Comment la France va-t-elle s’en sortir ?

Hoollande au pied du mur (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Les stimuli économiques de François Hollande ne fonctionnent pas et n’apporteront pas de croissance.

Par Marc Crapez.

imgscan contrepoints 2013-2546Notre pays est au pied du mur. Taux de chômage : 11%. Part de l’industrie dans le PIB : 13%. Ratio dépenses publiques/PIB : 57%. Dette publique : 95% du PIB. Que faire ?

Le gouvernement bute comme un bourdon sur l’économie : les stimuli économiques qu’il tente de mettre en œuvre ne fonctionnent pas. Parce que se télescopent déjà une ribambelle de déductions, réductions, dérogations, exceptions, exonérations, incitations, et toutes ces sollicitations empilées finissent par s’annuler les unes les autres, dans un mécano à la fois grippé et instable.

La remise à plat fiscale, proposée par Jean-Marc Ayrault pour des raisons tactiques, serait salutaire. Mais François Hollande le désavoue en invoquant la nécessité du « temps du quinquennat ». Et surtout, il a déjà brûlé ses vaisseaux en augmentant la pression fiscale, au lieu de s’attaquer aux niches fiscales. Elles seraient toutes à supprimer. Quelques-unes sont à sauver provisoirement, pour un laps de temps défini, en attendant l’adaptation au marché.

Les niches fiscales sont des lobbys corporatistes

En 2007, faute de plafonnement des niches, le député centriste Pierre Méhaignerie en était réduit à proposer un impôt minimum, afin que des profiteurs ne puissent pas cumuler trop d’exonérations. Les niches sont devenues des lobbys corporatistes analogues aux professions à statut ou aux filières de discrimination positive. Elles minent l’égalité des citoyens devant la Loi. Et empêchent l’État de jouer son rôle régalien d’arbitre et de jardinier de l’innovation.

Pour Hollande, « toute la question » est de savoir si la croissance va redémarrer, si se trouvent réunies les conditions « de la confiance et donc de la croissance ». Selon cette vision paternaliste, la confiance consiste à rassurer, par de beaux discours, des acteurs économiques frileux. Il s’agit d’inspirer confiance par de la câlinothérapie.

En réalité, la confiance sanctionne une adéquation entre les mots et les actes. Les berceuses de la méthode Coué influent moins que l’amorce de solutions tangibles, de parades ou d’activations. La confiance ne se décrète pas, elle s’alimente d’indices économiques. Redonner confiance implique de donner à voir et de laisser constater. Le discours sur la confiance ne fait qu’attiser la méfiance des citoyens qui postulent une rétention d’information.

La croissance n’est pas une divinité que l’on invoque pour déclencher ses apparitions. Il ne s’agit pas d’en découvrir les gisements, d’en relancer le moteur, de la tirer, d’aller la chercher ou de la stimuler avec des mesures de soutien. La croissance est une rançon du succès économique qui se mérite. Elle découle d’un écosystème qui favorise ses conditions de possibilité. Sans cette chrysalide, le papillon ne prendra pas son envol.

Standard & Poor’s a sanctionné « l’incapacité du gouvernement à réduire les dépenses globales ». Autrement dit, à se positionner sur une trajectoire de croissance. Même si certains indicateurs se détériorent passagèrement, ce qui compte, en effet, sont les revenus fiscaux escomptés dans l’avenir. Et l’austérité finit par stimuler l’activité, en Grande-Bretagne comme en Lettonie.

En France, les agents économiques restent dans l’expectative. Ils veulent y rester jusqu’à nouvel ordre. Ils n’en sortiront d’eux-mêmes que si ça leur chante. Inutile de leur forcer la main. Le « pacte de responsabilité » d’Hollande ne peut fonctionner, car il repose sur le mythe du trésor caché à mettre au jour. Sur l’idée que les entreprises auraient dans leurs placards des emplois qu’elles ne veulent pas sortir. Alors que l’emploi est la résultante de marges de manœuvre.

Du même auteur, sur la situation économique de la France :


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