École : Stop aux changements de programmes

Vincent Peillon a décidé de saisir le Conseil Supérieur des Programmes. À quoi doit-on s’attendre ?

Par Olivia Millioz et Paola Carruolo.

priere_peillonVendredi 6 décembre, Vincent Peillon a décidé de saisir le Conseil Supérieur des Programmes. À quoi doit-on s’attendre ? Au pire ou au meilleur ? Croisons les doigts.

Il y a un message que nous souhaitons relayer, celui des professeurs qui en ont marre de cette valse incessante des programmes. Chaque ministre qui arrive décide de marquer son territoire en s’attaquant au programme. N’y aurait-il pas une façon plus intelligente de fonctionner ?

Faites confiance aux professeurs

Monsieur le Ministre, faites confiance aux professeurs. Plutôt que de remanier les programmes, fixez-leur des objectifs et donnez-leur les moyens d’y arriver en diffusant le plus largement possible l’information sur les méthodes qui fonctionnent le mieux.

Créez des espaces au sein des académies où les professeurs qui obtiennent les meilleurs résultats viennent s’entretenir avec leurs collègues, échanger sur ce qui marche en classe ou ne marche pas, sur tous les trucs et astuces qui font que l’enseignement est un artisanat qui se transmet surtout de bouche de professeur à oreille de professeur.

Ce serait aussi un moyen de les revaloriser, de leur faire prendre conscience à nouveau qu’ils exercent bien l’un des plus beaux métiers du monde car c’est un métier où l’on se construit en permanence, où l’on relève chaque année des défis différents face à des élèves différents qui n’ont jamais exactement les mêmes problèmes que les précédents.

Alors, Monsieur le Ministre, écoutez notre appel, faites confiance aux enseignants, fixez leur des objectifs, faites leur connaître les méthodes les plus efficaces et redonnez leur plus de liberté pédagogique dans l’organisation concrète de leurs cours en classe.

Dopez les élèves du primaire

La recommandation supplémentaire que l’on aimerait faire, serait d’arrêter de diluer les programmes du primaire. Donnez aux élèves plus d’heures de français et de mathématiques.

C’est le moyen pour :

  • Remonter les performances de nos élèves de 15 ans dans le classement PISA. Les professeurs de mathématiques de première S le disent eux-mêmes : leurs élèves n’ont pas de problème avec les dérivées, ils ont des problèmes avec les opérations de base ; eh oui, c’est l’addition, la soustraction, la multiplication qui leur pose problème !
  • Redonner confiance aux professeurs, ils se sentiraient mieux de ne plus être écartelés entre 36000 matières qu’ils ne maîtrisent pas toujours et cela ne les empêcherait en aucun cas d’éveiller la curiosité des élèves face à l’étendue du monde.

Monsieur le Ministre, vous avez du pain sur la planche. Ne bâclez pas votre réflexion, les professeurs, les élèves, les parents ont un grand besoin de retrouver confiance dans leur école.