiance et qu’il serait bon de reconstruire rapidement. »

C’est ce qu’a écrit Xavier Fontanet, ancien président d’Essilor et professeur à HEC, sur le site Contrepoints sous le titre « Comment restaurer la confiance », une réflexion de la part d’un grand capitaine d’industrie qui tombe à point nommé en ces temps de formidable incertitude morale, politique et économique qui étreint les Français.

S’il avait vraiment su où il mettait les pieds, peut-être que le président de la République aurait réfléchi à deux fois avant de s’engager dans une aventure qui risque de le dépasser de la tête et des épaules. François Hollande n’a plus le droit à l’erreur et, pour ce faire, il lui faut jeter aux orties ses vieux habits de Président rikiki.