Belgique : Bad trip pour les jeunes MR

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Belgique : Bad trip pour les jeunes MR

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 janvier 2014
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Une tribune de Patrick Smets, depuis la Belgique.

Joint Cannabis Drogue

Pour les jeunes réformateurs, la semaine écoulée fut l’occasion de ressentir plus vivement que jamais tout le poids du conservatisme au sein de leur parti. Après avoir pris position contre les politiques répressives et prohibitionnistes en matière de drogues, ils se sont vu rappeler à l’ordre par tous les responsables du Mouvement Réformateur (MR) qui ne veulent pas entendre parler de la moindre avancée dans ce domaine.

Soulignons pour commencer le courage des jeunes MR. Si la presse n’a finalement relayé que leur position sur le cannabis, ceux-ci avaient pris position dans leur programme interne en faveur d’une décriminalisation de toutes les drogues, les drogues dites douces comme les drogues dites dures. Il y a longtemps que la dépénalisation du cannabis est acceptée par les jeunes réformateurs, mais c’est la première fois, à ma connaissance, qu’ils prennent position concernant l’héroïne, la cocaïne, l’ecstasy, etc.

Ainsi, bien que la décriminalisation ne soit que le début du chemin, le Parti Libertarien les a tout de suite félicités pour cette formidable ouverture. Au MR par contre, la hiérarchie s’est empressée de leur rappeler la doxa répressive du parti. Ce fut d’abord le porte-parole du fils de l’ancien ministre Louis Michel qui a expliqué que l’avis des jeunes ne concernait pas le parti et que le programme réformateur était clairement opposé à toute forme de dépénalisation ou de libéralisation. Ce fut ensuite au tour de la fille de l’ancien ministre Jean Defraigne de nous ressortir tous les poncifs prohibitionnistes et de rappeler avec emphase que la drogue, c’est méchant et qu’il suffit de dire non.

Le débat, ou plutôt l’absence de débat, nous en dit long sur la réflexion au MR, ou plutôt l’absence de réflexion. En effet, pour un libéral censé, il n’y a plus aucun argument en faveur de la prohibition. Au niveau des principes, il y a longtemps qu’on sait que les vices ne doivent pas être traités comme des crimes. Au niveau de la santé publique, l’exemple portugais est maintenant tout-à-fait clair sur les bienfaits d’une dé-criminalisation. Au niveau géopolitique, les déséquilibres mondiaux provoqués par la prohibition sautent aux yeux du premier venu depuis le soutien des États-Unis aux talibans dans la fin des années 90. Et désormais, c’est le Colorado qui dévoile la portée économique de la libéralisation. Tant la morale que l’expérience et les intérêts plaident donc en faveur de la libéralisation des drogues. Face à ces arguments, le dernier rempart prohibitionniste est une sorte de conservatisme bas-de-plafond qui répète en boucle les mêmes sophismes qu’il y a 50 ans. Voilà ce qui tient lieu de pensée aux réformateurs.

Certains veulent voir dans cette opposition entre des jeunes conscients des idéaux libéraux et le conservatisme de leur parti, un conflit de génération. Ils espèrent que la nouvelle génération, en s’élevant, fera changer la mentalité ringarde qui règne Avenue de la Toison d’Or. Rien n’est moins sûr. En effet, cette vision bisounoursienne oublie de prendre en compte les mécanismes de sélection des élites. Il ne faut pas croire que l’idée de légaliser le cannabis est une idée neuve parmi les jeunes réformateurs. Elle était déjà bien présente il y a plus de 20 ans et elle n’a jamais disparue. Voici par exemple un exemplaire du journal L’Étudiant Libéral de 1995 qui consacrait un plein numéro à la toxicomanie. Déjà à l’époque, les jeunes avaient compris combien la prohibition était une politique malsaine et inefficace. Et, déjà à l’époque, leur opinion était rejetée sans débat par les instances du parti.

EtudiantLibéral1

Dans le numéro suivant directement celui-là, nous trouvons même un article sous la plume de Charles Michel – encore étudiant mais déjà factotum de son père – et cet article reprend quasiment mot pour mot les arguments actuels des barons du MR. En 20 ans, rien n’a changé dans la position du MR.

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Et rien ne changera dans les 20 ans à venir car rien n’a évolué dans les mécanismes de reproduction des élites. D’ailleurs, reproduction peut être ici pris dans son sens premier. Un peu partout, les « fils et filles de » trustent les têtes de liste (Michel, Ducarme, Barzin, etc.), garantissant un conformisme absolu qui rassure le peuple et lui évite même de devoir retenir un nouveau nom. Le MR exploite une rente de situation et ne changera rien à son discours de peur de perdre un seul électeur. Il n’y a pas de place dans un parti comme celui-là pour des libéraux idéalistes. Des mécanismes de sélection plus ou moins subtils les éloigneront des places en vue et leur préféreront toujours des petits soldats qui ne font pas de vagues. Parmi les jeunes MR même, les représentants du Luxembourg et de Perwez, plus bornés ou plus malins, n’ont pas manqué de signaler par communiqué de presse qu’ils se ralliaient à l’option répressive de leur parti. Gageons que cela servira leur carrière.

Pour conclure, rappelons que tout ce débat n’a finalement tourné qu’autour du cannabis. C’est sur ce seul cas, pourtant simple et évident, que le MR est incapable de faire un pas en avant. Si les médias avaient réalisé que le programme des Jeunes Réformateurs contenait également la dépénalisation des drogues dures, je ne sais quelles auraient été les réactions. En matière de liberté individuelle, l’horizon est définitivement bouché au MR. Et aucun signe ne semble indiquer un changement de la droite conservatrice vers plus de libéralisme.

Les jeunes qui ont des ambitions resteront au MR, ceux qui ont des principes passeront au Parti Libertarien.

Notre porte vous est grande ouverte. Bienvenue.

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  • « Géraaaard! Il faut que ch’te parle! Ta mère et moi […] » vous connaissez la suite.

  • Toujours aussi peu lucides, nos zociologues, Patrick Smets ?
    Au conformisme que vous dénoncez chez des « poncifs » du MR, vous inclinez simplement à basculer dans l’obédience au mainstream, par absence d’une vision sociétale ! Vous n’êtes ici – une fois de plus – qu’une girouette électoraliste, un idéologue décalé mais affidé du mainstream par absence de discernement …
    P’ôvre !

    NB: je ne suis nullement adepte de la bande à L&C Michel

    • Ben voyons… La position de Patrick Smets est exactement celle du libertarianisme sur le sujet. Pour un mec qui crée un parti libertarien, c’est mieux. Si vous flairez un retournement de veste, merci de bien vouloir développer un peu.

      Je n’ai vraiment pas l’impression que la position légalisatrice soit mainstream, au contraire. Quand bien même elle le serait, ce ne serait pas une raison pour la lâcher.

      Vous savez écrire des phrases, c’est bien. Ce serait mieux si vous saviez aussi y mettre du sens. Parce que finalement votre commentaire ne veut pas dire grand et tape largement à coté du sujet.

    • Boire ou commenter va falloir choisir….

    • « par absence d’une vision sociétale »

      Oh, un constructiviste!

    • C’est quoi une « vision sociétale » ?

    • Prôner la dépénalisation des drogues, c’est le contraire d’une obédience au mainstream. Et votre vision sociétale à vous, qu’elle est-elle ? Interdire, toujours interdire ?

  • Il y a des politiques prohibitionnistes qui sont efficaces, regardez Singapour. Les trafics sont inexistants parce que les peines sont suffisamment dissuassives, du coup les enfants là-bas sont préservés des drogues qui font des ravages en Occident.

    On peut éradiquer la consommation de stupéfiants, il suffit de s’en donner les moyens : suivi médical et amendes pour les consommateurs, peines de prison systématiques pour les dealers et perpétuité/peine de mort pour les chefs de réseau. La répression, lorsqu’elle est REELEMENT appliquée, donne des résultats.

    évidemment vous allez me sortir le bla-bla sur la liberté individuelle, etc.. le fait est qu’il y a des individus qui sont plus vulnérables aux addictions dangereuses (notamment en ce qui concerne le risque de maladies mentales) : une société permissive ne pose évidemment pas de problèmes à ceux qui n’y sont pas vulnérables.

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