Comment la France va-t-elle s’en sortir ?

Les stimuli économiques de François Hollande ne fonctionnent pas et n’apporteront pas de croissance.

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Hoollande au pied du mur (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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Comment la France va-t-elle s’en sortir ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 janvier 2014
- A +

Par Marc Crapez.

imgscan contrepoints 2013-2546Notre pays est au pied du mur. Taux de chômage : 11%. Part de l’industrie dans le PIB : 13%. Ratio dépenses publiques/PIB : 57%. Dette publique : 95% du PIB. Que faire ?

Le gouvernement bute comme un bourdon sur l’économie : les stimuli économiques qu’il tente de mettre en œuvre ne fonctionnent pas. Parce que se télescopent déjà une ribambelle de déductions, réductions, dérogations, exceptions, exonérations, incitations, et toutes ces sollicitations empilées finissent par s’annuler les unes les autres, dans un mécano à la fois grippé et instable.

La remise à plat fiscale, proposée par Jean-Marc Ayrault pour des raisons tactiques, serait salutaire. Mais François Hollande le désavoue en invoquant la nécessité du « temps du quinquennat ». Et surtout, il a déjà brûlé ses vaisseaux en augmentant la pression fiscale, au lieu de s’attaquer aux niches fiscales. Elles seraient toutes à supprimer. Quelques-unes sont à sauver provisoirement, pour un laps de temps défini, en attendant l’adaptation au marché.

Les niches fiscales sont des lobbys corporatistes

En 2007, faute de plafonnement des niches, le député centriste Pierre Méhaignerie en était réduit à proposer un impôt minimum, afin que des profiteurs ne puissent pas cumuler trop d’exonérations. Les niches sont devenues des lobbys corporatistes analogues aux professions à statut ou aux filières de discrimination positive. Elles minent l’égalité des citoyens devant la Loi. Et empêchent l’État de jouer son rôle régalien d’arbitre et de jardinier de l’innovation.

Pour Hollande, « toute la question » est de savoir si la croissance va redémarrer, si se trouvent réunies les conditions « de la confiance et donc de la croissance ». Selon cette vision paternaliste, la confiance consiste à rassurer, par de beaux discours, des acteurs économiques frileux. Il s’agit d’inspirer confiance par de la câlinothérapie.

En réalité, la confiance sanctionne une adéquation entre les mots et les actes. Les berceuses de la méthode Coué influent moins que l’amorce de solutions tangibles, de parades ou d’activations. La confiance ne se décrète pas, elle s’alimente d’indices économiques. Redonner confiance implique de donner à voir et de laisser constater. Le discours sur la confiance ne fait qu’attiser la méfiance des citoyens qui postulent une rétention d’information.

La croissance n’est pas une divinité que l’on invoque pour déclencher ses apparitions. Il ne s’agit pas d’en découvrir les gisements, d’en relancer le moteur, de la tirer, d’aller la chercher ou de la stimuler avec des mesures de soutien. La croissance est une rançon du succès économique qui se mérite. Elle découle d’un écosystème qui favorise ses conditions de possibilité. Sans cette chrysalide, le papillon ne prendra pas son envol.

Standard & Poor’s a sanctionné « l’incapacité du gouvernement à réduire les dépenses globales ». Autrement dit, à se positionner sur une trajectoire de croissance. Même si certains indicateurs se détériorent passagèrement, ce qui compte, en effet, sont les revenus fiscaux escomptés dans l’avenir. Et l’austérité finit par stimuler l’activité, en Grande-Bretagne comme en Lettonie.

En France, les agents économiques restent dans l’expectative. Ils veulent y rester jusqu’à nouvel ordre. Ils n’en sortiront d’eux-mêmes que si ça leur chante. Inutile de leur forcer la main. Le « pacte de responsabilité » d’Hollande ne peut fonctionner, car il repose sur le mythe du trésor caché à mettre au jour. Sur l’idée que les entreprises auraient dans leurs placards des emplois qu’elles ne veulent pas sortir. Alors que l’emploi est la résultante de marges de manœuvre.

Du même auteur, sur la situation économique de la France :


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  • Bonne idée de supprimer les niches fiscales. Ca va précipiter la fin du léviathan, dans l’égalité bien sur !

  • L’austérité ça ne stimule rien et ce n’est pas le but. L’austérité ça sert à remettre les comptes à l’endroit point final. Si vous remettez vos compte en ordre mais que votre pays est un enfer de législation faut pas croire que les investisseurs vont se précipiter pour venir.
    Tout va mal en Grande Bretagne à commencer par les comptes publique. Pour prendre l’exemple de la mini Silicon Valley qu’ils essayent de lancer ça démarre pas trop mal mais avec les milliards de La City juste à coté, le nombre de chose que l’on peut faire dans le secteur de la finance et d’internet, les résultats sont très minces. Et les monnaies virtuelles ne se créées pas à Londre alors qu’elles le devraient.

    • Tout va mal en Grande-Bretagne, mais en comparaison avec la France, ils sont tournés dans le bon sens de la pente, eux.

      • Ce que fait Cameron m’apparait pas encore suffisamment clair. Je ne crois pas a une réindustrialisation de la Grande Bretagne et au US le principal moteur de la réindustrialisation est le gaz de schiste(au point mort en Grand Bretagne), pourtant Cameron n’arrête pas de parler de réindustrialisation.
        Pour moi ils sont dans une meilleurs position que la France sur bien des points en terme de réforme, mais c’est pas les réformes qui rapporte de l’argent. Et les entreprises françaises dans les services sont mieux positionné que les entreprises anglaises. Jusqu’à présent c’est bien Virgin qui ferme ses emplacements principaux et pas la FNAC…
        La déflation est l’horizon indépassable de l’Europe de l’Ouest parce qu’aujourd’hui personne n’est capable de se payer les produits qu’elle fabrique. Un programme politique qui ne prends pas en compte la déflation ne me semble pas capable de ramener une croissance durable.

  • Je veux bien voir comment Fleur Pellerin va convaincre Netflix à s’installer en France.
    Elle n’a pas compris que, afin de vendre un service tel que Netflix, l’entreprise pas besoin de beaucoup d’effectifs en France.

    • Correction: l’entreprise n’a pas besoins de…

    • Ils mettront en France juste la corbeille pour recevoir les subventions, en échange de promesses sur lesquelles on pourra revenir sans problème après les prochaines élections ou le prochain remaniement.

  • Si le gouvernement en avait, il détruirait brutalement trois ou quatre centres de débits et subventions, puis il échangerait l’éradication des niches fiscales contre la non-déclaration de banqueroute ; toute banqueroute impactant gravement l’épargne des ménages.
    Alors, S&P dresserait l’oreille et la confiance renaîtrait.

    Au lieu de quoi il va se noyer dans des réglages minutieux de roues dentées auxquelles il manque déjà la moitié des dents !

  • quand ils nous prouveront qu’ils utilisent les impôts correctement, le consentement remontera tout seul. En attendant, ils récupèrent les miettes.

  • Que faire ?
    Simple:
    réduire l’état d’un tiers au moins. (7 ministères max , plus de communautés de… , plus de régions , etc)
    Casser toutes les corporations et cartels (taxi, notaire pharmacies, etc)
    Ne plus subventionner les associations  » lucratives sans but » ..

    Simple, n’est-ce pas ??

    • Simple comme de l’eau de roche… Et c’est précisément pour cela… qu’ils ne le feront pas.
      😉

      Plus sérieusement, n’attendons pas une « réforme », un « homme politique providentiel »…

      Nous sentons tous confusément que l’appareil d’état mafieux ne sera démantelé… que contraint et forcé. Et absolument pas volontairement.

      Je rougis presque de devoir rappeler cette évidence : mais comment voulez-vous que les gens qui constituent la mafia et profitent d’elle… décident et/ou votent… son démantèlement ?

      Ca n’a aucun sens.

      Pour l’instant, le débat pseudo public est accaparé par… la quenelle.

      C’est quand même autrement plus important !
      😉

    • 4 ministères régaliens, point barre. Et tout le reste privatisé et et surtout libéralisé.

      Pour un adepte du pouvoir par le social-clientélisme, c’est évidemment une abomination.

  • Ce n’est pas on prenant l’argentd’un côté pour le donner de l’autre ou en imprimant de la fausse monaie qu’on va résoudre quoi que ce soit.

    On est endetté jusqu’au cou. Soit on vend les bijoux de famille : notre patrimoine culturel et industriel, ou on supprime les retraites ; soit on crée d’urgence de vraies richesses. Ce n’est pas avec une croissance molle ou une légère augmentation de productivité qu’on va s’en sortir.

    Exploitons nos gaz de schistes comme les américains. C’est la seule chose qui ressemble à une vraie richesse que l’on possède peut-être. Quoi d’autre pourrait être la cause de la reprise qui se dessine aux US.

    • Tout ce qu’il ne faut pas faire, je crois qu’il ne manque rien, peut être démanteler l’armée qui ne sert à rien.

      Juste pour infos, la France n’a pas de pb autre que celui de l’état, la France n’est pas en crise, elle est juste étranglée, il suffit de desserrer l’étreinte et ça repart tout seul.

      • Vous verrez dans quelques temps les effets de la planche à billet …

        Il faut trouver de la richesse, restaurer la compétitivité et prier !

      • Non cher ami… l’état n’est pas une entité virtuelle, éthérée…

        L’Etat, enfin plutôt l’appareil mafieux pseudo étatique… ce sont 5,5 MILLIONS DE FRANCAIS, comme vous et moi, qui vivent DIRECTEMENT de la rapine fiscale.

        Problème. On ne peut donc pas dire que notre seul problème ce serait l’entité « état »…

        Vous allez faire quoi de ces 5,5 millions de personnes ? Les transformer d’un coup de baguette magique en ultra turbo entrepreneurs ?

        Et le problème est encore plus profond : car ajoutons les retraités (de la fonction publique), les salariés des entreprises où l’état est majoritaire, les salariés privés des associations (mais subventionnées par des fonds publics), les boîtes 100 % privées mais qui vivent des contrats « publics » etc.

        Ca en paquet de gens… pour lesquels la perte de leur fromage, que dis-je de leur pain… risque de mal se passer.

        Donc pour synthétiser : nous avons un problème avec l’état… et avec les millions de parasites qui en vivent.

        • J’ai pas dit que ça serait simple de desserrer l’étau, mais à mon sens c’est notre seul pb économique mais pas le seul sociétal ou moral.

          Maintenant, c’est vrai, il se décompose en pleins de (5,5) millions de petits pbs qu’il faut résoudre un par un.

      • La dette française n’est pas remboursable.

        Si l’état arrive encore à emprunter, c’est que notre patrimoine est mis en gage. Si les marchés prennent peur, les taux s’envolent et on ne peu plus suivre comme les Grecs. On est en faillite.
        Si on tombe en faillite, les capitaux quittent la France. Ceux qui seront ruinés sont les petits épargnants épargnants et les propriétaires qui ne pourront revendre leur biens immobiliers. Le grand capital sera parti depuis longtemps.
        Hollande n’a plus aucune marge de manoeuvre. Il a asséné le coup de grâce aux entreprises et gâché nos dernières ressources pour embaucher des inutiles afin de faire baisser les chiffres du chomage. Il prétend alléger les charges des entreprises en augmentant la TVA et en demandant à ces entreprises de ne pas augmenter les prix pour ne pas faire chutter la consommation. LA BONNE BLAGUE !!!
        Boucher les voies d’eau n’est plus suffisant. On est trop plombé par la dette (emprunts d’état, retraites, santé, emprunts toxiques des banques et des collectivités locales …). Si on ne trouve pas des lingots d’or (noir) dans le sous-sol, c’est foutu.
        Un peu de croissance qui nous viendrais des états unis, ce serait écopper. Même si toutes les fuites étaient bouchées, il faudrait écopper plus de 10 ans pour commencer à être seulement hors de danger.

        Politiquement soit la faillite et le FMI oblige Hollande à agir et on passe au régime grec, soit on rame encore 3 ans, avant qu’un nouveau président assène une claque à la Tatcher à la France : 6 ans à écoper en risquant de couler à tout moment …

        Exploitons les gaz de schistes !

  • c’est le niveau mème de la pression fiscale en france, et pas depuis hier, qui est un puissant pourvoyeur de niche fiscale et de contre feu sous forme de subventions.
    la seule solution est de diminuer la dépense public. mais dans une société intoxiquée à l’argent public, cela ne peut qu’avoir des effets recessifs: c’est une quadrature du cercle.

  • Comment la France peut s’en sortir mais en trouvant quelqu’un qui ose taper sur les coupables de cette enlisement, à savoir : Les riches toujours plus riches, les politiques qui les défendent et tous ceux qui aiment l’injustice et le mensonge ?
    La bible nous dit que seul Dieu est capable de dominer les grands et de leur faire rabaisser leur caquet. « Il brise les grands sans information » (Job 34 :24)
    Donc cela ne se fera pas sans lui ou quelqu’un qui lui obéit.

    • Je crois que sans une grande foi, aucune reconquête de la France n’aura de sens, et donc sera stérile.
      Alors, je plussoie.

      On voit d’ailleurs, que les systèmes économiques sont bien loin des réels pb de la France.

    • Evoyons notre porte-avion à l’attaque des EU, des pays du golfe et des chinois faire rendre-gorge à tous ces financiers internationnaux !

      Dieu est avec nous !

    • Sacré Daniel ! Ca faisait longtemps. Les Français s’en sortiront, c’est sûr … (Mt 20:16)

  • Moi je sais comment les Francais vont s’en sortir, en faisant du black a mort. Deja a mon avis les 11 milliards qui manquent viennent en grande partie de la et ca va s’accelerer, personnellement je fais le maximum pour payer et etre paye en liquide. Le black c’est l’optimisation fiscale du pauvre.

  • Il faut assécher la source qui abreuve tous ceux qui incapables de produire de la richesse, vivent grace à nos impots

  • Pour s’en sortir la France doit :
    – Réduire la dépense publique pour réduire la dette et financer des baisses d’impôts.
    – Baisser les charges pour permettre l’investissement et rendre la vie moins chère.
    – Changer de système politique pour sortir du cercle clientéliste.

    Après seulement on pourra s’ocuper du sociétal et des réformes de fond (ex: Education Nationale).

  • *à la limite de la déflation voulais-je dire.

  • Les commentaires sont fermés.

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