À salaire minimum, chômage maximum

Le chômage élevé en France doit beaucoup au salaire minimum, à son niveau élevé ainsi qu’à son existence même.

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À salaire minimum, chômage maximum

Publié le 29 décembre 2013
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Par Jean-Yves Naudet.

Un article de l’Aleps.

En cette fin d’année, retour en force du salaire minimum : en France, le traditionnel débat sur « le coup de pouce » donné au SMIC refait surface. En Allemagne, qui n’avait pas de salaire minimum étatique, Angela Merkel a dû céder du terrain, car la création d’un salaire minimum a été la condition posée par les sociaux-démocrates pour une grande coalition. Dans tous les cas, c’est oublier que le marché du travail est un marché et que le salaire est un prix : instaurer un prix bloqué, c’est introduire des déséquilibres. Et sur le marché du travail, le déséquilibre s’appelle chômage.

Le salaire est un prix

Pour la plupart des Français, l’existence d’un salaire minimum légal semble aller de soi. Le SMIC existe chez nous depuis 1970 (sous Chaban-Delmas), date à laquelle il avait remplacé le SMIG qui, lui, remontait à 1950. Tout cela s’inscrit dans la logique d’un État jacobin et colbertiste, qui décide de tout au niveau politique central. D’autre part, on nous a bien expliqué que le SMIC était une question de « justice sociale ». Qui pourrait s’y opposer ?

N’en déplaise aux inconditionnels de la justice sociale (que personne n’a jamais réussi à définir), il existe bien un marché du travail, c’est-à-dire la rencontre d’une demande de travail (par les entrepreneurs) et une offre de travail (par les employés). S’il y a une offre et une demande, il y a un prix et ce prix c’est le salaire, ou le coût salarial, incluant salaire et charges sociales. On peut tourner le problème dans tous les sens, mais sur un marché, il n’existe pas d’autre indicateur de rareté ou d’abondance que le prix, ici le salaire. Bien évidemment la qualification du travail entre en ligne de jeu, mais elle est intégrée dans l’offre et la demande d’un certain type de travail, donc dans le prix.

Un faux prix du travail égale chômage

Un salaire minimum fixé par l’État est assimilable à un faux prix, au sens de Jacques Rueff, c’est-à-dire à un prix différent de celui que le marché aurait donné spontanément. En effet, si le SMIC est fixé au niveau qu’aurait donné le marché, il ne sert à rien. S’il est fixé au-dessus, c’est un faux prix. Tout prix entraîne des réactions : avec un prix fixé à un niveau supérieur à celui du marché, l’offre augmente et la demande diminue : il y a donc plus de travailleurs prêts à s’embaucher à ce niveau de salaire élevé et moins d’entreprises capables d’embaucher à ce niveau-là. Plus de demandes et moins d’offres d’emplois : c’est le chômage assuré. Le simple raisonnement est confirmé par l’observation des faits : le SMIC crée du chômage.

Où est alors la « justice » ? Les travailleurs semblent mieux payés, mais à ce niveau de salaire ils ne trouvent pas d’emplois. Le salaire est élevé, mais l’emploi est rare.

Le chômage des moins qualifiés

Il est d’autant plus rare que la qualification des salariés est faible. En effet, le SMIC a un double effet catastrophique : il écrase l’éventail des salaires et il exclut les emplois modestes appelés encore « petits boulots ».

L’éventail des salaires est d’autant plus écrasé que le SMIC est à un niveau plus proche du salaire médian. Avec un SMIC élevé, une entreprise qui a le choix entre surpayer un travailleur A non ou peu qualifié et embaucher pour quelques euros de plus un travailleur B très qualifié va opter pour B. Comparativement le travail qualifié est devenu moins cher.

Mais pourquoi A ? Parce que la qualification est faible. Gary Becker, prix Nobel d’économie, explique le volume élevé du chômage européen par la moindre qualification des travailleurs. Un SMIC élevé les dissuade de se qualifier : le coût d’une formation ou d’une adaptation leur paraît élevé par rapport au maigre supplément de salaire que cela leur rapporterait (surtout avec une fiscalité progressive).

D’autre part, le SMIC établit une barrière à l’entrée sur le marché du travail, surtout pour les jeunes et le personnel féminin. Un jeune qui veut amorcer une carrière serait sans doute prêt à accepter un faible salaire, en rapport avec sa faible productivité de départ. Il pourrait ensuite espérer une meilleure rémunération parce qu’il aurait acquis expérience et qualification. Mais cela lui est interdit en France, on préfère l’aumône d’un « emploi aidé » : le contribuable paiera ce que l’entreprise ne pourra pas donner. Mais sur quoi va-t-on déboucher à terme ?

Les niveaux de SMIC

Si le salaire minimum pouvait être fixé arbitrairement à n’importe quel niveau, on ne voit pas pourquoi il y aurait des divergences entre les SMIC européens. 1502 euros bruts en France, mais 1874 au Luxembourg, 1190 en Angleterre, 753 en Espagne, 566 au Portugal, 369 en Pologne, 285 en Lettonie, 179 en Roumanie ou 159 en Bulgarie, etc.. Pourquoi les Bulgares ou les Roumains ne fixent-ils pas leur salaire minimum à 1000 ou 1500 ? Parce que la plupart de ces pays, même s’ils ont adopté un salaire minimum, savent qu’un niveau sans aucun rapport avec la réalité économique et la productivité des travailleurs ferait exploser le chômage. C’est pour cela que dans de nombreux pays le SMIC est fixé à un niveau très bas, comme une « voiture balais » pour limiter au maximum les effets pervers.

La France et ses « coups de pouce »

En France non seulement on tient au SMIC, mais encore on croit que sa fixation est un problème politique, dépendant de la « générosité » du gouvernement. Le Smic ne dépend pas de l’état du marché du travail, mais d’une règle administrative : son augmentation correspond « au minimum à l’inflation constatée l’année précédente sur la base de l’évolution de l’indice des prix à la consommation pour les ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, hors tabac, plus 50 % de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO) ». Formule magique !

Mais la générosité du gouvernement peut s’exercer grâce à des « coups de pouce » dont le montant et l’opportunité dépendent d’un groupe d’experts. L’actuel gouvernement a changé la composition du groupe d’experts, avec des experts plus « sociaux ». Résultat ? Ils ont recommandé de ne pas donner de coup de pouce ! « Il serait peu raisonnable de prendre le risque d’aggraver encore une situation difficile notamment pour les demandeurs d’emplois au niveau du SMIC ». Car « le SMIC est aujourd’hui très nettement au-dessus des niveaux constatés dans les autres pays de l’OCDE ». Si les experts « de gauche » le disent, ce doit être vrai…Autant dire clairement que le SMIC français crée du chômage.

Et l’Allemagne ?

Voilà pourquoi certains pays ont refusé l’idée d’un salaire minimum. L’Allemagne considérait que le salaire devait être libre ou librement négocié par les partenaires sociaux, branche par branche, pour tenir compte des réalités. Mais les sociaux-démocrates (SPD) avaient fait du salaire minimum le point central de leur campagne électorale et la condition d’une grande coalition avec la CDU/CSU d’Angela Merkel. Celle-ci a dû céder, avec un manque d’enthousiasme visible : « Nous allons décider des choses que, au vu de mon programme, je ne considère pas comme justes, parmi elles un salaire minimum généralisé ». C’est la politique qui a primé, la peur d’une Allemagne non gouvernable : les salariés allemands en paieront le prix par un chômage plus élevé. Mais le niveau du SMIC horaire sera inférieur d’environ un euro au nôtre et certaines catégories y échapperont : les effets pervers seront moindres qu’en France.

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  • Cet article ignore les effets des autres minimas sociaux: RSA, pensions et autres allocations. Dommage.

  • tout le monde connait le coté obscure du SMIC , mais , c’est grâce a ce coté obscure que bcp d’élus trouve une place en or au sein d’une société socialiste . sans pauvres comment rendre dépendant le citoyen qui n’a soif que de liberté ?

  • A quand une vraie stratégie workfare state qui fera des des indemnités de chomage un véritable levier de réinsertion et de retour à l’emploi.
    Par exemple:-
    — les coups de pouce attribués avec des contreparties,
    — des primes distribués aux deux parties prenantes(employeur et employé à qui évitera les effets d’aubaines et responsabilisera mieux chaque partie prenante
    ..une valorisation des parcours de formations et emplois (avec une simplification de la buraucratie …)

    • Je vous signale l’existence de cet article : https://www.contrepoints.org/2013/12/17/150281-chomage-inverser-la-courbe-de-bertrand-martinot

      Il s’agit de la recension d’un livre qui devrait vous intéresser!

    • En Allemagne où le SMIC n’est pas encore en vigueur, ils ont constaté une montée en puissance de l’extrème pauvreté non pas par un nombre plus grand de marginaux inactifs mais parmi les mecs qui bossent ! ! !
      Donc l’absence d’un minima salarial n’est absolument pas une solution.
      ça ne sert à rien d’avoir des gus qui ont un boulot mais ne peuvent ni se loger, ni se nourrir à leur faim.
      Au contraire, un gus qui bosse et qui ne peut que vivoter avec ce qu’il gagne peut devenir extrêmement dangereux.

      • Ils ont constaté une montée des mecs qui bossent parmi ceux qui étaient dans l’extrême pauvreté. Ces mecs pourraient même finir par en sortir par leurs efforts, ce qui est extrêmement dangereux pour ceux qui veulent les garder asservis.
        Tiens, un petit rappel, le salaire médian mondial est à environ 55 euros, et la faim dans le monde est en chute libre.

        • Pas du tout.
          En Allemagne, il y a forte baisse du chômage totalement artificielle. Parce qu’il y a eu énormément d’offres d’emplois avec des salaires dérisoires. C’est un chantage: soit un salaire dérisoire soit rien.
          Or travailler avec un salaire dérisoire à 400 euros /mois lorsque plein d’autres gens gagnent à coté 5000 euros par mois et qu’une automobile coute 15000 euros c’est pire qu’être marginalisé.
          Recréer des sociétés comme en Amérique du Sud ultra-inégalitaires, nous n’en voulons pas en France

          • Il n’y a pas de chantage, il est évident que si le travail en question valait plus que le salaire « dérisoire », il y aurait des offres à ce prix plus élevé, ou la possibilité pour le travailleur de vendre son travail directement sans passer par l’employeur.
            Et c’est qui, « vous », qui décidez de ce que doit être la France ? Ceux qui préfèrent une société où tout le monde crève la faim, ou nul ne peut s’élever, à la mode Révolution Culturelle ou Corée du Nord ? La rémunération du travail doit correspondre à sa valeur, elle ne doit pas être faussée. Par contre, il est louable de chercher à offrir à chacun le moyen de s’élever, à condition que ce soit par sa propre action et avec ses propres moyens, donc certainement pas en fixant un salaire minimum ailleurs que dans les entreprises qu’on possède et dirige soi-même.

          • Comme si l’Allemagne était un pas homogène avec la RDA…

            Presque rien, c’est toujours mieux que rien. Vous préféreriez qu’ils n’aient rien ?

            « Recréer des sociétés comme en Amérique du Sud ultra-inégalitaires, nous n’en voulons pas en France »

            Alors pourquoi voulez-vous exactement les politiques qui mèneront à terme à ce genre de situation lorsqu’elles feront faillite ?

          • Préfères-tu un travailleur pauvre ou un chômeur pauvre ?

        • Pour t’en sortir par « tes efforts » aujourd’hui, il faut étudier, se former. Chose impossible quand tu touches à peine de quoi manger, sans parler de se loger. Donc on est d’accord que non, à part une infime minorité qui auront de la chance, le reste est condamné a rester ainsi quelque soit ses efforts. Sans parler des étudiants qui travaillent les soir set week end pour payer leurs études…. Finalement, sans papa-maman, impossible d’accéder à l’ascenseur social….

          • Il n’y a pas d’ascenseur social, et il ne peut pas y en avoir sauf copinage. Ceux qui veulent monter sans copinage ont toujours dû et doivent prendre l’escalier. Par contre, ceux qui veulent monter ne gagnent rien à avoir un logement payé par la communauté, une formation choisie par la communauté, de la bouffe payée par la communauté, parce que la plus grande partie de leur « ascension » ne leur apportera rien de plus, que la satisfaction (?) de payer eux-mêmes ce que la communauté était prête à leur donner.

            Il faut arrêter de se leurrer, si un travail est payé 400 euros par mois, il n’en vaut pas plus. Celui qui estime que la personne ne peut pas vivre avec 400 euros doit lui donner les moyens de compléter cela par charité, ou de changer pour un travail qui rapporte plus. Il est stupide et contre-productif de prétendre que le travail vaudrait en fait 1000 euros et d’obliger l’employeur qui reçoit 400 euros de travail à payer 1000. Le résultat sera la disparition des 400 euros de richesse produite, point.

            • Et un iPhone vendu 800e et dont les coûts de production sont de 100e c’est parfaitement normal aussi, bien sur MichelO…

            • Ben oui. S’il y a des gens pour en acheter à ce prix-là alors ils en ont les moyens. Figurez-vous qu’on peut vivre très bien et très heureux sans iPhone, ou sans Rolex, donc si on les achète plutôt qu’un mobile bas de gamme qui donne aussi l’heure, c’est pour son plaisir, pas par besoin.

            • En effet. 100€ de couts de production, c’est encore beaucoup trop cher.

            • « Et un iPhone vendu 800e et dont les coûts de production sont de 100e c’est parfaitement normal aussi »

              Tous les ingénieurs qui ont bossé sur le produit devraient être bénévoles hein.

              Confiturologue va !

      • La corrélation à la con de la journée : « je bosse donc je m’appauvrie ».
        Come on.

      • « parmi les mecs qui bossent » : il est infiniment préférable d’avoir un travail quand on est pauvre que pas de travail du tout. La pauvreté n’est pas que monétaire, elle est également sociale, culturelle, morale, etc.

        « qui ne peut que vivoter avec ce qu’il gagne peut devenir extrêmement dangereux. » Non, la réalité est à l’exact contraire de cette affirmation. L’oisiveté est la mère de tous les vices tandis que le travail est la véritable forme de la solidarité, loin de la fausse solidarité socialiste. Ceci dit, on s’en fiche pas mal qu’un gus soit dangereux ou pas ! On reconnaît bien là l’obsession socialiste pour le chantage, cette appétence irrépressible pour la bourse ou la vie, ce « racisme » méprisant des socialistes à l’égard des pauvres, qu’ils considèrent uniformément comme des criminels en puissance.

        Parler « d’extrême pauvreté » en Allemagne n’a aucun sens quand on sait que le pouvoir d’achat des Allemands « pauvres » est supérieur à celui de nombreux Français qui ne sont pas considérés comme pauvres. On dénombre 16% de pauvres en Allemagne contre 14% en France. Mais si on appliquait les critères allemands pour qualifier la pauvreté en France, on dénombrerait beaucoup plus de « pauvres » en France qu’en Allemagne. Enfin, on oublie trop facilement en France les conséquences de la réunification qui se font encore cruellement sentir aujourd’hui. La France a-t-elle eu à digérer plus de 10 millions d’habitants issus d’un régime socialiste destructeur ?

  • Nul besoin de stigmatiser les jeunes alors qu’il s’agit d’abaisser le smic à un niveau permettant leur emploi, de même que celui des seniors faiblement qualifiés. La piste du smic par branche est beaucoup plus intéressante. On ne doit pas ignorer que baisser le smic peut se faire à salaire net constant, avec la suppression des charges et d’une bonne partie du code du travail (les seuils sociaux notamment).

    C’est l’avantage avec l’Etat providence : quand on met fin au socialisme, les solutions pour redresser le pays sont nombreuses et immédiatement efficaces.

  • Je me répète, mais ce raisonnement est facile et faux. Déjà, vos considérations sur l’Allemagne sont biaisées, surement à dessein. Vous omettez de noter les effets pervers qu’a eu l’absence de salaire minimum en Allemagne, a savoir une croissance certes correcte, même si pas extraordinaire, mais surtout toujours plus de pauvres! Puisque les industries allemandes vivant surtout de l’export, ne nous embêtons pas a donner un pouvoir d’achat à nos bêtes de somme! Et c’est ainsi que la pauvreté a littéralement exploser en Allemagne. Ah mais oui, mais non, ça n’a jamais existé d’après vous!
    Ce genre de mesures pèsent lourdement sur la consommation. Ce que vous semblez refuser. Et la croissance sans consommation…..

    D’autre part, ce système permettrait de condamner ceux qui sont « en bas ». Vous vous voulez faire des études pour etre plus qualifié? Bah non, pas possible, avec votre salaire…. Restez où vous êtes, vous y êtes très bien.
    Autrement dit soit les gens ont l’argent à la base pour permettre à leurs enfants d’être qualifiés, soit ils pourront crever. Ah non, ou alors on repart dans un système à la con où l’Etat finance tout….

    De plus, votre problématique est semblable a celle de Valls avec M.Dieudonné: déconnectée de la réalité. Les patrons, majoritairement, se foutent de ce genre de débats. Bien payer leurs salariés, ça ne les gêne pas, ce qu’ils ne veulent plus, c’est payer 70% en impots, charges et taxes diverses. Mais bon, si vous préférez vous attaquer à l’ongle incarné plutot qu’à la gangrène qui bouffe le reste du bras, soit….

    • Bien sur que oui, les patrons ne feront aucun effort pour bien payer leurs salariés quand la loi leur permet la liberté complète en la matière..
      C’est ce qui s’est passé en Allemagne où ils ne se sont pas génés pour payer des salaires à 400 euros par mois.
      Avec l’instauration d’un SMIC, ils ne le pourront plus, c’est déjà quelque chose.
      Avoir un maximum de gens qui travaillent n’est en rien satisfaisant dans un pays, si ces gens sont très mal payés pour la plupart.
      Au début du XX ème siècle , il n’y avait pas de chômeurs mais une pauvreté insupportable.
      Ne revenons pas en arrière.
      Les gens sont prêts à faire un effort pour travailler, mais pas en étant payé des « clopinettes » tandis qu’ils voient d’autres qui s’engraissent avec des profits indécents.
      Autrefois, on pouvait cacher les inégalités de richesses, en laissant les pauvres dans l’ignorance.
      De nos jours, l’information circule, les gens n’acceptent plus d’être maintenus dans des conditions de misérabilisme.

      • @harrisburg Combien gagnent les français en moyenne alors que le SMIC est à environ 1400€ brut (1100€ net)? Pourquoi la majorité gagnent-ils plus alors que les patrons pourraient les payer moins chers? Et d’ailleurs combien gagnent les allemands alors qu’il n’y pas encore de SMIC?

    • « Et la croissance sans consommation. » En dernière analyse, la croissance se résume à la croissance du capital productif par tête. La consommation est une conséquence de la croissance, certainement pas son moteur. La suite de l’argumentaire fondé sur cette erreur est vain.

      « Les patrons, majoritairement, se foutent de ce genre de débats. » Dans ces conditions, il est indifférent de supprimer le smic. Bravo d’avoir produit cet argument massue justifiant la suppression du smic !

  • Monsieur Naudet, à la vue de votre analyse, je suppose que vous estimez qu’il existe un chômage volontaire au sens néoclassique du terme n’est-ce pas ?

    Votre article sous entend qu’il faudrait supprimer le salaire minimum. Mais pourquoi Monsieur Naudet ne décidez vous pas d’aller vivre à Paris avec comme salaire, le SMIC actuel (voire moins vu que vous voulez sa suppression) et payer un loyer parisien ?

    Que proposez-vous face aux prix de l’immobilier (qui est un secteur à forte spéculation) qui deviennent de plus en plus indécent ?

    Dans une économie pure et parfaite, les marchés s’autoréguleraient d’eux même, les individus seraient rationnels, il n y aurait pas d’aléa moral et nous serions en plein emploi et sans salaire minimum. Mais la réalité est tout autre.

    • Je ne comprends pas votre question. Pourquoi choisirait-on un comportement illogique ? Pourquoi, si vous pensez qu’il est difficile de vivre à Paris avec le SMIC, n’encouragez-vous pas ceux qui le font, à supposer qu’il y en ait, à aller se mettre serveur, boucher ou cuisinier dans une ville de province, où ces compétences sont recherchées ?

      Quant aux loyers et prix de l’immobilier, les mesures sont simples et connues. Garantir l’expulsion rapide des locataires qui ne paient pas, supprimer l’ISF, les droits de mutation, la taxation des plus-values, flat tax à 10 ou 15% sur les revenus locatifs, supprimer les procédures de permis de construire, revendre les HLM à leurs occupants et au privé, rendre facultatives les normes de construction hors pure sécurité. Vous n’en voulez pas par peur de la catastrophe ? Ne voyez-vous pas que la catastrophe est déjà là, et que ça ne pourrait qu’améliorer les choses ?

      • Mais MichelO, peut être que la personne qui voudrait faire serveur, boucher ou cuisinier aussi en province n’aurait comme salaire même pas le SMIC vu que vous voulez sa suppression et ne pourrait pas se loger aussi. Pourquoi ne militez vous pas pour un plafond des salaires des grands patrons (personnellement je ne le cautionne pas) ? Mais Monsieur Varin, PDG de PSA, qui gagne plusieurs millions annuellement, et X manager chez PSA qui gagne 10K mensuel qui ont objectivement un travail globalement identique (compétences intellectuelles). Trouvez vous que le gap est légitime ? La différence est que Monsieur Varin siège sans doute au conseil d’une autre société côtée et le PDG de cette société siège chez PSA et etc etc pour tous les grands groupes. Vous voyez où je veux en venir ? La connivence vous connaissez ?

        Cet article est simplement un condensé des théories néoclassiques sur le marché du travail. Confrontez-vous à la réalité sociale et la psychologie des individus (individualisme et intérêt personnel) pour comprendre que certains points de cette analyse ne sont malheureusement pas/plus réalisables.

        MichelO, vous avez raison la catastrophe est déjà là et je pense que vous comme moi ne sommes pas optimiste pour l’avenir.

        • Qu’est-ce que le boucher en a à cirer de savoir si c’est le SMIC ? Ce qui lui importe, c’est comment il peut vivre avec ce que son patron est prêt à payer pour s’assurer ses services. Je peux vous garantir qu’il y a plein d’endroits en province où un bon commis-boucher gagnera de quoi mener une vie agréable, vu la pénurie actuelle, et qu’il pourra se loger, probablement même s’acheter une petite maison au bout de quelques années. Il s’arrangera avec son patron, ils négocieront un salaire qui conviendra aux deux, puisque tous deux sont gagnants dans l’accord. En ce qui me concerne, je me contente de signaler le fait, et de me réjouir s’ils tombent d’accord. Au nom de quoi dois-je leur dire à quel niveau conclure ?

          Quant à M. Varin, ce n’est ni mon affaire, ni la vôtre, c’est celle des actionnaires, propriétaires de la boite. S’ils ont mal choisi et mal négocié le contrat, ils doivent en payer le prix, c’est seulement en leur faisant subir les conséquences de leurs actes qu’ils feront mieux la prochaine fois.

          Oui, cet article est simplement un exposé pragmatique, qui ignore les thèses syndicales, le modèle social français, et l’utilisation de l’envie, des sophismes et des boucs émissaires plutôt que de la logique et du retour d’expérience pour influencer les foules. Pourquoi voulez-vous qu’il soit irréalisable de revenir à la raison ?

    • Le « coût de la vie », dont le principal est celui du logement est effectivement une donnée essentielle.
      Je connais mal le sujet, mais « il paraît » que le logement est plus accessible en Allemagne qu’en France… Il est aussi moins élevé à Dallas que dans bien d’autres villes américaines…
      S’il semble évident que le logement sera toujours plus cher à Paris ou sur une côte agréable que près d’une zone industrielle ou dans un endroit « paumé », il n’en est pas moins évident que le marché du logement n’est pas libre. Les réglementations de l’urbanisme avec ses innombrables restrictions, combinée aux « aides à la pierre » et à la réglementation sur les rapports locatifs ne font qu’organiser la rareté et enchérir le logement.

    • « vous estimez qu’il existe un chômage volontaire au sens néoclassique du terme. » C’est pourtant l’inverse qui est reproché au smic. Le smic oblige une partie de plus en plus importante de la population à être au chômage alors qu’elle ne demande qu’à travailler. Ce sont plutôt les aides sociales qui encouragent le chômage volontaire. La combinaison des deux est évidemment dévastatrice, comme on peut le constater sans ambiguïté dans notre pays.

      Vivre à Paris n’est pas un droit mais un choix personnel. Il se trouve que vivre à Paris est actuellement une forme de luxe. Faut-il faire du social pour que tout le monde puisse rouler en Jaguar ou en Porsche plutôt qu’en Dacia ? Celui qui estime ne pas pouvoir vivre à Paris compte tenu de son revenu est libre de choisir entre deux options : augmenter ses revenus ou vivre ailleurs. En outre, vivre à Paris est devenu un luxe car l’Etat et ses excroissances possèdent plus de la moitié des logements dans la capitale, ce qui a réduit le marché parisien restant privé à un marché de luxe. L’Etat est le seul responsable de la situation.

      « Dans une économie pure et parfaite, les marchés s’autoréguleraient d’eux même » : voilà deux des idioties socialistes parmi les plus fréquentes. 1/ la concurrence pure et parfaite n’existe pas et personne n’en a jamais douté, mis à part quelques socialistes bas du front. 2/ Les marchés n’ont pas pour objet de s’autoréguler mais de réguler (tout court). Supprimer les marchés et c’est la régulation elle-même qu’on supprime, avec toutes les dérives ubuesques et injustes qu’on observe en France.

    • Si des gens préfèrent vivre à Paris au smic, c’est qu’ils y trouvent des avantages. C’est leur choix et ils l’assument. S’ils assument leurs choix, vous n’avez pas à leur faire de cadeaux, surtout financés par les autres…

      Quant au chômage, en effet, il est volontaire, puisque c’est un moyen pour le chômeur de gagner du temps et refuser des emplois au prix de marché.

  • L’iPhone à 800€ ?

    La question ne se pose pas…

    S’ils ont des clients prêts à payer ce prix ….

    Les prix sont libres, les salaires doivent l’être aussi……

  • Les ânes braient sur l’Allemagne et le salaire mensuel de 400€

    Ce qui est faux, 400 €, c’est un job en complément, le minijob

  • http://fr.m.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9g%C3%A8re_Occupation

    Le minijob allemand, traduit par « légère occupation » …

  • Une « légère occupation », en allemand « geringfügige Beschäftigung », aussi appelée « minijob » ou « job à 400 euros », est, selon la sécurité sociale allemande, une relation d’emploi avec un salaire absolu faible, c’est-à-dire de moins de 450 euros par mois, pour 15 heures de travail maximum par semaine. De tels emplois sont exempts de sécurité sociale et il existe des règles spéciales les concernant pour l’impôt sur le revenu.

    En mars 2009, il y avait 4,9 millions de légers occupés en Allemagne.

    Le 7 juillet 2012, les journaux ont rapporté que la banque centrale européenne avait envoyé une lettre au gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero lui suggérant d’instaurer une telle catégorie en Espagne, alors que le salaire minimum y était de 641 euros. Cette suggestion a été présentée comme une condition de la part de la banque centrale européenne pour qu’elle continue à racheter la dette espagnole[1]Minijob allemand, 400€, c’est l’équivalent de ce que voulait faire Darko en voulant faire travailler un peu les RSA

  • Des RSA qui ne font rien
    Et se valent au cannabis

    Ça produit toutes les attaques à la personne par
    Ce qu’on appelle ensuite des cas psychiatriques……

    Elle est belle la France SANS l’obligation de travailler un peu…

  • C’est l’éternelle question. Faut-il mieux être sans-emploi et pauvre ou alors avoir un emploi et être pauvre? L’avantage d’avoir un emploi, outre le fait de ne pas se sentir inutile, permet d’avoir de l’expérience et donc d’améliorer son salaire par la suite. Je peux vous dire que la majorité des chômeurs préféreraient travailler même s’ils gagnaient moins que le SMIC.
    Et n’oublions pas que l’État ponctionne tellement le salaire qu’il ne reste pas grand chose dans nos poches après ce rafle.

    • Il est bien évident qu’il vaut mieux être pauvre et sans emploi, qu’avoir un emploi et être malgré tout pauvre.
      En effet, dans le premier cas les raisons d’être pauvre sont connues (pas d’emploi).
      Tandis que le second cas c’est » no future » si même l’emploi ne débouche sur rien d’autre que la pauvreté.

      • Je n’ai aucune qualification et j’ai toujours galéré. Plus jeune, j’aurais été heureux d’être embauché quitte à ne gagner que 600€ par mois plutôt que de toucher le RSA. Vous n’avez jamais dû connaitre cette situation pour dire qu’il faut mieux être pauvre et sans emploi.

      • C’est fou, on vous a déjà répondu qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie et que la pauvreté est aussi sociale, humaine et vous continuez avec votre obsession de l’argent. La passion exclusive de l’argent est vraiment une composante socialiste.

      • La désespérance et la peur de l’avenir proviennent de la certitude de ne pas trouver de travail, autant pour les jeunes arrivant sur le marché que pour les seniors en cas de licenciement. C’est ce blocage insensé du marché du travail qu’il convient de briser en se débarrassant du socialisme, dont le smic actuel est un des plus pervers outils d’oppression de la population.

        Supprimer le smic, c’est faire un premier pas vers l’interdiction du socialisme.

      • Qu’attendez-vous pour proposez un emploi bien rémunéré à un « pauvre » à vos frais exclusifs évidemment ?

  • Faut aussi prendre en compte
    Que la vie est moins chère en Allemagne…..

    Les cafés et services étant hors de prix en France, vu qu’il n’y a pas de petites mains……

    Les turcs en Allemagne font tous des kebab shops……

    Que font les … Chez nous ?

  • Smic or no smic…..La vrai question est de savoir si avec ou sans le smic on on peut oui ou non se loger et manger.

  • Salaire minimum, travail minimum !

  • Les commentaires sont fermés.

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Je suis souvent interrogé sur la façon dont la doctrine libérale traite du chômage et de la couverture de cet accident financièrement et humainement dramatique. Après le rejet par le Conseil d’État du projet de réforme de l'assurance chômage, la réponse libérale prend toute sa valeur, même si elle est a priori surprenante.

Telle que je la professe, après tant d’autres, la doctrine libérale dit à peu près ceci :

Le chômage est un accident inévitable mais mineur quand le marché du travail est libre et concurrentiel. La couverture de... Poursuivre la lecture

Je suis souvent interrogé sur la façon dont la doctrine libérale traite du chômage et de la couverture de cet accident financièrement et humainement dramatique. Après le rejet par le Conseil d’État du projet de réforme de l‘assurance chômage, la réponse libérale prend toute sa valeur, même si elle est a priori surprenante.

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Par Frank Shostak.

Certains experts soutiennent que la clé de la croissance économique est le renforcement du marché du travail, qui repose sur l'idée qu'en raison de la réduction du nombre de chômeurs, davantage de personnes peuvent se permettre d'augmenter leurs dépenses. Par conséquent, la croissance économique suit le mouvement.

 

L'expansion de la réserve d'épargne - et non la baisse du chômage - est la clé de la croissance économique

Toutefois, le principal moteur de la croissance économique est l'accroissement... Poursuivre la lecture

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